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Guaido défie Maduro et annonce l'entrée de l'aide au Venezuela

Juan Guaido, reconnu président par intérim du Venezuela, avec à sa gauche sa mère Norka Marquez, lors d'une manifestation anti-Maduro à Caracas, le mardi 12 février 2019.

L'opposant Juan Guaido a annoncé mardi que l'aide d'urgence américaine entrerait le 23 février au Venezuela malgré le refus du président Nicolas Maduro, qui la considère comme une première étape avant une intervention militaire.

"Le 23 février, ce sera le jour où l'aide humanitaire entrera au Venezuela", a lancé Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, devant une foule de partisans rassemblés dans un quartier à l'est de Caracas.

"L'aide humanitaire va entrer au Venezuela, c'est sûr! Car l'usurpateur n'aura pas d'autre choix que de quitter le Venezuela. Ce n'est pas la première fois que le Venezuela va devoir se libérer d'un tyran, espérons que ce soit la dernière", a poursuivi le président du Parlement, contrôlé par l'opposition.

Il a demandé aux quelque 250.000 volontaires inscrits pour participer à l'acheminement de l'aide stockée à la frontière de se tenir prêts pour "former des caravanes". Le 23 février, cela fera un mois que Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim.

Aux cris de "Liberté!", "Guaido!", des dizaines de milliers de manifestants, brandissant des drapeaux vénézuéliens, se sont rassemblés à la mi-journée dans tout le pays pour accroître la pression sur l'armée, soutien déterminant du gouvernement, afin qu'elle laisse entrer cette assistance.

"Nous demandons aux autorités militaires qu'elles permettent le passage de l'aide, et même qu'elles la protègent pour qu'elle arrive là où elle est la plus nécessaire", a déclaré Juan Perez, 68 ans, lors du rassemblement qui rendait aussi hommage à la quarantaine de personnes tuées depuis le début des mouvements de protestation contre le président Maduro, le 21 janvier.

- "Ceci est un ordre" -

En réponse à cette troisième journée de mobilisation de l'opposition après celles du 23 janvier et du 2 février, des soutiens du gouvernement se sont réunis sur la place Bolivar, dans le centre de Caracas, contre "l'intervention impérialiste" américaine.

Le bras de fer politique entre les deux hommes se concentre depuis plusieurs jours sur l'entrée de plusieurs tonnes de nourriture et de médicaments venant des Etats-Unis, déjà stockés dans des entrepôts en Colombie à la frontière avec le Venezuela.

Mais des militaires vénézuéliens bloquent le pont Tienditas, qui relie Cucuta (Colombie) et Ureña (Venezuela), dans l'État frontalier de Tachira, où l'armée a renforcé sa présence.

Cette crise intervient en pleine débâcle économique du pays, accablé de pénuries de vivres et de médicaments. Plus de 2,3 millions de Vénézuéliens (7% de la population) ont fui le pays depuis 2015, selon l'ONU.

Cherchant à briser l'unité de l'armée, Juan Guaido a offert l'amnistie aux militaires qui désavoueraient le chef de l'Etat et les a prévenus que bloquer l'aide constituerait un "crime contre l'humanité".

"Ceci est un ordre adressé aux forces armées: laissez entrer l'aide humanitaire une fois pour toutes, halte à la répression", a déclaré M. Guaido, qui a annoncé que le deuxième centre de stockage d'aide dans le nord du Brésil serait opérationnel mardi.

"Les militaires doivent se ranger du côté du peuple", estime Brian Malavé, un manifestant de 17 ans. "Plus aucun mort par manque de médicaments", proclame une pancarte.

- "Pas de famine" au Venezuela -

Une conférence sur l'aide humanitaire sollicitée par Juan Guaido doit aussi se tenir jeudi au siège de l'Organisation des États américaines (OEA) à Washington. Il y interviendra par visioconférence.

Nicolas Maduro, qui dément l'existence d'une "urgence humanitaire", rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines et une "guerre économique" menée par la droite. "Le Venezuela n'est pas un pays où règne la famine", a-t-il assuré dans un entretien à la BBC diffusé mardi.

Parallèlement, des manoeuvres militaires sont en cours pour faire face à une éventuelle intervention des Etats-Unis, une option régulièrement mise sur la table par les responsables américains.

Alors que Juan Guaido peut compter sur l'appui des États-Unis et d'une grande majorité des pays d'Amérique latine et d'Europe, Nicolas Maduro a reçu le soutien de ses alliés russe, turc, iranien et chinois.

"Le Venezuela est dans l'oeil du cyclone géopolitique du monde", a déclaré lundi M. Maduro, qui accuse les États-Unis de vouloir le renverser pour s'accaparer les plus grandes réserves pétrolières du monde.

Le dirigeant socialiste a aussi réclamé le retour de 80 tonnes de réserves d'or de son pays déposées au Royaume-Uni, alors que le Venezuela fait face à de graves problèmes de liquidités.

Au même moment, le président turc Recep Tayyip Erdogan a laissé entendre qu'il souhaitait développer le commerce de l'or avec le pays sud-américain, malgré des mises en garde des Etats-Unis qui scrutent avec attention les échanges commerciaux avec Caracas.

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Les députés argentins reprennent le débat sur la légalisation de l'IVG

Manifestation en faveur de la dépénalisation de l'avortement devant le Congrès où les législateurs débattent de la question à Buenos Aires, en Argentine, le 8 août 2018. (Photo AP/Natacha Pisarenko)

La Chambre des députés argentins a rouvert mardi le débat sur la légalisation de l'avortement, promesse du président Alberto Fernandez sur un sujet qui divise le pays.

C'est la seconde fois que les députés sont appelés à s'exprimer sur le droit à l'interruption volontaire de grossesse. En 2018 lors d'un vote historique, ils avaient approuvé la légalisation de l'IVG mais le Sénat l'avait rejetée quelques semaines plus tard.

"En 2018 nous n'avions pas le soutien de l'exécutif. A la Chambre des députés, il n'y aura pas de problèmes. Nous verrons au Sénat mais je suis très optimiste", a déclaré Nelly Minjersky, une fondatrice de la Campagne pour un avortement légal, sûr et gratuit, alliance de groupes féministes qui a présenté huit projets de loi en 15 ans.

C'est la neuvième fois qu'un projet de loi sur l'IVG est déposé devant la Parlement, mais c'est la première fois que l'initiative provient de l’exécutif.

Le projet de loi autoriserait l'avortement "jusqu'à la 14e semaine de grossesse". Il prévoit une "objection de conscience" pour des professionnels de santé refusant de le pratiquer, mais les oblige à "orienter la patiente vers des soins" appropriés.

Un "Plan des mille jours" entend également "renforcer l'accès aux soins pendant la grossesse et lors des premières années de vie d'un enfant" pour les familles financièrement vulnérables.

En Argentine, l'avortement n'est légal qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi en vigueur depuis les années 1920.

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