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Le soutien de Cuba au Venezuela dans le collimateur de Washington

Le président vénézuélien Nicolas Maduro assiste à un événement concernant l'accord global Cuba-Venezuela à Caracas, au Venezuela, le 31 octobre 2018.

Cuba murmure-t-il à l'oreille du président vénézuélien Nicolas Maduro? Les Etats-Unis l'affirment mais La Havane s'en défend, sans toutefois pouvoir nier qu'existe depuis longtemps une relation étroite entre les deux gouvernements socialistes.

"Le temps est venu de libérer le Venezuela de Cuba", a lancé vendredi le vice-président américain Mike Pence, dénonçant une "influence négative" de La Havane.

Un discours qui fait écho à celui sur "la troïka de la tyrannie" (Venezuela, Cuba, Nicaragua) prononcé en novembre par John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump.

La connivence entre Caracas et La Havane n'est un secret pour personne, et c'est au Venezuela que le président cubain Miguel Diaz-Canel a réalisé son premier voyage à l'étranger après avoir succédé à Raul Castro en avril dernier.

Cuba a aussi été un des premiers pays à apporter son "ferme soutien" à Nicolas Maduro le 23 janvier, quelques heures après la décision de son opposant Juan Guaido de se déclarer président par intérim.

Cette complicité "remonte à (Hugo) Chavez", président du Venezuela de 1999 jusqu'à son décès en 2013, raconte Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain à Washington.

Chavez "admirait Fidel Castro, c'était presque comme une relation père-fils", ajoute-t-il. "L'engagement de Cuba au Venezuela a alors commencé, de manière très forte".

- "Au-dessus de Maduro, Cuba"? -

Pour Rocio San Miguel, avocate vénézuélienne spécialiste des questions militaires, "l'entrée (de Cuba) dans l'appareil d'Etat (du Venezuela) commence très clairement à partir de 2005, et probablement dès 2004".

Et ce sont "cinq domaines sensibles pour la sécurité nationale qui ont été peu à peu contrôlés par Cuba": "les registres notariaux, l'émission de papiers d'identité, les services de renseignement, les forces armées et la police nationale".

Très vite, les deux partenaires se mettent d'accord sur une équation: Caracas fournit le pétrole à prix d'ami ainsi qu'un soutien économique, tandis que La Havane offre le service de milliers de médecins, d'entraîneurs sportifs ainsi de conseillers militaires.

"Cuba a bien plus gagné dans cette alliance que le Venezuela", estime Paul Webster Hare, ancien ambassadeur britannique ayant vécu dans les deux pays et désormais professeur à l'université de Boston.

"Je ne pense pas qu'il y ait deux autres pays dans le monde avec des gouvernements aussi imbriqués que ceux de Cuba et du Venezuela", souligne-t-il. "Il y a des rapports selon lesquels Nicolas Maduro reçoit des briefings quotidiens des services secrets cubains!"

"Au-dessus de Maduro, il y a Cuba, dans la prise de décisions", affirme Rocio San Miguel, ce que tempère Michael Shifter, qui rappelle qu'"il n'y a pas de preuves".

- "Un peu d'inquiétude" -

Depuis le début de cette crise, La Havane nie farouchement toute ingérence de sa part au Venezuela.

Sur Twitter, plusieurs hauts responsables du ministère des Affaires étrangères n'ont cessé de traiter John Bolton de "menteur" quand il a évoqué une mainmise cubaine sur l'armée vénézuélienne, comparant ce "mensonge" à celui sur les armes de destruction massive que l'Irak de Saddam Hussein était supposé cacher mais qui n'ont jamais été trouvées.

Il n'empêche, La Havane suit le dossier de près. "Je pense qu'ils sont extrêmement inquiets", avance Michael Shifter.

Reflet de cette préoccupation, mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a invité pour la première fois les ambassadeurs européens pour évoquer avec eux plusieurs thèmes d'actualité, dont le Venezuela comme point fort.

"J'ai noté un peu d'inquiétude", confie à l'AFP un diplomate ayant participé à la réunion.

"Ils sont un peu gênés aux entournures et avaient besoin d'expliquer clairement leur position", assure un autre, qui ajoute que, concernant le Venezuela, "il y a une vraie préoccupation sur le manque à gagner" si Nicolas Maduro quitte le pouvoir.

La perte du pétrole vénézuélien fragiliserait une économie cubaine déjà en berne, mais, avec la chute des livraisons ces dernières années, l'île s'y est préparée, explique Paul Hare, et "a commencé à chercher des fournisseurs alternatifs de pétrole: la Russie, l'Iran et d'autres pays" comme l'Algérie.

"Diplomatiquement, ce serait un coup dur" qui renforcerait l'isolement international de Cuba, prédit-il surtout.

Planerait alors "la menace que les Etats-Unis axent leurs efforts sur Cuba après le Venezuela", note Michael Shifter, qui juge "possible" de nouvelles sanctions américaines contre La Havane dans les prochains mois.

Quant à Nicolas Maduro, "s'il ne se bat pas jusqu'au bout et décide de partir en exil, (Cuba) serait un endroit logique où aller".

Avec AFP

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Lula est "amoureux" et veut se marier s'il sort de prison

Luiz Inacio Lula da Silva, à gauche, ex-président brésilien (2003-2011), lors d'une messe catholique à la mémoire de sa défunte épouse Marisa Leticia, à Sao Paulo, Brésil, 7 avril 2018.

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption depuis avril 2018 et veuf depuis deux ans, est "amoureux" et a prévu de se remarier s'il sort de prison, a annoncé un ancien ministre.

"Il est amoureux et son premier projet à sa sortie de prison sera de se marier", a écrit sur Facebook Luiz Carlos Bresser-Pereira, ministre des Finances en 1987, puis des Sciences en 1999, qui a rendu visite à Lula dans sa prison de Curitiba (sud) en fin de semaine dernière.

"Il est en très bonne forme, physiquement et psychologiquement", a-t-il ajouté au sujet de l'ex-président de 73 ans.

D'après le site de l'hebdomadaire Epoca, l'heureuse élue est une sociologue d'une quarantaine d'années nommée Rosângela da Silva. Elle travaille pour la compagnie publique qui gère la centrale hydroélecrtique d'Itaipu, la deuxième au monde en termes de production.

Ils cultivaient une amitié de longue date, depuis leur rencontre pendant les "Caravanes de la Citoyenneté", qui avaient permis à l'ancien dirigeant syndical de sillonner 359 villes du pays dans les années 1990.

Le chroniqueur d'Epoca, Guilherme Amado, a affirmé lundi sur le site de l'hebdomadaire que l'idylle avait commencé avant que Lula ne soit incarcéré, que son entourage l'avait tenue secrète et n'avait pas apprécié les révélations de l'ex-ministre sur Facebook.

En février 2017, Lula a perdu son épouse Maria Leticia, avec qui il avait été marié pendant 43 ans.

L'ex-président (2003-2010) pourrait bénéficier dans les prochains mois d'un régime "semi-ouvert", qui lui permettrait de travailler ou de suivre une formation à l'extérieur, mais l'obligerait à rentrer le soir dans sa cellule pour y dormir.

Lula y aurait droit en vertu d'une récente réduction de sa peine de 12 ans et un mois de prison à huit ans et 10 mois. Accusé d'avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'attribution de marchés publics, il a toujours clamé son innocence.

Mis en cause dans une demi-douzaine d'autres affaires, Lula a par ailleurs été condamné en première instance à 12 ans et 11 mois, pour avoir fait financer des travaux dans une autre propriété, en échange de son intercession dans l'attribution de contrats publics.

Si cette condamnation est confirmée en appel, il ne pourra pas demander le régime "semi-ouvert".

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