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La statue ratée de Thomas Sankara

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Le général Bassolé évacué en Tunisie pour des soins

Djibrill Bassolé à l'ONU le 28 septembre 2012. (AP Photo/Jason DeCrow)

Le général Djibrill Bassolé, jugé pour le coup d'Etat manqué de 2015 au Burkina Faso, a été évacué en Tunisie pour des "raisons sanitaires", a annoncé jeudi le gouvernement burkinabè.

Accusé d'être l'un des cerveaux du putsch du 16 septembre 2015, qui avait 14 morts et 270 blessés, l'ancien chef de la diplomatie burkinabè, 62 ans, bénéficiait depuis plusieurs mois d'une liberté provisoire en résidence surveillée.

Lors de sa première comparution en décembre 2018 au procès des auteurs du putsch, il était apparu affaibli, demandant à rester assis sur une chaise face au tribunal.

"Le général Djibril Bassolé a été évacué mercredi en Tunisie pour des raisons sanitaires", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou, également ministre de la Communication.

M. Dandjinou a souligné "la volonté du gouvernement de veiller au respect du droit des personnes accusées", "afin que chaque accusé puisse répondre de ses actes et de participer ainsi à la pleine et entière manifestation de la vérité".

"Le général Bassolé a quitté Ouagadougou hier (mercredi) soir à bord d'un vol spécial vers Tunis", a confirmé à l'AFP un membre de sa famille, expliquant qu'il avait "subi une intervention chirurgicale" et était depuis hospitalisé sur place.

M. Bassolé est poursuivi pour "trahison, complicité d'attentat à la sûreté de l'État, meurtres, coups et blessures".

Il avait plaidé non coupable lors de sa comparution devant le tribunal militaire de Ouagadougou, en décembre 2018. Il risque la prison à perpétuité.

M. Bassolé est poursuivi sur la base de l'enregistrement d'une conversation téléphonique qu'il aurait eue avec le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, dans laquelle celui-ci semble affirmer son soutien au putsch du 16 septembre 2015.

M. Bassolé était l'un des piliers du régime de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé en octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Le 16 septembre 2015, des soldats du régiment de sécurité présidentielle, l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré, avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après sa chute.

Au total 84 accusés sont jugés dans ce procès marathon qui a débuté il y a un an, dont un autre général, Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, considéré comme le principal artisan du pustch.

Le Rwanda au sommet du Fespaco

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Les rideaux sont tombés sur le Fespaco 2019

Le Président Rwandais et burkinabè remettent le trophée au lauréat Joël Karekezi au Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

La 26e édition du Fespaco, a pris fin samedi au Burkina Faso. Le film du réalisateur rwandais Joël Karekezi, "The mercy of the jungle " a remporté l’Etalon d’or de Yennenga, le Grand Prix du festival. Le réalisateur dédie le trophée aux jeunes cinéastes de son pays.

Clap de fin pour la 26e édition du Fespaco ainsi que le cinquantenaire de la biennale du cinéma africain. Le Rwanda est monté sur la plus haute marche du podium. "The mercy of the jungle" en français "la miséricorde de la jungle" du jeune réalisateur rwandais Joël Karekezi, 33 ans a remporté l’Etalon d’or de Yennenga, le prestigieux prix d’une valeur de 20 millions de FCFA.

Le ballet national du Rwanda en prestationau Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Le ballet national du Rwanda en prestationau Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"C’est une grande chose pas seulement pour moi mais pour ma génération. Cela prouve qu’on est capable de raconter nos histoires," a déclaré Joël Karekezi.

"Aujourd’hui, c’est un grand jour. C’est un film qu’on a fait dans des conditions difficiles. Etre en compétition, c’était un grand honneur pour nous. Et gagner ce soir, nous encourage à faire le prochain film. Peut-être le prochain sera au Fespaco très bientôt," a ajouté le jeune réalisateur.

Alif Naaba un musicien burkinabè en prestation lors de la clôture du Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Alif Naaba un musicien burkinabè en prestation lors de la clôture du Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le film "Karma" de Khaled Youssef de l’Egypte a, lui, remporté l’Etalon d’argent tandis que le bronze a été l’affaire de la Tunisie avec "Fatwa" de Ben Mohmound.

C’est au moins une trentaine de prix spéciaux et palmarès officiel qui a été décernée au cours de cette cérémonie de clôture. Des lauréats ont été satisfaits.

"Beaucoup d’émotions. Je suis très émue. C’est un honneur d’être ici. Je voudrais remercier Tata Milouda, qui est le personnage de mon documentaire. C’est à elle que je dédie ce trophée. C’est incroyable," s’est rejoui Nadja Harek, de l’Algérie, Poulain de Bronze avec "Tata Milouda".

Des mascottes du Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Des mascottes du Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le nord et le sud du Sahara doivent se connaître à travers la culture. Ils doivent fraterniser avec la culture, le cinéma. C’est une occasion extraordinaire le Fespaco. On essaie de dépasser nos préjugés et se connaitre mieux et être solidaire parce que notre salut est dans la solidarité africaine," a confié Mohamed Chalouf, représentant de Ben Mohmound de la Tunisie Etalon de Bronze avec "Fatwa".

Le Burkina Faso, pays organisateur en plus de ses prix spéciaux doit se consoler de deux autres prix dans le palmarès officiel.

Une remise de prix au Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Une remise de prix au Fespaco 2019, à Ouagadougou, Burkina, 2 mars 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Aicha Boro a remporté l’Etalon d’or du film documentaire avec "Le Loup d’or de Balolé".

Le film "Desrances" d’Apolline Traoré s’en sort avec le prix du meilleur décor en fiction long métrage.

La 27e édition du Fespaco, c’est du 27 février au 6 mars 2021 à Ouagadougou.

Une statue de Thomas Sankara fait polémique

La statue du Président Thomas Sankara au conseil de l'Entente, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)

Une statue de l’ancien président Thomas Sankara dévoilée samedi à Ouagadougou, fait polémique au Burkina. Les populations disent ne pas reconnaître les traits du visage de Thomas Sankara. Certains demandent même qu’elle soit refaite.

Aussitôt dévoilée samedi par le Président du Faso Roch Kaboré et l’ancien président ghanéen, John Jerry Rawlings, ami de Thomas Sankara, la statue du père de la Révolution d’août 83 a été accueillie par de vives polémiques à Ouagadougou.

Entrée du mémorial Thomas Sankara au conseil de l'Entente, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)
Entrée du mémorial Thomas Sankara au conseil de l'Entente, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)

"Le monument-là, ça ne va pas. Ça ne va même pas du tout," se plaint Serge Kalaga, un citoyen burkinabè.

"A le voir, on remarque que ça ne ressemble pas au père de la Révolution. C’est très important qu’il ressemble au père de la Révolution. Des enfants peuvent en tirer des leçons," soutient Souleymane Nana qui affirme noter de la légèreté dans la réalisation du projet.

"Quand on regarde la statue, on est tenté de dire qu’ils ont balancé ça à un de leur connaissance. On sait ici que les choses se font par affinité. Quand on regarde le visage, on sent vraiment qu’il n’y a pas une ressemblance," rechigne M. Nana.

Le Comité du mémorial Thomas Sankara, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)
Le Comité du mémorial Thomas Sankara, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)

Acculé, le comité international du mémorial Thomas Sankara a décidé de refermer la dite statue du Capitaine Sankara et annonce de facto, la finition des travaux. Face à la pression surtout sur les réseaux sociaux, le comité lundi a présenté ses excuses aux peuples.

"Le comité international du mémorial Thomas Sankara présente ses excuses pour les insuffisances constatées à l’endroit de tous ceux qui sont choqués par le manque de ressemblance de la statue avec les traits du Président Thomas Sankara. Nous demandons pardon au Président du Faso, au parrain, Jerry John Rawlings, aux parents des victimes, aux populations du Burkina, d’Afrique et du monde. Nous apprécions surtout la grande vigilance de toutes les personnes qui nous ont contactés pour formuler leurs conseils et offrir leurs services," a déclaré Luc Damiba, Secrétaire général du Comité international mémorial Thomas Sankara.

La statue du capitaine Sankara, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)
La statue du capitaine Sankara, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)

Et ce n’est pas tout. La statue sera reprise.

"Tout le monde doit être rassuré que l’œuvre finale reflétera fidèlement la vision de Thomas Sankara que nous connaissons tous et que même ceux qui ne sont pas ses contemporains connaissent à travers les livres, les ouvrages et les différents médias," a précisé Nathalie Yam, représentante du Président Rawlings.

Serge Kalaga, un citoyen burkinabè, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)
Serge Kalaga, un citoyen burkinabè, Ougadougou, le 3 mars 2019. (VOA/ Lamine Traoré)

Les membres du comité international du mémorial Thomas Sankara se donnent deux mois pour finaliser la statue qui, tous espèrent cette fois-ci, ressemblera à Thomas Sankara.

En attendant, l’endroit où le capitaine Thomas Sankara a été assassiné en octobre 87, reste fermée mais cela n’arrête pas pour l’heure l’indignation et la colère des populations.

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