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Togo : la coalition de l'opposition s'effrite, minée par des querelles internes

Manifestation du Front citoyen Togo , à Lomé, 5 octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

"Nous avons marché durant des mois sous un soleil chaud et parfois sous la pluie, espérant venir à bout du régime en place. Mais nous nous sommes trompés, car les leaders de l'opposition ne font que se déchirer", déplore Afiwa Yogué, vendeuse de tissu à Lomé, au Togo.

"Nous sommes fatigués d'eux", ajoute la commerçante de 34 ans, déçue des divisions au sein de l'opposition dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Ces querelles minent la principale coalition de l'opposition, C-14, qui regroupe 14 partis et avait organisé des manifestations très suivies contre le régime du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

Entre septembre et octobre 2017, elles avaient drainé une marée humaine dans les rues de Lomé et de plusieurs grandes villes du Nord. Les manifestants exigeaient notamment la démission du chef de l'Etat, au pouvoir depuis la mort de son père qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

Mais depuis deux mois, plus de manifestations. La dernière remonte au 26 janvier et n'avait réuni qu'un maigre cortège.

Sept partis ont depuis claqué la porte de la coalition, dont le Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l'homme fort du soulèvement populaire, en exil depuis plus d'un an.

L'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de l'ex-chef de file de l'opposition Jean Pierre Fabre et le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo, ancien premier ministre et grande figure de l'opposition, ont eux aussi quitté C-14 pour marquer leur désaccord avec l'orientation du mouvement.

- "Déficit de cohésion" -

"Certains pensent qu'il faut restructurer la coalition et la doter d'une charte. Nous ne sommes pas d'accord, car ce n'est pas ce qui a manqué à la lutte : c'est plutôt la généralisation de la mobilisation", a expliqué le secrétaire général du PNP, Kossi Sama.

Selon Fulbert Sassou Attisso, président du parti Le Togo Autrement, "le bilan de la lutte menée par la coalition depuis 18 mois n'est pas positif".

"La responsabilité de ce nouveau revers est collective. Mais elle est due à une culture politique que l'opposition togolaise traîne depuis le début de la lutte en 1990", a déclaré à l'AFP M. Attisso, qui a lui aussi claqué la porte de la coalition.

Les autres membres de C-14 ont admis à mi-mot l'échec de la coalition, affirmant dans un bilan publié le 12 mars qu'elle "n'a atteint aucun des objectifs qu'elle s'est fixés". "Le parcours de la coalition a été marqué par un déficit de cohésion et de confiance", ont-ils déploré.

L'opposition réclame notamment des réformes constitutionnelles pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels et instaurer un scrutin à deux tours pour la présidentielle.

Elle exige aussi la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations. Une soixantaine sont toujours détenues.

Outre ses dissensions internes, la coalition est secouée par une affaire de corruption portant sur 30 millions de francs CFA (45.734,85 euros), don d'un chef d'Etat de la région.

L'un des responsables de C-14 a affirmé la semaine dernière sur une radio locale que la coalition avait bien reçu ce don mais souligné qu'il avait servi à organiser les manifestations.

"Nos leaders de l'opposition ont intérêt à se ressaisir. Le peuple s'est encore mobilisé derrière eux, mais ils nous ont encore déçus", a déploré Attah Hinnou, 44 ans, gérant d'une station-service à Lomé.

Depuis 1990, l'opposition a souvent manqué d'une stratégie cohérente.

Les tentatives de candidatures uniques ont toujours échoué la veille des élections présidentielles, laissant un boulevard au régime en place.

L'opposition a également boycotté des élections législatives, notamment en 2002, ce qui a permis au pouvoir de modifier à sa guise la Constitution.

Elle a aussi boycotté celles du 20 décembre dernier. Cette décision "agit fortement sur la coalition. Les responsables de ce regroupement sont bien conscients qu'ils ont commis une grave erreur, après plusieurs mois de lutte", estime Edouard Baglo, un politologue.

Les dirigeants de C-14 ont dénoncé des "irrégularités" dans l'organisation du scrutin.

Les observateurs de l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ont salué la bonne tenue de ces législatives. Les dirigeants ouest-africains ont jugé ces élections "libres et transparentes", conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

Avec AFP

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Un passeport pour la loterie de la Carte verte

Un passeport pour la loterie de la carte verte
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Depuis le démarrage du programme américain de la loterie du visa pour le compte de l’année 2021, l'unique service des passeports du Togo est submergé.

Parmi les conditions pour participer à la loterie du visa américain, figure la possession d’un passeport en cours de validité, un document dont ne dispose qu'une infime partie de la population togolaise.

Ils sont donc quotidiennement des milliers d'usagers à faire le pied de grue devant le service des passeports de Lomé dans l'espoir de se faire établir le précieux document de voyage.

Loterie américaine : le service des passeports submergé
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Avec la loterie du visa américain, le service des passeports se retrouve quotidiennement avec plus 2000 requérants. Les premiers venus étant les premiers servis, il faut arriver très tôt.

Certains usagers préfèrent venir dormir devant les locaux du service, comme le confie ce jeune étudiant à VOA Afrique. "Nous sommes venus pour faire le passeport. Nous étions là la veille à 23h. J’étais le 129e sur la liste", a-t-il témoigné.

Le passeport ne se délivrant qu’à Lomé, les requérants de l’intérieur du pays sont obligés de faire le déplacement jusqu'à la capitale togolaise. Doris est une jeune diplômée en gestion commerciale d'Aneho voulant tenter l’aventure américaine.

"Je suis venue depuis 3h du matin pour faire mon passeport. J’ai quitté Aného - Aného-Lomé, ça fait 50 kilomètres - pour venir faire le passeport. Et déjà à 1h30, j’ai quitté Aného pour ici. Je suis arrivée à 3h et voilà, je quitte à 13h", relate la jeune femme de 25 ans.

Déjà, à 5h du matin, les premiers requérants sortent des locaux du service des passeports le sourire aux lèvres. Après beaucoup de patience et des heures dans d’interminables queues, Isaac Nounifou, a réussi à déposer sa demande de passeport.

"Je suis arrivé pour faire mon passeport, j’ai pu faire le dépôt. Je suis arrivé à 3h du matin, il y avait déjà des listes. Ça n’a pas été facile, mais cela a abouti quand même", exhulte Isaax Nounifou.

Cette soudaine affluence a bousculé les habitudes au niveau du service des passeports. Les journées de travail y sont désormais de 4h à 20h. Entre 1.000 et 1.300 dossiers y sont enregistrés tous les jours ouvrables. 90% de ceux qui se bousculent devant les locaux font la requête pour pouvoir participer à la loterie du visa américain.

Une queue de requérants devant le service des passeports à 11h29, Lomé, le 14 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Une queue de requérants devant le service des passeports à 11h29, Lomé, le 14 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La jeune Doris explique que les conditions de vie au Togo l’ont contrainte à se tourner vers le pays de l’oncle Sam.

"On n’arrive plus à supporter les conditions dans lesquelles nous vivons. On ne peut rien réaliser avec tous ces salaires minables qu’on nous donne. J’ai ma licence en gestion commerciale; je suis employée dans une agence de commerce et je gagne 35.000 francs CFA (environ 60$, ndlr)", explique-t-elle.

Pour d’autres, la loterie du visa américain est une chance à saisir. "J’aimerais faire le passeport pour aller aux Etats-Unis et continuer mes études et, pourquoi pas, travailler", explique Aline N’sougan. "L’étranger offre de meilleures chances pour trouver un emploi décent une fois qu’on décide de revenir s’installer au pays". soutient-elle.

Vue aérienne d’une partie des requérants, Lomé, le 14 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Vue aérienne d’une partie des requérants, Lomé, le 14 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

L’affluence constatée au niveau du service des passeports contraste avec le "désert" observé du côté des kiosques et cybercafés qui offrent leur service aux postulants de la loterie du visa. Des structures qui, les années précédentes, était submergées à pareille époque.

"Cette année, il n’y a pas d’affluence comme les éditions précédentes. Tout cela est dû à l’introduction du passeport pour pouvoir candidater à la loterie du visa. Donc, depuis que ça a commencé, on reçoit 3 à 5 personnes par jour", constate Yaovi Egueh.

La validité d’un passeport au Togo est de 5 ans. Ceux qui ne pourront pas obtenir leur document de voyage avant le 5 novembre pourront toujours tenter leur chance à la loterie américaine de l’année prochaine.

Un passeport pour la loterie de la carte verte

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Loterie américaine : le service des passeports submergé

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Le bio au centre du Salon de l’agriculture de Lomé

Coupure du ruban (SIALO 2019), Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La 8ème édition du SIALO, le Salon international de l'agriculture de Lomé, qui se tient du 8 au 14 octobre dans la capitale togolaise, fait la part belle à l’agriculture biologique.

A travers des conférences thématiques notamment sur l’enjeu de l’agriculture bio et les perspectives du marché pour le bio, le SIALO veut accompagner les producteurs togolais à opter pour une agriculture éco-responsable.

La 8ème édition du Salon international de l'agriculture de Lomé
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Dans les couloirs du SIALO, l’agriculture biologique où le bio est la terminologie la plus utilisée. C’est aussi un argument de vente. Tous les produits, transformés comme non transformés, se réclament bio.

"Nous sommes dans la production et la commercialisation des produits bio, tels que le soja, l’hibiscus, tamarin, papaye solo et la citronnelle", confie Agbé Yoa, exposant sur le SIALO, à VOA Afrique.

Adolphe Assagba, qui est venu à ce salon avec des fruits, se veut convaincant sur la qualité de ses produits, en mettant en avant le bio.

"Nos fruits sont des purs bios. Tous les fruits qui sont cultivés sur le pic d’Agou (le point le plus élevé du Togo, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Lomé, ndlr) sont des bios parce que la terre est bien, donc nous n’avons pas besoin d’engrais pour faire nos cultures", indique-t-il fièrement.

Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR (SIALO 2019), Lomé, le 9 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR (SIALO 2019), Lomé, le 9 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Que ce soit au niveau des consommateurs ou des producteurs, il y a un profond amalgame autour du bio et du naturel, constate Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR.

"Le label bio est réservé aux acteurs qui ont vraiment fait la certification par une organisation tierce. Normalement, on ne devrait pas dire si c’est un produit bio sans justement avoir la certification", a-t-il expliqué.

M. Rossel a ajouté que "si par exemple un producteur s’engage à ce que sa production soit sans engrais chimique, on peut tout à fait le labéliser 100% naturel".

Pour Manapawai Awesso, directrice de la ferme agricole Maxime, le bio ne peut être rentable que pour les petites exploitations. "Tout le monde peut faire du bio, mais tout le monde ne peut pas faire de l’agriculture intensif et avoir un bon rendement avec le bio. Si tu ne peux pas prendre soin, tu n’auras pas un bon rendement. Parce que le bio demande d’amener le produit naturellement", a-t-elle souligné, relevant les exigences de l’agriculture biologique.

Sur un autre volet, elle pointe du doigt le manque de débouchés sur place. "Avec la superficie que j’ai, je ne peux pas produire bio. On ne peut pas le vendre chez nous à son juste prix. Ça nous revient cher, mais on va le vendre moins cher. On ne trouve pas de clients", note la productrice.

Un stand de fruits au SIALO 2019, à Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Un stand de fruits au SIALO 2019, à Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Dans son Plan national de développement (PND 2018-2022), le Togo prévoit définir des filières dans lesquelles, le pays ne va produire que du bio. "On peut développer une production biologique et puis chercher un marché de niche pour pouvoir les commercialiser. Par exemple, le Togo peut faire la différence en faisant du soja biologique", a dévoilé Damtaré Lamboni, chargé de la planification au ministère de l’Agriculture.

Avant de prétendre à labelliser ses produits bios, il faut d’abord commencer par pratiquer une agriculture écologique plus respectueuse de l’environnement, estime Douti Doktim, technicien en agro-écologie. Il accompagne les producteurs agricoles dans une démarche agricole écologique.

Salon de l’agriculture au Togo
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"L’agriculture écologique est une agriculture qui exige aux producteurs de prendre soin de leur sol. Il faut faire des compostes, fabriquer les bio-pesticides, faire les cordons pierreux - un cordon de cailloux qu’on essaie de faire pour limiter l’érosion - et il y a les bandes enherbées qu’on fait avec le vétiver", dit-il, informant sur le travail qui se fait avec les producteurs. "Le producteur est responsable de tout ce qu’il fait", précise ce technicien en agro-écologie.

Le commissariat général de ce salon de l’agriculture invite les producteurs à migrer vers la culture biologique, dont les débouchés sont immenses, et qui permet aux petits producteurs de réduire les dépenses liées au coût de production afin de dégager plus de bénéfices.

Le SIALO 2019 a mis en avant quatre filière notamment le soja, l’anacarde, le manioc et l’ananas.

Salon de l’agriculture au Togo

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