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Vote d'une réforme permettant au président togolais de se représenter en 2020 et 2025

Le président Faure Gnassingbé, au congrès de son parti à Tsévié, Togo, le 28 octobre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Les députés togolais ont voté mercredi soir une révision constitutionnelle prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels mais qui permet à l'actuel président Faure Gnassingbé de se représenter aux deux prochains scrutins, en 2020 et 2025.

La réforme constitutionnelle a été approuvée au cours d’un vote à bulletin secret par les 90 députés présents (sur 91) dont les deux tiers appartiennent au parti au pouvoir, la principale coalition de l'opposition ayant boycotté les législatives de décembre.

Au Togo, un projet de révision constitutionnelle est adopté s'il est voté à la majorité des 4/5e, soit 73 députés.

Selon le nouveau texte, "le président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois".

"Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire", souligne le texte, précisant que les mandats déjà réalisés et celui en cours à la date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi constitutionnelle "ne sont pas pris en compte".

Même chose pour les députés, dont le mandat est fixé à 6 ans, renouvelable deux fois. Dans l’actuelle constitution, les députés sont élus pour 5 ans mais le nombre de leurs mandats n’est pas limité.

Le texte initial prévoyait un mandat de 7 ans (renouvelable une fois) pour le président de la République, suite à une proposition d’amendement d’un député proche du pouvoir. Mais les députés du parti au pouvoir Union pour la République ont souhaité que cet amendement soit retiré après des débats houleux au sein de la classe politique.

Le nouvel article 75 donne une immunité à vie aux "anciens présidents de la République", qui ne pourront être "ni poursuivis, ni arrêtés, ni détenus, ni jugés pour les actes posés pendant leurs mandats présidentiels".

Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a succédé à son père, le général Eyadema Gnassingbé, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans et a été réélu depuis dans des scrutins contestés par l'opposition.

La nouvelle loi instaure également un scrutin uninominal majoritaire à deux tours (contre un aujourd'hui) pour l’élection du président de la République.

Cette réforme est l'un des principaux enjeux de la crise politique qui secoue le pays d'Afrique de l'Ouest, l'opposition réclamant une limitation des mandats présidentiels qui soit rétroactive afin d'empêcher le chef de l'Etat de se représenter pour un quatrième mandat.

Pendant près de deux ans, les 14 partis unis au sein d'une coalition d'opposition ont multiplié les marches et les manifestations, sans obtenir gain de cause.

Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la coalition de l'opposition s'est dit "choquée" par cette réforme.

"Une fois encore, le régime a déçu les Togolais et définitivement. Il a montré aux Togolais que la seule chose qui le préoccupe, c’est se maintenir au pouvoir", a-t-elle déclaré à la presse jeudi à Lomé.

"Le régime se trompe avec ces réformes taillées sur mesure pour permettre au chef de l’Etat de se représenter aux prochaines élections", a dénoncé l'opposition.

François Boko, opposant au régime, qui s'est vu refuser le retour sur le sol togolais en mars dernier et assure ne toujours pas pouvoir rentrer à Lomé, rejette une "Assemblée totalement acquise à la cause du président en poste", qui permet au chef de l'Etat "de briguer 2 nouveaux mandants", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le gouvernement a également annoncé la tenue d'élections des conseillers municipaux le 30 juin, une première depuis plus de trente ans, le dernier scrutin local au Togo remontant à 1987.

Au total 1.527 conseillers municipaux seront élus. Les mairies togolaises sont actuellement dirigées par des "présidents de délégation spéciale" nommés par le président de la République.

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L'opposition togolaise se mobilise pour les municipales

Les électeurs examinent une liste électorale devant un bureau de vote dans le quartier de Be à Lomé le 20 décembre 2018 lors de la procédure de vote pour les élections législatives.

La révision des listes électorales en vue des municipales du 30 juin au Togo, les premières depuis plus de 30 ans, a démarré jeudi, avec une forte mobilisation des partisans des principaux partis d'opposition qui avaient boycotté les dernières législatives ainsi que le recensement électoral.

"Nous avons lancé un appel aux populations, afin qu'elles s'inscrivent massivement sur les listes électorales, car lors de notre appel au boycott la veille des législatives (du 20 décembre, ndlr), une grande partie des populations n'avaient pas pris leur carte d'électeur", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Fabre, président de l'Alliance nationale pour le changement.

Plusieurs organisations de la société civile ont elles aussi appelé les Togolais à "sortir massivement" pendant les trois jours prévus pour mettre à jour les listes électorales (16, 17 et 18 mai).

Au total 1.527 conseillers municipaux doivent être élus dans 117 communes. Les dernières élections locales remontent à 1987. Les mairies togolaises sont actuellement dirigées par des "présidents de délégation spéciale" nommés par le président de la République.

Jeudi, de petites filles s'étaient formées devant certains centres de recensement à Lomé, a constaté un journaliste de l'AFP.

"J'ai décidé de m'inscrire cette fois-ci pour retirer ma carte d'électeur et voter, car nous avons commis une erreur lors des législatives de décembre en laissant le boulevard ouvert au parti au pouvoir", a confié Afia Tinhou, une étudiante rencontrée au centre de recensement de l'Ecole primaire publique Bè gare.

"Je ne bougerai pas d'ici sans avoir retiré ma carte d'électeur. L'opération est lente, mais je ne vais pas me décourager", a déclaré de son côté Joseph Adra, un sexagénaire assis sur banc dans un autre centre de recensement.

A l'exception notable du Parti National Panafricain (PNP), presque tous les partis de l'opposition prendront part au scrutin.

"Nous n'irons pas à ces locales dans des conditions où les leaders de notre parti ainsi que nos militants sont persécutés et jetés en prison", a déclaré un responsable du PNP.

Trois responsables du PNP - dont le leader Tikpi Atchadam vit en exil - sont écroués depuis mi-avril à la suite de manifestations contre le pouvoir le 13 avril.

Il leur est reproché de n'avoir pas tenu compte de l'avis des autorités sur les itinéraires de ces manifestations qui ont fait un mort à Bafilo (centre-nord) et des dizaines de blessés, selon le PNP.

Le Togo se dote d'une structure de lutte contre la menace djihadiste

Les forces de sécurité lors des manifestations à Lomé, Togo, 18 octobre 2017.

Le gouvernement togolais a annoncé la création d'un comité interministériel pour lutter contre les risques de propagation des violences djihadistes en provenance de pays voisins.

Selon un communiqué publié mercredi soir, le gouvernement a créé un "Comité interministériel de prévention et de lutte contre l'extrémisme violent" (CIPLEV) pour répondre à "des menaces terroristes et des attentats quasi-quotidiens qui secouent certains pays limitrophes" du Togo.

Héritant du chaos qui règne depuis 2012 au Mali, où prolifèrent les groupes liés à Al-Qaïda et l'Etat islamique (EI), le Burkina Faso notamment, pays frontalier du nord du Togo, est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières.

La nouvelle structure a pour mission principale "d'œuvrer à éradiquer ou à réduire sensiblement la propagation de l'extrémisme violent en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour lutter contre ce fléau et de renforcer la coopération et la collaboration entre l'administration, les forces de défense et de sécurité pour une prévention et une lutte efficace", ajoute le communiqué.

Le CIPLEV est composé de représentants des départements ministériels, des leaders d'opinion et de la société civile.

"Les forces de défense et de sécurité présentes sur le terrain doivent être accompagnées et soutenues par des mesures multisectorielles et transversales visant à prévenir l'extrémisme violent, surtout dans les zones à risque", souligne le texte.

Par ailleurs, le gouvernement togolais a adopté un projet de loi visant à lui donner des "instruments nécessaires pour faire face à des menaces sécuritaires nouvelles et durables, tout en assurant un équilibre proportionné entre la préservation des libertés publiques et individuelles et la sauvegarde de la sécurité publique et de l'ordre constitutionnel".

Le 26 avril, le président Faure Gnassingbé avait promis une nouvelle "loi sur la sécurité intérieure" pour mieux lutter contre cette nouvelle menace, qui risque de s'étendre aux pays côtiers que sont le Togo et le Bénin.

Il avait annoncé le démantèlement ces derniers mois, des "cellules terroristes" dans le pays. Des services de renseignements européens ont confirmé ces dernières semaines à l'AFP l'arrestation d'éléments "terroristes" dans le nord du Togo.

Après l’occupation du nord du Mali par des groupes islamistes armés en 2012-13, l’instabilité s'est étendue à travers l'Afrique de l'Ouest ces dernières années, gagnant notamment le Burkina et le Niger. Le Bénin voisin du Togo a aussi été touché avec l'enlèvement de deux Français qui ont été libérés la semaine dernière par une opération des forces françaises luttant contre les djihadistes dans la région.

Le pouvoir salue la réforme constitutionnelle instituant la limitation des mandats présidentiels

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Une révision constitutionnelle pour limiter les mandats présidentiels

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