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Ebola en RDC: la course aux vaccins bat son plein, l'épidémie marque le pas

Dans un centre de traitement Ebola à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Un deuxième vaccin a été introduit jeudi à titre d'"essai clinique" contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, où la propagation du virus marque le pas depuis quelques semaines.

Des équipes de l'ONG Médecins sans frontière (MSF) ont ouvert deux centres de vaccination à Goma, la grande ville du Nord-Kivu de plus d'un million d'habitants, où il n'y a pas actuellement de cas de transmission.

"Je viens d'être vacciné. Je vais aussi amener toute ma famille", a déclaré Joseph Munihire, 38 ans et père de six enfants, à un correspondant de l'AFP, en ajoutant: "Je demande à tous ceux qui doutent encore de venir se faire vacciner".

L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola
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Responsable de la mise en oeuvre du nouveau protocole, MSF veut cibler "50.000 personnes sur une période de quatre mois", avec 23.000 doses du vaccin des laboratoires américains Johnson&Johnson déjà livrées en RDC, selon les chiffres de l'ONG.

"Après avoir reçu la première dose du vaccin, les participants seront invités à se présenter de nouveau deux mois plus tard pour une deuxième injection", a précisé MSF dans un communiqué.

Un second vaccin contre Ebola en RDC
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L'enjeu consiste à "vérifier le bon déroulement de la vaccination à deux doses, dans une région à population très mobile et où il y a eu des cas dans le passé".

Quatre premiers cas de fièvre hémorragique avaient été enregistrés à Goma en juillet-août. Les autorités sanitaires avaient redouté une propagation de la maladie dans une ville densément peuplée, plaque tournante des échanges avec le Rwanda, l'Ouganda, et la province voisine du Sud-Kivu.

Aucun cas à Goma

Aucun nouveau cas de fièvre Ebola n'a cependant été signalé à Goma depuis le mois d'août.

"Cette vaccination à Goma est complémentaire. Elle ne remplace pas le premier vaccin, mais elle vient le compléter, particulièrement dans des zones où il n'y a pas de cas de transmission", a déclaré à l'AFP le coordonateur de la riposte, Steve Akuha.

L'épicentre de l'épidémie se situe toujours à 350 km au nord, dans la région de Beni-Butembo, avec des risques de déplacements vers la province voisine de l'Ituri.

Déclarée le 1er août 2018, cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2.193 personnes, pour 1.067 guérisons. L'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS, dans un appel aux bailleurs de fonds.

C'est première fois que des vaccins sont utilisés à titre "compassionnel" (à titre expérimental, sans autorisation préalable de mise sur le marché) pour prévenir la maladie qui se traduit par des poussées de fièvre, des diarrhée, des hémorragies...

En zone endémique, la première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie le 1er août 2018.

Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme, selon le dernier pointage des autorités sanitaires congolaises mercredi soir.

Hasard des dates ou pas dans la "guerre des vaccins", comme l'appelle certains spécialistes ? Ce premier vaccin a reçu un début d'homologation préalable à sa mise officielle sur le marché à la veille de l'introduction du deuxième protocole.

L'OMS a "préqualifié" mardi le premier vaccin, "ouvrant la voie à son utilisation dans les pays à haut risque".

L'annonce de l'OMS fait suite à la décision prise lundi par la Commission européenne d'autoriser la commercialisation de ce vaccin. Le 18 octobre, l'Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

En juillet, l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga avait démissionné en dénonçant "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" dans leur volonté d'introduire un deuxième vaccin.

M. Oly Ilunga est actuellement en résidence surveillée, accusée par les autorités congolaises de détournement de fonds dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

En septembre, MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin utilisé depuis le début de l'épidémie. Des accusations que l'OMS avaient balayées.

Une réduction sensible des cas de contamination à Ebola a été observée ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Mercredi soir, le dernier bulletin épidémiologique indique que 508 cas suspects sont en cours d’investigation: "Quatre nouveaux cas ont été confirmés. Aucun nouveau décès des cas confirmés n’a été enregistré".

"Dans sa phase actuelle, l'épidémie n'est plus urbaine, c'est devenu une épidémie rurale. Le virus Ebola s'est retranché en Ituri. Il faut donc le poursuivre, le coincer et l'éliminer", a déclaré fin octobre le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonateur de la riposte anti-Ebola.

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Trois nouveaux cas d'Ebola confirmés en RDC

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Regain du discours incitant à la haine en RDC, selon l'ONU

Le gouverneur du Sud-Kivu à Walungu, le 2 janvier 2020. 39% des allégations de discours de haine proviennent de la province troublée du Sud-Kivu selon l'ONU.

Un regain de discours et messages incitant à la haine a été enregistré en République démocratique du Congo, dans un contexte de compétions politiques, selon un rapport publié lundi par le Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l'Homme (BCNUDH).

"La propagation rapide des discours haineux en République démocratique du Congo à travers notamment les réseaux sociaux, les radios locales, les tracts et la presse écrite est un sujet de préoccupation majeure, en particulier depuis la fin des élections du 30 décembre 2018", a écrit dans son rapport le BCNUDH.

"Ces discours sont pour la plupart liés au débat sur la citoyenneté congolaise, à la persistance de l'impunité, aux conflits fonciers et autour de la transhumance, aux compétitions pour le pouvoir et à la diffusion de fausses nouvelles", a-t-il ajouté.

"Entre mai et décembre 2020, le BCNUDH a reçu des allégations sur 30 cas probables de discours et messages incitatifs à la haine, parmi lesquels 16 ont été identifiés comme des cas avérés d'incitation à la haine selon le seuil requis" par le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Sur les 30 cas, 39% d'allégations provenaient de la province troublée du Sud-Kivu, suivie de la capitale Kinshasa avec 19%. 62% des cas ont des motivations politiques.

Au total, ces discours sont documentés dans 15 des 26 provinces congolaises, "autant dans les provinces non affectées par les conflits armés que dans les zones où les groupes armés sont actifs", ont regretté le BCNUDH et la mission de l'ONU en RDC (Monusco) dans un communiqué conjoint.

"Ces discours agissent à la fois comme un indicateur d'alerte précoce et un déclencheur potentiel de violence en soi", note le BCNUDH qui rappelle que les discours de haine sont considérés comme des crimes internationaux.

Afin de lutter contre la flambée des discours de haine, le BCNUDH appelle les autorités congolaises à "renforcer" la législation en se conformant "aux normes et standards du droit international des droit de l'homme afin de préserver les libertés d'opinion, d'expression, d'association et de réunion pacifique".

Des entrepreneurs congolais créent des emballages à base de fibre de bananier

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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF
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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

Une patrouille de la Monusco pour traquer les rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliés (ADF), le 13 novembre 2018.

Dix civils ont été dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques attribuées au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, selon l'armée.

"Nous déplorons la mort de huit civils, décapités dans le village de Boyo, ici en Ituri par des ADF (...) qui ont aussi tué deux autres civils par balle à Kainama", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans la province de l'Ituri (nord-est).

"La poursuite de l'ennemi pour nettoyer la zone continue", a-t-il affirmé.

Des sources administrative et locales ont confirmé les deux attaques, précisant que des maisons ont également été "incendiées" par les assaillants.

Le village de Kainama est situé dans l'extrême nord de la province du Nord-Kivu, à la limite avec l'Ituri. Il est à 5 km de celui de Boyo.

Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l'est de la RDC depuis 1995. Sans s'attaquer à l’Ouganda depuis des années, ces bandes armées commettent régulièrement des massacres sur des civils sans défense depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs.

L'armée congolaise mène des opérations militaires contre ces ADF dans cette zone depuis fin octobre 2019, sans toutefois avoir pu mettre fin aux massacres.

Dispersés par ces opérations militaires, les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles, selon des experts de l'ONU.

Après une relative accalmie en janvier, les membres présumés des ADF multiplient des tueries des civils depuis début février dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri, nord-est).

Depuis près de trois décennies, l'est de la RDC est déstabilise par la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers d'importance diverses.

Dans un récent rapport, les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais) ont recensé au moins "122 groupes armés" actifs dans quatre provinces orientales (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika).

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