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Togo

Première manifestation de l’opposition après le scrutin

Le Parlement de Lomé, Togo, le 20 janvier 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Plus de mille partisans de la principale coalition de l’opposition togolaise ont manifesté samedi à Lomé pour "dénoncer un coup de force électoral", lors des élections législatives remportées par le parti au pouvoir avec 59 des 91 sièges, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Les leaders de la coalition des 14 partis politiques de l'opposition (C-14) avaient boycotté ce scrutin, dénonçant des "irrégularités" dans sa préparation.

Les observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avaient salué la bonne tenue des législatives, tout comme les dirigeants ouest-africains qui ont jugé que ces élections "libres et transparentes" étaient conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

Il s'agit de la première manifestation de la coalition de l’opposition après ce scrutin, mais la mobilisation a été faible.

"Il y a eu des intimidations, avec la mobilisation des forces de sécurité et des militaires partout. C’est la première manifestation, tout rentrera dans l’ordre pour les prochaines manifestations", a déclaré à la presse Jean Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et ex-chef de file de l'opposition. "Nous amorçons une nouvelle phase de la lutte. Il s’agit de l’élargissement de la lutte que nous menons à d’autres composantes notamment à la société civile et ceux qui nous ont toujours soutenus. Nous voulons créer un vaste mouvement citoyen de libération nationale".

Sur certaines pancartes, on pouvait lire : "Libération du Togo, c’est maintenant" et "50 ans de dictature sanguinaire doivent finir".

"Je suis encore dans les rues ce jour pour l’alternance au Togo, comme au Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina, Ghana… Nous irons jusqu’au bout de la lutte", a martelé Womas Catherine, une sexagénaire.

Des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes du pays.

Les responsables de la C-14 exigent aussi la libération des personnes toujours détenues dans le cadre des manifestations de l’opposition. Une centaine de personnes se trouvent dans les prisons du pays, selon l’opposition.

Après plus d'un an de grave crise politique et des dizaines de marches de protestation, certaines massives, les leaders de la C-14 n'ont plus aucune représentation à l’Assemblée dirigée depuis mercredi par la députée Yawa Djigbodi Tségan (Union pour la République - au pouvoir). Inspectrice des impôts, Mme Tségan, 47 ans, est la première femme à occuper ce poste au Togo.

Jeudi, le président Faure Gnassingbé a reconduit Sélom Komi Klassou, qui avait démissionné de son poste de Premier ministre du Togo le 4 janvier. Ce dernier a aussitôt formé son gouvernement.

Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a succédé dans la violence à son père, le général Eyadéma Gnassingbé, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans.

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Les jeunes impliqués dans la campagne pour les élections régionales

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Réussite de la 2e édition de la conférence sur l’entreprise sociale à Lomé

Eric Tamandja à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La deuxième édition de la Conférence sur l’entreprise sociale et la responsabilité sociale des entreprises s'est tenue les 6 et 7 juin à Lomé.

La rencontre a permis d’élaborer un projet de loi afin de permettre au Togo de disposer d’un cadre juridique pour encadrer le secteur de l’entrepreneuriat social.

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Plus d’une cinquantaine d’entreprises sociales opèrent au Togo, dont la majorité dans le secteur agricole. Ce modèle d’entrepreneuriat est en pleine croissance dans le pays.

"Une entreprise sociale est une organisation qui combine le dynamisme du secteur privé, axé sur le marché et qui produit des résultats mais avec la mission sociale d’une association ou d’une ONG pour améliorer le bien-être de la communauté, dans le domaine de l’éducation, de l’environnement ou de la santé", selon Mike Pryor, chargé des affaires publiques de l’ambassade des USA au Togo.​

Cette nouvelle forme d’entrepreneuriat séduit. Pour donner la chance aux start-ups de prospérer, le Togo propose aux jeunes entrepreneurs d’expérimenter l’entrepreneuriat social.

Eric Tamandja, secrétaire permanent de la Coalition nationale pour l'emploi des jeunes, explique que "le constat est que beaucoup d’entreprises jeunes qui sont créées finissent par mettre la clé sous la porte, mais nous sommes en train de corriger cela en insufflant l’esprit des investissements d’impact, c’est-à-dire des entreprises sociales".

"Ce qui va permettre que le modèle soit économiquement viable avant de passer à la résolution des problèmes communautaires", conclut-il.

Olowondjo Tchalla, CEO Alaffia à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Olowondjo Tchalla, CEO Alaffia à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Pour avoir plus d’impact en tant qu’entreprise sociale, il faut miser sur la gente féminine, recommande Olowondjo Tchalla, directeur général de Alaffia, la plus grande entreprise sociale du Togo.

"Dans les écoles, on rencontre plus de garçons que de filles. Ils vont à l’école, bien sûr qu’il n’y a pas d’emploi mais ils ont plus de chance de trouver de boulot. Ce qui n’est pas le cas des femmes. On parle de l’égalité économique, donc il faut faire la différence vers les femmes, si on veut cette égalité. On ne peut pas réduire la pauvreté si tout le monde ne monte pas. Pas seulement les hommes ou les garçons".

Ces entreprises sociales doivent aussi soutenir l’inclusion financière, estime Carl Manlan, directeur général adjoint de la fondation Ecobank.

"Quels sont les premiers clients des entrepreneurs sociaux ? C’est généralement des personnes qui sont dans la communauté parce qu’on essaie de changer leurs vies", explique-t-il.

"Pour changer les vies de ces personnes, il faut leur donner les moyens de pouvoir faire des transactions financières sans nécessairement avoir du cash. Plus les plateformes financières ont de clients et plus l'argent "national" reste dans nos pays pour qu’on puisse ensuite le redistribuer à ceux qui en ont besoin".

L’ambition du Togo est de devenir un Hub de l’entrepreneuriat social dans l’espace francophone de l’Afrique de l’ouest. Pour y parvenir, le pays s’apprête à se doter des textes juridiques.

"Il est important que le Togo se dote d’un arsenal juridique sur la question de l’entrepreneuriat social, parce qu’il faut d’abord encadrer ce secteur que nous appelons secteur porteur. L’entrepreneur social doit avoir une définition, les avantages d’un entrepreneur social, les dispositions qui sont prises au niveau des fiscs pour que l’entrepreneur social se sente protéger et également les responsabilités d’un entrepreneur social", explique encore Eric Tamandja.

Toujours dans la dynamique de développer l’entrepreneuriat social, le Togo met en place, dans le cadre d’un partenariat public-privé, un programme de mentorat pour mieux accompagner les jeunes entrepreneurs sociaux.

Réussite de la 2e édition de la conférence sur l’entreprise sociale à Lomé

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Campagne électorale pour le scrutin du 30 juin

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Bilan de la contractualisation des hôpitaux publics togolais

Entrée de l'hôpital secondaire de Be, à Lomé, le 19 octobre 2017.

Les hôpitaux publics n’ont pas bonne réputation au Togo. L'accueil dans ces établissements laisse à désirer et la population manque de confiance dans le personnel soignant.

Pour redorer le blason des centres sanitaires publics, le ministère de la Santé a opté pour la contractualisation de ces hôpitaux, lancée en 2017. Deux ans après, l’heure est au bilan.

Le Togo s’est inscrit, depuis deux années, dans une approche contractuelle pour ses services de santé. L’objectif est d’améliorer le système de santé en assainissant la gestion des finances des hôpitaux.

Après la phase pilote qui a concerné une dizaine de centres hospitaliers, le bilan est satisfaisant explique le ministre togolais de la santé, le professeur Moustapha Mijiyawa : "cette contractualisation a beaucoup assaini la gestion des finances des hôpitaux".

"Cela a beaucoup impacté les taux de consultation et de fréquentation, les maternités et l’aspect prise en charge chirurgicale. Maintenant, il s'agit d’équiper et de réhabiliter les différentes formations sanitaires. Cet ensemble de mesures va nous permettre de mettre en place un système de santé de base robuste et correct pour nos populations", soutient-il.

Reconnaissant que la contractualisation a contribué à une certaine amélioration des services dans les hôpitaux publics, certains Togolais appellent à plus d’humanisme dans les centres sanitaires.

"On a senti qu’il y a une nette amélioration de la vie sanitaire. Si il fallait améliorer quelque chose, c’est l’accueil. Il faut que tout le monde soit traiter de la même manière", ont expliqué des Togolais à VOA Afrique.

En visite au Togo à la fin du mois d’avril, la directrice région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a estimé que grâce à la contractualisation, le Togo peut augmenter le budget alloué au secteur de la santé.

"Nous constatons dans beaucoup de pays -y compris ici au Togo- qu’il y a lieu d’augmenter l’allocation de budget public dans le système de santé", a déclaré la docteur Matshidiso Moeti.​

"Je suis très satisfaite, le pays est en bonne voie. Nous, en tant qu'Organisation Mondiale de la Santé, nous allons appuyer ce processus avec les hôpitaux".

Selon les résultats rendus publics par le ministère de la santé, la disponibilité des médicaments dans les centres contractualisés est supérieure à 95%. En ce qui concerne les chiffres d’affaires, ils ont connu une progression entre 22 et 69% selon les centres de santé.

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