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Mauritanie

Un blogueur reste en "détention" dans l'attente du jugement de la Cour suprême

Une manifestation à Nouakchott, Mauritanie, 12 septembre 2012.

Le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" en Mauritanie, reste en "détention" dans l'attente d'une décision de la Cour suprême, a déclaré mercredi le ministre de la Justice.

Le blogueur de 35 ans, condamné à mort en 2014 pour "apostasie", puis à deux ans de prison en appel en 2017, est considéré le "symbole de la répression en Mauritanie" par des organisations de défense des droits humains.

Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir est en "détention provisoire" et "seule la Cour suprême pourra statuer sur son sort", a déclaré le ministre mauritanien de la Justice Dia Moctar Malal devant l'Assemblée nationale, sans donner de date pour ce jugement.

Ayant passé quatre années en détention provisoire entre son arrestation et le jugement en appel, M. Ould Mkhaïtir aurait dû être remis en liberté après la réduction de peine, le pourvoi en cassation déposé par le parquet n'étant pas suspensif. Mais il a été placé en "détention administrative" dans un lieu inconnu, selon les autorités.

"Ni l'exécutif, ni le législatif ne peuvent imposer une décision le concernant", a encore déclaré le ministre, alors que cette affaire a déchaîné les passions en Mauritanie.

Le jeune homme avait été reconnu coupable d'apostasie (le fait de renier sa religion) pour un article sur internet taxé de blasphème envers le prophète de l'islam, Mahomet. Mais il avait ensuite exprimé son repentir.

En 2017, l'annonce de la réduction de sa peine en appel avait provoqué des manifestations de protestation et le gouvernement mauritanien avait, en avril 2018, adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d'apostasie et de blasphème, rendant la peine de mort obligatoire contre eux même en cas de repentir.

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L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

La commission des droits humains se penche sur l'esclavage en Mauritanie

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L'ex-président mauritanien Aziz exclut de prendre le chemin de l'exil

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz vote le 1er septembre 2018.

L'ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, sous le coup d'une enquête pour corruption, a exclu jeudi de partir en exil, lors de sa première conférence de presse depuis qu'il a rejoint un petit parti d'opposition au début du mois.

"Tous les moyens matériels et humains ont été utilisés pour me viser arbitrairement. L'unique raison pour cela, c'est de m'empêcher de faire de la politique", a déclaré celui qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à l'élection mi-2019 de son ancien chef de cabinet et ministre Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

"Il ne faut pas qu'ils pensent qu'ils peuvent me faire plier (...) Je ne partirai pas, ni au Sénégal, ni au Mali, ni au Maroc, ni en Algérie, ni dans un quelconque autre pays et ni en France", a-t-il ajouté.

L'ancien chef de l'Etat a fait son retour sur la scène politique en rejoignant récemment un petit parti d'opposition, le Ribat national, après avoir été évincé de l'Union pour la République (UPR), qu'il avait fondée en 2009 et qui détient toujours une forte majorité au parlement.

M. Aziz, qui n'a à aucun moment prononcé le nom de son successeur lors de sa conférence de presse, a accusé ses adversaires de mener contre lui "une vaste campagne de dénigrement et de procédures judiciaires contraires à la Constitution".

"J'ai constaté en passant en revue les gens qui s'acharnent contre moi qu'ils appartiennent tous à une même région, à une même tribu", a-t-il lancé, sans donner plus de précisions, tandis que le président Ghazouani a constamment invoqué l'indépendance de la justice.

"Je resterai debout, j'assumerai mes responsabilités et je suis prêt à aller en prison pour cela", a assuré M. Aziz.

En mars, un juge d'instruction de Nouakchott l'a inculpé de corruption et placé sous contrôle judiciaire, ainsi qu'un de ses gendres, deux anciens Premiers ministres et plusieurs ex-ministres et hommes d'affaires.

"Le moment venu, devant le juge, je me défendrai et ferai des révélations", a assuré l'ex-président, qui a jusqu'à présent refusé de répondre aux questions des enquêteurs qui l'ont convoqué à plusieurs reprises.

La Mauritanie reçoit de Chine ses premières doses de vaccin anti-Covid

Un panneau indiquant "Le vaccin chinois est là!" à Nouakchott le 22 mars 2021.

La Mauritanie a réceptionné mercredi sa première livraison de vaccin contre le Covid-19, 50.000 doses de Sinopharm données par la Chine, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce pays de plus de 4 millions d'habitants est le dernier en date en Afrique à bénéficier d'un tel don, après le Congo-Brazzaville, le Gabon ou le Niger par exemple, manifestation de la diplomatie menée par le géant asiatique autour de la mise à disposition de vaccins, y compris sur un continent où il a une présence forte.

La Chine est un des tout premiers partenaires commerciaux de la Mauritanie et manifeste un intérêt grandissant à investir dans un pays jouissant d'une situation stratégique, et disposant d'importantes ressources en minerais et en poissons et d'un potentiel énergétique appréciable.

Avant l'arrivée des doses, une grande affiche annonçant en chinois, en arabe et en français "le vaccin chinois est là" avait été placardée à Nouakchott. Un panneau semblable était en place mercredi sur le tarmac de l'aéroport quand le ministre de la Santé Mohamed Nedhirou Ould Hamed a réceptionné la cargaison de 50.000 doses et de 13 respirateurs acheminés par avion.

Le ministre n'a pas donné d'indication sur la date de début de la vaccination. Il avait indiqué préalablement que la priorité serait donnée aux personnels de santé et aux personnes âgées.

La Mauritanie attend plus de 800.000 doses du vaccin AstraZeneca au titre du système international Covax, a-t-on appris auprès du ministère de la Santé, qui n'a pas donné de date pour leur livraison.

La Mauritanie a déclaré officiellement plus de 17.600 cas de contamination et 447 décès. La progression de la pandémie semble ralentir, à raison d'une vingtaine de nouveaux cas par jour. Elle a sévèrement affecté une économie vulnérable.

La Chine a massivement exporté ses vaccins à l'étranger, sous forme de dons ou de ventes, pour atténuer les critiques internationales concernant sa gestion de la crise sanitaire au début de la pandémie.

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