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L'ONU lance sa première mission humanitaire à Raqa depuis la défaite de Daesh

Des ruines d'immeubles à Raqa, en Syrie, le 21 octobre 2017

Les Nations Unies ont annoncé avoir conduit leur première mission humanitaire dans la ville de Raqa, ex-bastion du groupe Etat islamique en Syrie, et ont mis en avant les risques pour les civils qui voudraient y retourner.

La ville, dont les jihadistes ont été chassés en octobre, est parsemée d'engins explosifs, a déclaré à la presse Jan Egeland, le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU pour la Syrie.

"Les maisons sont remplies de bombes (et) de grenades. Des enfants sont encore mutilés et tués", a affirmé Jan Egeland, après avoir reçu le rapport de cette mission, effectuée tout récemment.

Quelque 100.000 personnes sont retournées à Raqa depuis que le groupe Etat islamique a été chassé de la ville par la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Selon Jan Egeland, une centaine de milliers d'autres personnes sont à proximité de la ville et voudraient y revenir.

Aux risques liés aux engins explosifs s'ajoute l'absence quasi-totale de services de base comme l'accès à l'eau, à l'électricité et aux soins médicaux.

"C'est incroyable d'avoir une ville d'environ 100.000 personnes et aucun service public", a dit le responsable onusien. "Il n'y a pas de vrai police, ni d'Etat de droit", a-t-il insisté.

La bataille contre l'EI à Raqa a été le théâtre de nombreux bombardements de l'aviation de la coalition qui ont laissé la ville en ruine.

>> Lire aussi : Trump sonne le début de la fin mais sans date de retrait des troupes en Syrie

Jan Egeland a estimé qu'au vu de l'étendue des destructions rapportée par les membres de la mission humanitaire, on pouvait se demander s'il était "nécessaire de totalement détruire Raqa pour la libérer".

Les missions de secours ont été assurées à Raqa par du personnel civil local, mais Jan Egeland a indiqué que l'ONU espérait débuter prochainement ses propres opérations humanitaires.

Avec AFP

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Washington sanctionnera tout pays qui continue à acheter du pétrole iranien

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Les Etats-Unis ont encore renforcé lundi leur campagne de "pression maximale" pour faire plier l'Iran, leur ennemi numéro un au Moyen-Orient, en mettant fin aux dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole iranien.

Le président Donald Trump entend ainsi "porter à zéro les exportations" de brut iranien et "priver le régime de sa principale source de revenus", a annoncé la Maison Blanche.

A partir du 2 mai, la Chine, l'Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Italie et la Grèce devront donc cesser tout achat. Cette mesure s'annonce particulièrement délicate pour l'Inde, allié stratégique des Etats-Unis et troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient d'Iran.

"Si vous ne respectez pas cela, il y aura des sanctions" américaines, a prévenu le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo. "Nous entendons appliquer ces sanctions", a-t-il martelé.

Après s'être retiré il y a près d'un an de l'accord international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, jugé trop laxiste par Donald Trump, Washington a rétabli en novembre de dures sanctions économiques contre la République islamique. Surtout, il a accompagné sa décision de la menace de mesures punitives également contre les pays qui continueraient malgré tout d'échanger avec l'Iran.

L'interdiction d'acheter du pétrole iranien était la principale de ces sanctions, qui se veulent "les plus fortes de l'histoire". Les Etats-Unis avaient toutefois à l'époque attribuée ces dérogations pour six mois, jugeant que le marché mondial ne pouvait supporter une trop brusque annulation des ventes de brut iranien.

- Ryad va "stabiliser" le marché -

"Les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, trois des plus grands producteurs d'énergie au monde, avec nos amis et alliés, s'engagent à faire en sorte que les marchés mondiaux du pétrole restent suffisamment approvisionnés", a affirmé lundi la Maison Blanche dans son communiqué.

Donald Trump a renchéri sur Twitter en promettant que Ryad et d'autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole feraient "plus que compenser" la baisse de l'offre.

Le gouvernement saoudien s'est aussitôt dit prêt à "stabiliser" le marché, dont les cours se sont inscrits en forte hausse dès que les informations sur la future fin des exemptions américaines ont circulé dans la presse.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, fidèle soutien de Donald Trump dans son combat contre Téhéran, a salué une décision "d'une importance capitale pour renforcer la pression sur le régime terroriste iranien".

Elle intervient deux semaines après une autre annonce symbolique : l'inscription des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste noire américaine des "organisations terroristes étrangères".

La campagne de "pression maximale" contre l'Iran vise selon Washington à mettre fin aux "activités déstabilisatrices" de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban via le mouvement chiite Hezbollah, au Yémen à travers les rebelles Houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar al-Assad.

En mai 2018, Mike Pompeo, qui assure vouloir changer "le comportement du régime iranien" et non le régime lui-même, avait énoncé douze conditions draconiennes pour un nouvel accord global aboutissant à une levée des sanctions.

Un an plus tard, aucune de ces conditions ne semble être respectée mais l'administration Trump estime que l'Iran commence à manquer de fonds pour soutenir certains de ses alliés, comme le Hezbollah libanais.

Iran: le guide suprême nomme un nouveau chef des Gardiens de la Révolution

Le général Hossein Salami, nouveau patron des gardiens de la révolution.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a nommé le général Hossein Salami chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, a rapporté dimanche le site internet de M. Khamenei.

M. Salami, 58 ans, était commandant en second des Gardiens de la Révolution depuis neuf ans et remplacera à la tête de cette force le général de division Mohammad Ali Jafari.

Cette nomination intervient moins de deux semaines après l'inscription par les Etats-Unis des Gardiens de la Révolution sur la liste des "organisations terroristes".

"Considérant vos capacités et votre expérience significative avec différentes responsabilités révolutionnaires (...) je vous promeus général de division et commandant en chef des Gardiens de la Révolution", a indiqué l'ayatollah Khamenei dans un communiqué.

M. Salami a combattu dans la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988) et a aussi dirigé l'aviation des Gardiens de la Révolution.

Sa nomination est motivée par la "nécessité de changement à la tête" des Gardiens de la révolution, demandé par M. Jafari lui-même, selon M. Khamenei.

En octobre, M. Salami avait estimé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait "s'entraîner à nager dans la mer Méditerranée" car il pourrait, selon lui, être forcé à s'enfuir de son pays, selon l'agence de presse Fars, proche des conservateurs iraniens.

"Ils (les Israéliens) ne constituent pas un niveau de menace élevé pour nous, le Hezbollah suffirait à les détruire", a-t-il déclaré. Alliés, le Hezbollah et l'Iran ont pour ennemi commun Israël.

Créés en 1979 peu après la Révolution islamique, les Gardiens de la Révolution comptent, selon l'Institut international pour les études stratégiques (IISS), environ 125.000 membres placés sous l'autorité directe du guide suprême.

A la différence de l'armée nationale, ils n'ont pas pour rôle premier d'assurer la protection de l'intégrité territoriale du pays: selon la Constitution, leur mission est "la sauvegarde de la Révolution et de ses acquis".

Avec AFP

Les câlins néonataux

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Dans les tribus d'Irak, mariages forcés et femmes "esclaves"

Jeune fille ayant échappé à un mariage forcé dans le Nord-Ouest du Pakistan.

Un jour, Mariam s'est enduite d'essence, a craqué une allumette et s'est immolée. La jeune Irakienne envisageait de se suicider depuis le jour où sa tribu l'avait mariée de force à son cousin, au nom d'une vieille coutume.

Après trois jours à l'hôpital, cette habitante de la province de Missane (sud) s'est finalement éteinte à 22 ans en septembre 2018, se souvient le cheikh Haydar Saadoun.

"Un camarade d'université issu d'une autre tribu avait demandé sa main", raconte ce dignitaire de la tribu des Bani Lam, à Amarah, à 350 kilomètres au sud de Bagdad.

"Les cousins (de Mariam) ont refusé", explique-t-il, "et fait valoir qu'ils avaient des droits sur elle à cause de la +nahwa+".

Cette coutume ancestrale autorise les hommes d'une tribu à refuser d'accorder la main d'une femme pour la forcer à épouser un membre de leur clan.

Depuis des décennies, le cheikh Haydar Saadoun voit des femmes souffrir de cette coutume. Pour aider Mariam, il a tenté en vain d'intercéder auprès de l'homme qui voulait l'épouser contre son gré.

- "Accepte ton sort" -

Ce dernier, "déjà marié, père plusieurs fois et sans diplôme, alors que Mariam allait à l'université", a balayé son plaidoyer. "Il m'a dit: +ça m'est égal, je l'épouserai et je lui ferai manger la poussière+", raconte le cheikh, keffieh sur la tête et costume trois-pièces sous sa cape traditionnelle.

Si un dignitaire de la tribu est intervenu, c'est parce que la famille de Mariam elle-même n'avait pas d'autre choix que de se soumettre à la loi tribale, inviolable sous peine de déshonneur ou de représailles parfois sanglantes.

Karima al-Taï, 50 ans, a vu de près les ravages de cette loi: sa cousine Sahar a vécu "vingt ans d'enfer" après avoir été offerte en "compensation" à une autre tribu, pour respecter une autre tradition, celle de la "fasliya".

Une "fasliya" est une femme "offerte" pour payer le prix du sang et lier deux clans afin d'empêcher de futurs affrontements.

"Il y a vingt ans, un conflit a éclaté entre ma tribu et une autre. Un homme de l'autre clan a été tué", raconte Mme Taï, militante des droits des femmes. Pour calmer les appels à la vengeance, la tribu de Mme Taï a dû offrir "cinq femmes vierges", dont Sahar.

Une fois dans la maison de son "époux", Sahar a subi brimades et insultes, raconte sa cousine. Et quand elle s'en plaignait, "ses parents répondaient: +tu es une fasliya, accepte ton sort+".

Le stigmate s'est transmis: les enfants de Sahar sont toujours appelés "les enfants de la fasliya", raconte Mme Taï.

- Les tribus font la loi -

En Irak, où origine et nom jouent un rôle important dans tous les domaines - emploi, mariage et même politique -, de nombreuses affaires sont réglées entre clans, loin des tribunaux.

Jusqu'à la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003, le droit l'emportait sur les tribus. Mais depuis, la situation a changé: la loi n'est pas toujours appliquée, du fait de la corruption, de passe-droits ou par peur des représailles, et ce sont souvent des conseils locaux et des représentants de familles qui organisent médiation et compensation.

Ces coutumes, prégnantes dans les zones rurales comme le sud - moins alphabétisé et dont les habitants se disent délaissés par les autorités centrales -, sont aussi respectées à Bagdad, assure le cheikh Adnane Khazali. Dignitaire du très peuplé quartier de Sadr City, il assure avoir entendu de telles sentences prononcées lors de conseils tribaux.

Combien de femmes sont victimes de ces traditions à travers le pays et combien tentent de mettre fin à leurs jours comme Mariam à cause d'elles? Dans l'Irak conservateur où le suicide est tabou, impossible de trouver des chiffres exacts.

A Missane, où selon l'Unicef plus d'un tiers des femmes sont mariées avant leur majorité, 14 femmes se sont suicidées depuis 2017. Et 184 autres ont tenté de le faire, de source officielle. Mais personne ne donne de détails sur les raisons de leur acte.

A Bassora (sud), une étude menée en 2017 auprès de 62 femmes ayant tenté de se suicider en s'immolant donne toutefois quelques indices: dans 80% des cas, ces femmes ont dit avoir agi après des différends familiaux, notamment au sujet de leur mariage.

- Loi "pas appliquée" -

En 2015, une tribu de Bassora avait "offert" cinquante "fasliya" à une autre, provoquant un vif émoi. Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak, a même appelé à abandonner cette pratique. Sans succès jusqu'à présent.

Pour Maytham al-Saadi, universitaire à Missane, c'est de "l'esclavage moderne" que les tribus utilisent aujourd'hui "pour n'importe quel prétexte, alors qu'avant seul le prix du sang était payé ainsi".

Ces pratiques vont à l'encontre de la loi: elles sont criminelles selon le code du statut personnel irakien de 1959. Epouser de force une femme en invoquant la "nahwa" par exemple est passible de "trois ans de prison pour un parent au premier degré et 10 ans pour un parent plus éloigné", rappelle M. Saadi.

Mais pour faire reculer de telles pratiques, estime la députée Intissar al-Joubouri, il faut plutôt miser sur l'éducation.

Promulguer de nouvelles lois prend en effet du temps et suscite de vifs débats, affirme l'élue, membre pendant plusieurs années de la commission parlementaire des droits des femmes.

Et surtout, dit-elle, les textes déjà en vigueur "ne sont pas appliqués car aucune femme ne porte plainte contre sa propre famille".

Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

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