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Ebola : MSF accuse l'OMS de "rationner" le vaccin des laboratoires Merck

Personnel médical de l'unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera à l'ouest de l'Ouganda à la frontière avec la RDC, le 12 décembre 2018.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a accusé lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de "rationner" le vaccin des laboratoires Merck, le seul utilisé à ce jour pour lutter contre la propagation du virus Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Un des problèmes majeurs réside aujourd'hui dans le fait qu'en pratique, le vaccin est rationné par l'Organisation mondiale de la santé, et que trop peu de personnes à risques sont aujourd'hui protégées", a écrit MSF dans un communiqué.

Dénonçant "l'opacité" de l'OMS, MSF demande "la création d'un comité de coordination international indépendant", pour "améliorer la coordination de la vaccination", et "garantir la transparence sur la gestion des stocks et le partage des données".

Interrogée par l'AFP, l'OMS a démenti toute limitation de l'accès au vaccin.

"Nous collaborons étroitement avec le gouvernement de la RDC pour atteindre le plus de communautés et d'individus possibles dans la zone de l'épidémie. Nous ne limitons pas l'accès au vaccin, mais mettons plutôt en place une stratégie recommandée par un comité d'experts indépendants, comme convenu avec le gouvernement de la RDC", a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS.

Déclarée le 1er août 2018, la 10e épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur le sol congolais a tué plus de 2.100 personnes.

En juillet dernier, l'OMS a élevé la menace Ebola au rang "d'urgence de santé publique de portée internationale".

Au total 225.000 personnes ont été vaccinées, "mais ce nombre reste largement insuffisant", selon MSF.

"Jusqu'à 2.000-2.500 personnes pourraient être vaccinées chaque jour, contre un rythme actuel de 500 à 1.000 personnes", affirme dans le communiqué la directrice des opérations de MSF, Isabelle Defourny.

"Les efforts de MSF pour étendre l'accès à la vaccination en collaboration avec le ministère de la Santé (...) se sont heurtés au contrôle extrême imposé par l'OMS sur l'approvisionnement en vaccins".

"Les raisons derrière ces restrictions restent obscures", poursuit l'ONG, pour qui l'actuel vaccin rVSV-ZEBOV "a démontré son innocuité et son efficacité".

L'ONG balaie l'argument d'une crise d'approvisionnement : "Merck vient de déclarer qu'en plus des 245.000 doses déjà délivrées à l'OMS, ils étaient prêts à envoyer 190.000 autres doses si nécessaire, et que 650.000 autres seraient mises à disposition dans les six à 18 prochains mois".

Le communiqué de MSF a été publié sur fond de polémiques sur l'introduction d'un deuxième vaccin anti-Ebola.

"Le deuxième vaccin est en cours d'examen", a déclaré en fin de semaine dernière le coordonnateur de la riposte anti-Ebola du ministère congolais de la Santé, le Dr Jean-Jacques Muyembe. "Nous continuons avec le premier vaccin dans les endroits où il y a l'épidémie. Le deuxième vaccin sera utilisé sans doute en dehors des zones épidémiques pour protéger la population", a-t-il ajouté dans des propos rapportés par le site actualité.cd.

L'ex-ministre de la Santé, Oly Ilunga, avait démissionné le 22 juillet, en dénonçant des tentatives d'introduction d'un deuxième vaccin "par des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste".

En mai, le laboratoire belge Janssen Pharmaceuticals, filiale de l'Américain Johnson&Johnson, avait déclaré à la presse belge qu'il était prêt à envoyer des doses d'un vaccin expérimental anti-Ebola en RDC, en très grande quantité (jusqu'à 1,5 million, d'après le quotidien Le Soir).

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Lutte contre Ebola : conférence régionale à Goma

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Kinshasa manifeste contre la corruption

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Manifestation contre la corruption à Kinshasa

Manifestations à Kinshasa en RDC, le 20 décembre 2016.

Quelques centaines de personnes ont manifesté lundi dans les rues de Kinshasa contre la corruption en République démocratique du Congo, à l'appel d'un collectif catholique soutenu par l'opposition au nouveau président Félix Tshisekedi.

Les manifestants se sont rassemblés en différents points de la capitale à l'appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif proche de l'Église catholique, à l'origine début 2018 de marches étouffées dans le sang pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila.

Des ténors CLC et de l'opposition ont été vus à des points de ralliements notamment à la paroisse Saint Joseph à Kalamu (centre), à Ndjili (est) ou encore au quartier Kingabwa (nord), selon une équipe de l'AFP.

Cette manifestation est la première du CLC sous le mandat de l'ancien opposant Félix Tshisekedi, investi président en janvier. Elle n'a pas drainé autant de monde que fin 2017 - début 2018, lorsque ce collectif appelait à des manifestations contre Joseph Kabila.

La première colonne de manifestants conduite par les ténors du CLC a traversé trois communes populaires du centre de Kinshasa, alors que le secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC) Eve Bazaiba était à la tête des manifestants du quartier pauvre de Kingabwa.

Ces marches interviennent après l'affaire dite des 15 millions de dollars, le premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Tshisekedi.

"Moyibi toboyi, 15.000.000$ Ezonga na caisse" ("nous nous opposons au vol, que les 15 millions de dollars retournent dans la caisse" de l'État), pouvez-t-on lire sur les T-shirt portés par des manifestants.

Tandis que des banderoles affichaient : "Non à l'impuissance de la justice", "où sont nos 15 millions de dollars ?".

"Nous ne voulons plus de la corruption, pas d'impunité et non plus une justice en déliquescence", a déclaré à l'AFP Isidore Ndaywel, historien et coordonnateur du CLC.

En juillet, une enquête de l'Inspection générale des Finances (IGF) qui parle d'"irrégularité" a révélé que 15 millions de dollars d'argent public n'ont pas été versés au Trésor public, mais sur un autre compte.

Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% prélevée sur une somme de 100 millions versée par l'État à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

Au moins 30 morts dans un accident de la route

Des corps gisent à côté du bus qui s'est écrasé en RDC, le 20 octobre 2019.

Au moins trente personnes sont mortes dans un accident survenu dans la nuit de samedi à dimanche sur la route entre Kinshasa et Matadi, dans l'ouest de la République démocratique du Congo, selon un nouveau bilan de source humanitaire.

"Le bilan actuel est de 30 morts, 18 autres personnes sont brûlées au troisième degré. Nous poursuivons le travail d'identification des corps", a déclaré à l'AFP David Nsiala, responsable de la Croix-Rouge de Mbanza-Ngungu dans la province de Kongo central (ouest).

"Un accident s'est produit ici à Mbanza-Ngungu aux environs de 1H00 du matin. Un bus en provenance de Lufu vers Kinshasa a fini sa course dans une parcelle avant de prendre feu. Le bilan provisoire est de 20 morts", avait déclaré plus tôt à l'AFP Didier Nsimba, administrateur-adjoint du territoire de Mbanza-Ngungu.

Le conducteur a perdu le contrôle de ce véhicule de transport de passagers et de marchandises "suite à une défaillance de frein", selon M. Nsimba. Des corps sont "calcinés" et "certains blessés ont été conduits à l'hôpital de Nsona Nkuku", a-t-il dit.

Le président congolais Félix Tshisekedi, qui était "invité pour assister à l'intronisation de l'empereur du Japon, vient de décider d'annuler son voyage suite à cet accident", indique un communiqué signé par son directeur de cabinet Vital Kamerhe.

"Le président de la République présente ses condoléances les plus attristées aux familles éprouvées" et demande à l'exécutif "de prendre en charge les blessés et de réserver un enterrement digne aux personnes décédées", ajoute le texte.

Le nombre des passagers qui voyageaient dans le bus n'a pas été dévoilé par les autorités.

"Nous étions plus de cent personnes dans le bus, jusque-là, je n'ai pu reconnaître que quatre" personnes, a déclaré à l'AFP Nacha, une passagère blessée.

Le territoire de Mbanza-Ngungu est situé à environ 150 km à l'ouest de la capitale Kinshasa, sur la route nationale numéro 1, réputée pour les accidents meurtriers qui s'y produisent.

Avec AFP

Deux ONG plaident en faveur de la réforme de la loi sur la presse

Sophie Busson (au centre), responsable du plaidoyer en Asie-Pacifique du Forum sans frontières, lors d'un débat pénal à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse à Jakarta, en Indonésie, le 4 mai 2017 (Hean Socheata / VOA Khmer) Sophie Busson

Reporters sans frontières (RSF) et son partenaire local, Journaliste en danger (JED), ont plaidé vendredi en faveur de la réforme d'une loi "truffée de sanctions privatives de liberté" qui régit la presse en République démocratique du Congo.

Ces deux ONG demandent "la mise en place d'un mécanisme dédié à la protection des journalistes", dans un communiqué publié à l'issue d'une mission de sensibilisation menée auprès de parlementaires et de membres du gouvernement.

"La loi actuelle sur la liberté de la presse est truffée de sanctions privatives de liberté allant jusqu'à la peine de mort", a déclaré à l'AFP Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de JED.

"Nous proposons de modifier certaines dispositions de cette loi, notamment des sanctions sur la diffamation et des imputations dommageables qui poussent les journalistes à l'autocensure", a-t-il expliqué.

Datée de 1996, l'actuelle loi sur la presse "ne tient pas compte de l'avènement des médias en ligne. Ces nouveaux médias ne sont pas encore réglementés en RDC", a ajouté M. Tshivuadi.

"Pour que la législation change et que cette réforme historique attendue depuis plus de vingt ans puisse aboutir, il est indispensable qu'il y ait une volonté politique forte du côté de l'exécutif mais aussi que des élus s'impliquent très activement", estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

Malgré une "légère inflexion des atteintes à la liberté de la presse" depuis l'arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi début 2019, "le niveau des exactions reste préoccupant", estiment RSF et JED.

Depuis le début de l'année, "79 atteintes à la liberté de la presse ont été enregistrées par JED dont 15 arrestations et 13 cas d'agressions", selon ces ONG.

"Les discours sont encourageants mais les réformes se font toujours attendre", estiment-elles.

Le jour de son investiture en janvier, le nouveau chef de l'État Félix Tshisekedi avait promis de faire des médias "un véritable quatrième pouvoir" en RDC, pays classé à la 154è place sur 180 du classement RSF pour la liberté de la presse en 2019.

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