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Six militants d'un mouvement réformiste mauritanien écroués pour insulte à l'Islam

Les manifestants affronteront la police lors d'une manifestation à Nouakchott le 16 janvier 2015. (AHMED OULD MOHAMED OULD ELHADJ/AFP)

Six membres présumés d'un mouvement mauritanien prônant une réforme de cette république islamique d'Afrique de l'Ouest ont été écroués mercredi, après avoir été inculpés d'atteinte à l'islam et de terrorisme par la justice mauritanienne, qui a revanche mis fin aux poursuites contre deux célèbres féministes.

Un septième inculpé a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, a indiqué à l'AFP leur avocat, Sid Ahmed Ould Bobaly.

Tous sont accusés d'appartenir à l'Alliance pour la refondation de l'Etat mauritanien (Arem), un mouvement créé en début d'année à Paris qui prône un "divorce avec les vieilles pratiques de mauvaise gouvernance, d'injustice et d'impunité", selon l'avocat.

Inculpés par un juge d'instruction antiterroriste de "mépris de la religion musulmane", "insultes à l'endroit d'Allah" et du prophète de l'islam par la publication de contenu informatique, et de "terrorisme", les prévenus faisaient partie d'un groupe d'une dizaine de personnes interpellées mi-février dans la capitale mauritanienne, selon la même source.

La justice mauritanienne a lancé mercredi des mandats d'arrêt contre trois autres militants présumés de cette association, dont font partie des membres de la diaspora. Mais elle a abandonné les poursuites contre trois personnes, dont deux célèbres féministes, Aminetou Mint El Moctar et Mekfoula Mint Brahim, a précisé l'avocat.

Amnesty International s'était dite le 19 février "extrêmement préoccupée" par l'interpellation de ces deux militantes des droits humains connues internationalement, réclamant "la libération immédiate de ces personnes si elles sont uniquement poursuivies pour avoir exercé leur liberté d'expression et de rassemblement".

Après leur interpellation, qui faisait suite à une réunion non autorisée, selon une source judiciaire, l'enquête avait été confiée à la Sûreté de l'Etat. Les contenus informatiques incriminés sont en fait des enregistrements audio échangés via le service de messagerie Whatsapp, selon l'avocat.

Arrivée au pouvoir en août, le nouveau président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a engagé un dialogue avec l'opposition. Mais Amnesty continue à demander au pouvoir de "mettre fin au harcèlement judiciaire dont font l'objet les défenseurs des droits humains" dans cette ancienne colonie française, dont la législation est fondée sur la charia, la loi islamique.

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