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Conflit syrien : 7,7 milliards de dollars d'aides pour les réfugiés malgré la crise

Le camp de réfugiés de Sehba 1 en Syrie le 20 juin 2020.

Le soutien de la communauté internationale aux réfugiés syriens a été confirmé mardi, malgré la crise provoquée par la pandémie, avec la levée de 7,7 milliards de dollars au cours d'une conférence des donateurs organisée par l'UE et les Nations unies.

"Les engagements totalisent 6,9 milliards d'euros, soit 7,7 milliards de dollars, dont 4,9 milliards d'euros pour 2020 et 2 milliards d'euros supplémentaires pour 2021", a annoncé le commissaire européen Janez Lenarčič à l'issue de la conférence.

La précédente conférence des donateurs pour la Syrie en 2019 avait permis de lever 7 milliards de dollars en engagements.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock a salué ce succès obtenu à "un moment difficile pour trouver des financements".

"Si nous obtenons 5,5 milliards de dollars, ce ne sera pas un mauvais résultat", avait-il déclaré à l'ouverture de la conférence.

Les institutions de l'UE ont promis "2,3 milliards d'euros pour cette année et l'année prochaine".

Les Etats membres ont ajouté des contributions nationales. L'Allemagne a ainsi promis 1,58 milliards d'euros, l'Italie 45 millions, l'Irlande 25 millions, le Luxembourg 7,5 millions d'euros.

Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé une contribution de 300 millions de livres (328 millions d'euros) et la France s'est engagée pour 845 millions d'euros sur trois années, dont 637 millions d'euros en prêts.

Les engagements des pays donateurs ont été complétés par des prêts des institutions financières internationales pour un montant de 6 milliards d'euros (6,7 milliards de dollars), a indiqué le commissaire Lenarčič.

- Conflit chronique -

"Je tiens à souligner que l'événement d'aujourd'hui arrive à un moment particulièrement difficile, car l'impact de la pandémie de Covid-19 se traduit par une augmentation énorme des besoins humanitaires dans le monde entier et il est évident qu'elle a un impact profond sur les économies des donateurs", a-t-il souligné.

"Dans ce contexte, nous devons être d'autant plus satisfaits de la promesse de soutien global", a-t-il conclu.

Les fonds promis doivent permettre d'aider les quelque 12 millions de Syriens réfugiés dans des pays voisins ou déplacés dans leur pays, a précisé le représentant du HCR Filippo Grandi.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a insisté sur la charge qui pèse sur la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Irak et l'Egypte, pays d'accueil des réfugiés.

"La Turquie accueille 3,5 millions de Syriens depuis des années. C'est un lourd fardeau", a-t-il affirmé en saluant "la solidarité" montrée par Ankara.

Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a précisé que les réinstallations de réfugiés dans d'autres pays ont chuté en 2020. Cette situation fait peser une "pression très forte sur les pays d'accueil", a insisté M. Grandi.

"La pandémie a par ailleurs durement frappé les économies des pays de la région et si son impact négatif n'est pas contré, tous les progrès de l'aide humanitaire seront annulés", a-t-il averti.

"Nous ne voyons pas de solution politique au conflit", a-t-il déploré. "Il y a plus de régions qui sont devenues plus stables, mais il y a encore des zones en conflit".

"Les retours de réfugiés doivent se faire de manière volontaire. Or, il n'y aura pas de programme de reconstruction tant qu'il n'y aura pas de paix", a-t-il averti.

"Le conflit en Syrie est devenu chronique", a déploré Josep Borrell. "Nous ne pouvons pas l'accepter".

"Nous avons besoin d'un processus politique qui permette une Syrie pacifiée, démocratique et stable", a-t-il rappelé.

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Affaire Jamal Khashoggi: un suspect arrêté en France

Des affiches du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi, près du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, vendredi 2 octobre 2020.

Un suspect dans le meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été arrêté mardi en France, selon un responsable judiciaire français.

Ce responsable a précisé que le suspect était détenu sur la base d'un mandat d'arrêt turc. Il a demandé à ne pas être nommé, conformément aux pratiques habituelles de la justice française.

Selon la radio française RTL, le ressortissant saoudien, Khalid Aedh al-Otaibi, a été arrêté à l'aéroport de Roissy, près de Paris, alors qu'il tentait d'embarquer sur un vol à destination de Riyad.

M. Al-Otaibi faisait partie de plus d'une douzaine de responsables saoudiens sanctionnés par le Trésor américain en 2018 à la suite du meurtre et du démembrement de Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul en 2018.

Il était également mentionné dans le rapport déclassifié des services de renseignement américains qui affirmait que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman avait "approuvé" l'opération qui a tué Khashoggi. Le rapport a utilisé une translittération anglaise alternative de son nom de famille.

L'ambassade d'Arabie saoudite à Paris a déclaré que l'homme arrêté "n'avait rien à voir avec l'affaire en question" et a indiqué que l'ambassade s'attendait à sa libération immédiate. Elle a noté que l'Arabie saoudite a déjà tenu un procès sur le meurtre, bien qu'il se soit déroulé à huis clos et que les verdicts aient été critiqués par des groupes de défense des droits de l'homme et d'autres personnes pour n'avoir pas tenu pour responsable ou déclaré coupable toute personne ayant organisé, ordonné ou supervisé l'opération qui a tué Khashoggi.

Les autorités françaises vérifiaient mardi soir l'identité du suspect.

Le directeur de l'organisation de défense des médias Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a salué la nouvelle.

"Parfois, les gouvernements ferment les yeux sur des personnes qui sont poursuivies par la justice dans un autre pays. Je constate avec satisfaction qu'il y a eu une arrestation, et que la police n'a pas fermé les yeux cette fois-ci", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Des émigrés africains se plaignent des conditions de travail au Moyen-Orient

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Le variant Omicron secoue les États et réveille des inquiétudes liées au Covid

Des voyageurs portant des équipements de protection individuelle arrivent à l'aéroport de Melbourne, en Australie, le 29 novembre 2021.

Aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, selon l'OMS.

Le nouveau variant Omicron du coronavirus, classé “préoccupant", présente "un risque très élevé" au niveau mondial, a prévenu ce lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Réunion d’urgence du G7 face à Londres au nouveau variant. Plusieurs pays suspendent des voyages pour éviter les contaminations.

Stéphane Bancel, patron du géant pharmaceutique Moderna, estime que les vaccins actuels sont probablement moins efficaces contre Omicron, rapporte le quotidien Financial Times.

Tout en précisant qu'aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, l’OMS indiquant que la probabilité qu'il se répande au niveau mondial est élevée.

De nombreuses incertitudes planent encore sur sa dangerosité et sa transmissibilité. Mais les scientifiques redoutent déjà qu’Omicron soit extrêmement contagieux et échappe à certaines parties du système immunitaire.

La liste des pays où le variant est détecté ne cesse de s'allonger. Plusieurs pays occidentaux et africains sont déjà fermés aux voyageurs venant de huit pays d'Afrique australe. Les Etats-Unis se trouvent en "état d'alerte avancée", bien qu’aucun cas n’a encore été confirmé.

L'Afrique du Sud, où Omicron a été détecté et annoncé jeudi dernier, s'attend à une hausse exponentielle des contaminations. Mais Pretoria jugé "triste" et "regrettable" que des pays africains suivent le vent de panique et imposent des restrictions de voyage sur le continent.

Le gouvernement sud-africain demande l’annulation immédiate des restrictions que le président Cyril Ramaphosa juge dépourvues de "justification scientifique".

Les ministres de la Santé du G7 se retrouvent urgemment à Londres pour discuter de l'évolution de la situation sur Omicron. L’OMS se réunit à Genève pour discuter d'un accord international définissant la manière de gérer la prochaine pandémie – ce qui, selon les experts, n'est qu'une question de temps.

Pas besoin de s'inquiéter

Le président américain Joe Biden a estimé lundi qu'il n'y avait "pas de raison de paniquer" face à la propagation du nouveau variant Omicron du Covid-19, tout en appelant les Américains à se faire vacciner et à recevoir leurs doses de rappel. "Il y a des raisons d'être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer", a nuancé le président américain dans un discours à la Maison Blanche.

A l'approche des fêtes de fin d’année, le locataire de la Maison Blanche a appelé les Américains à se faire vacciner, à faire vacciner leurs enfants, à recevoir leurs doses de rappel et à porter un masque à l’intérieur. Selon lui, ces mesures éviteront un re-confinement.

Le président démocrate a également indiqué qu’à ce stade, une éventuelle obligation de vaccin ou de test pour prendre des vols domestiques aux Etats-Unis, n'est pas une recommandation de la communauté scientifique.

Joe Biden présentera jeudi une stratégie détaillée de lutte contre le coronavirus pendant l'hiver, "pas avec des fermetures ou des confinements, mais en amplifiant la vaccination, les rappels, les tests”, a-t-il précisé.

Le variant Omicron, déjà signalé en Europe, a atteint le continent américain avec deux premiers cas annoncés dimanche au Canada. Des cas ont aussi été confirmés en Asie et au Moyen-Orient.

L'OMS prévient du risque très élevé du variant Omicron

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Nucléaire iranien: le chef de l'AIEA à Téhéran

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, et le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, se serrent la main lors de leur rencontre à Téhéran, en Iran, le 23 novembre 2021.

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a affirmé mardi en Iran chercher un "terrain d'entente" sur fond d'inquiétude occidentale après l'augmentation par Téhéran de son stock d'uranium hautement enrichi, en riposte aux sanctions américaines.

La visite de M. Grossi survient à une semaine de la reprise prévue à Vienne des négociations pour sauver l'accord international sur le nucléaire iranien suspendues depuis juin.

Signe de la tension entre l'ONU et Téhéran, les journaux ultraconservateurs iraniens ignorent totalement la venue du chef de l'AIEA.

Arrivé lundi soir dans la capitale iranienne, ce dernier a rencontré dans la matinée le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami.

"Notre travail a été intense (...) Nous poursuivons nos négociations afin d'aboutir à un terrain d'entente", a affirmé M. Grossi lors d'une conférence de presse commune avec son interlocuteur iranien.

"Nous travaillons aussi sur d'autres sujets (...) C'est très important de mettre le tout dans la perspective du programme nucléaire pacifique de l'Iran", a souligné le patron de l'AIEA.

"Cadre clair"

"Nous travaillons très dur et nous multiplions nos efforts pour conclure nos échanges aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Dans un bref communiqué mardi, l'OIEA affirme que "l'établissement d'un cadre clair de coopération entre l'OIEA et l'AIEA est l'un des principaux sujets de discussion entre les deux responsables".

M. Grossi n'était pas revenu depuis le 12 septembre à Téhéran où il n'avait rencontré alors que le chef de OIEA.

Il s'était plaint de l'absence de contacts avec des membres du gouvernement, mis en place en août, dans la foulée de l'élection présidentielle remportée en juin par l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

"C'est stupéfiant", avait-il dit, expliquant qu'il y avait "une longue liste de choses" dont il voulait discuter avec les dirigeants iraniens.

Cette fois, M. Grossi doit s'entretenir dans l'après-midi pour la première fois avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, chargé du volet politique du dossier nucléaire.

Ces rencontres ont lieu une semaine avant la reprise à Vienne le 29 novembre des pourparlers entre l'Iran et les grandes puissances pour tenter de sauver l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, avait souhaité lundi que la réunion avec M. Grossi soit "constructive".

"Nous avons toujours conseillé à l'AIEA de rester sur la voie de la coopération technique et de ne pas laisser certains pays poursuivre leurs objectifs politiques au nom de l'AIEA", a-t-il indiqué.

Le déplacement de M. Grossi intervient après que l'AIEA a fait état la semaine dernière d'une nette augmentation du stock d'uranium hautement enrichi par Téhéran, en riposte au rétablissement en 2018 des sanctions américaines.

Selon un rapport de l'instance onusienne consulté par l'AFP, la quantité d'uranium accumulée dépasse désormais de plus de douze fois la limite autorisée par l'accord de 2015: il était ainsi estimé début novembre à 2.489,7 kg.

Augmentation de l'enrichissement

Surtout, l'Iran a dépassé le taux d'enrichissement de 3,67% fixé par l'accord, montant d'abord à 20%: il dispose maintenant de 113,8 kg, contre 84,3 kg fin août.

Puis il a franchi le seuil inédit de 60%, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe: il en a produit 17,7 kg, contre 10 kg il y a trois mois.

Ce rapport sera examiné lors du Conseil des gouverneurs de l'AIEA prévu la semaine prochaine, juste avant le retour des négociateurs à Vienne, le 29 novembre.

L'accord de Vienne, conclu en 2015 entre l'Iran d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales étranglant son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Mais Washington a quitté unilatéralement l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et rétabli les sanctions contre Téhéran. En retour, l'Iran, qui nie chercher à se doter de l'arme atomique, a progressivement abandonné ses engagements.

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