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Syrie: "La guerre a alourdi le fardeau des personnes handicapées"

Les membres de la famille de Saher al-Ali se tiennent à l'intérieur de leur maison endommagée dans la ville de Nairab, tenue par les rebelles, dans la région d'Idlib, en Syrie, le 17 avril 2020.

L'un est sourd et muet, l'autre est paralysé, mais ensemble, Ahmad Moussa et Badr al-Hajjami ont formé un duo bien équipé pour surmonter leur handicap en Syrie, ravagée par la guerre.

Dans une ancienne ruelle de Damas, Ahmad pousse Badr sur une chaise roulante lors d'une promenade que les deux hommes ont l'habitude de faire quasiment tous les jours. Ils disent ne pas pouvoir vivre l'un sans l'autre.

"Mes oreilles sont les siennes et ses jambes sont les miennes", raconte à l'AFP Badr, 28 ans.

En 2012, la moelle épinière de Badr al-Hajjami a été touchée par un éclat d'obus, lui paralysant la jambe, le clouant sur un fauteuil roulant. Cinq ans plus tard, sa rencontre avec Ahmad Moussa le sort de sa solitude.

Ce nouveau compagnon, âgé de 24 ans, avait perdu son audition et sa capacité à parler alors qu'il n'avait que deux ans. Désormais, les deux amis sont inséparables.

Badr est devenu l'interlocuteur privilégié d'Ahmad après avoir appris le langage des signes pendant trois ans. Il lui traduit les conversations, dans un café ou dans un taxi, et l'informe des derniers événements qui se déroulent autour d'eux.

Les deux jeunes hommes sont connus et appréciés des habitants et commerçants du vieux Damas.

"Nous passons le plus clair de notre temps ensemble, à manger et à jouer", affirme Badr, un sourire au visage.

"Monde isolé"

Les deux compagnons font partie des 3,7 millions de personnes handicapées en Syrie -- soit 27% de la population syrienne, le nombre d'invalides ayant sensiblement augmenté depuis le début du conflit en 2011 qui a tué plus de 380.000 personnes.

Selon l'ONU, 62% des personnes invalides sont au chômage.

Dans le quartier de Baramkeh, Ahmad aide Badr à monter dans un taxi qui les emmène à leur séance de basket hebdomadaire.

À l'intérieur du stade, il lui tient un fauteuil roulant de sport pendant qu'il s'y installe. Les deux hommes se passent le ballon en faisant le tour du terrain. A proximité du panier, Badr lance plusieurs fois le ballon avant que celui-ci ne passe à travers le filet.

"Les personnes sourdes vivent dans un monde isolé. Il en va de même pour les malvoyants et les personnes en fauteuil roulant", affirme Ahmad, s'exprimant en langage des signes et traduit par Badr.

"Chaque handicap est un monde séparé en soi, ils ne fusionnent jamais", ajoute-t-il, affirmant avoir besoin d'une personne pour l'aider.

"Quand nous faisons équipe, la situation s'améliore", poursuit-il. Sa relation avec Badr lui a d'ailleurs sauvé la vie.

"Je ne peux pas oublier le jour où un obus a explosé sur la place de Bab Touma" dans l'est de Damas, se souvient Ahmad. "Je n'aurais pas su ce qui s'est passé si Badr ne m'avait pas dit que nous devions fuir rapidement. Je l'ai alors porté et nous avons fui", dit-il.

"Alourdi le fardeau"

Badr et Ahmad bénéficient du soutien d'un programme d'inclusion des personnes handicapées créé par les Nations Unies.

Outre une allocation financière temporaire, une formation professionnelle ainsi que des appareils photo leur ont été offerts, afin qu'ils puissent travailler en tant que photographes indépendants.

Pour Badr, il s'agit d'un soutien précieux vu les conditions de vie actuelles en Syrie, où plus de la moitié de la population vit sous le seuil d'extrême pauvreté.

"La guerre a alourdi le fardeau des personnes handicapées", qui ne sont pas une priorité pour l'Etat ou la société, déplore Badr.

La solidarité au sein de cette communauté est le seul moyen de contourner les difficultés au quotidien, amplifiées par le sentiment d'abandon, ajoute-t-il.

Sur son téléphone portable, il montre une photo en noir et blanc d'un autre duo de handicapés datant d'il y a un siècle, selon ses dires.

L'homme le plus petit sur la photo, présenté sous le prénom de Samir, était paralysé des jambes, tandis que l'autre, Mohamad, était aveugle, affirme Badr.

Et de conclure: "Ahmed et moi, incarnons une autre forme d'intégration et de complémentarité".

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Une cyberattaque paralyse la distribution du carburant en Iran

Des voitures font la queue pour faire le plein dans une station-service à Téhéran (Iran), mardi 26 octobre 2021.

Une cyberattaque a perturbé la vente d'essence en Iran mardi, provoquant de longues files d'attente dans les stations-service du pays.

"La perturbation du système de ravitaillement des stations-service... ces dernières heures, a été causée par une cyberattaque", a annoncé IRIB, un média d'État. "Les experts sont en train de régler le problème et bientôt le processus de ravitaillement... reviendra à la normale", a poursuivi l'annonce.

Le ministère du pétrole a déclaré que seules les ventes avec des cartes à puce utilisées pour l'essence rationnée moins chère ont été perturbées et que les clients pouvaient toujours acheter du carburant à des tarifs plus élevés, a rapporté l'agence de presse du ministère, SHANA.

Ce n'est pas la première fois que l'Iran, détenteur de l'une des plus vastes réserves de pétrole dans le monde, est victime d'une cyberattaque.

En juillet, le site web du ministère des transports avait été mis hors service et le réseau ferroviaire iranien avait fait l'objet d'une cyberattaque.

Avec agences.

Affamées, des familles afghanes vendent leurs fillettes

Des femmes réfugiées afghanes marchent dans un camp de réfugiés à Peshawar, le 12 février 2020. (Photo AFP/ d'Abdul MAJEED)

En Afghanistan, plusieurs parents sont obligés de vendre leurs filles, parfois âgées d'à peine un an, aux familles de leurs futurs maris pour résoudre leurs problèmes économiques. Ces mariages sont tristement perçus comme le seul moyen d'assurer la survie d'une famille ou de payer les dettes.

Quand son mari a dit à Fahima qu'ils allaient devoir vendre leurs deux petites filles pour que la famille ne meure pas de faim, après avoir été déplacée par la sécheresse dans l'ouest de l'Afghanistan, elle a "beaucoup pleuré".

Les fillettes, Farishteh, six ans, et Shokriya, un an et demi, sourient près de leur mère dans leur abri d'argile recouvert de bâches trouées, les habits et le visage couverts de boue.

Sans savoir qu'elles ont été vendues récemment aux familles de leurs futurs maris, eux aussi mineurs. Celles-ci ont déboursé environ 3.350 dollars (2.870 euros) pour l'aînée et 2.800 dollars (2.400 euros) pour sa sœur.

Une fois la somme entièrement versée, ce qui pourrait prendre des années, les deux fillettes devront dire adieu à leurs parents et à ce camp de déplacés de Qala-i-Naw, capitale de la province de Badghis, où la famille, originaire d'un district voisin, a trouvé refuge pour survivre.

Cette histoire est tragiquement banale chez les milliers de familles déplacées - la plupart par la sécheresse - de la région, l'une des plus pauvres du pays.

Dans les camps de déplacés et les villages, des journalistes de l'AFP en ont rencontré une quinzaine, contraintes pour survivre de vendre de jeunes filles pour des sommes allant de 550 à près de 4.000 dollars.

La pratique est répandue. Des représentants de camps et villages dénombrent des dizaines de cas depuis la sécheresse de 2018, un chiffre qui a augmenté avec celle de 2021.

La famille de Sabehreh, 25 ans, une voisine de Fahima, avait emprunté de la nourriture dans une épicerie. Le propriétaire les a menacés de les faire "emprisonner" s'ils ne remboursaient pas.

Pour payer ses dettes, la famille a donc vendu Zakereh, trois ans, qui sera mariée à Zabiullah, quatre ans, le fils de l'épicier. Celle-ci ne se doute de rien, le père de son futur époux ayant décidé d'attendre qu'elle soit assez âgée pour la prendre avec eux.

"Je ne suis pas heureuse d'avoir fait ça, mais nous n'avons rien à boire ou manger (...) Si ça continue comme ça, nous devrons (aussi) vendre notre fille de trois mois", se désespère Sabehreh.

"Beaucoup de gens vendent leurs filles", assure une autre voisine, Gul Bibi, qui a vendu la sienne, Asho, âgée de huit ou neuf ans, à un homme de 23 ans à laquelle sa famille devait également de l'argent.

Cet homme est aujourd'hui en Iran, et Gul Bibi redoute le jour où il reviendra pour prendre Asho.

"Nous savons que ce n'est pas bien (...), mais nous n'avons pas le choix", lâche en passant près de la tente Hayatullah, un autre habitant du camp, qui a entendu la conversation.

- Un calvaire sans fin -

Dans un autre camp de Qala-i-Naw, Mohammad Assan essuie ses larmes en montrant les photos de ses filles Siana, neuf ans, et Edi Gul, six ans, parties chez de jeunes maris loin de la ville.

"Nous ne les avons jamais revues", s'émeut l'homme. "Nous ne voulions pas faire ça, mais nous devions nourrir nos autres enfants".

"Mes filles sont sûrement mieux là-bas, avec de la nourriture", tente-t-il de se consoler, avant de montrer les bouts de pain donnés par des voisins, seul repas de la journée.

M. Assan, qui doit également payer les soins pour sa femme malade, est toujours endetté. Il y a quelques jours, il a commencé à chercher preneur pour sa fille de quatre ans.

"Certains jours je deviens folle, je quitte la tente et je ne me souviens pas vraiment où je vais", raconte son épouse, Dada Gul, assise sous la tente en lambeau.

Le calvaire est sans fin pour les mères: la décision de vendre son enfant, l'attente du départ, souvent pendant des années jusqu'à ce que les filles atteignent 10 ou 12 ans, puis la séparation.

Rabia, une veuve de 43 ans déplacée elle aussi par la sécheresse, fait tout pour repousser la terrible échéance. Sa fille Habibeh, 12 ans, vendue pour environ 550 dollars, aurait dû partir il y a un mois, mais Rabia a supplié la famille du futur mari de patienter un an de plus.

"Je veux rester avec ma mère", chuchote l'adolescente maigrichonne, le regard triste.

Rabia rachèterait sa fille si elle "avait à manger et à boire". Mais ses trois enfants et elle ont à peine de quoi vivre. Son fils de 11 ans travaille dans une boulangerie pour un demi dollar par jour, et celui de neuf ans ramasse des ordures pour 30 cents.

"J'ai le cœur brisé (...), mais je devais sauver mes fils", justifie Rabia.

Dans les camps, on se nourrit avec quelques centimes par jour, gagnés en mendiant ou en poussant une brouette. On se demande comment on survivra à l'hiver qui approche.

- 'Ce n'est pas bien' -

Tous les soirs, Abdul Rahim Akhbar collecte du pain pour aider les familles les plus démunies. "J'ai vu une centaine de familles le faire dans ce camp. Même mon frère", dit-il au sujet des mariages d'enfants.

La veille, il est allé voir des responsables talibans pour demander leur aide. Mais ceux-ci sont impuissants dans une province où 90% des habitants sont en danger faute de nourriture suffisante.

Ces mariages "sont dus aux problèmes économiques, ce n'est pas une règle imposée" par les talibans, insiste auprès de l'AFP le gouverneur par intérim de Badghis, Malawi Abdul Sattar.

L'âge minimum légal pour le mariage des filles était de 16 ans sous le gouvernement précédent, avant la prise de pouvoir des talibans en août.

Selon un rapport de l'Unicef de 2018, 42% des familles afghanes ont une fille qui se marie avant l'âge de 18 ans. D'abord pour des raisons financières, car le mariage est souvent perçu comme le moyen d'assurer la survie d'une famille. Mais les filles mariées tôt encourent aussi de graves risques, des accouchements compliqués aux violences conjugales ou familiales.

Pour l'époux, acheter une fille jeune est avantageux, car elle coûte moins cher qu'une femme plus âgée.

Le fléau s'étend aussi aux camps de déplacés d'Hérat, la troisième plus grande ville afghane, un peu plus au sud. Allahudin, un déplacé originaire de Badghis, y explique avoir vendu sa fille de 10 ans.

"Je ne l'aurais jamais fait si j'avais eu le choix", dit-il. Il a une autre fille, âgée de cinq ans, et s'il le pouvait, il la "vendrai(t) aussi".

Derrière les mots crus, la souffrance des pères est toutefois criante. Leur voix, leurs yeux traduisent leur désespoir infini de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

"Je sais que ce n'est pas bien", regrette lui aussi Baz Mohammad, un ancien cultivateur de Badghis. "Mais j'ai cru que nous allions tous mourir".

Nucléaire iranien: discussions à Bruxelles pour relancer les négociations

Négociations sur un « accord nucléaire » avec l'Iran à Vienne, Autriche, le 1er septembre 2020.

Le vice-ministre iranien chargé du dossier nucléaire Ali Baghéri rencontrera cette semaine à Bruxelles le négociateur européen Enrique Mora pour discuter de la reprise des négociations à Vienne, a annoncé lundi à l'AFP le porte-parole du chef de la diplomatie européenne.

"Une rencontre entre les deux hommes est prévue cette semaine", a déclaré Peter Stano. Mais "aucune réunion n'est prévue avec Josep Borrell", le coordinateur des négociations sur l'accord nucléaire conclu en 2015 avec l'Iran, a-t-il précisé.

Ali Baghéri a annoncé sur son compte Twitter qu'il allait "rencontrer le coordinateur du JCPOA (acronyme anglais de l'accord sur le nucléaire iranien) mercredi à Bruxelles pour poursuivre nos discussions afin de reprendre les négociations en vue de parvenir à des résultats".

L'UE presse les Iraniens de reprendre les négociations engagées à Vienne pour sauver l'accord sur le nucléaire, conclu en 2015. Elles ont été suspendues depuis l'élection en juin d'un nouveau président iranien.

"Les pourparlers doivent se tenir à Vienne", insistent les Européens.

Mais les Iraniens veulent "discuter des questions restées en suspens" après les entretiens avec le négociateur européen Enrique Mora le 14 octobre à Téhéran.

Josep Borrell, informé du souhait du négociateur iranien de le rencontrer, s'est dit prêt à le recevoir, mais pas pour négocier.

Les Iraniens ont tenté de lui forcer la main en annonçant l'organisation d'une réunion avec lui à Bruxelles jeudi dernier, mais Josep Borrell leur a fait savoir qu'il n'avait rien prévu à cette date.

"les Iraniens ne sont pas encore prêts à reprendre les pourparlers à Vienne", a confié un responsable européen. "Or l'objectif est qu'ils reprennent le plus vite possible".

Les Iraniens "veulent des clarifications sur le texte qui est sur la table (à Vienne) et des contacts bilatéraux avec certains des pays signataires", a-t-il précisé.

Le président américain Joe Biden s'est dit prêt à revenir dans l'accord conclu en 2015, à condition que l'Iran renoue parallèlement avec ses engagements.

Les Etats-Unis ont haussé le ton et fait planer la menace d'un recours à l'option militaire en cas d'échec de la diplomatie pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique, but de l'accord de 2015.

L'accord conclu entre l'Iran d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l'ONU.

Après le retrait unilatéral des Américains de l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, Téhéran a progressivement abandonné ses engagements. Les Etats-Unis ont en retour imposé des sanctions.

Le président turc promet un partenariat "gagnant-gagnant" aux Africains

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le président angolais João Lourenço lors de leur rencontre à Luanda, Angola, le 18 octobre 2021.

La Turquie entend promouvoir des relations avec les pays africains "sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a assuré le président turc Recep Tayyip Erdogan en concluant une visite en Angola, première étape d'une tournée en Afrique.

"Nous, en Turquie, nous attachons une grande importance et une grande valeur à la relation étroite que nous entretenons avec le continent africain", a affirmé lundi soir le président Erdogan devant un parterre d'hommes d'affaires angolais, selon un communiqué diffusé par son parti AKP.

"Nous désirons faire progresser ces relations sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a-t-il poursuivi.

Un peu plus tôt, dans un discours devant le parlement angolais diffusé sur le site de la présidence turque, M. Erdogan avait estimé que "le sort de l'humanité ne peut pas et ne doit pas être laissé à la merci d'une poignée de pays qui sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale".

"Ignorer les appels au changement est une injustice pour l'Afrique", a-t-il ajouté en soulignant que la Turquie ne portait "aucune tache" d'impérialisme ou de colonialisme.

Lors de conversations avec son homologue angolais Joao Lourenco, le président turc a vanté l'industrie gazière turque et soulignant que celle-ci "serait ravie de partager son expérience".

Après l'Angola, le président turc devait poursuivre sa tournée africaine par le Togo puis le Nigeria.

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