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Idleb: Allemagne, Koweït et Belgique demandent un vote de l'ONU jeudi sur un cessez-le-feu

L'entrée de Khan Sheikhoun, une ville de l'enclave d'idleb, en Syrie, le 24 août 2019.

L'Allemagne, le Koweït et la Belgique ont demandé un vote du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi sur une résolution imposant "une cessation immédiate des hostilités" dans la province d'Idleb en Syrie, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.

Le texte, obtenu par l'AFP et sur lequel la Russie - et peut-être aussi la Chine - devrait mettre son veto, souligne que ce cessez-le-feu doit débuter le 21 septembre à midi, heure locale, et précise qu'il vise à "éviter une détérioration supplémentaire de la situation déjà catastrophique à Idleb".

Le vote sur cette résolution, négociée depuis fin août mais qui se heurte à une forte opposition de Moscou, a été programmé jeudi en fin de matinée par la Russie, présidente en exercice du Conseil en septembre, après avoir été envisagé pour l'après-midi.

"Je m'attends à un veto de la Russie et de la Chine", a indiqué un diplomate occidental sous couvert d'anonymat. Interrogé sur l'intérêt d'un texte voué à l'échec et sur la possibilité d'un compromis, il a répondu: "Nous ne voulons pas voir une répétition de ce qui s'est passé à Alep" et "nous pouvons faire de compromis sur le droit humanitaire".

A peine le projet de l'Allemagne, du Koweït et de la Belgique (trois membres non permanents du Conseil) déposé, la Russie a contre-attaqué avec son propre projet de résolution soutenu par la Chine. Le texte devrait aussi être proposé au vote jeudi.

Obtenu par l'AFP, ce projet demande aussi "une cessation des hostilités immédiate pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire déjà catastrophique dans la province d'Idleb", avec date d'entrée en vigueur laissée en blanc.

Mais le paragraphe suivant souligne "que la cessation des hostilités ne s'applique pas aux opérations militaires contre des individus, des groupes ou des entités associés avec des groupes terroristes".

Cette mention est inacceptable pour les Occidentaux car elle laisse libre cours à toutes les interprétations et la poursuite de bombardements sur d'éventuelles installations civiles. Selon des diplomates, ce texte ne devrait pas recueillir les neuf voix indispensables à son adoption sur les 15 du Conseil de sécurité.

Des frappes sporadiques se poursuivent à Idleb après quatre mois de bombardements du régime syrien et de son allié russe qui ont tué, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 960 civils.

L'ONU ne cesse depuis des semaines de mettre en garde contre la dégradation de la situation humanitaire dans cette province où vivent quelque 3 millions de personnes dont 1 million d'enfants.

Avec AFP

Attaques en Arabie: Pompeo évoque un "acte de guerre" de l'Iran

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, à gauche, lors de sa rencontre avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman à Djedda (Arabie Saoudite) le mercredi 18 septembre 2019. (Mandel Ngan / Photo de la piscine via AP)

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, en visite mercredi en Arabie saoudite, a qualifié l'attaque contre des infrastructures pétrolières du royaume d'"acte de guerre".

Le chef de la diplomatie américaine a de nouveau attribué l'attaque à l'Iran, peu après la présentation d'une enquête saoudienne selon laquelle Téhéran a "incontestablement parrainé" l'attaque.

Dépêché en Arabie saoudite afin de "coordonner les efforts pour contrer l'agression iranienne dans la région", M. Pompeo a réaffirmé que l'Iran était responsable des frappes dévastatrices de samedi, revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, tandis que le président américain Donald Trump affirmait depuis Los Angeles disposer de "beaucoup d'options" pour répondre à l'Iran.

A Jeddah (ouest), le chef de la diplomatie américaine a rencontré l'homme fort du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane.

"C'était une attaque iranienne. Ce n'est pas venu des Houthis", a insisté M. Pompeo à son arrivée, évoquant un "acte de guerre" et assurant que "les équipements utilisés ne sont pas connus comme faisant partie de l'arsenal des Houthis".

Mais les rebelles, soutenus politiquement par Téhéran, ont de nouveau revendiqué les attaques et même menacé de frapper "des dizaines de cibles" aux Emirats arabes unis, alliés de Ryad au sein de la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement contre la rébellion.

Ryad a de son côté accusé l'Iran d'avoir "incontestablement parrainé" les attaques.

Lors de la présentation d'une enquête officielle, le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a dévoilé des débris de "drones" et de "missiles de croisière".

Selon lui, 18 drones et sept missiles de croisière ont frappé samedi deux sites du premier exportateur mondial de pétrole après avoir été tirés du "Nord", or le Yémen est situé au sud du royaume.

Le responsable saoudien n'a toutefois pas accusé directement l'Iran d'avoir lancé les attaques depuis son territoire. Une enquête doit déterminer l'origine exacte des tirs, a-t-il dit.

Hesameddin Ashena, conseiller du président iranien, a qualifié sur Twitter cette présentation de "désastre médiatique" pour l'Arabie saoudite, le lieu de fabrication et de lancement des missiles n'ayant visiblement pas pu être établi.

- Sanctions américaines durcies -

L'Iran dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques contre Ryad, son rival régional, qui ont fait baisser de moitié la production de pétrole du royaume et fait flamber temporairement les prix du brut.

Mais la chaîne de télévision américaine CBS News a affirmé mercredi que l'attaque avait été bien perpétrée par l'Iran et approuvée par l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de l'Iran, citant un responsable américain sous couvert de l'anonymat.

Selon la même source, les Américains possèdent des preuves encore plus probantes que les débris de "drones" et de "missiles de croisière" présentés mercredi par le ministère saoudien de la Défense: des photos des Gardiens de la révolution islamique se préparant pour cette attaque dans une base aérienne du sud-ouest de l'Iran.

M. Trump a annoncé mercredi sur Twitter avoir ordonné un durcissement "substantiel des sanctions" contre l'Iran et ajouté plus tard qu'il en préciserait les détails "d'ici 48 heures".

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a dénoncé des sanctions "illégales" et "inhumaines" contre des "citoyens ordinaires".

Washington a déjà réimposé de lourdes sanctions à l'Iran depuis que M. Trump a retiré son pays en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

"Il y a beaucoup d'options (pour répondre à l'Iran). Il y a l'option ultime et il y a des options bien moins élevées que cela", a tweeté M. Trump.

Avant sa rencontre avec M. Pompeo, Mohammed ben Salmane s'est déjà entretenu au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine --qui "a appelé à une enquête approfondie et objective"-- et avec le chef d'Etat français Emmanuel Macron, qui va envoyer des experts pour participer à l'enquête saoudienne. Les Nations Unies enverront également leurs experts, selon des sources diplomatiques.

Le prince héritier a estimé que ces attaques permettaient de tester "la volonté internationale de lutter contre les opérations de sabotage qui menacent la sécurité et la stabilité mondiales", selon l'agence officielle saoudienne SPA.

- "Plus qu'une menace" -

Lundi, la République islamique a nié et condamné les accusations américaines, affirmant que si "une action devait être prise contre l'Iran", Téhéran y répondrait "immédiatement" avec "une portée bien plus grande qu'une simple menace", selon l'agence officielle Irna.

Les attaques contre l'Arabie saoudite ont réveillé la crainte d'une confrontation militaire avec l'Iran, alors que Washington et Téhéran ont frôlé l'affrontement direct en juin. M. Trump avait alors dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que Téhéran eut abattu un drone américain.

L'armée du Koweït a ordonné mercredi à ses troupes de renforcer "leur préparation au combat" "face à l'escalade de la situation".

Alors que, dimanche, la Maison Blanche a indiqué que M. Trump n'écartait pas l'hypothèse d'une rencontre avec le président iranien Hassan Rohani lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le président américain a finalement dit préférer "ne pas le rencontrer".

Le voyage du président iranien "pourrait être annulé" faute de visas délivrés par les Etats-Unis, a dit Irna mercredi.

Téhéran avait précédemment exclu toute négociation avec les Etats-Unis à l'ONU, à moins qu'ils ne réintégrent l'accord sur le nucléaire iranien.

Avec AFP

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