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Le laboratoire britannique sans preuve de la provenance du poison dans l'affaire Skripal

Le laboratoire de Porton Down dans le Wiltshire, en Grande-Bretagne, le 7 mars 2018

Le laboratoire britannique qui a analysé la substance utilisée contre un ex-espion russe en Angleterre a reconnu mardi ne pas avoir de preuve qu'elle provenait de Russie, la veille d'une réunion de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques réclamée par Moscou.

"Nous avons été capables d'identifier qu'il s'agissait du Novitchok, d'identifier que c'était un agent innervant de type militaire", a déclaré Gary Aitkenhead, chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down, mais "nous n'avons pas identifié sa source exacte".

Il a aussi relevé que la fabrication de la substance nécessitait "des méthodes extrêmement complexes, quelque chose seulement faisable par un acteur étatique", dans des déclarations à la chaine de télévision Sky.

Le gouvernement britannique, qui rend Moscou responsable de cette attaque, a rapidement répliqué en rappelant que les recherches menées à Porton Down ne constituaient "qu'une partie du renseignement" à sa disposition.

"Nous savons que la Russie a cherché, pendant la dernière décennie, des moyens de produire des agents neurotoxiques à des fins d'assassinat, et a produit et stocké de petites quantités de Novitchok", a affirmé un porte-parole de l'exécutif dans un communiqué.

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Il a également mentionné les "assassinats parrainés par l'État russe" et le fait que les anciens espions russes soient devenus "des cibles" du Kremlin, éléments qui ont conduit Londres à juger la Russie responsable.

Quelques jours après l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenu le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre), la cheffe du gouvernement britannique, Theresa May, avait mis en cause Moscou, estimant qu'il s'agissait de "la seule explication plausible".

Elle avait alors battu le rappel auprès de ses alliés et pris une série de sanctions contre la Russie, obtenant qu'ils en fassent de même.

Moscou dément ces accusations, qui ont entrainé la plus grave crise diplomatique est-ouest depuis la Guerre froide et conduit à l'expulsion de quelques 300 diplomates de part et d'autre.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insinué lundi que Londres pourrait être derrière l'empoisonnement, ayant "intérêt", en raison des difficiles négociations du Brexit, à détourner l'attention de ses électeurs et à affirmer sa puissance.

Réunion de l'OIAC

L'annonce du laboratoire de Porton Down survient alors que de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) doit se réunir mercredi à la Haye, à la demande de la Russie.

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Moscou souhaite "soulever les allégations de non-respect de la Convention par un État partie contre un autre État partie concernant l'incident de Salisbury".

"Cette initiative russe est une nouvelle tactique de diversion, destinée à saper le travail de l'OIAC" dans son enquête, a réagi le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'OIAC avait été sollicitée par Londres pour "vérifier l'analyse du gouvernement" britannique. Ses experts se sont rendus au Royaume-Uni pour obtenir des échantillons de la substance utilisée lors de l'empoisonnement, qui doivent être analysés dans des laboratoires internationaux indépendants.

Questions de Moscou

Moscou a également demandé au gouvernement français des explications sur son éventuelle coopération avec Londres dans l'examen de l'agent innervant.

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L'ambassade russe à Paris a envoyé une liste de dix questions au ministère français des Affaires étrangères pour établir, entre autres, "les raisons pour lesquelles la France a été invitée à la coopération technique dans l'enquête menée" par le Royaume-Uni.

Le Quai d'Orsay n'a pas confirmé ni infirmé cette coopération, indiquant seulement qu'il était "étroitement informé" de l'avancement de l'"enquête technique" britannique.

A Salisbury, Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont toujours hospitalisés. L'état de santé de cette dernière "s'améliore rapidement", elle "n'est plus dans un état critique", contrairement à son père, qui est dans un état "stable", selon l'hôpital.

Selon les enquêteurs, tous deux ont eu le premier contact avec l'agent innervant au domicile de Skripal, à qui sa fille, qui vit en Russie, rendait visite.

Ancien colonel du service de renseignement de l'armée russe (GRU), Skripal avait été accusé par Moscou de "haute trahison" pour avoir vendu des informations au renseignement britannique et condamné en 2006 à treize ans de prison. En 2010, il avait bénéficié d'un échange d'espions organisé entre Moscou, Londres et Washington, et s'était installé en Angleterre.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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