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Le blogueur Ould Mkheïtir a été remis en liberté

Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, bloggeur accusé de blasphème en Mauritanie, 3 février 2017. (Twitter/Cridem.org)

C'était le "plus ancien journaliste-citoyen détenu en Afrique francophone" selon Reporters Sans Frontières: initialement condamné à mort pour blasphème et en détention depuis plus de cinq ans, le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir a "retrouvé la liberté".

Reporters Sans Frontières, en pointe dans la campagne internationale pour sa libération depuis des années, est "heureux d'annoncer la remise en liberté" de M. Ould Mkheïtir, 36 ans, a indiqué mardi dans un communiqué l'ONG de défense de la liberté de la presse.

"Contacté directement par RSF, il a remercié les organisations qui se sont mobilisées pour sa libération depuis près de 6 ans", a ajouté RSF, selon qui cette libération est intervenue "à l'aube lundi 29 juillet".

Depuis Nouakchott, son avocate, Fatimata Mbaye, a confirmé à l'AFP que le blogueur avait été "libéré du lieu où il était en résidence surveillée", une forteresse de la capitale Nouakchott selon un responsable mauritanien.

Mais il n'est "pas entièrement libre de ses mouvements", a ajouté son avocate.

"Il n'est plus à Nouakchott", a-t-elle expliqué, en ne souhaitant pas préciser l'endroit où il se trouvait. Le dossier est sensible dans ce pays du Sahel très majoritairement musulman, régulièrement épinglé par les ONG pour son bilan en matière de droits humains.

- Exécution réclamée dans la rue -

Dans son article, le jeune homme, inconnu jusque-là, critiquait l'utilisation de la religion pour justifier certaines discriminations dans la société mauritanienne, dont la persistance de formes d'esclavage.

Détenu depuis janvier 2014, il avait été condamné à mort en décembre de la même année pour apostasie, son texte étant jugé blasphématoire envers le prophète de l'islam.

Cette peine avait été ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017 pour tenir compte de son repentir et il aurait donc dû être immédiatement remis en liberté, le pourvoi en cassation du parquet n'étant pas suspensif.

Mais la décision, jugée trop clémente, avait suscité une levée de boucliers dans la société mauritanienne et des foules étaient descendues dans les rues de Nouakchott pour réclamer son exécution, bien que la peine capitale n'ait plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987.

M. Ould Mkheïtir était depuis lors maintenu en détention administrative, quasiment au secret, et les militants des droits de l'homme étaient "très inquiets de son état de santé physique et mentale", selon Amnesty International.

Le président mauritanien sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui doit être remplacé jeudi par le président élu, l'ancien chef d'état-major Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, avait le 20 juin justifié cette situation par la "sécurité personnelle" du blogueur "aussi bien que celle du pays".

Le lendemain, RSF et 11 autres ONG avaient exhorté le chef de l'Etat à "utiliser les quelques semaines qui lui restaient à la tête du pays pour mettre fin à la détention illégale" du blogueur.

- "Calvaire" -

Une commission d'oulémas a été constituée pour "suivre" le processus menant à la libération du blogueur et M. Ould Mkheïtir s'est à nouveau repenti publiquement récemment, une condition posée par des chefs religieux pour sa libération.

"Comme je l'avais annoncé au début de 2014 et comme je l'ai répété à toutes les occasions qui s'offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le Seigneur des Mondes", a-t-il écrit début juillet dans son premier post sur Facebook depuis 2014.

"Sa libération est un immense soulagement", a réagi mardi le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. "Pour un simple article publié sur un réseau social, il a vécu un véritable calvaire, en violation d'une décision de justice rendue par son propre pays", a-t-il dit.

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L'ex-président mauritanien Aziz exclut de prendre le chemin de l'exil

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz vote le 1er septembre 2018.

L'ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, sous le coup d'une enquête pour corruption, a exclu jeudi de partir en exil, lors de sa première conférence de presse depuis qu'il a rejoint un petit parti d'opposition au début du mois.

"Tous les moyens matériels et humains ont été utilisés pour me viser arbitrairement. L'unique raison pour cela, c'est de m'empêcher de faire de la politique", a déclaré celui qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à l'élection mi-2019 de son ancien chef de cabinet et ministre Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

"Il ne faut pas qu'ils pensent qu'ils peuvent me faire plier (...) Je ne partirai pas, ni au Sénégal, ni au Mali, ni au Maroc, ni en Algérie, ni dans un quelconque autre pays et ni en France", a-t-il ajouté.

L'ancien chef de l'Etat a fait son retour sur la scène politique en rejoignant récemment un petit parti d'opposition, le Ribat national, après avoir été évincé de l'Union pour la République (UPR), qu'il avait fondée en 2009 et qui détient toujours une forte majorité au parlement.

M. Aziz, qui n'a à aucun moment prononcé le nom de son successeur lors de sa conférence de presse, a accusé ses adversaires de mener contre lui "une vaste campagne de dénigrement et de procédures judiciaires contraires à la Constitution".

"J'ai constaté en passant en revue les gens qui s'acharnent contre moi qu'ils appartiennent tous à une même région, à une même tribu", a-t-il lancé, sans donner plus de précisions, tandis que le président Ghazouani a constamment invoqué l'indépendance de la justice.

"Je resterai debout, j'assumerai mes responsabilités et je suis prêt à aller en prison pour cela", a assuré M. Aziz.

En mars, un juge d'instruction de Nouakchott l'a inculpé de corruption et placé sous contrôle judiciaire, ainsi qu'un de ses gendres, deux anciens Premiers ministres et plusieurs ex-ministres et hommes d'affaires.

"Le moment venu, devant le juge, je me défendrai et ferai des révélations", a assuré l'ex-président, qui a jusqu'à présent refusé de répondre aux questions des enquêteurs qui l'ont convoqué à plusieurs reprises.

La Mauritanie reçoit de Chine ses premières doses de vaccin anti-Covid

Un panneau indiquant "Le vaccin chinois est là!" à Nouakchott le 22 mars 2021.

La Mauritanie a réceptionné mercredi sa première livraison de vaccin contre le Covid-19, 50.000 doses de Sinopharm données par la Chine, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce pays de plus de 4 millions d'habitants est le dernier en date en Afrique à bénéficier d'un tel don, après le Congo-Brazzaville, le Gabon ou le Niger par exemple, manifestation de la diplomatie menée par le géant asiatique autour de la mise à disposition de vaccins, y compris sur un continent où il a une présence forte.

La Chine est un des tout premiers partenaires commerciaux de la Mauritanie et manifeste un intérêt grandissant à investir dans un pays jouissant d'une situation stratégique, et disposant d'importantes ressources en minerais et en poissons et d'un potentiel énergétique appréciable.

Avant l'arrivée des doses, une grande affiche annonçant en chinois, en arabe et en français "le vaccin chinois est là" avait été placardée à Nouakchott. Un panneau semblable était en place mercredi sur le tarmac de l'aéroport quand le ministre de la Santé Mohamed Nedhirou Ould Hamed a réceptionné la cargaison de 50.000 doses et de 13 respirateurs acheminés par avion.

Le ministre n'a pas donné d'indication sur la date de début de la vaccination. Il avait indiqué préalablement que la priorité serait donnée aux personnels de santé et aux personnes âgées.

La Mauritanie attend plus de 800.000 doses du vaccin AstraZeneca au titre du système international Covax, a-t-on appris auprès du ministère de la Santé, qui n'a pas donné de date pour leur livraison.

La Mauritanie a déclaré officiellement plus de 17.600 cas de contamination et 447 décès. La progression de la pandémie semble ralentir, à raison d'une vingtaine de nouveaux cas par jour. Elle a sévèrement affecté une économie vulnérable.

La Chine a massivement exporté ses vaccins à l'étranger, sous forme de dons ou de ventes, pour atténuer les critiques internationales concernant sa gestion de la crise sanitaire au début de la pandémie.

Mohamed Ould Abdel Aziz placé sous contrôle judiciaire

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L'ex-président mauritanien Ould Abdel Aziz inculpé pour corruption

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l'aéroport de Nouakchott, en Mauritanie, le 2 juillet 2018.

L'ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et une dizaine de hautes personnalités ont été inculpés jeudi à Nouakchott pour corruption et placés sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de l'avocat de l'ancien chef d'Etat.

Le juge d'instruction a suivi les réquisitions du procureur Ahmedou Ould Abdallahi qui avait demandé l'inculpation et le placement sous contrôle judiciaire de M. Ould Abdel Aziz, d'un de ses gendres, de deux anciens Premiers ministres et de plusieurs anciens ministres et hommes d'affaires, a dit une source judiciaire proche de l'enquête et s'exprimant sous le couvert de l'anonymat en raison de la confidentialité et de la sensibilité des investigations.

L'un des avocats de l'ancien président, Me Mohameden Ould Icheddou, a confirmé l'information. Son client "a refusé de répondre aux questions du juge, s'en tenant à l'immunité que lui confère la Constitution en son article 93", a-t-il dit à l'AFP.

Le juge précisera prochainement les conditions du contrôle judiciaire, a dit la même source judiciaire anonyme. Le procureur a requis un contrôle judiciaire "poussé".

Après plus de dix ans au pouvoir entre 2008 et 2019, cette inculpation représente une nouvelle étape de la chute de M. Ould Abdel Aziz sous son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son ancien chef de cabinet et ministre, dont il avait pourtant préparé l'accession à la présidence.

M. Ould Abdel Aziz crie au "règlement de comptes". Son successeur a constamment invoqué l'indépendance de la justice.

"La liste des chefs d'inculpation dressés contre lui (l'ex-président) par le parquet et sur lesquels le juge d'instruction doit statuer et enquêter est longue", avait dit dans la journée une source proche du parquet sous le couvert de l'anonymat.

Elle "comporte notamment la corruption, le blanchiment d'argent, l'enrichissement illicite, la dilapidation de biens publics, l'octroi d'avantages indus et l'obstruction au déroulement de la justice", selon la même source.

La justice est saisie depuis août 2020 du rapport d'une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics pendant les années de pouvoir de M. Ould Abdel Aziz.

La commission s'est penchée sur plusieurs aspects: gestion des revenus pétroliers, vente de domaines de l'Etat, liquidation d'une société publique assurant l'approvisionnement du pays en denrées alimentaires ou activités d'une société chinoise de pêche.

Question d'honneur

Au terme d'une enquête préliminaire transmise au parquet début mars, la procédure s'est accélérée avec la convocation en début de semaine d'une kyrielle de personnalités dans les locaux de la police à Nouakchott, dont l'ancien chef de l'Etat.

Celui-ci a été entendu mercredi par le procureur.

"Il s'agit de traîner tout un système et ses hommes devant la police et de souiller leur honneur", s'est ému le collectif d'avocats qui le défend, dans un communiqué publié au moment de son transfert de la police au parquet.

Fidèle à sa ligne de défense, M. Ould Abdel Aziz a refusé de collaborer et a passé la nuit dans les locaux de la police où il avait été ramené, dit-on dans son entourage.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat militaire, M. Ould Abdel Aziz a été élu en 2009 et réélu en 2014 président de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest de 4,5 millions d'habitants. M. Ghazouani, son dauphin, a été élu à sa succession en juin 2019.

Depuis, l'ex-président a perdu en décembre 2019 la direction de l'Union pour la République (UPR), parti qu'il a fondé. En août 2020, il a été interrogé plusieurs jours par les policiers et est ressorti privé de son passeport.

Si le procureur n'a pas requis le placement sous mandat de dépôt de l'ancien président et des autres suspects, c'est en raison de la longueur prévisible des investigations, a dit le parquet dans un communiqué. Il a aussi invoqué les modalités de récupération des biens publics spoliés selon lui, sans préciser en quoi un mandat de dépôt aurait compliqué cette récupération.

L'enquête financière menée parallèlement à celle de la police a permis d'identifier et de geler ou saisir des sociétés, des immeubles et appartements, des parcs de véhicules, des sommes d'argent, rien qu'en Mauritanie, dit le parquet.

Ces biens sont évalués sommairement à l'équivalent de 96 millions d'euros, dont 67 millions revenant à l'un des suspects et 21 au gendre de celui-ci, a dit le parquet sans préciser s'il faisait référence à l'ex-président et son gendre.

La procureur de Nouakchott demande l'inculpation de l'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz

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