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Deux soldats tués et six blessés dans l'explosion d'un cadavre piégé à Djibo

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Au Burkina Faso : plus d'un million de personnes ont besoin d'aide humanitaire

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Un médecin militaire tué par l'explosion d'un cadavre piégé

Des éléments des forces de sécurité burkinabè près du corps d'un djihadiste présumé, abattu à Ouagadougou, le 22 mai 2018.

Un médecin militaire burkinabè a été tué et deux policiers blessés jeudi dans l'explosion d'un cadavre piégé à Djibo, dans le nord du Burkina Faso, selon une source sécuritaire.

"Un officier militaire, médecin du groupement des forces de sécurisation du nord, a été tué jeudi matin lors d'une mission à Djibo", chef-lieu de la province du Soum, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire."Il est décédé dans l'explosion d'un corps (humain) piégé avec un engin explosif artisanal, qui avait été revêtu d'une tenue militaire et abandonné sur une route".

Alerté de la découverte du corps sans vie d'un homme, présenté comme un militaire, une équipe de policiers et de militaires avait été dépêchée sur les lieux pour un "constat et une identification" de la victime, a-t-il indiqué.

"C'est en voulant retourner le corps que l'explosion s'est produite, tuant sur le coup le médecin militaire et blessant deux autres membres de cette équipe ", a-t-il précisé.

"Les deux blessés, dont l'un dans un état grave, ont été reçus au centre médical de Djibo, où ils sont pris en charge", a confié une source médicale à Djibo.

Pays sahélien pauvre, le Burkina Faso fait face depuis plusieurs mois à une explosion des violences attribuées à des groupes djihadistes, que les forces de l'ordre semblent impuissantes à enrayer, bien qu'elles assurent régulièrement procéder à des opérations contre ces groupes.

Les groupes djihadistes utilisent depuis l'an dernier des engins explosifs artisanaux, placés notamment au bord des routes (technique de guérilla courante en Irak ou au Mali) mais c'est vraisemblablement la première fois au Burkina qu'un corps humain est piégé.

Trois attaques ont été perpétrées la semaine dernière, dont une ayant tué cinq gendarmes le jour même où le président burkinabè recevait ses homologues du G5 Sahel pour un sommet consacré à la lutte antiterroriste.

Attribuées principalement aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), les attaques ont fait depuis 2015 plus de 300 morts, selon un comptage de l'AFP, voire plus de 500 selon d'autres sources.

Avec AFP

Plus d'un million de personnes ont besoin d'aide humanitaire

Des filles transportent de l'eau sur leurs vélos vers le village de Nedogo, près de Ouagadougou, au Burkina Faso, le 16 février 2018.

Plus d'un million de personnes ont besoin d'assistance humanitaire au Burkina Faso, un pays confronté aux attaques jihadistes et qui a lancé un plan d'urgence visant à mobiliser 100 millions de dollars, a annoncé jeudi le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha).

"1,2 million de personnes ont urgemment besoin d'assistance" au Burkina Faso qui "fait face à des urgences humanitaires sans précédent du fait de la persistante de l'insécurité dans les régions du Centre-Nord, de l’Est et du Nord", selon un communiqué conjoint d'Ocha et du gouvernement burkinabè.

"Nous devons agir maintenant et travailler ensemble pour empêcher cette crise de devenir incontrôlable", a déclaré la coordinatrice résidente des Nations unies au Burkina Faso, Metsi Makhetha, soulignant que "les besoins humanitaires ont connu une forte augmentation au cours de la dernière année".

"Nous devons intensifier rapidement nos efforts pour sauver des vies et alléger les souffrances des femmes, des enfants et des hommes confrontés à des difficultés extrême à la suite des déplacements forcés", a-t-elle insisté.

Le gouvernement et la communauté humanitaire ont lancé un "plan d'urgence visant à mobiliser 100 millions de dollars pour fournir de la nourriture, de l'eau, des abris, des soins de santé et de la protection à 900 000 personnes les plus touchées par la crise".

"Notre combat commun est de garantir aux populations affectées, la dignité et la protection", a estimé la ministre burkinabè chargée de l'action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo.

Elle a lancé un "appel pressant" à tous les partenaires à accompagner la mise en œuvre du plan d'urgence qui vise à "assister les personnes les plus touchées par l'insécurité, y compris dans les communautés hôte accueillant des personnes déplacées, et les familles extrêmement vulnérables aux prises avec l'insécurité alimentaire et la malnutrition".

Cette année, "environ 676.000 personnes se trouveront en insécurité alimentaire et 130.000 enfants sont menacés par la malnutrition aiguë sévère", selon des chiffres de l'Ocha. L’insécurité croissante a déjà forcé 83.000 personnes à fuir leur maison à la suite des attaques et des affrontements violents.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. D’abord concentrées dans le Nord, elles se sont ensuite étendues à d’autres régions dont celle de l’Est, frontalière du Togo et du Bénin.

Les attaques attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont fait plus de 300 morts, selon un comptage de l'AFP, voire plus de 500, selon d'autres sourcess, depuis 2015. Elles ont provoqué la fermeture de plus de 1.000 écoles, privant 150.000 enfants d'éducation.

Environ 120.000 personnes n'ont pas accès aux soins médicaux car les centres de santé dans les régions touchées par la violence ont fermé ou réduit leurs services.

Commémoration de la journée des légumineuses

Le Premier ministre du Burkina Faso devant le stand d'une productrice dans la commune de Meguet, le 11 février 2019. (VOA/Issa Napon)

Comment revaloriser la filière des légumineuses et amener les ménages ruraux à en tirer pleinement profit? La question était au centre de la commémoration en différé de la journée des légumineuses au Burkina Faso.

Cette journée était l’occasion pour les coopératives de production et de transformation d’appeler l’Etat à soutenir une filière souffrant du manque de moyens de production et de transformation.

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Constituées de femmes pour la plupart, les associations de production et de transformation des fruits et légumes se sont réunies dans la petite commune de Meguet, en province du Ganzourgou, pour leur journée.

Devant les autorités, les productrices ont égrené un chapelet des difficultés qui minent leur travail. Beaucoup de produits sont transformables si les moyens techniques suivaient, a expliqué Aguira Sawadogo, présidente de la coopérative Segré Nomma des transformatrices du Kourweogo.

"Nous, on transforme les produits forestiers non ligneux, à savoir le beurre de karité, l’huile de balanite, et les différents biscuits. Il y a les biscuits à base de farine de néré, des biscuits à base de feuilles de moringa, le zamne, le soumbala et le tamarin. Nous faisons le jus de tamarin, que nous transformons en sirop. C’est une petite unité de transformation. On a le matériel, mais ce n’est pas complet. Nous travaillons à en acquérir d’autres. Le matériel que nous utilisons n’est pas adéquat, donc ça cause beaucoup de problèmes dans la transformation", a déclaré Mme Sawadogo.

Ce souci lié aux efforts manuels pénibles en vue de fournir des produits de bonne qualité se pose aussi dans la commune de Po, d’où vient la transformatrice Alira Alimata de l’association Wematou.

"Les produits que j’ai présentés, c’est soumbala de soja, savon de soja, gâteau de soja, et puis toflè de soja. Il y a le marché, mais il n'y a pas de matériel et nous travaillons à la main", a fait savoir la présidente de l'association Wematou, ajoutant: "Il y a des séchoirs, mais nous, on a étalé comme ça sur les tables. Il y a des difficultés, et on n’a pas encore construit la maison de l’association."

Ces difficultés ont été portées par le président de la chambre régionale d’agriculture, Moussa Koné. Ce dernier juge important de renforcer certains domaines de la filière en raison de sa contribution à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des communautés.

"Malgré les efforts multiples et multiformes en faveur du secteur agricole, des contraintes demeurent. Parmi ces contraintes, nous pouvons noter, entre autres, la faible capacité organisationnelle et du fonctionnement des structures de la filière, l’accès difficile aux intrants et équipements de production, le cout élevé des technologies innovantes d’irrigation telles que l’irrigation au goutte à goutte, le faible accès aux technologies post-récolte des légumineuses, le manque d’infrastructures de stockage et de transformation et enfin l’absence de financements adaptés", a expliqué le président de la chambre régionale d’agriculture.

Le manque de formation est aussi revenu sur la table. Safiatou Dadjoari, présidente du groupement Zamma Lafia a dû apprendre de ses erreurs, se souvient-t-elle.

"On a amené biscuits de poids de terre, de soja, de mung been, arachides au moringa, grumeaux de niébé, couscous de niébé et dèguè de niébé. A mon niveau, je n’ai pas eu la chance d’être formée, mais je suis formatrice,et j’ai une expérience de 20 ans. Le produit que je viens de vous présenter, le soja mung been poids de terre, c’est un nouveau produit que je viens de découvrir. D'abord, j'ai essayé, et ça a bien donné. Mais au début, la première fois, j’ai eu des difficultés, et c’est la deuxième fois que j’ai pu réussir", a dit Mme Dadjoari.

Venu soutenir la filière, le Premier ministre Christophe Dabiré s’est voulu rassurant sur la volonté du gouvernement burkinabè d’apporter son concours pour accélérer la professionnalisation du secteur.

"C’est d’abord une journée pour magnifier l’ensemble des producteurs et particulièrement les femmes. Vous avez vu que les stands sont tenus par des femmes. Ça veut dire que les femmes dans notre pays sont au centre de la production des légumineuses, et il est important pour le gouvernement de les accompagner, parce que les femmes font partie des groupes les plus vulnérables de notre pays. Qu’on les accompagne pour qu’elles puissent améliorer leurs revenus et subvenir au besoin de leurs famille. Je crois qu’un des gros problèmes dans ce pays, c’est la spécialisation", a dit le Premier ministre.

M. Dabiré a suggéré d'amorcer la réflexion sur la question. Il s'agira, a-t-il dit, de voir "comment faire pour que le processus de spécialisation puisse s’engager avec le ministère du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat et le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles. Qu'ils se mettent autour d’une table pour faire en sorte que l'on accompagne les producteurs pour qu’ils puissent produire mieux et beaucoup, et mettre cela sur le marché afin que d’autres récupèrent cette production-là, pour la transformer."

Selon le Premier ministre Dabiré, la transformation structurelle de l'économie burkinabè "passe nécessairement par l’industrialisation, la création de PME et la transformation artisanale".

Avec plus de 18 000 espèces, les légumineuses les plus connues et produites au Burkina Faso sont, entre autres, le niébé, le poids de terre, l’arachide et le soja. Elles sont cultivées pour leurs qualités nutritionnelles et contribuent à améliorer l’état de santé notamment des femmes enceintes, des personnes âgées et des enfants.

Pratiquée par près de 70 % des ménages agricoles et ruraux, la culture des légumineuses génère près de 4 milliards de FCFA de revenus par an selon les chiffres officiels.

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