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Trump sonne le début de la fin mais sans date de retrait des troupes en Syrie

Le président Donald Trump à Washington, 3 avril 2018.

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le début de la fin de leur mission antijihadistes en Syrie, mais Donald Trump semble avoir cédé pour l'instant aux pressions de ses conseillers et de ses alliés, renonçant à fixer un calendrier de retrait rapide des troupes américaines.

"La mission militaire visant à éradiquer" le groupe Etat islamique (EI) "touche à sa fin", a déclaré la Maison Blanche. L'organisation jihadiste est "presque complètement détruite" mais les Etats-Unis et leurs partenaires restent déterminés "à éliminer la petite présence de l'EI en Syrie qui (...) n'a pas encore été éradiquée", a-t-elle ajouté, sans jamais évoquer un éventuel départ des GI's dans son communiqué.

Présentée par l'administration comme une "décision" prise mardi lors d'une réunion à la Maison Blanche en présence du président Trump, ce bref communiqué ne semble en fait pas bouleverser pour l'instant la stratégie américaine.

Mais une communication était devenue nécessaire depuis que Donald Trump avait semé le trouble en exprimant à plusieurs reprises ces derniers jours son souhait de retrait rapide des quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre l'EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes.

>> Lire aussi : Trump veut quitter la Syrie et promet une décision "très rapidement"

"Nous avons largement réussi face à l'EI", et "parfois, il est temps de rentrer à la maison. Et nous pensons à ça très sérieusement", avait-il lancé mardi. "Je veux ramener nos troupes à la maison", avait-il insisté, retrouvant, comme souvent ces derniers temps, les accents de sa campagne victorieuse sur le slogan "America First", "l'Amérique d'abord", pour dénoncer des investissements coûteux et peu fructueux au Moyen-Orient au détriment des priorités du contribuable américain.

Il avait promis de prendre sa décision en coordination notamment avec les alliés des Etats-Unis.

"Cessez-le-feu durable"

Des alliés qui ont été surpris par ses propos, selon des diplomates européens qui insistent sur le fait que le combat contre le groupe jihadiste n'est pas du tout terminé. Tout comme de nombreux membres de l'administration américaine, qui semblaient eux-mêmes en quête de réponses depuis la première déclaration présidentielle en faveur d'un départ rapide, le 29 mars.

Mardi, les responsables du dossier au sein de l'administration américaine avaient d'ailleurs publiquement plaidé pour une présence plus durable en Syrie tant que sa "stabilisation" n'est pas achevée.

Et lors d'une conversation téléphonique, Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont affiché mercredi leur détermination "à poursuivre leurs actions au sein de la coalition internationale" antijihadiste en Irak et en Syrie, afin de "combattre jusqu'au bout" l'EI, "prévenir toute résurgence" et "progresser vers une transition politique inclusive", selon un compte-rendu de l'Elysée.

>> Lire aussi : Trump veut "intensifier la coopération avec la Turquie" sur la Syrie

Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne se sont parallèlement engagés mercredi à faire "rendre des comptes" au régime du président syrien Bacar al-Assad pour l'attaque au gaz sarin contre la ville rebelle syrienne de Khan Cheikhoun qui avait fait au moins 83 morts il y a un an jour pour jour.

De nombreux observateurs américains avaient aussi mis en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime al-Assad, la Russie, grand rival des Etats-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump. Un tel départ nuirait aussi aux partenaires kurdes de Washington dans la lutte antijihadistes, au moment où la Turquie, pourtant autre allié des Américains, mène une offensive contre eux en les accusant de visées "terroristes".

Lors d'un sommet mercredi à Ankara, les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani, réunis par leur homologue turc Recep Tayyip Erdogan, se sont engagés de leur côté, et en l'absence des Occidentaux, à coopérer en vue de parvenir à un "cessez-le-feu durable" en Syrie.

En présentant la stratégie américaine pour la Syrie en janvier, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson avait semblé inscrire la présence américaine dans la durée en l'étendant à d'autres motifs, notamment la nécessité de contrer l'influence iranienne et d'aider à chasser Bachar al-Assad.

Mais il a depuis été limogé et Donald Trump semble déterminé à ce que les riches pays arabes prennent une plus grande part du fardeau syrien afin d'envisager un désengagement américain. "Nous attendons des pays de la région et au-delà, ainsi que des Nations unies, qu'ils travaillent en faveur de la paix et pour s'assurer que l'EI ne re-émerge jamais", a insisté la Maison Blanche..

Avec AFP

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Le Rapport Mueller finalement livré au public

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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

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Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

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Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

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