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Mauritanie

Une mission d'Amnesty International refoulée à l'aéroport de Nouakchott

Quelques personnes devant une ancienne école appelée par les locaux "Guantanamito", transformée en 2006 en centre de détention pour immigrants clandestins dans la ville portuaire de Nouadhibou, Mauritanie, 9 octobre 2008.

La police mauritanienne a refoulé dimanche à son arrivée à l'aéroport de Nouakchott une délégation d'Amnesty International qui souhaitait effectuer une mission sur les droits humains dans ce pays, a-t-on appris mardi auprès de l'organisation et des autorités.

La question des "séquelles" de l'esclavage, officiellement aboli en 1981 en Mauritanie, constitue en particulier un sujet de tensions récurrent entre les autorités et les organisations de défense des droits humains, qui déplorent des survivances du phénomènes.

Les deux membres d'Amnesty, François Patuel, chercheur du bureau de l'organisation en Afrique de l'Ouest et Kiné-Fatim Diop, chargée de campagne, respectivement de nationalité française et sénégalaise, ont été refoulés et renvoyés à Dakar le jour même, selon les intéressés et une source de sécurité mauritanienne.

Cette décision, "alors que plusieurs rendez-vous étaient confirmés avec des institutions nationales des droits de l'Homme est extrêmement préoccupante", a déclaré à l'AFP M. Patuel.

"Nous espérons qu'il s'agit d'un malentendu et continuons nos échanges avec les autorités mauritaniennes afin qu'elles nous autorisent l'accès au territoire dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté.

"Ces dernières années, les autorités mauritaniennes ont fait preuve d'ouverture et ont reçu plusieurs délégations d'Amnesty International et d'experts des Nations unies en matière de droits humains", a-t-il souligné, les appelant à "continuer de faire preuve de transparence" à l'approche de l'élection présidentielle en juin.

Selon une source proche du gouvernement qui a requis l'anonymat, "Nouakchott refuse l'entrée sur son territoire à ces organisations dont les rapports sur le pays ont toujours été tendancieux, notamment en ce qui concerne l'esclavage".

"Au lieu de faire des rapports mettant en exergue les efforts du gouvernement qui dépense chaque année des dizaines de milliards d'ouguiyas (des centaines de millions d'euros, NDLR) pour la lutte contre la pauvreté et les séquelles de l'esclavage, ces ONG ne font que copier les rapports d'ONG locales extrémistes", a affirmé cette source.

Une délégation d'Amnesty s'était vu interdire l'accès au territoire mauritanien dans des conditions similaires en novembre 2017, mais avait pu y accéder en avril 2018 lors d'une réunion à Nouakchott de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP), a indiqué François Patuel.

En mars 2018, dans un rapport présenté à Dakar, l'ONG avait dénoncé les dangers encourus par les défenseurs des droits de l'Homme combattant la persistance de l'esclavage et des discriminations en Mauritanie.

Le même mois, un photojournaliste franco-marocain, "arrêté en raison d'un reportage qu'il réalisait sur l'esclavage", selon Reporters sans Frontières (RSF), avait été expulsé de Mauritanie.

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Maintien en détention du blogueur Ould Mkheïtir

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Pouvoir et opposition veulent entamer le dialogue

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Nouveau repentir d'un blogueur accusé de blasphème

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Nouveau repentir d'un blogueur accusé de blasphème

Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, bloggeur accusé de blasphème en Mauritanie, 3 février 2017. (Twitter/Cridem.org)

Le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir, maintenu en détention au-delà de sa peine après une condamnation pour un article jugé blasphématoire envers le prophète de l'islam, s'est une nouvelle fois repenti mardi, condition posée par des religieux pour sa libération, selon un responsable.

M. Ould Mkheïtir, 36 ans, détenu depuis janvier 2014, a vu sa condamnation à mort pour apostasie ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017, après avoir exprimé son repentir.

Il aurait donc dû être remis en liberté, le pourvoi en cassation du parquet n'étant pas suspensif. Mais il a été placé depuis en détention administrative.

Le président sortant mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui doit être remplacé le 2 août par le président élu, l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, avait, le 20 juin, justifié cette situation par la "sécurité personnelle" du blogueur "aussi bien que celle du pays".

Le blogueur doit retrouver sa liberté incessamment au terme d'un "processus de préparation de l'opinion nationale à cet effet lancé lundi soir", a dit mardi à l'AFP un responsable mauritanien sous couvert de l'anonymat. Le président Aziz s'est réuni lundi soir avec des oulémas, érudits et imams pour les "consulter à ce sujet" et la rencontre a abouti à une décision d'un "repentir public du blogueur sur les médias et réseaux sociaux".

M. Ould Mkheïtir a commencé lundi soir à se repentir sur sa page Facebook, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Comme je l'avais annoncé au début de 2014 et comme je l'ai répété à toutes les occasions qui s'offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le Seigneur des Mondes", a écrit le blogueur dans un message en arabe, son premier post sur Facebook depuis 2014.

Il devait également se repentir à partir de mardi sur les médias publics et privés, selon la même source.

Une commission d'oulémas a été constituée pour "suivre" le processus menant à la libération du blogueur, "après une rencontre avec lui" dans son lieu de résidence, au sein d'une forteresse à Nouakchott, a dit mardi le même responsable mauritanien.

"C'est un bon processus qui est engagé s'il permet de remettre le jeune homme en liberté. Il devait être libre depuis longtemps mais nous savons et je l'ai toujours dit: seul (le président) Ould Abdel Aziz peut le faire. Ce sera une bonne décision et nous sommes obligés d'attendre et voir l'évolution des choses", a déclaré l'avocate du blogueur, Me Fatimata Mbaye.

Dans une lettre ouverte rendue publique le 21 juin, Reporters sans frontières (RSF) et 11 autres ONG avaient exhorté le président Ould Abdel Aziz à "utiliser les quelques semaines qui lui restaient à la tête du pays pour mettre fin à la détention illégale" du blogueur.

Le président Aziz, arrivé au pouvoir par un putsch en 2008, puis élu en 2009, ne pouvait, après deux mandats, se représenter à la présidentielle du 22 juin remportée par son ancien ministre de la Défense, Mohamed Cheikh El-Ghazouani.

Mauritanie: mobilisation pour la libération d'un journaliste arrêté

Des Mauritaniens célèbrent la victoire de Mohamed Ould Ghazouani, candidat du parti au pouvoir en Mauritanie, lors de l'élection présidentielle, le 23 juin 2019.

Plusieurs organisations, dont RSF, ont appelé vendredi à la libération d'un journaliste mauritanien interpellé mercredi, le jour du rétablissement du réseau internet mobile, interrompu à la suite de manifestations de contestation des résultats de l'élection présidentielle du 22 juin.

Journaliste de la télévision privée Al-Mourabitoune, Ahmed Ould Wediaa a été arrêté mercredi soir à son domicile à Nouakchott, selon ses collègues.

Un rassemblement pour sa libération a réuni une trentaine de journalistes devant le ministère de la Communication jeudi. Et jeudi soir, lors de l'émission qu'il anime normalement, des hommes politiques, dont les quatre candidats de l'opposition à la présidentielle et des responsables de la société civile ont réclamé sa libération.

M. Ould Wediaa est proche de la coalition ayant soutenu la candidature à de l'ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar, arrivé troisième avec 17,87% des voix, lors du scrutin présidentiel remporté au premier tout par le candidat du pouvoir, l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, selon les résultats officiels.

"La police avait promis au lendemain de son arrestation de me permettre de le voir, mais elle continue de se murer derrière un silence inexplicable", a affirmé vendredi à l'AFP son avocat, Brahim Ould Ebetty.

Dans un communiqué, RSF a exhorté "les autorités à libérer le journaliste encore détenu" et à "ne plus recourir aux coupures internet", estimant que "ces méthodes sont aux antipodes d'une passation démocratique que les autorités sortantes disaient vouloir réussir".

En revanche, toutes les personnes interpellées lors des heurts qui ont éclaté lors de ces manifestations, les 23 et 24 juin "ont été libérées, sauf celles qui sont impliquées dans des actes de vandalisme", a affirmé vendredi à l'AFP une source policière, sans préciser de nombre.

Parmi les personnes libérées figurent un responsable de l'opposition, Samba Thiam, et le journaliste Moussa Seydi Camara, directeur du journal privé "La nouvelle expression", qui était en détention depuis une semaine, selon leurs proches.

Mohamed Cheikh El-Ghazouani succédera le 2 août à Mohamed Ould Abdel Aziz. Il s'agira de la première transition entre deux présidents élus, dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté M. Ould Abdel Aziz au pouvoir avant son élection en 2009.

Ce dernier ne pouvait se représenter après deux mandats.

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