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Branle-bas de combat au Cameroun pour organiser la CAN 2019


L'une des entrées du stade omnisports de Yaoundé, l'un des sites retenus pour abriter la CAN 2019 au Cameroun, le 13 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Le président du Cameroun Paul Biya a dû quitter son village où il se trouvait pour rallier Yaoundé, et sortir de sa réserve suite aux propos du président de la CAF.

Le 10 août 2017, profitant d'une cérémonie au cours de laquelle il a reçu les athlètes camerounais médaillés de diverses compétitions internationales, Paul Biya a ainsi lâché ces quelques mots : "le Cameroun sera prêt, le jour dit, j'en prends l'engagement".

Au lendemain de cette déclaration, un comité local d'organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2019 a été créé par décret présidentiel. Sa mission principale est d'assurer la bonne organisation de cette compétition, en collaboration avec le comité mis en place par la confédération africaine de football.

Au cours de la même semaine, les choses ont aussi bougé dans l'attribution des marchés de réhabilitation et de construction des infrastructures sportives et hôtelières, notamment à Garoua, l'un des sites retenus pour la compétition dans la région du Nord-Cameroun.

Des travaux comprennent la réhabilitation d'un hôtel, de quatre stades d'entraînement et la construction d'un hôtel quatre étoiles dans la même ville.

Le tout s'est fait sur un "très haut accord du Président de la république", selon les termes d'une correspondance signé du ministre, secrétaire-général de la présidence, dont VOA Afrique a obtenu une copie.

Le site d'Olembé devant abriter le stade de 60.000 places, au Cameroun, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Le site d'Olembé devant abriter le stade de 60.000 places, au Cameroun, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

A Olembé, une banlieue de Yaoundé, où se construit le deuxième stade de 60 000 places de la capitale politique du Cameroun, le balaie des camions se fait désormais à un rythme effréné. Et l'on y travaille jour et nuit.

"De nombreux jeunes d'Olembé ont été recrutés pour travailler sur le chantier du stade. Il y a des hôtels qui sortent des terres. Je n'étais pas content d'entendre qu'on pouvait retirer la CAN au Cameroun. Un tel évènement est un moment de joie pour le pays et surtout pour les riverains du stade que nous sommes", a déclaré un riverain du site.

La construction du stade à O'lembé a transformé la banlieue, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
La construction du stade à O'lembé a transformé la banlieue, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Toutefois, les visiteurs curieux du site d'Olembé rentrent surpris, parfois déçus, au regard l'état d'avancement des travaux.

"Je viens de Douala, je suis en vacance à Yaoundé. J'ai appris qu'on construisait le stade ici. Je me disais que j'allais trouver quelque chose déjà implantée, mais je ne vois que la terre rouge", confie-t-il.

L'entreprise italienne qui conduit les travaux du complexe sportif d'Olembé, a assuré que le stade sera livré au plus tard en octobre 2018.

Dans les gradins de l'un des stades d'entraînement de la CAN 2019, Daniel Penda, membre de la commission nationale de football jeune, fustige la sortie du président Ahmad Ahmad, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Dans les gradins de l'un des stades d'entraînement de la CAN 2019, Daniel Penda, membre de la commission nationale de football jeune, fustige la sortie du président Ahmad Ahmad, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)


"Le Cameroun a quand même organisé la CAN féminine avec huit équipes sur deux sites. Ahmad Ahmad a été un peu excessif", pense Bobo Fabien, consultant sportif dans les médias au Cameroun.

"J'ai été désagréablement surpris par les propos du président de la CAF, automatiquement nous avons pensé a une conspiration. Cette sortie a été tapageuse, outrageuse et insultante vis-à-vis du Cameroun. Je crois qu'il serait de bon ton qu'il puisse s'excuser vis-à-vis du peuple camerounais", commente Daniel Penda, membre la Commission nationale de football jeune.

Siège de la Fédération camerounaise de football au Cameroun, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Siège de la Fédération camerounaise de football au Cameroun, le 15 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au plus fort de la controverse autour des propos du président de la CAF sur l'incapacité pour le Cameroun à organiser la CAN "même avec quatre équipes", la Fédération camerounaise de football est également montée au créneau.

"Le règlement explique que, sur proposition de la commission d'organisation de la coupe des nations de la CAF, le comité exécutif de la CAN peut apporter des modifications au règlement pour les éditions à venir de la compétition. Les CAN de 2019 et 2021 ne sont pas concernés", explique Dr Francis Mveng Ela, membre du comité exécutif de la Fédération camerounaise de football.

Selon certains experts camerounais, la Fédération camerounaise de football pour gagner une bataille juridique en ce qui concerne la décision de la CAF d'organiser la CAN 2019 avec 24 pays.

La visite d'inspection de la CAF, composée des experts et d'un cabinet d'audit spécialisé, va évaluer si l'organisation de cette CAN 2019 sera maintenue au Cameroun, du 20 au 28 août prochain.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé

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