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Nouvelle menace de fermeture du gouvernement américain


Le Capitole à Washington le 21 janvier 2018.

Pour la quatrième fois en quatre mois, le Congrès américain se retrouve à quelques jours de déclencher une fermeture de l'Etat fédéral faute d'argent, en raison d'un bras de fer obstiné entre républicains et démocrates, mais aussi au sein même de la majorité.

L'éternel retour des dates-butoirs souligne l'instabilité du processus budgétaire américain, même lorsque, comme c'est le cas aujourd'hui, un seul parti contrôle la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès.

En février, les parlementaires se sont mis d'accord sur le montant total des dépenses pour la fin de l'année budgétaire 2018 (jusqu'au 30 septembre) et pour 2019 (octobre 2018-septembre 2019), approuvant une hausse similaire pour les budgets militaire et non-militaire, selon une égalité qui a réconcilié droite et gauche.

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Mais les tractations sur l'allocation des plus de mille milliards de dollars de 2018, ministère par ministère, ligne par ligne, a provoqué une myriade de conflits mêlant querelles idéologiques et intérêts locaux, que ce soit sur l'avortement, l'immigration ou le financement d'un nouveau tunnel ferroviaire à New York.

La date-butoir pour adopter le mastodonte qu'est la loi de financement de l'Etat fédéral est vendredi à minuit.

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Au-delà, les administrations ne seront plus financées et devront fermer partiellement ; c'est déjà arrivé deux fois, brièvement, en janvier et février. A chaque fois, les élus ont fini par adopter des crédits temporaires, reportant de quelques semaines la date-butoir, dans l'espoir qu'un temps supplémentaire de négociations produise un compromis jusque-là insaisissable.

En retard, les chefs républicains de la Chambre des représentants n'avaient toujours pas dévoilé leur texte mardi matin.

"J'espère aujourd'hui", a dû répondre le président de la Chambre, Paul Ryan.

Il lui faudra faire adopter la loi aux forceps, en limitant les défections au sein de son groupe, et en recueillant l'aval d'une partie de la minorité démocrate. Les démocrates ont une minorité de blocage au Sénat et ont donc leur mot à dire.

- Tunnel à New York -

Les frondeurs républicains habituels étaient, une nouvelle fois, furieux de l'opacité entourant la rédaction du budget.

"La Chambre prévoit de voter dès mercredi sur une loi de mille milliards de dollars, bourrée de mesures n'ayant rien à voir avec le budget, et nous n'avons toujours pas vu le texte. C'est dingue", s'est écrié l'élu conservateur Justin Amash.

En réalité, le vote pourrait n'avoir lieu que jeudi, la veille de la date-butoir, selon plusieurs élus. Et le Sénat devra voter ensuite.

L'une des pommes de discorde concerne la subvention fédérale promise sous l'administration de Barack Obama à un projet de nouveau tunnel ferroviaire à New York, afin de délester le tunnel existant sous l'Hudson, vétuste et surchargé.

L'Etat fédéral devait apporter au moins 900 millions de dollars cette année, sur les 13 milliards de budget pour le tunnel, mais le président Donald Trump a menacé de mettre son véto, estimant que New York et le New Jersey devaient payer plus.

Le milliardaire new-yorkais s'oppose ainsi aux élus républicains de la région new-yorkaise, qui soutiennent le projet, tout comme les démocrates - peut-être comme représailles après que certains d'entre eux ont voté contre sa réforme fiscale en décembre.

D'autres sujets explosifs se sont immiscés dans le processus. Les démocrates réclamaient l'ajout d'une clause de régularisation pour des centaines de milliers de jeunes clandestins. Les républicains refusent des subventions liées à la réforme du système de santé de Barack Obama, tandis que des conservateurs veulent s'attaquer au financement des cliniques pratiquant des avortements.

Un sénateur républicain a même suggéré d'inclure un amendement empêchant Donald Trump de limoger le procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller.

Attendant que les représentants résolvent leurs différends, Mitch McConnell, le chef de la majorité sénatoriale, a renouvelé mardi son soutien au compromis budgétaire de principe adopté en février.

"C'est un compromis juste, et j'espère que nous trouverons un accord et l'adopterons cette semaine", a aussi plaidé le leader de l'opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Avec AFP

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