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Venezuela: Guaido reconnu comme président par 19 pays européens

Juan Guaido, qui s'est déclaré président par intérim du Venezuela, lors d'une conférence de presse sur les marches de l'Assemblée nationale à Caracas (Venezuela), le 4 février 2019.

L'opposant Juan Guaido a été reconnu comme président par intérim du Venezuela par 19 pays de l'Union européenne, aussitôt accusés par le président socialiste Nicolas Maduro de "soutenir les plans putschistes" des États-Unis.

Tandis que les soutiens diplomatiques se multiplient, Juan Guaido, 35 ans, tente d'organiser l'arrivée d'une aide humanitaire au Venezuela, où la population subit d'importantes pénuries.

Lundi, au lendemain de l'expiration d'un ultimatum européen sommant le président socialiste Nicolas Maduro de convoquer une élection présidentielle anticipée, 19 pays de l'UE dont le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont franchi le pas et ont reconnu M. Guaido.

Ces soutiens, dénoncés comme une "ingérence" par la Russie, l'un des principaux alliés de M. Maduro, s'ajoutent à ceux des États-Unis, du Canada et d'une douzaine de pays d'Amérique latine dont la Colombie et le Brésil.

L'Union européenne reste cependant divisée: l'Italie a bloqué une déclaration commune de l'UE, selon des sources diplomatiques à Bruxelles.

Le Venezuela a annoncé qu'il allait "réévaluer intégralement" ses relations diplomatiques avec les pays européens qui ont reconnu Juan Guaido, les accusant de soutenir des "plans putschistes" suivant un "scénario des États-Unis".

Washington, qui a reconnu M. Guaido aussitôt après son autoproclamation comme président le 23 janvier, s'est félicité des reconnaissances européennes et a invité tous les autres pays à faire de même.

Réunis lundi à Ottawa, onze des quatorze pays du Groupe de Lima, qui réunit des pays d'Amérique latine et des Caraïbes et le Canada, ont appelé à un changement de gouvernement "sans usage de la force" au Venezuela et ont exhorté l'armée à se ranger derrière Juan Guaido.

Le président Maduro s'est déchaîné contre cette intervention du Groupe de Lima. "Ce dernier communiqué est vraiment répugnant, répugnant et risible, on ne sait pas s'il faut rire ou vomir", a-t-il dit. M. Maduro, qui parlait lors d'une cérémonie à Caracas, a jugé les diverses demandes avancées par le groupe "l'une plus démente que l'autre".

Il a aussi relevé les nouvelles déclarations du président Donald Trump réaffirmant la possibilité d'une action militaire des Etats-Unis dans la crise vénézuélienne. "Comme s'il parlait de vacances à Miami Beach, il a dit qu'il envisageait l'option d'une invasion. C'est une folie, Monsieur Donald Trump", a lancé le chef de l'Etat chaviste.

- Nouvelle manifestation -

L'opposition, entretemps, tente d'organiser l'arrivée d'une aide humanitaire. Le Canada a promis lundi une aide de 53 millions de dollars canadiens (35 millions d'euros) destinée au peuple vénézuélien, s'ajoutant aux 20 millions de dollars d'aide annoncés par Washington.

Selon Juan Guaido, il s'agit de collecter des vivres et médicaments en Colombie, au Brésil et dans une île des Caraïbes. Le chef de file de l'opposition a d'ailleurs appelé lundi à une nouvelle manifestation, sans en préciser la date, pour exiger des militaires qu'ils laissent entrer cette aide dans le pays.

M. Guaido a accusé le haut commandement militaire vénézuélien de vouloir "voler" l'aide destinée au pays pour qu'elle soit distribuée au nom du gouvernement. Il a par ailleurs dit soupçonner M. Maduro de vouloir transférer 1,2 milliard de dollars vers l'Uruguay.

Les représentants de M. Guaido aux États-Unis ont annoncé la tenue d'un conférence internationale sur l'aide humanitaire pour le Venezuela le 14 février au siège de l'Organisation des États américains (OEA) à Washington.

Les habitants du Venezuela, pays pétrolier et autrefois le plus riche d'Amérique latine, sont confrontés à de graves pénuries de vivres et de médicaments, ainsi qu'à une inflation galopante. Depuis 2015, quelque 2,3 millions d'entre eux ont choisi de s'exiler, sur une population totale de 31 millions d'habitants.

Soutenu notamment par la Russie, la Chine, Cuba, la Corée du Nord et la Turquie, M. Maduro, 56 ans, qui attribue les pénuries aux sanctions américaines, rejette toute aide humanitaire, estimant qu'accepter une telle aide reviendrait à ouvrir la porte à une intervention militaire contre son gouvernement.

- "Usurpation" -

Juan Guaido, le président social-démocrate de l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition, s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier en invoquant la Constitution. Il considère Nicolas Maduro comme un usurpateur pour s'être fait réélire lors d'une élection contestée par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale, avec ses adversaires en prison ou en exil.

Cherchant une sortie pacifique à la crise, un groupe de contact formé par l'UE et cinq pays d'Amérique latine (Bolivie, Costa Rica, Equateur, Mexique et Uruguay) tiendra une première réunion jeudi à Montevideo.

"Nous ne participerons pas. Notre programme est clair: que cesse l'usurpation, un gouvernement de transition et des élections libres (...) Nous n'allons pas tomber dans un faux dialogue", a réaffirmé lundi Juan Guaido.

Nicolas Maduro a dit souhaiter qu'un espace de "dialogue" sorte de ce groupe de contact. Il a également confié avoir écrit au pape François pour demander son aide et sa médiation.

Pour préserver sa "crédibilité", l'ONU a décidé de ne participer à aucun des groupes discutant du Venezuela. Son secrétaire général Antonio Guterres s'est en revanche dit disposé à aider les deux camps "à trouver une solution politique".

Juan Guaido, qui a offert une amnistie aux militaires s'ils le rejoignent, compte sur une nouvelle journée de mobilisation le 12 février pour maintenir la pression sur le pouvoir chaviste.

Selon l'ONG Foro penal, près d'un millier de personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations contre le pouvoir.

"Entre le 21 et le 31 janvier, 966 arrestations ont eu lieu (...) 700 personnes sont toujours emprisonnées", a indiqué lundi le directeur de l'ONG, Alfredo Romero.

Avec AFP

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Décès du premier maire noir de New York à 93 ans

L'ancien maire de New York, David Dinkins, assiste au discours du gouverneur Andrew Cuomo sur l'état de l'État dans le bâtiment One World Trade Center de New York, le lundi 9 janvier 2017.

Le premier et unique maire noir de New York, David Dinkins, est décédé à l'âge de 93 ans, ont rapporté mardi les médias américains.

Ce démocrate avait été maire de New York de 1990 à 1993 après l'avoir emporté face à Rudy Giuliani et Edward Koch.

Son mandat avait été marqué par des troubles à caractère racial et antisémite, notamment en 1991 à Crown Heights, dans l'arrondissement de Brooklyn, et la mort d'un étudiant juif.

David Dinkins, qui avait hérité d'une ville frappée par le racisme, la pauvreté et la violence, avait essuyé à l'époque de nombreuses critiques pour son incapacité présumée à assurer ses fonctions.

Né en 1927 à Trenton, dans le New Jersey (nord-est), il est décédé de mort naturelle à son domicile moins de deux mois après le décès de son épouse Joyce, a rapporté le New York Times.

David Dinkins avec Hillary Clinton.
David Dinkins avec Hillary Clinton.

Dans une ville sous tension, en avril 1989 cinq jeunes avaient été accusés à tort pour le viol et les blessures infligées à une joggeuse blanche de 28 ans, Trisha Meili, à Central Park. Ils avaient porté plainte contre la ville de New York et obtenu réparation.

Quelques mois plus tard, un adolescent noir, Yusuf Hawkins, avait été tué par un groupe de jeunes blancs à Brooklyn.

Un million de New-Yorkais recevaient à l'époque des allocations pour survivre et un millier de meurtres étaient enregistrés chaque année à New York. Le crack avait débarqué dans la ville et faisait des ravages.

David Dinkins a été à la tête de l'une des mairies les plus ouvertes de l'histoire de New York, incluant de nombreuses femmes, le premier Portoricain à la tête des pompiers de la ville et un psychiatre noir ouvertement homosexuel comme responsable de la santé mentale.

Connu pour ses costumes raffinés et sa politesse, M. Denkins était considéré "trop gentil" pour tenir et diriger une ville comme New York.

Défait aux élections municipales par Rudy Giuliani après un seul mandat, M. Dinkins avait déclaré: "Mes amis, nce que nous avons fait a été historique. Personne ne peut nous l'enlever".

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Nouvelles manifestations anti-racisme au Brésil

Funérailles de João Alberto Silveira Freitas à Porto Alegre au Brésil, 21 novembre 2020.

Plusieurs manifestations anti-racistes ont eu lieu dimanche au Brésil devant des magasins du groupe Carrefour, pour protester contre la mort d'un homme noir roué de coups jeudi par des vigiles blancs dans un supermarché à Porto Alegre.

À Rio de Janeiro, une centaine de manifestants étaient réunis dans un centre commercial où se trouve un de ces supermarchés du groupe français, ont constaté des journalistes de l'AFP.

D'autres manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de personnes réclamant le boycott de Carrefour, notamment à Salvador de Bahia (nord-est), ou à Santos (sud-est). D'autres rassemblements de ce type avaient eu lieu vendredi et samedi.

Sur les pancartes des manifestants à Rio, on pouvait lire "Carrefour assassin" ou "Les vies noires comptent", slogan du mouvement Black Lives Matter, qui a organisé les manifestations de masse après la mort de George Floyd, Américain noir mort sous le genou d'un policier blanc.

Au Brésil, Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, a été tabassé à mort jeudi soir par deux agents de sécurité blancs travaillant pour un sous-traitant d'un supermarché Carrefour à Porto Alegre (sud).

Les images insoutenables d'une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking pendant que l'autre le tenait ont choqué le Brésil, qui célébrait vendredi le jour de la Conscience Noire.

Vendredi soir, dans une série de tweets en portugais, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a exprimé ses condoléances après cet "acte horrible" et estimé que les images étaient "insupportables".

Il a également demandé "une revue complète des actions de formation des salariés et des sous-traitants, en matière de sécurité, de respect de la diversité et des valeurs de respect et de refus de l'intolérance".

"Nous n'acceptons plus ces excuses, ils ont promis des mesures, mais on n'a encore rien vu", a dénoncé Djefferson Amadeus, de l'Institut de Défense du peuple noir, qui manifestait dimanche à Rio.

"Nous n'allons pas nous taire tant qu'on continue à tuer notre peuple, cela montre que le racisme est encore bien présent au Brésil, non seulement au supermarché, mais aussi dans les favelas (quartiers pauvres de Rio)", a renchéri Thais dos Santos, manifestante de 23 ans.

Samedi, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a critiqué les mouvements anti-racistes, les accusant lors d'un discours au sommet virtuel du G20 de tenter d'importer au Brésil des "tensions qui ne font pas partie de son histoire".

Suspension du budget controversé au Guatemala

Manifestation à Guatemala City, le 21 novembre 2020.

Le Parlement du Guatemala a suspendu lundi le budget de l'Etat pour 2021, à l'origine de deux jours de manifestations réclamant plus de ressources contre les inégalités et la pauvreté dans ce pays d'Amérique centrale rongé par la corruption et l'insécurité. 

"Afin d'assurer la gouvernance du pays et la paix sociale, nous nous sommes mis d'accord pour suspendre la procédure du budget (...) de l'Etat", a déclaré le président du Parlement, Allan Rodriguez, lors d'un message à la nation, deux jours après l'incendie, samedi, du Parlement par des manifestants.

Selon M. Rodriguez, le décret qui avalise le budget ne sera pas envoyé au pouvoir exécutif et les parlementaires ont désormais jusqu'au 30 novembre pour approuver un nouveau budget, comme le stipule la loi guatémaltèque. Sinon le budget actuel restera en vigueur.

Le Parlement, où le parti du président conservateur Alejandro Giammattei et ses alliés détiennent la majorité, a adopté le 17 novembre un budget pour 2021 de près de 12,8 milliards de dollars, supérieur de 25% à celui de 2020.

Malgré cette augmentation, ce nouveau budget a suscité la colère de milliers de Guatémaltèques qui sont descendus dans la rue pendant le week-end pour dénoncer le manque de moyens pour lutter contre la pauvreté.

En fin de manifestation samedi, le siège du Parlement a été incendié et près de 40 personnes interpellées. Une autre manifestation, réunissant plusieurs centaines de personnes, s'est déroulée dimanche de manière pacifique.

Certains manifestants ont également réclamé le départ de M. Giammattei, au pouvoir depuis janvier.

Le chef de l'Etat a appelé dimanche "au dialogue et au rassemblement", tout en assurant que les actions violentes de samedi étaient le fait de "groupes minoritaires qui cherchent à imposer un véritable coup d'Etat".

A son tour, M. Rodriguez a accusé lundi les manifestants d'avoir voulu "rompre avec l'ordre constitutionnel", et a qualifié l'incendie du Parlement d'"acte terroriste". Il a toutefois souligné que la suspension du budget devait ouvrir "un espace de discussion".

Le Comité de développement paysan (Codeca), qui avait annoncé qu'il bloquerait lundi les routes importantes du Guatemala, a pour l'heure renoncé. L'Université de San Carlos, la seule université publique du pays, a de son côté appelé à la grève.

- Opacité -

Le Guatemala, qui compte 17 millions d'habitants, est gangrené par la pauvreté, la violence des gangs et une corruption généralisée.

Environ 60% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Avant la pandémie de coronavirus, le pays fournissait, avec le Honduras et le Salvador voisins, un des plus gros contingents de migrants clandestins se jetant sur les routes en direction des Etats-Unis pour fuir la misère et la violence.

Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l'opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus, ou encore la création d'un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président.

Le Parlement a approuvé une enveloppe d'urgence de plus de 3,8 milliards de dollars pour faire face à la pandémie, mais seulement 15% de ce montant ont directement bénéficié aux Guatémaltèques, selon des données officielles et des ONG.

La gestion de la crise sanitaire par le président Giammattei, un médecin de 64 ans, a également été critiquée par l'opposition et des organisations sociales, ainsi que par son propre vice-président Guillermo Castillo.

Le manque de moyens dans les hôpitaux et l'absence de soutien pour les secteurs économiques les plus touchés par les restrictions sont régulièrement dénoncés.

Selon les derniers chiffres officiels, le pays à enregistré près de 120.000 cas déclarés de Covid-19 et plus de 4.000 morts.

Alors que le Guatemala est régulièrement secoué par des scandales de corruption, en 2019 le mandat de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), créée en 2006 par un accord entre l'ONU et le Parlement, n'avait pas été renouvelé par l'ex-président Jimmy Morales (2006-2020) mis en cause dans une enquête.

L'une des principales révélations de cette commission avait été la fraude douanière qui avait conduit à la démission en 2015 du président Otto Pérez (2012-2015), accusé de diriger un réseau de collecte de pots-de-vin.

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