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Togo

Des opposants demandent la "suspension" du processus électoral

Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, lors de son intervention du 14 février 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Plusieurs partis d'opposition ont demandé la "suspension" du processus électoral en vue de la présidentielle prévue en 2020 au Togo, pendant que l'ONU et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'activent pour un scrutin "crédible et transparent".

L'archevêque émérite de Lomé (1992-2020), Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, avait appelé les opposants et la société civile à former une plateforme revendicative pour faire une série de recommandations au pouvoir en place.

Plusieurs partis d'opposition, qui faisaient notamment parti de la coalition dissoute de la C14, ou l'importante organisation de la société civile Togo Debout y ont pris part, et ont demandé mardi la suspension du processus électoral.

Néanmoins, les deux grands partis de l'opposition, l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et le Parti National Panafricain (PNP), qui étaient moteurs des nombreuses manifestations contre le pouvoir entre 2017 et 2018, n'ont pas répondu à l'invitation de l'archevêque.

Au terme de deux jours de concertation, la plateforme d'opposition a également demandé l'ouverture d'un dialogue avec le pouvoir ainsi que la recomposition de la Cour constitutionnelle et le réaménagement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

De son côté, une mission conjointe des Nations unies et de la Cédéao conduite par Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, était à Lomé cette semaine pour "travailler étroitement avec les institutions et voir comment nous pouvons nous rendre utile pour assurer des élections crédibles et transparentes", a déclaré à la télévision d'Etat M.Chambas.

La présidentielle se tiendra "au plus tôt le 19 février et au plus tard le 5 mars 2020" au Togo, a indiqué fin octobre la Cour constitutionnelle.

Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père, devrait être candidat à un quatrième mandat, malgré de nombreux appels de l'opposition à la démission.

Début mai, les députés togolais avaient voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d'une immunité à vie "pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

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La semaine mondiale du bon usage des antibiotiques

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Gendarmes agressés au Togo : 18 assaillants présumés interpellés

Des policiers sur une route à Lomé, Togo, 6 septembre 2017.

La police togolaise a arrêté 18 personnes soupçonnées d’avoir participé le 23 novembre à des agressions contre des gendarmes à Lomé et à Sokodé, dans le centre du pays, a indiqué mardi le directeur de la police.

Des individus armés de machettes et de gourdins avaient attaqué des gendarmes à Agoè, dans la banlieue nord de Lomé, et à Sokodé, blessant cinq gendarmes dont un a depuis succombé à ses blessures.

"L’enquête nous a permis à ce jour d'interpeller 18 personnes : 15 à Lomé, 2 à Sokodé et 1 à Sogankopé (Ghana). Elles appartiennent à un mouvement dénommé +Tigre révolution+, créé il y a environ un an par un Togolais résidant en Belgique", a déclaré le directeur de la police, le lieutenant-colonel Yaovi Okpaoul, devant des journalistes.

Selon lui, les membres du mouvement sont recrutés lors des réunions du Parti National Panafricain (PNP), l’un des principaux partis de l’opposition dont le leader, Tikpi Atchadam, vit en exil et dit craindre pour sa sécurité.

Le PNP est le parti à l'origine de récentes grandes manifestations contre le régime.

Les 18 présumés assaillants ont été présentés aux journalistes ainsi que des machettes, gourdins et amulettes saisis lors des perquisitions.

Ces nouveaux heurts et arrestations interviennent à quelques mois de la présidentielle prévue début 2020.

Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père, devrait être candidat à un quatrième mandat, malgré de nombreux appels de l'opposition à la démission.

Début mai, les députés togolais avaient voté une révision constitutionnelle qui permet au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, et de bénéficier d'une immunité à vie "pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

La beauté naturelle mise en exergue à Lomé

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Manifestation pour un processus plus transparent lors de la présidentielle

Des manifestations dans les rues de Lomé, au Togo, le 18 octobre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Plusieurs centaines d'opposants ont manifesté mercredi à Lomé pour exiger davantage de transparence dans le processus électoral avant la présidentielle prévue début 2020 au Togo, a constaté un journaliste de l'AFP.

A l'appel du Front citoyen Togo debout (FCTD) qui rassemble de nombreuses organisations de la société civile togolaise, les manifestants ont sillonné les rues de Lomé, scandant des slogans hostiles au pouvoir, en présence de leaders de l'opposition.

"Il est important que certaines conditions soient remplies pour le bon déroulement du processus électoral. Nous appelons le pouvoir à répondre à nos revendications: un bon fichier électoral après un recensement électoral et la recomposition de la commission électorale nationale indépendante (Céni)", a déclaré à l'AFP David Dosseh, porte-parole du front FCTD.

Le FCTD demande également la proclamation des résultats par bureau de vote après le scrutin.

"On ne peut plus organiser au Togo d'élections dans les mêmes conditions que celles auxquelles on a déjà assisté. L'enjeu de l'élection présidentielle de 2020 est crucial. Nous allons nous battre pour des conditions de transparence", a martelé Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice d'une coalition regroupant cinq partis d'opposition.

Plusieurs partis d'opposition et des responsables de la société civile dont les évêques du Togo, ont demandé le 13 novembre, la "suspension" du processus électoral et l'ouverture d'un dialogue avec le pouvoir pour permettre la recomposition de la Cour constitutionnelle, l'établissement d'un fichier électoral fiable et le réaménagement de la Céni.

Les évêques ont toutefois critiqué l'opposition togolaise, l'invitant à "se départir des luttes mesquines et intéressées et à travailler avec professionnalisme et civisme sur les grands sujets".

Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père, devrait être candidat à un quatrième mandat, malgré de nombreux appels de l'opposition à la démission.

Début mai, les députés togolais avaient voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d'une immunité à vie "pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

Cette élection se tiendra "au plus tôt le 19 février et au plus tard le 5 mars 2020" au Togo, selon la Cour constitutionnelle.

Le Togo engage une lutte contre la résistance antimicrobienne

Des clients dans une pharmacie à Lomé, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La semaine mondiale du bon usage des antibiotiques s’est déroulée du 18 au 24 novembre. Une semaine instituée pour mener des actions afin de réduire la Résistance aux Anti microbiens (RAM) dont les antibiotiques.

A Lomé, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, médecins prescripteurs et les vétérinaires se sont penchés sur la question lors d’une table ronde. Ils sont unanimes à dire que les antibiotiques sont utilisés de façon appropriée et abusive dans le pays.

Selon l’enquête "un jour donné" réalisée en décembre 2018, dans 9 formations sanitaires dans le pays dont 2 CHU, sur 713 patients hospitalisés, 70% avaient reçu un traitement antibiotique et la molécule la plus prescrite est de troisième génération. Cette enquête montre qu’aucun patient n’a été mis sous antibiotique sur la base d’un test de laboratoire.

A cette table ronde les médecins prescripteurs, les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens et les vétérinaires, ont exposé la problématique de la RAM, la Résistance aux antis microbiens, telle qu’elle se pose à leur niveau.

Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Le chirurgien conseille à quiconque qui a mal à la dent, de se rendre à la pharmacie, ... pharmaciens, je vous en prie, donnez-lui juste un antidouleur et référez-lui vers le spécialiste. Les vétérinaires sont confrontés à des défis liés à la prescription des antibiotiques selon qu’on soit sur les animaux à cycle court ou à cycle long. J’ai entendu quelqu’un dire qu'il faudra peut-être même sanctionner", a résumé le professeur Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo.

L’usage non conforme des antibiotiques a des conséquences assez dangereuses. Face aux effets dévastateurs de la RAM, des restrictions sont faites sur l’utilisation des antibiotiques au niveau de la médecine animale.

Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Nous faisons tout pour interdire une anti-bio prévention. Une anti-bio prévention c’est quoi ? C’est quand il n’y a pas la maladie mais on essaie d’utiliser d’antibiotiques. Or c’est justement cette manière de faire qui entraine des problèmes de résistance. Et parfois en médecine vétérinaire, on utilisait des antibiotiques comme des facteurs de croissance. Aujourd’hui c’est formellement interdit", fait savoir Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo.

Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Du coté des pharmaciens, le constat est inquiétant. "Les antibiotiques sont demandées pour les maux de tête, les maux de ventre, de la fatigue et tout cela", a alerté Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, regrettant un recours spontané aux antibiotiques, sans ordonnance et sans antibiogramme. Suite à ce constat, la décision est sans appel au niveau des officines. Pas d’ordonnance, pas d’antibiotique.

Dr Dimiline Badombéna-Wanta Nimon, pharmacienne, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Dimiline Badombéna-Wanta Nimon, pharmacienne, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Nous voulons sensibiliser à un meilleur usage de ces médicaments parce que nous avons remarqué qu’il y a un abus. Et selon l’usage qui en est fait, la population peut s’exposer à des risques pour sa santé. Voilà pourquoi nous demandons plutôt que lorsque la population vient en officine qu’elle soumette son besoin de santé et le pharmacien dans la limite de ses compétences et de ses connaissances jugera du médicament utile pour pouvoir effectivement soulager ou jugera de l’orienter vers une structure de santé pour une meilleure prise en charge", a expliqué la pharmacienne Dimiline Badombéna-Wanta Nimon.

Ces spécialistes ont émis des recommandations, notamment l’amélioration des protocoles de prescription, la collaboration entre professionnels et la sensibilisation de la population sur les dangers de l’utilisation anarchique des antibiotiques. Les participants ont insisté sur la qualité de la formation.

Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"L’intégration des modules d’enseignement de la RAM dans les curricula de formation. Aujourd’hui, c’est une prescription des différents plans d’actions. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous avons décidé de commencer à sensibiliser dans le monde universitaire, en proposant même une unité d’enseignement libre sur la RAM", a dit le professeur Mounérou Salou, par rapport aux initiatives qui sont prises.

La problématique de la RAM est indéniablement reliée au phénomène des médicaments de la rue, soulignent les experts. Ainsi ils recommandent d’intensifier la lutte contre les médicaments de rue, ce qui constituera une bataille gagnée dans la guerre contre la résistance aux antimicrobiens.

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