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Trump dénonce une "attaque chimique insensée" en Syrie

Le président américain Donald Trump, Washington, 22 mars 2018.

Le président américain Donald Trump a dénoncé une "attaque chimique insensée" en Syrie et prévenu qu'il faudra en "payer le prix fort", pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran qui soutiennent "l'animal Assad".

"De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie", s'est alarmé M. Trump après l'attaque présumée du régime syrien sur la ville rebelle de Douma.

"La zone des atrocités est confinée et encerclée par l'armée syrienne, la rendant totalement inaccessible au reste du monde. Le président Poutine, la Russie et l'Iran sont responsables pour leur soutien à l'Animal Assad. Il faudra payer le prix fort", a-t-il poursuivi, sans dire clairement qui devra payer quel prix.

Le 7 avril 2017, Donald Trump avait ordonné une frappe sur une base aérienne syrienne où étaient stockées les armes chimiques --selon les Américains-- ayant servi à l'attaque contre la localité rebelle de Khan Cheikhoun trois jours plus tôt.

>> Lire aussi : Trump sonne le début de la fin mais sans date de retrait des troupes en Syrie

Il est nécessaire "d'ouvrir immédiatement la zone pour l'aide médicale et des vérifications", a aussi réclamé dimanche le dirigeant américain alors que le département d'Etat avait dénoncé l'attaque sur Douma un peu plus tôt.

Donald Trump a enfin reproché à son prédécesseur Barack Obama ne pas avoir mis à exécution en 2013 sa menace de frapper le régime de Bachar al-Assad en cas d'attaque chimique. Si cela avait été le cas "le désastre syrien serait terminé depuis longtemps ! L'animal Assad serait désormais histoire" ancienne, a-t-il assuré.

"Le régime d'Assad et ses soutiens doivent être tenus responsables, et toute nouvelle attaque doit être empêchée immédiatement", avait affirmé la porte-parole du Département d'Etat Heather Nauert dans un communiqué.

Le conseiller à la sécurité intérieure de Donald Trump, Tom Bossert, a lui déclaré dimanche sur la chaîne ABC qu'il n'écartait pas l'action militaire.

>> Lire aussi : Trump veut quitter la Syrie et promet une décision "très rapidement"

"C'est une de ces questions sur lesquelles toutes les nations, tous les peuples sont d'accord et le sont depuis la Seconde guerre mondiale, c'est une pratique inacceptable", a-t-il affirmé au sujet des attaques chimiques. "Je n'écarterais pas" l'action militaire, a-t-il poursuivi.

La sénatrice républicaine Susan Collins qui intervenait sur CNN, a elle estimé que "le président va devoir reconsidérer son plan de se retirer rapidement (de Syrie) au regard de ce qui s'est passé". M. Trump a en effet déclaré ces derniers jours qu'il souhaitait voir ses troupes quitter la Syrie, sans toutefois avancer de calendrier précis.

Samedi, les Casques Blancs, des secouristes en zones rebelles, un groupe insurgé ainsi que l'opposition en exil ont accusé le régime d'avoir mené une attaque chimique à Douma.

Dans un communiqué commun avec l'ONG médicale Syrian American Medical Society, les Casques Blancs ont affirmé que 48 personnes avaient péri dans cette attaque aux "gaz toxiques".

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (0SDH) a pour sa part fait état de dizaines de cas de suffocation, dont certains ont entraîné la mort à Douma, ultime poche rebelle aux portes de la capitale.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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