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81 écoles secondaires privées fermées au Cameroun

Un établissement scolaire privé fermé pour site et locaux dangereux et non réglementaires à Yaoundé, Cameroun, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap).

Le ministre des enseignements secondaires a signé un arrêté au titre de l'année scolaire 2017-2018, fermant 81 établissements scolaires clandestins de l'enseignement secondaire privé.

Selon l’arrêté, ces collèges privés sont fermés entre autres pour : " absence d'arrêté de création, d'ouverture d'établissement scolaire, cohabitation avec une école primaire, manque de titre de propriété, local d'habitation transformé en salle de classe, locaux à proximité de la voie ferrée, superficie insuffisante, infrastructures en très mauvais état ".

Ce qui reste du bloc administratif au collège père Mathieu à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap).
Ce qui reste du bloc administratif au collège père Mathieu à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap).

C'est la région du Littoral dont Douala est le chef-lieu, qui bat le record des établissements scolaires clandestins, relevant de l'enseignement privé laïc.

Quelques-uns avaient déjà fait l'objet d'un arrêté de fermeture, mais ont continué à fonctionner, peut-on lire dans le document publié à cet effet.

Pour l'année scolaire 2017-2018, 34 collèges privés laïcs ne devront pas fonctionner dans cette région du Cameroun, sauf en cas de conformité à la réglementation en vigueur.

La région du Centre, siège des institutions au Cameroun, arrive au second rang avec 28 établissements scolaires clandestins.

"Sur les 10 régions du Cameroun, seules tros, celles du Nord, de l'Extrême nord et du Sud n'enregistrent pas d'établissements scolaires clandestins pour le compte de la rentrée de septembre prochain", précise Jean Marie Étienne Jouendou, chef de brigade national de contrôle des établissements privés des enseignements secondaires.

A Yaoundé, la capitale politique, 11 structures scolaires sont concernées par la décision de fermeture.

Le collège Père Mathieu est l'une d'elles. Ici, les salles de classe ont été construites en planches, elles ont ni portes, ni fenêtres.

L'on constate aisément que le site est en état avancé de délabrement et sert de refuge aux jeunes délinquants du quartier Ekoumdoum, qui viennent y jouer aux cartes et consommer de la drogue.

"Cet établissement scolaire a vécu", nous confie, un ancien élève du collège, qui durant ces vacances scolaires, donnent des cours de remise à niveau aux élèves sur le site désormais fermé.

Il poursuit, en relevant, "qu'entre 2013 et 2014, le collège Père Mathieu avait une très bonne réputation eu égards aux résultats scolaires".

Mais, "c'est en 2014, que la saignée et la dégringolade ont commencé. Les effectifs ont drastiquement baissé, ajouté au litige foncier entre le fondateur de l'établissement et le propriétaire du site", martèle-t-il.

Une école primaire privée autorisée à fonctionner au quartier Tsinga à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap).
Une école primaire privée autorisée à fonctionner au quartier Tsinga à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap).

Le collège père Mathieu n'avait pas son titre de propriété parcelle. Ce qui constitue déjà, une violation du cadre réglementaire portant création, ouverture des établissements scolaires privés au Cameroun.

Pour, le ministre des enseignements secondaires ce site implanté à proximité des résidences privées et les locaux est "dangereux et non réglementaire".

Le voisinage n'en pense pas moins et semble pousser un ouf de soulagement.

"Je souhaite qu'on enlève cet établissement d'ici. Nous sommes quand même dans un quartier résidentiel. La présence des élèves dans ce collège s'accompagne de trop de bruits. En plus, le cadre n'est pas approprié, Il n'y a même pas d'espace pour les jeux sportifs ", lâche une riveraine du collège.

Visiblement, l'administration du collège père Mathieu n'a pas attendu la décision de fermeture pour plier bagage. Dans ce qui servait de bloc administratif, les bulletins de note et autres documents sont éparpillés à même le sol.

"Les cours se sont arrêtés ici au premier trimestre de l'année scolaire 2016- 2017", nous révèle un jeune du quartier.

Au Cameroun, et notamment dans les grandes métropoles, les établissements scolaires privés ont le vent en poupe. Ils fonctionnent dans un contexte de pauvreté ambiant.

"Quand il y'a pas assez d'argent pour envoyer les enfants dans les établissements scolaires dignes de ce nom, on se retourne vers le collège privé, moins cher, qui plus est, proche de la maison ", reconnaît une dame interrogée par VOA Afrique.

La loi 2004 et le décret 2008 fixent le cadre légal et réglementaire pour la création, l'ouverture des établissements scolaires, ainsi que l'organisation et le fonctionnement de l'enseignement privé au Cameroun.

"Les établissements scolaires clandestins sont à divers niveaux ", explique, Jean Pierre Mvodo Edjengue, responsable administratif et financier au Secrétariat national à l'éducation privé laïc.

Jean-Pierre Mvodo Edjengue du Secrétariat national à l'enseignement privé laïc à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap)
Jean-Pierre Mvodo Edjengue du Secrétariat national à l'enseignement privé laïc à Yaoundé, 17 août 2017. (VOA/Emmanuel Ntap)

" Il y'a des promoteurs clandestins, qui n'ont jamais fait part à l'Etat de leur intention de créer un établissement scolaire et transforment des maisons d'habitation en structures scolaires", se plaint-il.

Le second niveau des clandestins se recrute parmi "ceux qui, après avoir introduit une demande de création d'établissement scolaire privé, lancent leurs activités dès réception de l'autorisation du ministre de tutelle", ajoute M. Endjengue.

Un troisième groupe d'établissements scolaires clandestins au Cameroun est constitué de promoteurs qui, "sans arrêté ministériel, ouvrent des seconds cycles d'enseignement, outrepassant ainsi leur intention initiale, qui était de faire fonctionner leur collège avec le premier cycle seulement", nous fait savoir l'un des responsables du secrétariat national à l'enseignement privé laïc au Cameroun.

Faisant suite à la décision de fermeture de certains établissements scolaires privés clandestins, des tripatouillages ont été dévoilés au grand jour.

C'est le cas avec le complexe bilingue Yann et Marina au lieu-dit "Amadou ", à Yaoundé, fermé pour usurpation de nom d'un autre établissement.

"Un groupe d'enseignants d'expression anglaise a ouvert l'an dernier, sur un site différent, une section anglophone au nom collège Yann et Marina", nous confie le promoteur aux abois.

Sur le terrain, la pose des scellés a commencé. Les autorités administratives veulent vite séparer le bon grain de l'ivraie, afin d'éviter des cas d'arnaque aux parents d'élèves.

Il est arrivé très souvent que des promoteurs d'établissements scolaires privés véreux prennent la poudre d'escampette avec les frais d'inscription, de scolarité ou d'examens officiels des élèves dès les premiers mois des cours.

Reportage d'Emmanuel Ntap au Cameroun

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Cyclone Idai au Mozambique : des femmes victimes d'abus sexuels en échange de nourriture

Une Mozambicaine est allongée dans un lit d'hôpital avec son nouveau-né dans la maternité Murrupelane de Nacala, dans la province de Nampula, au Mozambique, le 5 juillet 2018.

Des Mozambicaines, victimes du cyclone Idai en mars, sont contraintes à des rapports sexuels pour obtenir de l'aide humanitaire, a dénoncé jeudi Human Rights Watch (HRW), appelant les autorités à enquêter sur cette exploitation "cruelle".

Des responsables communautaires, dont certains liés au parti au pouvoir Frelimo, ont exigé auprès de victimes du cyclone d'être payés pour inclure leur nom sur la liste des bénéficiaires de l'aide humanitaire, a expliqué HRW dans un communiqué.

Mais "dans certains cas, des femmes sans moyens ont été contraintes d'avoir des relations sexuelles avec des responsables locaux en échange d'un sac de riz", a ajouté l'ONG.

"L'exploitation sexuelle de femmes qui se battent pour nourrir leur famille après le cyclone Idai est révoltante et cruelle et devrait immédiatement cesser", a estimé le directeur de HRW pour l'Afrique australe, Dewa Mavhinga.

Selon une travailleuse humanitaire citée par l'ONG, des listes de distribution de l'aide humanitaire excluaient des foyers présidés par des femmes.

"Dans certains villages, des femmes et des enfants n'ont pas vu de nourriture pendant des semaines. Elles feraient n'importe quoi pour obtenir de la nourriture, y compris avoir des rapports sexuels avec des hommes", a-t-elle expliqué citée par HRW.

Dans le district de Nhamatanda (centre), trois femmes interrogées par HRW ont affirmé avoir été contraintes, par des responsables locaux, de se prostituer.

Quand la distribution de nourriture a débuté le 6 avril, l'une d'entre elles a constaté que son nom ne figurait pas sur la liste des bénéficiaires.

Un responsable du Frelimo s'est alors rendu à son domicile avec un sac de riz, un sac de farine et un kilo de haricots. "Quand il est arrivé, il a placé les sacs par terre et a commencé à se toucher et m'a dit que c'était maintenant à mon tour de le remercier", a témoigné la mère de famille.

"J'ai dit à mes enfants d'aller chez une amie. Quand ils sont partis, j'ai couché avec lui", a-t-elle raconté, citée par HRW.

Le passage d'Idai dans le centre du Mozambique a fait plus de 600 morts dans le pays, et un millier au total dans la région. Il a aussi fait des centaines de milliers de sans-abri dans la zone.

Le Mozambique, pays pauvre de l'Afrique australe, devrait être frappé jeudi par un autre cyclone, Kenneth, attendu cette fois-ci dans l'extrême nord de son territoire.

Au Soudan, la destitution de Béchir libère la créativité des graffeurs

Des journalistes soudanais manifestent contre les restrictions des libertés de la presse à Khartoum, au Soudan, le 15 novembre 2017.

"Sans autorisation, il était inimaginable de peindre un mur, n'importe lequel, mais cette révolution a tout changé” : pour Lotfy Abdel Fattah comme pour d'autres graffeurs soudanais, la destitution du président Omar el-Béchir après 30 ans de pouvoir a libéré leur créativité, longtemps étouffée.

Autrefois de couleur grise, les murs du quartier général de l'armée à Khartoum sont devenus une gigantesque toile pour les graffeurs, qui se sont également emparés d'autres parois de la capitale pour exprimer leur art.

Ornant les murs du QG militaire, des peintures représentent les manifestants aux poings serrés ou faisant le "V" de la victoire. Le 11 avril, après quatre mois d'une contestation populaire inédite, l'armée a renversé le président Béchir, qui régnait sans partage depuis 1989.

A proximité du siège de l'armée, devant lequel des manifestants continuent de camper jour et nuit pour réclamer l'instauration d'un pouvoir civil, des drapeaux soudanais et des portraits des leaders de la contestation ont été peints.

"Même s'ils sont effacés un jour, les dessins laisseront une trace indélébile dans l'esprit des gens", prédit à l'AFP Lotfy Abdel Fattah, 35 ans, un artiste spécialisé dans les beaux-arts.

Au Soudan, les graffitis ont été pendant des années un art clandestin, considérés par les agents de sécurité comme un symbole de contre-pouvoir ou comme du vandalisme pur et simple, alors que s'exerçait une censure vigoureuse.

Mais tout a changé le 6 avril, lorsque des manifestants se sont rassemblés par milliers devant le siège de l'armée, malgré les tirs de gaz lacrymogènes, pour réclamer la destitution du président Béchir par les militaires.

- "Peindre tous les murs" -

Dès le lendemain de ce rassemblement, des artistes ont commencé à esquisser des dessins sur les murs de la capitale.

"Les gens ont apprécié nos dessins et nous avons estimé qu'il fallait commencer à peindre tous les murs", explique à l'AFP Amir Saleh, 26 ans, tout en traçant un graffiti sur un mur du QG de l'armée.

"Tous ces murs étaient nus. Avec d'autres artistes, nous les avons recouverts de graffitis", indique-t-il. "Nous voulions simplement raconter l'histoire de ce qu'il se passe ici".

M. Saleh a pris part aux rassemblements anti-gouvernementaux dès le mois de décembre, au tout début de la contestation, déclenchée par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. De nombreux dessins s'inspirent du principal slogan du mouvement, "Liberté, paix, justice", remarque-t-il.

"La révolution doit continuer", estime-t-il. "La liberté et la sécurité sont en jeu".

De nombreux graffitis veulent souligner la nature pacifique du mouvement de contestation : l'un d'eux représente ainsi un poing serré qui fait face à deux grosses munitions.

"Cela montre simplement que la détermination du peuple à faire tomber Béchir était plus grande que les balles avec lesquelles ses forces de sécurité ont accueilli les manifestations", analyse Belal Abdelrahman, 26 ans, qui badigeonne un mur de teintes orangées fluorescentes en compagnie d'autres artistes.

Des graffeurs ont aussi peint une arme avec une fleur rouge dépassant du canon.

Une façon de garder en tête la violente répression du mouvement par les forces de sécurité, avant la chute de M. Béchir. Selon un bilan officiel, 65 personnes sont mortes depuis le début de la contestation en décembre.

"Les manifestations sont pacifiques et elles le resteront", assure M. Abdelrahman.

- Première bouffée de liberté -

Abdel Fattah dessine sur les murs de la capitale depuis plus de dix ans, malgré les difficultés et risques. Désormais, il souhaite avant tout montrer dans ses dessins le futur du Soudan, qu'il imagine radieux.

"Je représente généralement le Soudan comme un pays recouvert d'une verdure luxuriante et de fleurs pour montrer qu'il a beaucoup à offrir", dit-il.

Même si les graffeurs soudanais apprécient leur première bouffée de liberté, tous se plaignent d'un manque de matériel.

Les graffitis "devraient être faits avec des bombes de peinture mais il n'y en a pas et c'est très cher à importer", explique M. Abdelrahman, qui, comme les autres, utilise de la peinture classique.

La situation économique du Soudan, confronté à un grave déficit en devises étrangères, s'est empirée au fil des années.

Le mouvement de contestation pourrait fragiliser davantage l'économie, ce qui n'entame pas la détermination des manifestants, ni celle des artistes.

"Nous voulons un Soudan plus ouvert, qui accepte l'art et promeut la liberté d'expression", dit M. Saleh.

"Ce n'est que le début de la révolution", promet-il, disant espérer "que tout le Soudan se parera de couleurs lumineuses".

La Libye demande à l'ONU d'enquêter sur les attaques à Tripoli

Les forces de sécurité libyennes patrouillent près du site d'une attaque contre un poste de contrôle dans la ville de Zliten, à 170 km à l'est de la capitale Tripoli, le 23 août 2018.

La Libye a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'envoyer une équipe d'inspecteurs pour enquêter sur les violences contre des civils dans la capitale Tripoli, selon une lettre publiée jeudi.

Selon le Gouvernement d'union nationale (GNA) libyen, reconnu par la communauté internationale et soutenu par l'ONU, les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL), du maréchal Khalifa Haftar, ont tué des civils, détruit des propriétés, recruté des enfants soldats et utilisé de l'artillerie lourde.

Les combats, concentrés autour de Tripoli, ont fait au moins 278 morts et 1.332 blessées en plus de trois semaines de conflit, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Après une rapide progression, les forces du maréchal Haftar font face à une contre-offensive des troupes loyales au GNA, qui les ont repoussées au sud de Tripoli.

La lettre de l'ambassadeur libyen à l'ONU demandant au Conseil de sécurité d'envoyer des enquêteurs date du 18 avril.

Le Conseil, divisé autour de la question libyenne, n'a pas réussi à adopter la résolution proposée par le Royaume-Uni et demandant un cessez-le-feu.

La Russie s'est opposée à ce texte qui critique spécifiquement le maréchal Haftar alors que les Etats-Unis ont demandé plus de temps pour étudier la situation.

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