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Européens et Latino-américains au chevet d'un Venezuela plus divisé que jamais

Vue aérienne du pont Tienditas, à la frontière entre Cucuta (Colombie) et Tachira (Venezuela), que les forces militaires vénézuéliennes ont bloqué avec des conteneurs le 6 février 2019

Une réunion internationale s'ouvre jeudi à Montevideo pour tenter de trouver une issue négociée à la crise au Venezuela où le bras de fer entre le président Nicolas Maduro et le chef du Parlement, Juan Guaido, se concentre désormais sur l'arrivée de l'aide humanitaire.

L'Union européenne (UE), huit pays européens et cinq d'Amérique latine se réunissent dans la capitale uruguayenne avec l'objectif de "contribuer à créer les conditions afin qu'émerge un processus politique et pacifique" à la grave crise qui secoue le pays sud-américain, selon une source diplomatique européenne.

Cette initiative, à l'origine lancée par le Mexique et l'Uruguay comme une conférence des "pays neutres" sur le Venezuela, s'est transformée en une réunion du Groupe de contact international lancé par l'Union européenne fin janvier à Bucarest et rejoint par trois autres pays d'Amérique latine (Costa Rica, Bolivie, Equateur).

Mercredi, le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a rejeté lundi l'ultimatum de l'UE sur l'organisation d'une élection présidentielle anticipée, a salué l'organisation de la réunion et exprimé son soutien à "tous les pas et iniatives pour faciliter le dialogue".

Mais le chef du Parlement, Juan Guaido, autoproclamé le 23 janvier président par intérim et désormais reconnu par une quarantaine de pays, Etats-Unis en tête, a sèchement rejeté tout dialogue avec le gouvernement, considérant qu'il s'agissait pour le dirigeant socialiste de gagner du temps.

"L'opposition vénézuélienne (...) ne va se prêter à un aucun type de faux dialogue", a-t-il répété mercredi, alors que le bras de fer entre le chef de file de l'opposition et le gouvernement s'intensifie sur l'arrivée d'une aide humanitaire au Venezuela, envoyée notamment par les Etats-Unis.

- Voie médiane -

Mercredi, Juan Guaido a exhorté l'armée de ne pas bloquer l'aide humanitaire après la neutralisation d'un pont par des militaires à la frontière avec la Colombie, où est organisée une collecte de vivres et de médicaments.

Frappé par la pire crise économique de son histoire récente, le Venezuela souffre de graves pénuries. Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont choisi de s'exiler depuis 2015, selon l'ONU. D'autres centres de collectes sont prévus au Brésil et dans une île des Caraïbes, alors que le Canada a promis 40 millions de dollars d'aide, Washington 20 millions et l'UE 7,5 millions.

Le chef de l'Etat vénézuélien, soutenu par ses alliés russes, chinois et turcs, voit dans cette aide un prétexte pour une intervention militaire américaine. "C'est un show politique, ce qu'ils appellent l'aide humanitaire. L'impérialisme n'aide personne dans le monde", a-t-il lancé mercredi.

Alors que la crispation politique est à son comble au Venezuela, les pays attendus à la réunion de Montevideo, à laquelle l'ONU a finalement dit qu'elle ne participerait pas, veulent croire en une sortie négociée de la crise.

Il s'agit de "trouver une voie entre la position du président américain Donald Trump et celle du président russe Vladimir Poutine, du président Turc Recep Tayyip Erdogan et d'autres, ce qui n'est pas facile", a reconnu auprès de l'AFP une source diplomatique au sein de l'UE, dont la délégation sera menée par la chef de la diplomatie Federica Mogherini.

Mais les positions sont loin d'être alignées, à l'image des pays de l'UE, dont 21 pays sur 28 ont officiellement reconnu Juan Guaido, 35 ans, comme président par intérim après le rejet de l'ultimatum européen sur l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.

- "Méthodes de travail" -

Mercredi, en prélude à la réunion, l'Uruguay et le Mexique, parmi les rares pays d'Amérique latine à ne pas avoir reconnu le chef de file de l'opposition, ont proposé la mise en oeuvre d'un "mécanisme" de dialogue, mais sans conditions préalables.

"Si nous exigeons des élections à tel moment, nous imposons des conditions qui rendent difficile le dialogue", a fait valoir le ministre uruguayen des Affaires étrangères Rodolfo Nin Novoa, dans une déclaration commune des deux gouvernements.

Du côté européen, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Portugal, Espagne et la Suède appuient officiellement Juan Guaido comme président par intérim, alors que l'Italie, également présente, refuse de le reconnaître.

De son côté, le Mexique, qui participe à la réunion jeudi, n'a pas souhaité officiellement rejoindre le Groupe de contact.

Il s'agira avant tout de "se mettre d'accord sur des méthodes de travail", a expliqué à l'AFP une source diplomatique européenne.

De son côté, Juan Guaido ne compte pas relâcher la pression sur le chef de l'Etat dont il conteste le deuxième mandat issu, selon l'opposition, d'un scrutin frauduleux. Il compte sur une nouvelle mobilisation de ses partisans le 12 février.

Dès le lendemain, le 13 février, Donald Trump recevra à Washington son homologue colombien Ivan Duque pour discuter notamment "des efforts pour restaurer la démocratie au Venezuela".

Avec AFP

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Lula est "amoureux" et veut se marier s'il sort de prison

Luiz Inacio Lula da Silva, à gauche, ex-président brésilien (2003-2011), lors d'une messe catholique à la mémoire de sa défunte épouse Marisa Leticia, à Sao Paulo, Brésil, 7 avril 2018.

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption depuis avril 2018 et veuf depuis deux ans, est "amoureux" et a prévu de se remarier s'il sort de prison, a annoncé un ancien ministre.

"Il est amoureux et son premier projet à sa sortie de prison sera de se marier", a écrit sur Facebook Luiz Carlos Bresser-Pereira, ministre des Finances en 1987, puis des Sciences en 1999, qui a rendu visite à Lula dans sa prison de Curitiba (sud) en fin de semaine dernière.

"Il est en très bonne forme, physiquement et psychologiquement", a-t-il ajouté au sujet de l'ex-président de 73 ans.

D'après le site de l'hebdomadaire Epoca, l'heureuse élue est une sociologue d'une quarantaine d'années nommée Rosângela da Silva. Elle travaille pour la compagnie publique qui gère la centrale hydroélecrtique d'Itaipu, la deuxième au monde en termes de production.

Ils cultivaient une amitié de longue date, depuis leur rencontre pendant les "Caravanes de la Citoyenneté", qui avaient permis à l'ancien dirigeant syndical de sillonner 359 villes du pays dans les années 1990.

Le chroniqueur d'Epoca, Guilherme Amado, a affirmé lundi sur le site de l'hebdomadaire que l'idylle avait commencé avant que Lula ne soit incarcéré, que son entourage l'avait tenue secrète et n'avait pas apprécié les révélations de l'ex-ministre sur Facebook.

En février 2017, Lula a perdu son épouse Maria Leticia, avec qui il avait été marié pendant 43 ans.

L'ex-président (2003-2010) pourrait bénéficier dans les prochains mois d'un régime "semi-ouvert", qui lui permettrait de travailler ou de suivre une formation à l'extérieur, mais l'obligerait à rentrer le soir dans sa cellule pour y dormir.

Lula y aurait droit en vertu d'une récente réduction de sa peine de 12 ans et un mois de prison à huit ans et 10 mois. Accusé d'avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'attribution de marchés publics, il a toujours clamé son innocence.

Mis en cause dans une demi-douzaine d'autres affaires, Lula a par ailleurs été condamné en première instance à 12 ans et 11 mois, pour avoir fait financer des travaux dans une autre propriété, en échange de son intercession dans l'attribution de contrats publics.

Si cette condamnation est confirmée en appel, il ne pourra pas demander le régime "semi-ouvert".

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