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Burkina-Faso

Commémoration de la journée des légumineuses

Le Premier ministre du Burkina Faso devant le stand d'une productrice dans la commune de Meguet, le 11 février 2019. (VOA/Issa Napon)

Comment revaloriser la filière des légumineuses et amener les ménages ruraux à en tirer pleinement profit? La question était au centre de la commémoration en différé de la journée des légumineuses au Burkina Faso.

Cette journée était l’occasion pour les coopératives de production et de transformation d’appeler l’Etat à soutenir une filière souffrant du manque de moyens de production et de transformation.

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Constituées de femmes pour la plupart, les associations de production et de transformation des fruits et légumes se sont réunies dans la petite commune de Meguet, en province du Ganzourgou, pour leur journée.

Devant les autorités, les productrices ont égrené un chapelet des difficultés qui minent leur travail. Beaucoup de produits sont transformables si les moyens techniques suivaient, a expliqué Aguira Sawadogo, présidente de la coopérative Segré Nomma des transformatrices du Kourweogo.

"Nous, on transforme les produits forestiers non ligneux, à savoir le beurre de karité, l’huile de balanite, et les différents biscuits. Il y a les biscuits à base de farine de néré, des biscuits à base de feuilles de moringa, le zamne, le soumbala et le tamarin. Nous faisons le jus de tamarin, que nous transformons en sirop. C’est une petite unité de transformation. On a le matériel, mais ce n’est pas complet. Nous travaillons à en acquérir d’autres. Le matériel que nous utilisons n’est pas adéquat, donc ça cause beaucoup de problèmes dans la transformation", a déclaré Mme Sawadogo.

Ce souci lié aux efforts manuels pénibles en vue de fournir des produits de bonne qualité se pose aussi dans la commune de Po, d’où vient la transformatrice Alira Alimata de l’association Wematou.

"Les produits que j’ai présentés, c’est soumbala de soja, savon de soja, gâteau de soja, et puis toflè de soja. Il y a le marché, mais il n'y a pas de matériel et nous travaillons à la main", a fait savoir la présidente de l'association Wematou, ajoutant: "Il y a des séchoirs, mais nous, on a étalé comme ça sur les tables. Il y a des difficultés, et on n’a pas encore construit la maison de l’association."

Ces difficultés ont été portées par le président de la chambre régionale d’agriculture, Moussa Koné. Ce dernier juge important de renforcer certains domaines de la filière en raison de sa contribution à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des communautés.

"Malgré les efforts multiples et multiformes en faveur du secteur agricole, des contraintes demeurent. Parmi ces contraintes, nous pouvons noter, entre autres, la faible capacité organisationnelle et du fonctionnement des structures de la filière, l’accès difficile aux intrants et équipements de production, le cout élevé des technologies innovantes d’irrigation telles que l’irrigation au goutte à goutte, le faible accès aux technologies post-récolte des légumineuses, le manque d’infrastructures de stockage et de transformation et enfin l’absence de financements adaptés", a expliqué le président de la chambre régionale d’agriculture.

Le manque de formation est aussi revenu sur la table. Safiatou Dadjoari, présidente du groupement Zamma Lafia a dû apprendre de ses erreurs, se souvient-t-elle.

"On a amené biscuits de poids de terre, de soja, de mung been, arachides au moringa, grumeaux de niébé, couscous de niébé et dèguè de niébé. A mon niveau, je n’ai pas eu la chance d’être formée, mais je suis formatrice,et j’ai une expérience de 20 ans. Le produit que je viens de vous présenter, le soja mung been poids de terre, c’est un nouveau produit que je viens de découvrir. D'abord, j'ai essayé, et ça a bien donné. Mais au début, la première fois, j’ai eu des difficultés, et c’est la deuxième fois que j’ai pu réussir", a dit Mme Dadjoari.

Venu soutenir la filière, le Premier ministre Christophe Dabiré s’est voulu rassurant sur la volonté du gouvernement burkinabè d’apporter son concours pour accélérer la professionnalisation du secteur.

"C’est d’abord une journée pour magnifier l’ensemble des producteurs et particulièrement les femmes. Vous avez vu que les stands sont tenus par des femmes. Ça veut dire que les femmes dans notre pays sont au centre de la production des légumineuses, et il est important pour le gouvernement de les accompagner, parce que les femmes font partie des groupes les plus vulnérables de notre pays. Qu’on les accompagne pour qu’elles puissent améliorer leurs revenus et subvenir au besoin de leurs famille. Je crois qu’un des gros problèmes dans ce pays, c’est la spécialisation", a dit le Premier ministre.

M. Dabiré a suggéré d'amorcer la réflexion sur la question. Il s'agira, a-t-il dit, de voir "comment faire pour que le processus de spécialisation puisse s’engager avec le ministère du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat et le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles. Qu'ils se mettent autour d’une table pour faire en sorte que l'on accompagne les producteurs pour qu’ils puissent produire mieux et beaucoup, et mettre cela sur le marché afin que d’autres récupèrent cette production-là, pour la transformer."

Selon le Premier ministre Dabiré, la transformation structurelle de l'économie burkinabè "passe nécessairement par l’industrialisation, la création de PME et la transformation artisanale".

Avec plus de 18 000 espèces, les légumineuses les plus connues et produites au Burkina Faso sont, entre autres, le niébé, le poids de terre, l’arachide et le soja. Elles sont cultivées pour leurs qualités nutritionnelles et contribuent à améliorer l’état de santé notamment des femmes enceintes, des personnes âgées et des enfants.

Pratiquée par près de 70 % des ménages agricoles et ruraux, la culture des légumineuses génère près de 4 milliards de FCFA de revenus par an selon les chiffres officiels.

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L’opposition dénonce un "ethnicisme violent", après des massacres de communautés

Des campements Peulh détruits par les Koglweogo dans le Centre-Nord du Burkina, 3 janvier 2019.

L'opposition politique au Burkina Faso a dénoncé jeudi un "ethnicisme" qui prend une "tournure violente" après une série de massacres de communautés du nord du pays en proie à des attaques djihadistes.

"Des nouvelles plus qu'alarmantes nous parviennent d'Arbinda (commune rurale située au Nord) et font état de ce que des citoyens sont ciblés et assassinés sur la base de leur appartenance ethnique", s'est inquiété le chef de file de l'opposition Zéphyrin Diabré, lors d'une conférence de presse.

"C'est grave quand on arrête des cars, on vérifie les identités (des passagers) et on exécute ceux qui sont apparentés à des foulsés (communauté proche des mossi, l'ethnie majoritaire au Burkina)", a-t-il dénoncé.

Mardi, quatre passagers voyageant dans un car reliant Dori à Arbinda, ont été tués par des individus armés qui pourraient être des djihadistes. "Les quatre personnes abattues sont membres de la même communauté ethnique" foulsé, a indiqué une autorité locale à l'AFP.

Début avril, 62 personnes ont été tuées lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements inter communautaires dans la même commune d'Arbinda, frontalière du Mali.

Début janvier, 49 personnes selon les autorités, plus de 70 selon des organisations de la société civile ont été tuées à Yirgou (nord), lors d'une expédition punitive contre la communauté peule après l'assassinat par des djihadistes du chef du village et de six autres personnes.

"Cela fait 125 jours que les filles et fils de ce pays ont été lâchement assassinés tout simplement parce qu'ils ont eu le tort d'appartenir à une ethnie, que des gens malsains se sont permis de détester", a déploré M. Zéphyrin Diabré.

"Yirgou est la preuve que l'ethnicisme qui était jusque-là latent dans notre pays, a pris une autre tournure violente, a-t-il estimé, appelant à " le combattre et l'éradiquer avec la dernière énergie".

Au Burkina Faso, tout comme au Mali, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre Peuls, traditionnellement éleveurs, souvent nomades et musulmans, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, et autochtones agriculteurs.

Certains membres de la communauté peule ont rejoint des groupes djihadistes. Il n'est pas rare que des populations fassent l'amalgame entre Peuls et djihadistes et lancent des représailles sanglantes sur fond de conflits inter communautaires.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

D'abord concentrées dans le nord du pays avant de toucher d'autres régions, ces attaques ont fait depuis 2015 plus de 320 morts, selon un comptage de l'AFP.

Quatre personnes tuées dans une attaque dans le Nord

L'officier de police burkinabé monte la garde devant une porte lors de la dernière étape du Tour du Faso 2018, à Ouagadougou, le 4 novembre 2018.

Quatre passagers voyageant dans un car reliant Dori à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, ont été tués mardi par des individus armés qui pourraient être des djihadistes, a-t-on appris mercredi de sources locales.

"Un car d'une compagnie de transport en commun a été intercepté dans le village de Liki (10 km au nord d'Arbinda) mardi vers 13h00 par un groupe d'individus armés qui a abattu quatre passagers, après avoir procédé à un +contrôle d'identité+", a expliqué une autorité locale jointe à Arbinda.

"Les quatre personnes abattues sont membres de la même communauté ethnique" foulfé, a indiqué la même source à l'AFP, précisant que les autres occupants, peuls, du bus ont été relâchés.

"Il s'agit vraisemblablement de membres de groupes armés terroristes qui écument la région", a estimé la même source, précisant que la "assaillants ont opéré à bord de motocyclettes".

Arbinda est une commune de la province du Soum et de la région du Sahel au Burkina Faso.

Débuté avril, soixante-deux personnes ont été tuées lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements intercommunautaires dans cette commune, frontalière du Mali.

Au Burkina Faso, tout comme au Mali, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre Peuls, traditionnellement éleveurs, souvent nomades et musulmans, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, et autochtones agriculteurs.

Certains membres de la communauté peule ont rejoint des groupes djihadistes. Il n'est pas rare que des populations fassent l'amalgame entre Peuls et djihadistes et lancent des représailles sanglantes sur fond de conflits intercommunautaires.

Samedi dernier, deux camions citernes ayant quitté Ouagadougou pour ravitailler la commune d'Arbinda en hydrocarbures ont été interceptés par des individus armés vers Gorgadji et conduits en direction de la frontalière malienne, selon des sources sécuritaires et locales.

Les chauffeurs des camions ont été retrouvés sains et saufs lundi dernier.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

D'abord concentrées dans le nord du pays, qui ont ensuite visé la capitale et d'autres régions, notamment l'Est, ces attaques ont fait depuis 2015 plus de 320 morts, selon un comptage de l'AFP.

Les forces de l'ordre burkinabè ont le plus grand mal à enrayer la spirale des violences, bien qu'elles assurent régulièrement procéder à des opérations contre les groupes djihadistes.

Grève des avocats burkinabè pour 96 heures

Le bâtonnier, maître Paulin Salembere, à Ouagadougou, Burkina Faso, le 24 avril 2019. (VOA/Issa Napon)

Les avocats burkinabè ont suspendu mardi pour 96 heures, toute participation aux audiences judiciaires sur l’ensemble du territoire national pour protester contre ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements sérieux de l’appareil judiciaire.

Une semaine sans participation à aucune audience judiciaire sur toute l’étendue du territoire national. C’est l’une des décisions prises par l’ordre des avocats pour tirer la sonnette d’alarme vis-à-vis de ce qu’il considère comme un grave dysfonctionnement de la justice au Burkina.

Pour Maitre Paulin Salembéré, bâtonnier de l’ordre des avocats du Burkina, "depuis le mois d’octobre, nous avons constaté un dysfonctionnement notamment en ce qui concerne les activités en matière correctionnelle".

Les avocats entament mardi une grève de 96 heures
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"Les personnes qui sont en détention ne sont plus jugées depuis le mois d’octobre. Celles qui sont en détention et dont les dossiers sont en instruction ne peuvent être entendus. Les personnes placées en détention, le temps de recevoir jugement également pour des délits mineurs sont toujours détenus 6 mois, 7 mois sans pouvoir être entendus", explique-t-il.

"Nous estimons que tout cela constitue une atteinte grave des libertés", souligne-t-il.

A l'origine de ces dysfonctionnements, la grève menée par les gardes de sécurité pénitentiaire. Cette grève paralyse le système judiciaire, empêche notamment de transférer les détenus après les gardes-à-vue. Elle empêche aussi les inculpés d’être jugés.

Egalement depuis, les familles ne peuvent plus rendre visite à leurs proches en prison. Une situation qui commence à lasser les Burkinabè. "Les auxiliaires de justice doivent mettre de l’ordre dans leur vin, s’assoir discuter, écouter, et comme eux ils sont habilités à écouter d’abord et trancher", dit un observateur anonyme.

Ce mouvement des avocats, selon le bâtonnier Paulin Salembéré, est mené dans l’intérêt des justiciables.

"Que les gens se rassurent, ce n’est pas relativement au manque à gagner d’honoraires d’avocats, parce que cela ne constitue pas la source première des revenus des avocats ; il y a des aspects qui relèvent du commercial et du civil ; si nous avons accepté de sursoir à ces audiences, nous ne le faisons pas pour les avocats nous le faisons pour le justiciable".

Cette suspension de travail des avocats va s’achever lundi avec une marche et la remise d’un mémorandum aux autorités sur la situation.

Les avocats entament mardi une grève de 96 heures

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Le Burkina Faso veut labelliser son pagne national

Des tenues hommes en Faso Danfani, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le Burkina Faso veut labelliser son pagne national, le Faso Danfani, tissé avec des fils de coton, l’une des richesses agricoles du pays. C'est un grand pas dans la protection de ce pagne emblématique du Burkina Faso.

Face à la contrefaçon et au risque d’appropriation de ce pagne par d’autres pays, les autorités burkinabè ont décidé de protéger des centaines de motifs du pagne popularisé par le leader de la révolution burkinabè Thomas Sankara.

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Suite à la rumeur selon laquelle une société asiatique aurait acquis les droits de reproduction du Faso Danfani, le CNPI, le Centre national de la propriété industrielle, a du s'exprimer :

"Nous pouvons rassurer les populations que le Faso Danfani n’a pas fait l’objet d’appropriation", souligne Mahamadi Tassembedo, directeur-général du CNPI.

"Le ministère a un processus de labélisation qui suit son cours et qui va se parachever non seulement par la protection du Faso Danfani mais également la protection des motifs du Faso Danfani tant au niveau de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) que dans d’autres pays où il y a le risque de copie, d’imitation ou reproduction de ces motifs de Faso Danfani en tissus industriels".

Moustapha Tiendrebeogo, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Moustapha Tiendrebeogo, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Sur le marché, du Faso Danfani contrefait est en vente. Moustapha Tiendrebeogo, vendeur de Faso Danfani, explique que "le Faso Danfani se distingue de ces pagnes venus de l’extérieur par le tissage".

"Ceux-là importés, c’est du tissu et le Faso Danfani c’est du fil. C’est un travail à la main et un travail à la machine, ce n’est pas la même chose. De loin on ne peut pas se rendre compte que ces tissus ne sont pas du Faso Danfani, c’est à l’approche qu’on se rend compte. C’est donc trompeur".

Le ministère en charge de l’Artisanat offre régulièrement du matériel aux nombreuses associations de tisseuses.

Célestin Zoungrana, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Célestin Zoungrana, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Célestin Zoungrana, directeur de la coordination et de la promotion à la direction générale au ministère en charge de l’Artisanat, souligne que le gouvernement souhaite "doter les associations du Burkina pour leur permettre de transformer notre coton, d'avoir des ressources financières pour s’occuper de leurs familles et de créer de l’emploi également".

"Le pagne tissé c’est le coton burkinabè, ce sont des artisans du Burkina Faso... Même les métiers à tisser sont faits par nos artisans, nos soudeurs. Tout cela, ça contribue à faire vivre la chaîne des valeurs dans le domaine du tissage. Depuis le paysan jusqu’au consommateur final, c’est la culture burkinabè qui est mise en exergue".

Germaine Compaoré est présidente d’une association de tisseuses de plus de 500 membres depuis une dizaine d’années. Selon elle, les tisseuses vivent de leur travail et la labellisation de ce pagne viendra soulager ces femmes : "Beaucoup de nos membres, c’est avec le travail qu’elles font, qu’elles arrivent à payer la scolarité de leurs enfants. Les femmes jouent un grand rôle dans les ménages. Acheter un Faso Danfani, c’est accompagner une famille quelque part."

Pour elle, la labellisation est "un grand pas" qui va "sauvegarder notre patrimoine, le Faso Danfani".

Le gouvernement dit essayer de stimuler le port du Faso Danfani. En 2017, un arrêté du Premier ministre encourageait les fonctionnaires à porter le Faso Danfani.

Le processus de labellisation de ce pagne sera parachevé d’ici fin mai avec le dévoilement du logo du Label Faso Danfani le 30 avril prochain, selon le gouvernement burkinabè.

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