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Des ONG réclament la libération du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed en Mauritanie


Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, bloggeur accusé de blasphème en Mauritanie, 3 février 2017.

Plusieurs organisations internationales de défense de la liberté de la presse ont réclamé la remise en liberté d'un jeune homme condamné pour blasphème en Mauritanie, d'abord à la peine de mort puis à deux ans de prison en appel.

"Nous vous demandons de veiller à ce que le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed, également connu sous le nom de Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, retrouve sa liberté dans la mesure où il a purgé sa peine", écrivent ces ONG, dont Reporters sans frontières et le Comité pour la protection des journalistes, dans une lettre adressée jeudi au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

Elles lui demandent également de "prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de Mohamed après sa libération".

M. Ould MKheitir aurait dû retrouver la liberté après sa condamnation, le 10 novembre par une cour d'appel à Nouadhibou (nord-ouest), à deux ans de prison ferme, alors qu'il a déjà passé quatre années en détention provisoire.

Musulman âgé d'une trentaine d'années, il avait auparavant été condamné à mort pour un article sur internet taxé de blasphème envers le prophète de l'islam, Mahomet, mais il avait exprimé son repentir.

Le parquet a introduit un recours en cassation devant la Cour suprême contre cette condamnation à deux ans de prison.

"Les proches du blogueur ont déclaré qu'ils n'avaient pas pu lui rendre visite et qu'ils ne savaient pas où il se trouvait", indiquent les ONG, ajoutant que "la détention prolongée de Mohamed (les) inquiète au plus haut point".

L'ancien ministre de la Justice, Brahim Ould Daddah, avait assuré, avant sa démission la semaine dernière, qu'il était toujours détenu à Nouadhibou.

Interrogées par l'AFP, des sources sécuritaires généralement bien informées ont affirmé tout ignorer du sort du jeunes hommes. Des sources proches des autorités ont refusé de s'exprimer vendredi, l'une d'elles qualifiant l'affaire de "très sensible".

De hauts responsables proches de la présidence avait cependant affirmé sur les réseaux sociaux que le blogueur "ne sera jamais libéré tant que la Cour suprême n'aura pas dit son dernier mot".

L'annonce de la réduction de sa peine avait provoqué des manifestations à Nouakchott de personnes réclamant que lui soit appliquée la peine de mort.

Dans la foulée, le gouvernement mauritanien a adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d'apostasie et de blasphèmes, qui seront désormais passibles de la peine de mort, sans plus tenir compte d'un éventuel repentir.

La peine capitale n'a plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987.

Avec AFP.

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