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Zone Franc : le blanchiment d'argent et le financement des jihadistes au coeur d'une réunion à Niamey

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, à Berlin, Allemagne, le 19 février 2019.

La lutte contre le blanchiment d'argent et le financement des groupes jihadistes qui sévissent dans plusieurs pays de la zone franc ont été un des points centraux de la réunion des ministres des Finances de la zone jeudi à Niamey.

"Le terrorisme est un frein au développement, nous voulons le combattre tous ensemble avec la plus grande fermeté. Pas de développement économique sans sécurité, la sécurité est une priorité absolue: combattre Boko Haram comme nous avons combattu Daech est pour la France une priorité absolue", a souligné le ministre de l'Economie et des Finances français Bruno Le Maire.

Plusieurs pays de la zone (Niger, Burkina Faso, Mali, Cameroun, Tchad...) sont victimes d'attaques récurrentes de groupes jihadistes tandis que leurs économies sont plombées depuis 2014 par "la chute" des cours des matières premières, a souligné un expert à l'AFP.

"La réunion a fait le point des dispositifs" de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a expliqué Ismaël N'Diaye, conseiller spécial du gouverneur de la BCEAO (Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest). "Sur un certain nombre d'actions qui doivent être mises en oeuvre d'ici 2020, on a à peu près un niveau moyen de mise en oeuvre de 20% après six mois" d'exécution, a-t-il indiqué.

Sur le plan économique pur, M. Le Maire a estimé que "nous avons aujourd'hui dans la zone franc des Etats qui ont renoué avec la croissance, en particulier les Etats de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) qui ont une croissance de 6%. Deux Etats parmi eux ont un niveau de développement (parmi) les plus élevés de la planète, à savoir le Sénégal et la Côte d'Ivoire".

Il aussi "salué les succès" des pays de la zone "pour rétablir les finances publiques" et "réduire la dette, ça avance dans la bonne direction", a-t-il dit.

Mamadou Diop, le nouveau ministre nigérien des Finances, s'est félicité que "pour toute la zone, des progrès (soient) enregistrés en matière de croissance économique, même si au niveau de la convergence il y a encore quelques efforts à faire".

Dans "la zone UEMOA, la croissance a été de 6% en 2018 et nous attendons une croissance de 7% en 2019. Dans la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), après deux années de récession où la une croissance était négative, on a enregistré une première année de croissance positive de 1,8% (2018) et pour 2019 on escompte une croissance encore plus forte", a-t-il dit.

Le Premier ministre nigérien Brigi Rafini avait à l'ouverture de la séance "encouragé" les pays de la zone à "moderniser leurs finances publiques" pour améliorer les recettes afin de "financer les politiques de développement économique et social tout en sauvegardant leur stabilité".

Il avait salué "la bonne marche de la coopération monétaire" de la zone "qui demeure un facteur de stabilité et de bonne gestion macroéconomique", alors que le franc CFA est régulièrement la cible de critiques politiques.

La zone franc est un espace économique et monétaire d'Afrique subsaharienne qui comprend 14 pays: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, Tchad.

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Les arbres Gao à la ressources des forêts

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Manifestation de réfugiés soudanais devant le HCR à Agadez

Les migrants expulsés d'Algérie se plaignent des conditions dans le camp de transit à Agadez, au Niger, le 9 décembre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Une centaine de demandeurs d'asile soudanais d'un camp de l'ONU ont manifesté jeudi à Agadez (nord du Niger) pour exiger l'accélération de leur dossier de demande de statut de réfugiés et leur acheminement vers l'Europe.

"Une centaine de demandeurs d'asile soudanais ont marché de leur camp (situé à 10 km du centre-ville) jusqu'au bureau du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR)", a dit à l'AFP un résident d'Agadez.

"Ce sont des enfants mineurs qui ont appris que certains enfants (réfugiés érythréens, somaliens) acheminés de Libye ont commencé à être réinstallés (notamment) en Europe", a déclaré à l'AFP un responsable onusien. Dans la foulée, les manifestants ont réclamé "plus de nourriture et du savon".

La représentante du HCR au Niger en mission à Agadez en compagnie de responsables de l'ONG Caritas internationale "a pu calmer la situation à l'issue d'une réunion" avec les manifestants "plus adultes", a assuré ce responsable.

En mars 2019, les autorités d'Agadez avaient mis en garde ces demandeurs d'asile qui avaient violemment manifesté dans leur camp en insultant et jetant des pierres sur une équipe locale du HCR.

"Le Niger n'acceptera d'aucune manière qu'on lui mette la pression", avait prévenu Sadou Soloké, le gouverneur d'Agadez qui s'était rendu dans le camp où vivent quelque 1.400 Soudanais ayant fui depuis 2017 l'insécurité et l'esclavage en Libye.

Mi-décembre 2018, des Soudanais évacués de Libye avaient manifesté pendant plusieurs jours devant le HCR à Niamey pour exiger une accélération de leur installation dans des pays d'accueil, notamment en Europe.

Des centaines de réfugiés, en particulier des Ethiopiens et des Erythréens vivant à Niamey, ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande et d'autres attendent un pays d'accueil.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait promis que le Niger continuerait à accueillir des demandeurs d'asile mais avait souhaité qu'ils "ne restent pas longtemps" dans son pays.

Trois chefs traditionnels et quatre responsables touareg tués depuis fin avril

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Sept responsables touareg tués par l'Etat islamique depuis avril

Des balles ont visé un véhicule de l'armée nigérienne, à la prison de Koutoukalé, lors d'une attaque terroriste, au Niger, le 17 octobre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Trois chefs traditionnels et quatre responsables touareg ont été tués depuis fin avril par le groupe de l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dans le sud-ouest du Niger, près de la frontière malienne, une région où les jihadistes cherchent à s'imposer, ont déclaré mardi des responsables.

"Almoubacher Ag Alamjadi, chef de tribu touareg d'Inates, a été tué lundi par des éléments de l'organisation EIGS", a dit à l'AFP une source sécuritaire nigérienne.

Ex-soldat de la Garde nationale (GN), Almoubacher Ag Alamjadi avait récemment succédé à son père Arrisal Amdagh qui avait été abattu fin avril à son domicile, également à Inates, par des jihadistes.

Le ministre de la Défense Kalla Moutari a confirmé la mort des deux hommes à l'AFP mardi.

Quatre autres membres de cette chefferie d'Inates qui se rendaient aux funérailles d'Arrisal Amdagh ont aussi été tués dans l'explosion de leur véhicule sur une mine, avaient annoncé mi-juin leur proches.

Dix-huit soldats nigériens avaient été tués lors de l'attaque du camp militaire d'Inates le 1er juillet. C'est dans cette même zone que 18 combattants de l'EIGS avaient été tués lors d'une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines menée du 8 au 18 juin.

Enfin, en juin, un autre chef traditionnel de la commune de Bankilaré (ouest) avait, lui, été retrouvé mort à la frontière malienne après avoir été kidnappé par "des hommes armés", selon une source locale.

"La stratégie de l'EIGS est d'en finir avec la chefferie traditionnelle (très influence au Niger) dans les zones frontalières. C'est une façon de vider la zone de la présence effective de l'Etat à travers cette représentation pour s'installer et imposer la loi", a confié mardi à l'AFP une autre source sécuritaire.

Selon plusieurs experts, les groupes jihadistes cherchent aussi régulièrement à exacerber les tensions ethniques et conflits intercommunautaires. Dans la Tillaberi, région du sud-ouest du Niger où les sept hommes ont été tués, cohabitent Djermas majoritaires, Peuls, Touaregs et Haoussa.

La région frontalière du Mali et notamment le Tongo Tongo est très instable. En mai 2019, 28 soldats nigériens y avaient été tués alors qu'une attaque, en octobre 2017, avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens.

Selon un rapport de l'ONU, le nombre de déplacé internes fuyant les violences "est passé de 35.866 personnes en décembre 2018 à 49.078 personnes en mars 2019" dans la Tillaberi.

L'avocat nigerien Abdourahmane Lirwana est sorti de prison

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