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Trump fait planer la menace militaire après l'attaque chimique présumée en Syrie

Le président américain Donald Trump parle lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington le 9 avril 2018.

Donald Trump était sur le point de répondre "avec force" à Damas et ses alliés, après une attaque chimique présumée en Syrie, blâmant la Russie qui met elle en garde contre "de graves conséquences" en cas de frappes occidentales.

Si les Etats-Unis font planer la menace d'une riposte militaire contre le régime syrien, ils pourraient attendre, pour passer à l'acte, un vote au Conseil de sécurité de l'ONU, probablement mardi, sur un projet de résolution américain créant un mécanisme d'enquête international sur l'usage des armes chimiques en Syrie.

La Russie a d'ores et déjà prévenu que ce texte contient encore des "éléments inacceptables".

Selon des experts, la Russie opposera certainement son veto à la résolution. "Cela donnera aux Etats-Unis et peut-être la France une excuse pour une action militaire", estime l'un d'eux, Richard Gowan, membre du Conseil Européen des relations internationales.

"C'était atroce", "horrible", a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au sujet de l'attaque présumée de samedi aux "gaz toxiques" contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas.

>> Lire aussi : Trump promet des décisions imminentes sur la Syrie

"Nous y répondrons avec force", a ajouté plus tard le président américain, promettant une décision lundi soir "ou très bientôt". Son ministre de la Défense Jim Mattis n'a pas exclu des frappes contre le régime syrien.

Pour la deuxième fois en deux jours, Donald Trump s'est entretenu au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. Les deux présidents souhaitent "une réaction ferme" de la communauté internationale et vont "rester étroitement en contact", a rapporté l'Elysée.

Dans ce contexte, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, réclamée notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, a été lundi le théâtre d'un face-à-face tendu avec la Russie.

Le trio occidental a clairement mis en cause le régime Assad pour l'attaque de samedi, qui a fait, selon les Casques Blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 morts dans la région de la Ghouta orientale que Damas est en passe de reconquérir intégralement.

>> Lire aussi : Frappes contre un aéroport militaire en Syrie

"Seul un monstre peut faire cela", a martelé l'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley, et le moment est venu "où le monde doit voir que justice est rendue".

- "Aucun doute" -

"Il n'existe aucun doute sur les auteurs de cette nouvelle attaque", a renchéri l'ambassadeur français François Delattre.

Mais ils ont également et durement mis en cause la Russie. "Quand le régime militaire syrien pilonne des civils, il le fait avec l'aide de la Russie", a insisté Nikki Haley.

La Maison Blanche avait auparavant mis en cause la "responsabilité" de la Russie et l'Iran, estimant que le pouvoir syrien ne pouvait mener une attaque chimique "sans leur aide matérielle". Donald Trump avait déjà averti Damas, Moscou et Téhéran qu'ils pourraient "payer le prix fort", incluant nommément, une fois n'est pas coutume, son homologue russe Vladimir Poutine dans ses avertissements.

"Nous appelons les Occidentaux à renoncer à la rhétorique guerrière", a répondu à l'ONU l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia, mettant en garde contre de "graves conséquences" en cas d'action armée occidentale. "Il n'y a pas eu d'attaque chimique" à Douma, a-t-il ajouté, dénonçant une "mise en scène".

Vladimir Poutine a condamné pour sa part le caractère "inadmissible" des "spéculations" sur cette attaque chimique présumée.

>> Lire aussi : Le pape François dénonce l'usage d'armes chimiques en Syrie

Le spectre d'une riposte militaire a aussi été ravivé lundi après des tirs de missiles contre la base militaire T-4 du régime, dans le centre de la Syrie. Mais c'est Israël qui a été accusé par Damas et ses alliés russe et iranien.

"En ce moment, les Etats-Unis ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie", a redit lundi après-midi la Maison Blanche, en insistant bien sur le fait que cela ne présageait pas de l'avenir.

En avril 2017, Donald Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).

Après Douma, le régime Assad a repoussé les accusations d'usage de "gaz toxiques". L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de sources, n'était pas en mesure de confirmer une attaque chimique.

Une vidéo postée par les Casques Blancs et présentée comme tournée après l'attaque présumée à Douma a montré un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d'enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s'échappant de leur bouche.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Le pouvoir d'Assad a toujours nié sa responsabilité dans les attaques chimiques qui lui ont été attribuées durant la guerre qui ravage le pays depuis 2011.

>> Lire aussi : Trump dénonce une "attaque chimique insensée" en Syrie

Grâce à l'appui militaire crucial de Moscou, le pouvoir de Bachar al-Assad a réussi à reprendre plus de la moitié du territoire syrien, au prix d'une guerre dévastatrice qui a fait plus de 350.000 morts en sept ans.

Fort de ce même soutien, le régime a finalement fait plier le dernier groupe rebelle à Douma, l'obligeant à commencer à évacuer la cité. Des semaines durant, en février et mars, l'enclave rebelle a été la cible de bombardements intenses qui ont tué plus de 1.700 civils, selon l'OSDH.

Avec AFP

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Le Rapport Mueller finalement livré au public

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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

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Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

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Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

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