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Moyen-Orient

A Damas, s'habiller avec des fripes pour célébrer l'Aïd

Le marché de la ville à majorité kurde de Qamishli dans la province de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 19 mai 2020 à quelques jours de l'Aïd al-Fitr.

Sur un marché de fripes à Damas, Cham Allouche fouille dans un tas de vêtements à la recherche d'un chemisier pour l'Aïd el-Fitr, assombri davantage cette année par un effondrement du pouvoir d'achat et une crise économique aiguë.

Pour célébrer la fête marquant la fin du jeûne du ramadan, la tradition veut que les musulmans s'achètent de nouveaux habits.

Et dans le pays ravagé depuis 2011 par un conflit meurtrier, et en proie depuis des mois à une inflation galopante, de plus en plus de Syriens se tournent vers les friperies.

"Ici, les vêtements sont de bonne qualité et les prix sont abordables pour les petits revenus", affirme Cham, 28 ans, derrière de grandes lunettes de soleil.

"Les fripes, c'est la seule façon pour moi d'acheter de nouveaux vêtements pour l'Aïd", reconnaît Mme Allouche. "Sans ce marché, je ne pourrais jamais m'en offrir."

En plein coeur de Damas, les boutiques s'alignent le long des allées tortueuses, les chemises pour hommes côtoyant les baskets et les soutien-gorge.

Une chemise d'occasion peut être achetée à moins de 1.000 livres syriennes (moins d'un dollar au taux de change du marché parallèle), contre 9.000 livres dans les boutiques vendant du neuf.

Après avoir examiné une dizaine d'articles, Mme Allouche opte pour un chemisier jaune à 3.000 livres syriennes, soit moins de deux dollars.

Mais selon cette employée d'une compagnie aérienne privée, "il y a moins de variété cette année et les prix sont plus élevés".

- Dégringolade de la livre -

Ces derniers mois, la crise dans les territoires contrôlés par le gouvernement s'est accompagnée d'une dégringolade de la livre syrienne, amplifiée par le naufrage économique au Liban voisin, selon des experts.

Alors qu'au taux de change officiel, le billet vert s'échange contre 700 livres --48 livres avant la guerre--, il a aujourd'hui dépassé le seuil historique des 1.700 livres sur le marché parallèle.

Cette chute libre a propulsé les prix à des niveaux historiques, y compris les produits alimentaires.

Les mesures visant à enrayer la propagation de la pandémie du Covid-19 --dont le confinement et la fermeture de marchés--, adoptées à la mi-mars avant d'être allégées début mai, ont exacerbé la crise en mettant le pays quasiment à l'arrêt.

Chaque samedi, Dana flâne dans les friperies à la recherche de la "pièce rare".

En ce dernier week-end avant l'Aïd, elle veut trouver sa tenue de fête.

"Avec le prix d'un vêtement (neuf), je peux en acheter trois ou quatre" dans une friperie, s'enthousiasme la jeune femme de 28 ans.

A son passage, les vendeurs la saluent.

"Faire mon shopping ici (...) c'est devenu une habitude, Aïd ou pas."

Après plusieurs semaines de fermeture, en application des mesures de confinement, Malek Abou al-Atta s'affaire dans sa boutique.

"Cette année, je remarque beaucoup de nouvelles têtes" chez les clients, confie le commerçant de 52 ans, coiffé d'une casquette noire.

Sa propre famille n'a pas de quoi se payer des vêtements neufs et s'habille principalement dans les friperies.

"Le salaire mensuel d'un fonctionnaire ne suffit même pas à acheter deux pantalons et une chemise" neufs, déplore-t-il.

- Boutique à vendre -

Environ 83% de la population syrienne vit aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté, selon l'ONU.

Et même si les friperies ont le vent en poupe, la fermeture de commerces en raison du virus a laissé des marques.

Ghassan Tabaa a récemment mis la sienne en vente. Si la crise se prolonge, il s'attend à voir de nombreux autres commerçants emprunter le même chemin.

"C'est la pire saison qu'on ait connue", déplore-t-il.

"Aujourd'hui, la priorité pour tous c'est la nourriture. Les vêtements, c'est secondaire", explique le vendeur.

La fermeture des frontières, décidée par les autorités pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, a par ailleurs compliqué un peu plus les transactions et les transferts financiers, dans un pays à l'économie déjà affaiblie par des sanctions occidentales.

M. Tabaa passe désormais ses journée à suivre l'actualité, incertain de l'avenir qui attend son pays.

"Cette année, il n'y a pas vraiment d'Aïd. D'ailleurs, cela fait près de dix ans que nous n'avons pas réellement connu de fêtes."

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Présidentielle iranienne: un conservateur donné favori

Une mère vote lors de la présidentielle iranienne dans un bureau de vote du consulat iranien, à Najaf, en Irak, le 18 juin 2021.

Les Iraniens se sont rendus aux urnes vendredi pour élire un nouveau président. Les analystes prévoient qu'un protégé du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, sera probablement élu.

Quatre candidats sont en lice et c'est Ebrahim Raisi, chef du pouvoir judiciaire, qui est perçu comme favori. L'ancien directeur de la Banque centrale, Abdolnasser Hemmati, fait figure de modéré, mais il ne semble pas susciter le même engouement que le président sortant Hassan Rouhani, qui ne peut plus être candidat à cause de la limitation des mandats.

À la mi-journée, la participation semblait bien plus faible que lors de la dernière élection présidentielle iranienne en 2017.

Ebrahim Raisi, candidat à la présidence de l'Iran.
Ebrahim Raisi, candidat à la présidence de l'Iran.

S'il est élu, M. Raisi sera le premier président iranien en exercice à être sanctionné par le gouvernement américain avant même d'entrer en fonction. Washington lui reproche notamment son implication dans l'exécution massive de prisonniers politiques en 1988, ainsi que son passage à la tête du système judiciaire iranien, perçu comme l'un des plus draconiens au monde.

Les tensions restent élevées avec les États-Unis et Israël, qui est soupçonné d'avoir mené une série d'attaques visant les sites nucléaires iraniens et d'avoir assassiné le scientifique qui a créé son programme atomique militaire plusieurs décennies auparavant.

Quel avenir sans l'ayatollah?

Le candidat qui remportera le scrutin effectuera vraisemblablement deux mandats de quatre ans et pourrait donc être à la tête du pays à un moment qui pourrait être l'un des plus cruciaux depuis des décennies, à savoir la mort de Khamenei, aujourd'hui âgé de 82 ans. Les spéculations vont bon train sur le fait que M. Raisi pourrait être un prétendant au poste de Guide suprême, tout comme le fils de Khamenei, Mojtaba.

M. Raisi, portant un turban noir qui l'identifie dans la tradition chiite comme un descendant direct du prophète Mahomet, a voté depuis une mosquée du sud de Téhéran, saluant les personnes rassemblées pour voter.

Il y a plus de 59 millions d'électeurs éligibles en Iran, un pays qui compte plus de 80 millions d'habitants. Toutefois, l'agence de sondage des étudiants iraniens, liée à l'État, a estimé que le taux de participation ne serait que de 44 %, ce qui serait le taux le plus bas jamais enregistré depuis la révolution islamique de 1979.

Nucléaire iranien: "le temps ne joue pour personne", souligne Paris

Le président iranien Hassan Rouhani prononce son discours lors du débat général de la 73ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre 2018

La France a appelé mercredi les Etats-Unis et l'Iran à agir "rapidement" pour sauver l'accord sur le programme nucléaire iranien, en soulignant que le "temps ne joue pour personne".

"Les négociations sont plus ardues à mesure qu'elles se concentrent sur les questions les plus difficiles et des désaccords importants persistent", a relevé la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"Cela suppose des décisions courageuses, qui devront intervenir rapidement, car nous partageons tous le constat que le temps ne joue pour personne", a ajouté Agnès von der Mühll.

Le Quai d'Orsay réagissait à des propos du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi, pour qui un accord ne sera pas possible avant la présidentielle iranienne de vendredi et la formation d'un nouveau gouvernement.

Le négociateur en chef de l'Iran, Abbas Araghchi, a aussi déclaré samedi "ne pas "penser que les négociations" sur le nucléaire "puissent parvenir à une conclusion cette semaine", alors que les Iraniens élisent leur président vendredi.

A la sortie d'une réunion des signataires de l'accord à Vienne, le représentant russe Mikhaïl Oulianov a aussi estimé que les négociateurs avaient besoin "de quelques semaines supplémentaires pour toiletter le texte existant".

Le "plan d'action global commun" (JCPOA, selon son acronyme anglais) offre à l'Iran un allègement des sanctions en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'AIEA.

Mais l'ancien président Donald Trump a rétabli les sanctions américaines que l'accord avait permis de lever et a lancé une campagne de "pression maximale" contre l'Iran à coups de sanctions supplémentaires.

En riposte, l'Iran a fait sauter depuis mai 2019 la plupart des limites qu'il avait consenties sur son programme nucléaire.

Joe Biden, qui a succédé à M. Trump en janvier, dit vouloir réintégrer les Etats-unis à l'accord de Vienne.

Yémen: constat d'échec de l'émissaire de l'ONU au terme de ses 3 ans de mission

Scène après le bombardement d'une maison près du port stratégique de Hodeida sur la mer Rouge, tenu par les rebelles, où plusieurs civils, dont un enfant, ont été tués.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a dressé mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU un constat d'échec de ses efforts pour mettre un terme à la guerre meurtrière dans ce pays, à l'issue de ses trois ans de mission.

"Les parties au conflit doivent être suffisamment courageuses et disposées à choisir" la voie d'un règlement politique "plutôt que la poursuite du conflit. Au cours des trois années de ma mission au Yémen, nous avons proposé de nombreuses opportunités aux parties, mais en vain", a déploré le Britannique qui doit quitter incessamment ses fonctions pour celles de secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires.

Son successeur n'a pas encore été nommé. Trois candidats, un Britannique, un Suédois et un Japonais, sont en lice, selon des diplomates.

"Un médiateur n'est pas responsable de la guerre, ni de la paix. Son rôle est de présenter aux parties les moyens de mettre fin à la guerre", a expliqué Martin Griffiths. "C'est avec un profond regret que je vous rapporte aujourd'hui que les parties n'ont toujours pas surmonté leurs divergences", a-t-il ajouté.

Lors de leurs interventions, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont attribué la responsabilité de l'impossibilité de trouver un accord de paix au Yémen aux seuls rebelles Houthis.

L'émissaire a précisé que ces derniers, rencontrés fin mai à Sanaa, n'entendaient appliquer un cessez-le-feu national et débuter des négociations de paix qu'après des accords sur l'utilisation du port de Hodeida (ouest) et de l'aéroport de Sanaa, ville sous leur contrôle.

Le gouvernement yéménite, pour sa part, insiste sur un "ensemble, incluant le début d'un cessez-le-feu" en même temps que des accords sur Hodeida et l'aéroport de Sanaa, a-t-il indiqué.

"Nous avons proposé différentes solutions pour rapprocher ces positions. Malheureusement, aucune de ces suggestions n'a été acceptée par les parties. J'espère que les efforts entrepris par Oman et d'autres à la suite de mes propres visites à Sanaa et à Ryad porteront leurs fruits", a dit l'émissaire.

Depuis 2014, la guerre a tué des dizaines de milliers de personnes au Yémen, selon différentes organisations humanitaires. Plus des deux tiers des 30 millions d'habitants, confrontés à des risques accrus d'épidémies et de famine, dépendent de l'aide internationale. C'est, selon l'ONU, la pire crise humanitaire au monde.

Netanyahu fera tout pour déstabiliser le nouveau gouvernement israélien, selon Ely Karmon

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Les corps de 25 migrants retrouvés au large du Yémen

Les immigrés clandestins africains sont assis sur un bateau dans la ville portuaire d'Aden, au sud du Yémen, le 26 septembre 2016.

Des pêcheurs ont retrouvé lundi au moins 25 corps de migrants qui tentaient apparemment d'atteindre le Yémen dans l'espoir de rejoindre les riches Etats du Golfe, a annoncé un responsable local yéménite à l'AFP.

"Les pêcheurs ont retrouvés 25 corps dans la mer", près du détroit de Bab al-Mandeb et de Djibouti, a indiqué Jalil Ahmed Ali, ajoutant que le bateau s'était "renversé il y a deux jours et transportait entre 160 et 200 personnes". Le sort des autres personnes n'est pas connu.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a confirmé à l'AFP le naufrage d'une embarcation dans cette zone, précisant que les circonstances exactes de l'accident n'étaient pas claires.

Le bateau a coulé près des côtes de Ras al-Ara, dans la région de Lahj (sud), une zone surnommée "l'enfer" des migrants par les ONG.

Malgré le conflit qui ravage le Yémen, les migrations clandestines se poursuivent à partir de l'Ethiopie notamment.

"Nous avons retrouvé 25 corps (de migrants) qui se sont noyés lorsqu'un bateau transportant des dizaines d'entre eux a coulé vers les côtes yéménites", a raconté l'un des pêcheurs à l'AFP.

Les riches pays pétroliers du Golfe, comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, accueillent une importante main d'oeuvre étrangère venue du sous continent indien ou d'Afrique.

Ces derniers mois, des dizaines de migrants sont morts dans le détroit de Bab al-Mandeb qui sépare Djibouti du Yémen, une route majeure pour le commerce international mais aussi les migrations et le trafic d'êtres humains.

Bloqués dans le Yémen en guerre, nombreux migrants font aussi le chemin inverse. En avril, au moins 42 migrants sont morts au large de Djibouti après que leur bateau, parti du Yémen, a chaviré, selon l'OIM.

L'organisation estime à 32.000 le nombre de migrants, principalement éthiopiens, toujours bloqués dans le pays dévasté par plus de six ans de guerre civile et plongé dans ce que l'ONU qualifie de pire désastre humanitaire en cours dans le monde.

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