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Burkina-Faso

Procès du putsch au Burkina : le ministre de la Défense incrimine Guillaume Soro

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire Guillaume Soro à Abidjan, Côte d’Ivoire, 17 novembre 2017.

Le ministre burkinabè de la Défense, Chérif Sy, a incriminé l'ex-président de l'Assemblée ivoirienne, Guillaume Soro, dans son témoignage mercredi au procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso.

Selon Chérif Sy, qui était à l'époque du putsch président du Parlement intérimaire burkinabè, Guillaume Soro a "reconnu" devant lui la véracité d'une écoute téléphonique dans laquelle ce dernier semble affirmer son soutien au putsch.

Selon l'accusation, cette écoute a capté une conversation téléphonique entre Guillaume Soro et le général Djibrill Bassolé, l'un des principaux accusés du procès.

La défense de M. Bassolé réfute la véracité de cette écoute, qui est l'une des pièces maitresses du procès du coup d'Etat manqué du 16 septembre 2015, qui a fait 14 morts et 270 blessés.

Guillaume Soro a "reconnu personnellement le contenu des écoutes" en "me faisant des aveux" à Paris en octobre 2015, en marge d'une rencontre des parlements francophones, a déclaré à la barre Chérif Sy.

Lors de la tentative de coup d'Etat, M. Sy avait lancé un appel à la résistance sur les ondes d'une radio pirate, s'attirant les foudres des putschistes.

Les putschistes "avaient arrêté le président de la transition et le Premier ministre. De facto j'assumais les fonctions de président du Faso", a-t-il expliqué, affirmant avoir motivé par son appel le mouvement des jeunes officiers venus de l'intérieur du pays pour mettre fin au putsch.

Un régime de transition avait été mis en place au Burkina Faso après la chute du président Blaise Compaoré, chassé par une insurrection populaire fin 2014, après 27 ans au pouvoir.

Le général Bassolé, ancien chef de la diplomatie de Blaise Compaoré, est accusé de "trahison, complicité d'attentat à la sûreté de l'État, meurtres" lors du putsch. Il est poursuivi sur la base de cette écoute.

Ses avocats ainsi que Guillaume Soro ont toujours qualifié cette conversation largement diffusée dans les médias de "montage".

"La grande question c'est de savoir comment un grand responsable de ce niveau peut en accoster un autre et parler de choses aussi graves en s'accusant", a demandé Me Dieudonné Bonkoungou, l'un des avocats de M. Bassolé.

Ce dernier, âgé de 62 ans, a été évacué mercredi en Tunisie la semaine dernière pour des raisons sanitaires, avait annoncé le gouvernement.

Au total 84 accusés sont jugés depuis février 2018, dont le général Gilbert Diendéré, principal accusé et cerveau présumé du coup de force manqué.

"S’ils étaient des terroristes, ils ne seraient pas en liberté en train de se soigner dans un hôpital"

Des membres du MBDHP face aux journalistes à Ouagadougou, le 9 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

L’armée burkinabè a perpétré des exécutions sommaires sur au moins une soixantaine de civils début février selon le MBDHP. Des témoins l’avaient déjà confié à VOA Afrique il y a un mois.

L'annonce a été faite à son tour par le MBDHP, le Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples mercredi à Ouagadougou.

L’armée avait annoncé en février 2019 avoir neutralisés 146 présumés terroristes. mais selon cette organisation, une soixantaine d'entre-eux étaient en fait des villageois.

L’armée burkinabè accusée d'exécutions sommaires
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L’armée disait avoir enregistré quelques blessés légers dans leur rang au cours d’une opération menée à Kain, Banh et Bomboro dans les régions du nord et de la Boucle du Mouhoun.

L'opération était en riposte à la mort de 14 civils tués le même jour à Kain. Plus d’un mois après, le MBDHP s’est rendu sur le terrain. Son rapport est accablant.

Chrisogone Zougmooré, président du MBDHP, à Ouagadougou, le 9 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Chrisogone Zougmooré, président du MBDHP, à Ouagadougou, le 9 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le rapport n’invente rien. Ce n’est pas un roman. C’est un rapport qui recense ce que nous avons pu voir et les témoignages que nous avons pu entendre de la part des parents des victimes de ces personnes exécutées", confirme Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP.

"Les localités ayant été indiquées, nous nous sommes rendus sur le terrain. Nous avons pris tout le temps pour enquêter, investiguer. Nous avons même ramené des éléments de preuve. Des balles, des douilles de balles. Il relève de ce que nous avons pu constater sur le terrain qu’il y a eu des cas d’exécutions sommaires sur au moins 60 personnes sur les 146 qui ont été annoncées dans le communiqué de l’Etat-major".

Des douilles de balles retrouvées par le MHDP à Ouagadougou, le 9 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Des douilles de balles retrouvées par le MHDP à Ouagadougou, le 9 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Ces exécutions sommaires et extra-judiciaires sont suffisamment graves, affirme le mouvement, craignant que cela ouvre la voie à toutes les dérives possibles et à une certaine stigmatisation de toute une communauté, les peulhs majoritairement touchés.

"Nous déplorons le fait que - sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme qui est un phénomène extrêmement grave - on en vienne à poser des actes qui peuvent aggraver la situation. Si vous prenez le cas de Banh et de Kain, lorsque vous regardez la liste des victimes que nous avons recensées, ce sont des personnes qui portent des patronymes essentiellement peulhs. Cela peut créer un sentiment de stigmatisation de la part de cette communauté", explique le président de l'ONG.

Pour Ali Sanou, secrétaire-général du MBDHP​, "toutes les personnes qui ont été victimes n’ont pas été assassinées ? Il y en a qui sont blessées et qui se soignent dans des hôpitaux. Dites-moi, un terroriste qui est blessé et qui se soigne à Yalgado, la police va l’interroger qu’est-ce que tu as eu ? Il dit ce sont des balles. Qui t’a tiré dessus ? Il dit je ne sais pas ? Parce qu’il a peur de dire que ce sont des militaires et on le laisse et jusqu’ à aujourd’hui, les gens sont en train de se soigner parce qu’ils ont reçu des balles. Si ce sont des terroristes, ils ne seraient pas en liberté en train de se soigner dans un hôpital".

Avant le MBDHP, plusieurs témoins avaient indiqué à VOA Afrique que l’armée avait tué des dizaines de civiles. Le gouvernement burkinabè par la voix de son porte-parole alors avait rassuré que "l’armée burkinabè était professionnelle" pour commettre de telles bavures.

L’armée burkinabè accusée d'exécutions sommaires

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Le Burkina veut reconquérir sa place dans la production cotonnière

Les acteurs principaux du conclave réunis à Ouagadougou, le 13 mars 2019. (VOA/Issa Napon)

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso a perdu sa place de premier producteur africain du coton. De 800.000 tonnes il y a quelques années, le pays a produit à peine 600.000 la saison dernière. La situation inquiète les acteurs de la filière qui se sont réunis en conclave à Ouagadougou.

Durant trois jours, des acteurs de la filière coton du Burkina, des représentants du gouvernement, et des experts se sont penchés sur les difficultés qui minent cette filière ces dernières années.

Ces difficultés ne sont pas sans effet : le Burkina a perdu sa place parmi les premiers producteurs de l’or blanc en Afrique.

Production cotonnière: Le Burkina veut reconquérir sa place de leader
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Cela explique la forte volonté du gouvernement burkinabè de travailler à renverser la tendance à travers deux grandes décisions, soutient le directeur-général de la Société des fibres textiles du Burkina, Wilfried Yaméogo.

"La première, c’est d’octroyer une subvention de 5 milliards de francs CFA pour l’apurement de la dette interne des producteurs dans la zone Sofitex, de la deuxième décision qui a été prise, c’est que l’Etat burkinabè a décidé d’apporter une subvention aux intrants de la campagne 2018 -2019 à hauteur de 9 milliards 614 millions de francs CFA", a-t-il fait savoir

Plus de quatre millions de personnes tirent leurs revenus des activités cotonnières. C’est pourquoi le gouvernement se devait de sonner la relance de la filière en travaillant à redresser les contre-performances des deux dernières campagnes.

Le président du Comité de haut niveau sur la filière coton et ministre Harouna Kabore lors de son allocution à l'atelier, à Ouagadougou, le 13 mars 2019. (VOA/Issa Napon)
Le président du Comité de haut niveau sur la filière coton et ministre Harouna Kabore lors de son allocution à l'atelier, à Ouagadougou, le 13 mars 2019. (VOA/Issa Napon)

Rien ne sera occulté sur l’ensemble de la chaine pour réussir, martèle le président du Comité de haut niveau, institué par la présidence du Faso.

Pour Harouna Kabore, ministre du Commerce, le Burkina a " impliqué tout les contonculteurs et les structures cotonnières, les partenaires techniques et financiers et aussi la recherche" pour trouver une solution et un accord commun sur la qualité.

"Dans le processus d’industrialisation, il faut travailler à rapprocher les unités d’égrenage et de filaturesdans les zones cotonnières", rappelle-t-il, "pour que ceux qui sont dans le domaine puissent normalement bénéficier de l’avantage de la filière".

Le coton contribue pour plus de 4% au PIB national et pour plus de 20% des revenus agricoles du pays. Ce domaine a longtemps été cité en exemple dans le monde, mais traverse des difficultés liées aux caprices de la météo, à la qualité des intrants et aux infestations parasitaires.

L'atelier de Ouagadougou devrait trouver un remède efficace pour que la filière retrouve son lustre d’antan.

Production cotonnière: Le Burkina veut reconquérir sa place de leader

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