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Togo

Premières élections municipales en plus de trente ans

Les électeurs au rendez-vous à Tsévié, au Togo, le 26 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Le Togo organise dimanche ses premières élections municipales en 32 ans et l'opposition, largement exclue du pouvoir après avoir boycotté les dernières législatives, espère remporter des mairies dans ce pays gouverné depuis plus d'un demi-siècle par la même famille.

Les électeurs du Togo, présidé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, dont le père, le général Eyadéma Gnassingbé, avait dirigé ce petit pays d'Afrique de l'Ouest d'une main de fer pendant 38 ans, sont appelés à élire 1.527 conseillers municipaux.

Débat public avant les élections locales du 30 juin
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"Le pouvoir a toujours refusé d'organiser les élections locales. Aujourd'hui, avec la pression de la communauté internationale, il se résout à les organiser", explique Eric Dupuy, porte-parole de l'Alliance nationale pour le changement (ANC), un des principaux parti de l'opposition.

Les 117 communes que compte le Togo et ses près de 8 millions d'habitants, estime l'opposant, "sont gérées de manière familiale: tout pour nous, rien pour le peuple. Dans certains coins du pays, il n'y a même pas d'eau potable".

Les 45 derniers conseillers municipaux avaient été élus en 1987 pour un mandat de cinq ans dans cinq arrondissements. "Mais les élections n'ont pu se tenir en 1992 en raison des crises politiques successives", explique le politologue Pascal Edoh Agbové.

Ils sont donc restés en poste jusqu'en 2001 et la mise en place à cette date de "délégations spéciales" composées de personnalités désignées par le pouvoir.

A l'origine chargées d'aider à l'organisation de nouvelles élections, ces structures, explique M. Agbové, n'ont pas organisé de nouveau scrutin, "car les crises se sont multipliées" et la "volonté politique" a manqué.

"Ces élections locales n'étaient pas la priorité des leaders du pouvoir et de l'opposition", avance le politologue. "Ils mettaient plutôt l'accent sur les élections présidentielles et législatives".

Espoir et limites

La gestion des communes par ces délégations spéciales est critiquée par bon nombre de Togolais.

"Il n'est plus question de laisser la voie libre au pouvoir", déclare ainsi Alice Doudji, commerçante au grand marché de Lomé.

"L'opposition doit enlever le maximum de communes, car les populations seront maintenant impliquées dans la gestion de leurs localités. Les délégations spéciales ont montré leurs limites", ajoute-t-elle alors que l'opposition espère remporter plusieurs mairies de la capitale Lomé et de rivaliser avec le parti au pouvoir, l'Union pour la République (UNIR), dans le centre.

Pour M. Agbové, "le régime a profité de la situation durant des années, car tout est contrôlé sur l'ensemble du pays. Après ces élections locales, le pouvoir n'aura plus la main mise totale sur certaines localités, qui seront dirigées par l'opposition".

"Beaucoup de choses vont changer dans la gestion des communautés à la base", espère l'expert. "Les citoyens seront désormais plus concernés par le développement de leurs communautés. Les besoins des populations seront pris en compte dans toutes les localités".

La campagne électorale, débutée le 14 juin et qui s'achève vendredi, s'est déroulée sans incident majeur.

Kossi Daflo, comptable dans un supermarché, soutient lui l'UNIR, même si "tout n'est pas rose". "Ces élections locales vont permettre aux prochains maires du parti au pouvoir de mettre en oeuvre l'ambitieux Plan de développement national (PND)", espère-t-il.

La majorité des partis d'opposition, qui avaient boycotté les législatives de 2018, ont présenté des listes aux élections locales.

Mais deux d'entre eux ont refusé: le Parti national panafricain (PNP), un parti important à l'origine de récentes manifestations contre le régime, dont le leader Tikpi Atchadam vit en exil, et le plus petit Parti des Togolais

Le PNP exige la libération de ses militants dont trois responsables écroués depuis mi-avril à la suite des manifestations.

Le PNP faisait parti de la coalition formée à l'été 2017. Des dizaines de milliers de personnes avaient ensuite déferlé dans les rues de Lomé et d'autres villes pour demander, notamment, la démission de Faure Gnassingbé.

Cette mobilisation exceptionnelle a cependant perdu en intensité au fil des mois, et aujourd'hui, plusieurs autres partis ont claqué la porte de la coalition et vont en ordre dispersé aux élections locales.

Les forces armées et de sécurité votent vendredi afin de pouvoir être déployées dans le pays dimanche - environ 8.000 gendarmes et policiers seront alors mobilisés.

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Les Togolais sont "obligés de sacrifier leurs biens pour accéder à la nourriture"

Des sacs de nourriture distribués par le PAM dans le nord du Togo, le 28 septembre 2007.

Au Togo, en moins d’un an, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a été multiplié par 60. De 4.000, elles sont aujourd’hui 250.000 personnes à se retrouver en insécurité alimentaire sévère, suite à la crise socio-économique engendrée par la pandémie de Covid-19.

Le Togo n’est pas à risque de famine. Mais dans le pays, quelques milliers de personnes se retrouvent en insécurité alimentaire sévère.

"Il y a des populations qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire sévère qui est due au nombre de repas par jour et à la qualité du repas", souligne Guy Mesmin Adoua, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le Togo. "Si on prend cette catégorie, où les gens sont obligés de vendre ou de sacrifier leurs biens pour pouvoir accéder à la nourriture, ça représente à peu près 4.000 personnes".

Il poursuit: "S’il y a le moindre choc, ils peuvent passer à la phase d’insécurité alimentaire sévère".

Un choc est venu bouleverser le cours de la situation. Et ce choc a un nom: la crise due à la pandémie de Covid-19.

Environ 3.900 tonnes de vivres

Selon Aboubacar Koisha, directeur adjoint du PAM au Togo, "pour nos distributions locales, il y aura environ 3.900 tonnes de vivres. Et en grande partie, ce sont des céréales. C’est le maïs, le riz, souvent aussi de fonio. Il y a de l’huile végétale vitaminée. Il y a également les légumineuses, à défaut de la viande ou du poisson, qui jouent ce rôle de protéines dans le corps. Et nous distribuons le sel iodé".

En octobre dernier, le PAM a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement contre la faim, à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par des conflits et dans la prévention de l’utilisation de la faim comme arme de guerre et de conflit.

Le Togo y a contribué, selon le directeur adjoint du PAM dans le pays: "le port de Lomé joue un grand rôle qu'il permet de transporter, chaque année, environ 100.000 tonnes de vivres vers les pays de l’hinterland, le Burkina Faso, le Mali et le Niger", relève Aboubacar Koisha. Et d'ajouter: "Ce prix Nobel de la paix, c’est pour le PAM certes, mais c’est aussi pour le Togo. Les Togolais doivent savoir qu’ils ont contribué au décernement de ce prix au PAM".

Guy Mesmin Adoua, représentant du PAM pour le Togo à Lomé, 13 novembre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Guy Mesmin Adoua, représentant du PAM pour le Togo à Lomé, 13 novembre 2020. (VOA/Kayi Lawson)

L’année 2021 s’annonce difficile pour l’agence onusienne qui s’occupe de la lutte contre la faim dans le monde. "Nous aurons des famines aux proportions bibliques en 2021", a prévenu le directeur général du PAM.

Dans un rapport conjoint, le PAM et la FAO, l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ont alerté sur le risque de détérioration de l’insécurité alimentaire aiguë dans le monde. Selon le rapport, quatorze pays africains sont en menace de famine.

Environ 250.000 Togolais vivent dans l'insécurité alimentaire
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La maladie Covid-19 aggrave la situation des diabétiques

Enseigne CHR Lomé Commune, centre de prise en charge des personnes atteintes de Covid-19 à Lomé, 8 mai 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La co-morbidité entre les maladies non transmissibles et le coronavirus est très importante au Togo, puisque 95% des personnes décédées de la maladie Covid-19 étaient déjà porteuses d’une maladie non transmissible.

Au Togo, 27% des personnes décédées de la maladie Covid-19 souffraient du diabète.

"Sur 60 personnes décédées du Covid-19 au Togo, 27 avaient une hypertension artérielle, 16 portaient un diabète, 8 personnes décédées de la Covid-19 étaient obèses. Trois avaient un AVC, deux portaient une insuffisance rénale chronique et une personne présentait un cancer", a détaillé le Pr Mofou Belo, chef division de la surveillance des maladies non transmissibles au ministère togolais de la santé.

Le diabète est l’un des facteurs qui augmentent le risque de forme sévère et de décès parmi les patients infectés par le coronavirus, a expliqué à VOA Afrique le professeur Jean-Marie Dangou, coordinateur du programme de gestion des maladies non transmissibles à l’OMS Afrique.

"Le diabète fait que si vous êtes infectés par le coronavirus, vous développez des formes graves de Covid. Ce virus va déstabiliser votre diabète et vous développez des complications", a-t-il relevé.

Il poursuit: "ces complications généralement qui arrivent à plus ou moins longue échéance, cette fois-ci à cause du Covid-19, dès que vous êtes infectés dans les jours qui suivent, vous pouvez faire le coma diabétique. Vous pouvez faire une insuffisance rénale aiguë, une défaillance cardio respiratoire aigüe, vous pouvez avoir une défaillance de plusieurs de vos organes en même temps".

L’avènement du coronavirus a bouleversé la vie des diabétiques au Togo, comme le témoigne Augustin Nimon, président de la Coalition contre les maladies non transmissibles au Togo.

"Le Covid-19 a eu un impact très significatif sur les diabétiques. Nous avons, en effet, remarqué qu’il y a eu une rupture de stock de l’insuline dans les pharmacies. Le manque d’insuline a fait que beaucoup ont souffert. Et lorsqu’ils n’arrivent à s’injecter, il apparait des complications. Même les patients diabétiques qui avaient des rendez-vous avec les médecins, ces rendez-vous ont été annulés", a confié M. Nimon.

"Le personnel infirmier et le diabète" est le thème 2020 de la journée mondiale de lutte contre le diabète.

Il s’agit d’impliquer davantage, les infirmiers dans la prévention et le traitement de cette pathologie. Pour les populations africaines -- surtout celle des milieux ruraux qui pratiquent l’agriculture -- la prévention doit être beaucoup plus accentuée sur l’assainissement du mode de vie.

"Si vous marchez 5 kilomètres pour aller au champ et 5 kilomètres pour revenir, en plus de l’activité dans le champ, vous avez déjà une activité physique suffisante pour la journée", a fait remarquer Pr Jean-Marie Dangou. "Evitez l’alcool, le tabac, les sucres, de même. Avoir une alimentation pauvre en graisse. Réduire également la quantité de sel. Parce qu’au-delà du diabète, la consommation de grande quantité de sel donne automatiquement, une hypertension artérielle", a-t-il conseillé.

Selon l’OMS, 18,3 % des décès dus à la maladie Covid-19 sur le continent africain sont liés au diabète. En 2018, 16 millions de diabétiques ont été recensés en Afrique dont 312.000 patients qui ont succombé au cours de la même période.

Vote aux USA: "Trump n'avait pas causé trop de tort en Afrique"

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Élections américaines: les Togolais tempèrent leurs attentes

Les gens entrent dans un auditorium de la Morgan State University pour voter, le deuxième jour du vote anticipé de la course présidentielle américaine, à Baltimore, le 27 octobre 2020.

Tous les regards sont tournés en ce moment vers les États-Unis d’Amérique qui choisissent mardi leur président. Des Togolais estiment que quel que soit le président élu, cela ne changerait rien en la politique américaine envers l’Afrique.

Les élections américaines passionnent les débats à Lomé mais sans grandes attentes de la part des Togolais.

Pour Germain Dodor, l’Afrique ne pèse pas suffisamment dans la balance pour espérer influer sur la politique étrangère américaine.

"L’Afrique est un paramètre d’ajustement quand il s’agit de la géopolitique et de la géostratégie pour le moment", analyse-t-il. "Juste un exemple: lorsque le Togo avait siégé au Conseil de sécurité, la Secrétaire d’Etat d’alors, Hillary Clinton, s’était déplacée personnellement pour passer au Togo. C’était pour s’assurer du vote du Togo lors d’un sujet précis qui concernait l’Etat d’Israël", se rappelle-t-il.

Les résultats de ces élections sont très attendus, même au Togo.

Ayawavi Attisso s’abstient de se prononcer sur le nom du futur président américain en ayant à l’esprit le duel Clinton-Trump de 2016.

"Les Américains sont surprenants, vraiment surprenants", lance-t-il. "En 2016, tout donnait Hilary Clinton vainqueur et bon… Donald Trump ou Joe Biden, que le meilleur gagne. Dans tous les cas, je sais que les Américains choisiront celui qui défendra mieux leurs intérêts, alors je leur souhaite de très bonnes élections".

Présidentielle américaine: des débats passionnés à Lomé
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