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Togo

Le parti au pouvoir obtient une majorité au parlement

Une liste électorale à l'extérieur d'un bureau de vote du quartier Agoe à Lomé le 20 décembre 2018, lors de la procédure de vote pour les élections législatives.

Le parti du président Faure Gnassingbé a obtenu une majorité de 59 sièges sur les 91 de l'Assemblée nationale du Togo aux législatives du 20 décembre boycottées par la principale coalition de l'opposition et précédées de violences, selon les résultats officiels provisoires publiés lundi.

Mais l'Union pour la République (Unir) devra faire appel à ses alliés au parlement pour faire passer une réforme constitutionnelle qui permettrait au président Gnassingbé de se représenter pour deux autres mandats alors que sa famille gouverne déjà ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest depuis un demi-siècle.

Sans les principaux partis d'opposition, qui avaient dénoncé des "irrégularités" dans la préparation du scrutin, l'Unir pouvait espérer remporter les 4/5 des sièges au parlement (73 députés contre 62 actuellement) afin de faire adopter une réforme constitutionnelle autorisant le président Gnassingbé à se représenter en 2020 et 2025.

Au pouvoir depuis 2005, il a succédé à son père, le général Eyadéma Gnassingbé, qui a dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

Le parti au pouvoir rafle la majorité des sièges
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Toutefois, le parti au pouvoir pourra compter sur son allié principal, l'Union des forces de changement (UFC) de l'ex-opposant historique Gilchrist Olympio, arrivée en deuxième position avec six députés et d'autres partis et indépendants.

Dix listes d'indépendants, ont obtenu 18 sièges.

Au total, 850 candidats issus 130 listes (105 pour 12 partis politiques et 25 pour les indépendants) ont pris part à ces élections.

Le taux de participation officiel est de près de 60% d'électeurs inscrits, les partis boycottant le scrutin ayant invité leurs supporters à ne pas s'inscrire sur les listes.

Après plus d'un an de grave crise politique, et des dizaines de marches de protestation, certaines massives, les leaders de la principale coalition des 14 partis politiques de l'opposition (C-14) n'ont pas présenté de candidats, et n'auront plus aucune représentation au Parlement.

Ils ont toujours réclamé davantage de transparence et des réformes constitutionnelles pour permettre la limitation du mandat présidentiel.

"La lutte continue"

"La coalition et le peuple ont rejeté toute notion d’élections dans les conditions qui prévalent. Donc les résultats ne correspondant pas aux attentes des Togolais qui n’y ont pas participé", a déclaré à l’AFP Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais et membre de la coalition de l’opposition.

"La lutte continue et elle sera encore plus rude après ces élections", a-t-il averti.

Les observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avaient salué la bonne tenue de ces législatives tenues dans le calme, sous haute surveillance des forces de sécurité.

Les dirigeants ouest-africains qui ont servi de médiateurs ont salué samedi à Abuja des élections "libres et transparentes", conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

Ils ont "fortement regretté" le boycottage du scrutin par la C-14, "malgré les efforts considérables déployés par les facilitateurs pour favoriser des élections inclusives avec une participation équitable de tous les acteurs à la Céni", la commission électorale.

L'opposition a dénoncé la "partialité" de la Cédéao et considère qu'elle n'avait pas suffisamment de représentants à la commission électorale pour un scrutin libre et équitable. Elle affirme également que la constitution des listes électorales a été bâclée.

En amont du scrutin, l'opposition avait appelé à manifester pendant une dizaine de jours pour exiger l'arrêt du processus électoral et appelé au boycottage. Dans des violences sporadiques pré-électorales, au moins quatre personnes ont été tuées - six selon l'opposition - les 8 et 10 décembre à Lomé et dans le centre du pays.

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Les jeunes impliqués dans la campagne pour les élections régionales

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Réussite de la 2e édition de la conférence sur l’entreprise sociale à Lomé

Eric Tamandja à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La deuxième édition de la Conférence sur l’entreprise sociale et la responsabilité sociale des entreprises s'est tenue les 6 et 7 juin à Lomé.

La rencontre a permis d’élaborer un projet de loi afin de permettre au Togo de disposer d’un cadre juridique pour encadrer le secteur de l’entrepreneuriat social.

Réussite de la 2e édition de la conférence sur l’entreprise sociale à Lomé
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Plus d’une cinquantaine d’entreprises sociales opèrent au Togo, dont la majorité dans le secteur agricole. Ce modèle d’entrepreneuriat est en pleine croissance dans le pays.

"Une entreprise sociale est une organisation qui combine le dynamisme du secteur privé, axé sur le marché et qui produit des résultats mais avec la mission sociale d’une association ou d’une ONG pour améliorer le bien-être de la communauté, dans le domaine de l’éducation, de l’environnement ou de la santé", selon Mike Pryor, chargé des affaires publiques de l’ambassade des USA au Togo.​

Cette nouvelle forme d’entrepreneuriat séduit. Pour donner la chance aux start-ups de prospérer, le Togo propose aux jeunes entrepreneurs d’expérimenter l’entrepreneuriat social.

Eric Tamandja, secrétaire permanent de la Coalition nationale pour l'emploi des jeunes, explique que "le constat est que beaucoup d’entreprises jeunes qui sont créées finissent par mettre la clé sous la porte, mais nous sommes en train de corriger cela en insufflant l’esprit des investissements d’impact, c’est-à-dire des entreprises sociales".

"Ce qui va permettre que le modèle soit économiquement viable avant de passer à la résolution des problèmes communautaires", conclut-il.

Olowondjo Tchalla, CEO Alaffia à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Olowondjo Tchalla, CEO Alaffia à Lomé, le 6 juin 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Pour avoir plus d’impact en tant qu’entreprise sociale, il faut miser sur la gente féminine, recommande Olowondjo Tchalla, directeur général de Alaffia, la plus grande entreprise sociale du Togo.

"Dans les écoles, on rencontre plus de garçons que de filles. Ils vont à l’école, bien sûr qu’il n’y a pas d’emploi mais ils ont plus de chance de trouver de boulot. Ce qui n’est pas le cas des femmes. On parle de l’égalité économique, donc il faut faire la différence vers les femmes, si on veut cette égalité. On ne peut pas réduire la pauvreté si tout le monde ne monte pas. Pas seulement les hommes ou les garçons".

Ces entreprises sociales doivent aussi soutenir l’inclusion financière, estime Carl Manlan, directeur général adjoint de la fondation Ecobank.

"Quels sont les premiers clients des entrepreneurs sociaux ? C’est généralement des personnes qui sont dans la communauté parce qu’on essaie de changer leurs vies", explique-t-il.

"Pour changer les vies de ces personnes, il faut leur donner les moyens de pouvoir faire des transactions financières sans nécessairement avoir du cash. Plus les plateformes financières ont de clients et plus l'argent "national" reste dans nos pays pour qu’on puisse ensuite le redistribuer à ceux qui en ont besoin".

L’ambition du Togo est de devenir un Hub de l’entrepreneuriat social dans l’espace francophone de l’Afrique de l’ouest. Pour y parvenir, le pays s’apprête à se doter des textes juridiques.

"Il est important que le Togo se dote d’un arsenal juridique sur la question de l’entrepreneuriat social, parce qu’il faut d’abord encadrer ce secteur que nous appelons secteur porteur. L’entrepreneur social doit avoir une définition, les avantages d’un entrepreneur social, les dispositions qui sont prises au niveau des fiscs pour que l’entrepreneur social se sente protéger et également les responsabilités d’un entrepreneur social", explique encore Eric Tamandja.

Toujours dans la dynamique de développer l’entrepreneuriat social, le Togo met en place, dans le cadre d’un partenariat public-privé, un programme de mentorat pour mieux accompagner les jeunes entrepreneurs sociaux.

Réussite de la 2e édition de la conférence sur l’entreprise sociale à Lomé

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Campagne électorale pour le scrutin du 30 juin

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Bilan de la contractualisation des hôpitaux publics togolais

Entrée de l'hôpital secondaire de Be, à Lomé, le 19 octobre 2017.

Les hôpitaux publics n’ont pas bonne réputation au Togo. L'accueil dans ces établissements laisse à désirer et la population manque de confiance dans le personnel soignant.

Pour redorer le blason des centres sanitaires publics, le ministère de la Santé a opté pour la contractualisation de ces hôpitaux, lancée en 2017. Deux ans après, l’heure est au bilan.

Le Togo s’est inscrit, depuis deux années, dans une approche contractuelle pour ses services de santé. L’objectif est d’améliorer le système de santé en assainissant la gestion des finances des hôpitaux.

Après la phase pilote qui a concerné une dizaine de centres hospitaliers, le bilan est satisfaisant explique le ministre togolais de la santé, le professeur Moustapha Mijiyawa : "cette contractualisation a beaucoup assaini la gestion des finances des hôpitaux".

"Cela a beaucoup impacté les taux de consultation et de fréquentation, les maternités et l’aspect prise en charge chirurgicale. Maintenant, il s'agit d’équiper et de réhabiliter les différentes formations sanitaires. Cet ensemble de mesures va nous permettre de mettre en place un système de santé de base robuste et correct pour nos populations", soutient-il.

Reconnaissant que la contractualisation a contribué à une certaine amélioration des services dans les hôpitaux publics, certains Togolais appellent à plus d’humanisme dans les centres sanitaires.

"On a senti qu’il y a une nette amélioration de la vie sanitaire. Si il fallait améliorer quelque chose, c’est l’accueil. Il faut que tout le monde soit traiter de la même manière", ont expliqué des Togolais à VOA Afrique.

En visite au Togo à la fin du mois d’avril, la directrice région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a estimé que grâce à la contractualisation, le Togo peut augmenter le budget alloué au secteur de la santé.

"Nous constatons dans beaucoup de pays -y compris ici au Togo- qu’il y a lieu d’augmenter l’allocation de budget public dans le système de santé", a déclaré la docteur Matshidiso Moeti.​

"Je suis très satisfaite, le pays est en bonne voie. Nous, en tant qu'Organisation Mondiale de la Santé, nous allons appuyer ce processus avec les hôpitaux".

Selon les résultats rendus publics par le ministère de la santé, la disponibilité des médicaments dans les centres contractualisés est supérieure à 95%. En ce qui concerne les chiffres d’affaires, ils ont connu une progression entre 22 et 69% selon les centres de santé.

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