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Moyen-Orient

La faim atteint des proportions record en Syrie, avertissent des ONG

Jumana et Farhan al-Alyawi, des jumeaux syriens de 8 ans déplacés d'Idleb dans une tente au camp d'Atmeh, près de la frontière turque, en Syrie, le 19 juin 2020.

La faim touche un nombre record de Syriens et cela pourrait encore empirer, ont averti lundi plusieurs organisations à la veille d'une conférence d'aide internationale à Bruxelles et alors que l'ONU réclame une augmentation de l'assistance transfrontalière.

Plus de neuf ans après le début d'une guerre meurtrière et complexe, les combats ont baissé en intensité mais l'urgence demeure dans un pays où les camps de déplacés abondent et où plusieurs millions de personnes dépendent des aides humanitaires.

"Actuellement, quelque 9,3 millions de Syriens se couchent en ayant faim, tandis que plus de 2 millions (supplémentaires) risquent de connaître le même sort", ont averti dans un communiqué commun plusieurs ONG internationales.

Le nombre de Syriens souffrant d'insécurité alimentaire a augmenté de 42% depuis l'année dernière, selon le texte signé notamment par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Oxfam, CARE et Mercy Corps.

"Les Syriens qui ont déjà enduré pratiquement une décennie de guerre et de déplacements sont maintenant confrontés à un niveau de faim sans précédent", déplore le texte.

"L'assistance internationale est nécessaire aujourd'hui plus que jamais", ajoutent les ONG.

"A moins que les financements et l'accès humanitaire n'augmentent, de nombreux Syriens, notamment ceux réfugiés dans la région, se retrouveront (également) au bord de la famine", poursuit le texte.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU lundi à New York, le secrétaire général adjoint de l'Organisation pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a souligné que "les niveaux actuels d'aide fournie à travers les frontières étaient loin d'être suffisants".

"Le Nord-Ouest continue de souffrir d'une crise humanitaire majeure et les opérations transfrontalières doivent s'intensifier encore davantage", a-t-il dit.

Ne pas prolonger l'autorisation de l'aide transfrontalière, qui expire le 10 juillet, "provoquera souffrances et morts", a-t-il averti.

En janvier, cette aide avait été prolongée de seulement six mois et considérablement réduite par la Russie à deux points d'entrée sur la frontière turque contre quatre jusqu'alors.

Une conférence de soutien est organisée mardi à Bruxelles sous l'égide de l'ONU et de l'Union européenne pour encourager les donateurs à accroître l'aide apportée aux personnes affectées par le conflit syrien, dans le pays en guerre et à l'étranger.

Le conflit en Syrie déclenché en 2011 a fait plus de 380.000 morts et poussé à l'exil près de la moitié de la population d'avant-guerre, avec des déplacés à l'intérieur du pays et des réfugiés à l'étranger.

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Nucléaire iranien: le chef de l'AIEA à Téhéran

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, et le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, se serrent la main lors de leur rencontre à Téhéran, en Iran, le 23 novembre 2021.

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a affirmé mardi en Iran chercher un "terrain d'entente" sur fond d'inquiétude occidentale après l'augmentation par Téhéran de son stock d'uranium hautement enrichi, en riposte aux sanctions américaines.

La visite de M. Grossi survient à une semaine de la reprise prévue à Vienne des négociations pour sauver l'accord international sur le nucléaire iranien suspendues depuis juin.

Signe de la tension entre l'ONU et Téhéran, les journaux ultraconservateurs iraniens ignorent totalement la venue du chef de l'AIEA.

Arrivé lundi soir dans la capitale iranienne, ce dernier a rencontré dans la matinée le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami.

"Notre travail a été intense (...) Nous poursuivons nos négociations afin d'aboutir à un terrain d'entente", a affirmé M. Grossi lors d'une conférence de presse commune avec son interlocuteur iranien.

"Nous travaillons aussi sur d'autres sujets (...) C'est très important de mettre le tout dans la perspective du programme nucléaire pacifique de l'Iran", a souligné le patron de l'AIEA.

"Cadre clair"

"Nous travaillons très dur et nous multiplions nos efforts pour conclure nos échanges aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Dans un bref communiqué mardi, l'OIEA affirme que "l'établissement d'un cadre clair de coopération entre l'OIEA et l'AIEA est l'un des principaux sujets de discussion entre les deux responsables".

M. Grossi n'était pas revenu depuis le 12 septembre à Téhéran où il n'avait rencontré alors que le chef de OIEA.

Il s'était plaint de l'absence de contacts avec des membres du gouvernement, mis en place en août, dans la foulée de l'élection présidentielle remportée en juin par l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

"C'est stupéfiant", avait-il dit, expliquant qu'il y avait "une longue liste de choses" dont il voulait discuter avec les dirigeants iraniens.

Cette fois, M. Grossi doit s'entretenir dans l'après-midi pour la première fois avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, chargé du volet politique du dossier nucléaire.

Ces rencontres ont lieu une semaine avant la reprise à Vienne le 29 novembre des pourparlers entre l'Iran et les grandes puissances pour tenter de sauver l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, avait souhaité lundi que la réunion avec M. Grossi soit "constructive".

"Nous avons toujours conseillé à l'AIEA de rester sur la voie de la coopération technique et de ne pas laisser certains pays poursuivre leurs objectifs politiques au nom de l'AIEA", a-t-il indiqué.

Le déplacement de M. Grossi intervient après que l'AIEA a fait état la semaine dernière d'une nette augmentation du stock d'uranium hautement enrichi par Téhéran, en riposte au rétablissement en 2018 des sanctions américaines.

Selon un rapport de l'instance onusienne consulté par l'AFP, la quantité d'uranium accumulée dépasse désormais de plus de douze fois la limite autorisée par l'accord de 2015: il était ainsi estimé début novembre à 2.489,7 kg.

Augmentation de l'enrichissement

Surtout, l'Iran a dépassé le taux d'enrichissement de 3,67% fixé par l'accord, montant d'abord à 20%: il dispose maintenant de 113,8 kg, contre 84,3 kg fin août.

Puis il a franchi le seuil inédit de 60%, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe: il en a produit 17,7 kg, contre 10 kg il y a trois mois.

Ce rapport sera examiné lors du Conseil des gouverneurs de l'AIEA prévu la semaine prochaine, juste avant le retour des négociateurs à Vienne, le 29 novembre.

L'accord de Vienne, conclu en 2015 entre l'Iran d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales étranglant son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Mais Washington a quitté unilatéralement l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et rétabli les sanctions contre Téhéran. En retour, l'Iran, qui nie chercher à se doter de l'arme atomique, a progressivement abandonné ses engagements.

Washington demande aux talibans de prouver qu'ils méritent le dégel des avoirs afghans

Des combattants talibans se rassemblent le long d'une rue lors d'un rassemblement à Kaboul le 31 août 2021 alors qu'ils célèbrent le départ des troupes américaines.

Les Etats-Unis ont opposé vendredi une fin de non-recevoir aux talibans, qui avaient appelé dans une lettre ouverte au Congrès américain à libérer les avoirs afghans gelés depuis leur prise du pouvoir mi-août, en réaffirmant qu'ils devaient d'abord "mériter" le soutien de Washington.

"La lettre des talibans au Congrès cette semaine fournit une lecture erronée des faits au sujet de la crise économique et humanitaire en Afghanistan", a répondu sur Twitter l'émissaire américain Thomas West.

"L'Afghanistan souffrait malheureusement déjà d'une terrible crise humanitaire avant la mi-août, aggravée par la guerre, des années de sécheresse et la pandémie", a-t-il estimé.

Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement instauré par les talibans mais non reconnu par la communauté internationale, Amir Khan Muttaqi, affirmait mercredi dans son courrier que "les racines" du problème remontaient "au gel des avoirs" par le gouvernement américain, et demandait que ces sanctions "soient levées".

Il assurait, à l'appui de cette demande, que les islamistes qui dirigent désormais le pays oeuvrent pour "la bonne gouvernance", "la sécurité" et "la transparence".

Washington a gelé près de 9,5 milliards de dollars de la Banque centrale afghane. L'économie qui dépendait de l'aide internationale s'est effondrée, avec des fonctionnaires qui n'ont pas été payés depuis des mois et le Trésor public incapable de payer les importations.

L'émissaire américain a souligné que les Etats-Unis avaient "clairement prévenu les talibans depuis des années" qu'en cas de prise du pouvoir par la force, "l'aide cruciale non humanitaire de la communauté internationale cesserait". "C'est ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

"La légitimité et le soutien doivent se mériter par des actes", a insisté Thomas West, qui réitère les conditions posées par les Américains : lutte contre le terrorisme, mise en place d'un gouvernement "inclusif", "respect des droits des minorités, des femmes et des filles", et "accès égalitaire à l'éducation et à l'emploi".

Il a assuré que Washington continuerait à entretenir un "dialogue lucide et franc avec les talibans". En attendant, les Etats-Unis continueront à fournir aux Afghans une aide strictement humanitaire, a-t-il ajouté.

Le Qatar poursuivi en justice pour examens gynécologiques forcés

Un Airbus A350 de Qatar Airways à l'aéroport de Francfort en Allemagne, 15 janvier 2015.

Des femmes ayant subi un examen gynécologique forcé à l'aéroport de Doha vont poursuivre les autorités qataries auprès de la justice australienne. Face au scandale, le Premier ministre quatari avait présenté des excuses et le policier qui a supervisé les examens a été condamné.

Fin 2020, des passagères de dix vols de Qatar Airways au départ de Doha, dont 13 Australiennes, ont été soumises à des examens qui visait à retrouver la mère d'un bébé abandonné dans les toilettes de l'aéroport.

Sept femmes concernées préparent une action judiciaire, a annoncé l'avocat australien Damian Sturzaker.

Le Qatar s'est engagé à assurer "la sûreté et la sécurité" des passagers à l'avenir. Le Premier ministre a formulé des excuses et un policier de l'aéroport qui a supervisé les examens a été condamné.

Mais les plaignantes veulent une compensation et une protection pour les passagères transitant par cet aéroport avant la Coupe du monde de football 2022, qui sera organisée dans le pays.

Me Sturzaker a précisé que la plainte serait déposée dans les prochaines semaines en Australie contre l'autorité aérienne civile du Qatar, l'aéroport international Hamad, Qatar Airways et le gouvernement qatari.

Attentat à la bombe contre une mosquée en Afghanistan

Des secouristes transportent un blessé après un attentat à la bombe à Kaboul, le 6 mars 2020.

Une bombe a explosé dans une mosquée pendant la prière du vendredi, blessant 15 personnes dans l'est de l'Afghanistan, où les militants du groupe État islamique mènent une campagne de violence.

Qari Hanif, porte-parole du gouvernement de la province de Nangarhar, a déclaré que la bombe semblait avoir été placée à l'intérieur de la mosquée de la ville de Traili, située dans la région montagneuse de Spin Ghar, à l'extérieur de la capitale provinciale Jalalabad.

Depuis qu'ils ont pris le pouvoir en Afghanistan il y a trois mois, les Talibans mènent une campagne de contre-insurrection, jurant de mettre fin à la menace que représente l’ État islamique.

Les deux groupes partagent une interprétation stricte de l'islam et se sont livrés au fil des ans à certaines des mêmes tactiques violentes, comme les attentats-suicides. Toutefois, les Talibans se sont concentrés sur la prise de contrôle de l'Afghanistan, tandis que l' État islamique adhère au djihad mondial.

Mercredi, un porte-parole du service de renseignement des Talibans a déclaré aux journalistes à Kaboul que l'agence avait arrêté près de 600 membres de l' État islamique, y compris des personnages clés et des soutiens financiers. Le porte-parole, Khalil Hamraz, a déclaré qu'au moins 33 membres de l' État islamique ont été tués dans des échanges de tirs avec les forces de sécurité talibanes.

Une mannequin condamnée à 5 ans de prison par les rebelles au Yémen

Jeunes femmes dans le seul cybercafé réservé aux femmes à Marib, au Yémen, le 13 octobre 2020.

Une jeune mannequin a été condamnée à cinq ans de prison par les rebelles Houthis au Yémen pour "consommation abusive de drogue" et "prostitution", lors d'un procès dénoncé par les ONG internationales, a annoncé l'agence de presse des rebelles Saba

Intissar al-Hammadi avait été arrêtée à l'âge de 19 ans le 20 février alors qu'elle se rendait à une séance photo, à Sanaa, la capitale sous contrôle des insurgés islamistes.

La chercheuse sur le Yémen à Human Rights Watch, Afrah Nasser, a déclaré sur Twitter être "outrée d'apprendre que les Houthis ont condamné Intissar à cinq ans de prison, et d'autres femmes à un, trois, et cinq ans!", estimant que la peine est "injuste et politiquement motivée".

Le procès de Mme Hammadi et ses collègues, commencé le 6 juin, avait été dénoncé par l'ONG comme une procédure "inique" et une affaire "entachée d'irrégularités et d'abus". Selon sa défense, le métier de la jeune femme est la vraie raison de son arrestation.

Née d'une mère éthiopienne et d'un père yéménite, Intissar al-Hammadi a publié des dizaines de photos sur les réseaux sociaux dans des tenues traditionnelles ou occidentales, avec ou sans voile islamique.

En mai, Amnesty international a affirmé qu'elle avait été "maltraitée physiquement et verbalement" et "forcée de reconnaître plusieurs délits", dont ceux de "possession de drogue" et "prostitution". Le Centre du Golfe pour les Droits Humains (GCHR) avait indiqué que la jeune femme incarcérée avait tenté de se suicider en juin.

Les violences contre les femmes yéménites, en particulier dans les zones contrôlées par les Houthis, ont été exacerbées par le conflit déclenché en 2014 dans le pays qui vit la pire catastrophes humanitaires du monde.

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