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La journée "Togo mort" peu suivie à Lomé

"Togo mort" dans les rues de Lomé, le 4 décembre 2018.

La journée "Togo mort" était peu suivie mardi à Lomé, où les activités économiques suivaient leur cours malgré l'appel lancé par la principale coalition de l'opposition pour dénoncer le processus électoral avant les législatives controversées du 20 décembre.

La journée "Togo mort " a été peu suivie mardi à Lomé, a constaté notre correspondante sur place.

La ville a vécu une journée presque normale malgré le mot d’ordre lancé par la coalition des 14 partis de l'opposition.

Un tour dans la ville permet de constater que, de Hédjranawoé à Ablogamé, en passant par le mythique quartier de Bè, une ambiance ordinaire règne.

Les embouteillages habituels étaient au rendez-vous aux grands carrefours et sur les axes principaux de la capitale togolaise.

"Je ne peux pas m'amuser à fermer ma boutique parce que c'est la veille des fêtes de fin d'année. L'activité économique est morte ces derniers temps et c'est pendant cette période que nous vendons un peu", a déclaré à l'AFP Kossi, un vendeur de téléphones.

"L'année dernière, nous avons subi la même situation pendant cette période. Et c'est nous qui avons récolté les pots cassés", a renchéri Abdel, vendeur d'appareils électroménagers. "J'ai emprunté et je dois rembourser après les fêtes. Ces appels à une journée 'Togo mort' ne m'intéressent plus. Les élections aussi ne me disent rien, je n'irai pas voter".

La coalition de l'opposition exige notamment la recomposition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la reprise de toutes les activités déjà menées par cette institution, faute de quoi elle boycottera les législatives.

Au total 850 candidats issus de 130 listes de 12 partis politiques ou indépendantes participent à ce scrutin.

Parmi ces partis figurent l'Union pour la République (UNIR, au pouvoir), le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) de l'ancien Premier ministre et opposant Agbéyomé Kodjo et l'Union des forces de changement (UFC) de l'ex-opposant historique Gilchrist Olympio.

Lundi soir, le président de la Céni, Kodjona Kadanga, a appelé les acteurs politiques à mener une campagne électorale dans la "sécurité, l'apaisement et le calme".

Le pays traverse une grave crise politique depuis plus d'un an, avec des manifestations massives pour réclamer la démission du président Faure Gnasingbé. Ce dernier a succédé en 2005 à son père qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

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L'opposition togolaise se mobilise pour les municipales

Les électeurs examinent une liste électorale devant un bureau de vote dans le quartier de Be à Lomé le 20 décembre 2018 lors de la procédure de vote pour les élections législatives.

La révision des listes électorales en vue des municipales du 30 juin au Togo, les premières depuis plus de 30 ans, a démarré jeudi, avec une forte mobilisation des partisans des principaux partis d'opposition qui avaient boycotté les dernières législatives ainsi que le recensement électoral.

"Nous avons lancé un appel aux populations, afin qu'elles s'inscrivent massivement sur les listes électorales, car lors de notre appel au boycott la veille des législatives (du 20 décembre, ndlr), une grande partie des populations n'avaient pas pris leur carte d'électeur", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Fabre, président de l'Alliance nationale pour le changement.

Plusieurs organisations de la société civile ont elles aussi appelé les Togolais à "sortir massivement" pendant les trois jours prévus pour mettre à jour les listes électorales (16, 17 et 18 mai).

Au total 1.527 conseillers municipaux doivent être élus dans 117 communes. Les dernières élections locales remontent à 1987. Les mairies togolaises sont actuellement dirigées par des "présidents de délégation spéciale" nommés par le président de la République.

Jeudi, de petites filles s'étaient formées devant certains centres de recensement à Lomé, a constaté un journaliste de l'AFP.

"J'ai décidé de m'inscrire cette fois-ci pour retirer ma carte d'électeur et voter, car nous avons commis une erreur lors des législatives de décembre en laissant le boulevard ouvert au parti au pouvoir", a confié Afia Tinhou, une étudiante rencontrée au centre de recensement de l'Ecole primaire publique Bè gare.

"Je ne bougerai pas d'ici sans avoir retiré ma carte d'électeur. L'opération est lente, mais je ne vais pas me décourager", a déclaré de son côté Joseph Adra, un sexagénaire assis sur banc dans un autre centre de recensement.

A l'exception notable du Parti National Panafricain (PNP), presque tous les partis de l'opposition prendront part au scrutin.

"Nous n'irons pas à ces locales dans des conditions où les leaders de notre parti ainsi que nos militants sont persécutés et jetés en prison", a déclaré un responsable du PNP.

Trois responsables du PNP - dont le leader Tikpi Atchadam vit en exil - sont écroués depuis mi-avril à la suite de manifestations contre le pouvoir le 13 avril.

Il leur est reproché de n'avoir pas tenu compte de l'avis des autorités sur les itinéraires de ces manifestations qui ont fait un mort à Bafilo (centre-nord) et des dizaines de blessés, selon le PNP.

Le Togo se dote d'une structure de lutte contre la menace djihadiste

Les forces de sécurité lors des manifestations à Lomé, Togo, 18 octobre 2017.

Le gouvernement togolais a annoncé la création d'un comité interministériel pour lutter contre les risques de propagation des violences djihadistes en provenance de pays voisins.

Selon un communiqué publié mercredi soir, le gouvernement a créé un "Comité interministériel de prévention et de lutte contre l'extrémisme violent" (CIPLEV) pour répondre à "des menaces terroristes et des attentats quasi-quotidiens qui secouent certains pays limitrophes" du Togo.

Héritant du chaos qui règne depuis 2012 au Mali, où prolifèrent les groupes liés à Al-Qaïda et l'Etat islamique (EI), le Burkina Faso notamment, pays frontalier du nord du Togo, est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières.

La nouvelle structure a pour mission principale "d'œuvrer à éradiquer ou à réduire sensiblement la propagation de l'extrémisme violent en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour lutter contre ce fléau et de renforcer la coopération et la collaboration entre l'administration, les forces de défense et de sécurité pour une prévention et une lutte efficace", ajoute le communiqué.

Le CIPLEV est composé de représentants des départements ministériels, des leaders d'opinion et de la société civile.

"Les forces de défense et de sécurité présentes sur le terrain doivent être accompagnées et soutenues par des mesures multisectorielles et transversales visant à prévenir l'extrémisme violent, surtout dans les zones à risque", souligne le texte.

Par ailleurs, le gouvernement togolais a adopté un projet de loi visant à lui donner des "instruments nécessaires pour faire face à des menaces sécuritaires nouvelles et durables, tout en assurant un équilibre proportionné entre la préservation des libertés publiques et individuelles et la sauvegarde de la sécurité publique et de l'ordre constitutionnel".

Le 26 avril, le président Faure Gnassingbé avait promis une nouvelle "loi sur la sécurité intérieure" pour mieux lutter contre cette nouvelle menace, qui risque de s'étendre aux pays côtiers que sont le Togo et le Bénin.

Il avait annoncé le démantèlement ces derniers mois, des "cellules terroristes" dans le pays. Des services de renseignements européens ont confirmé ces dernières semaines à l'AFP l'arrestation d'éléments "terroristes" dans le nord du Togo.

Après l’occupation du nord du Mali par des groupes islamistes armés en 2012-13, l’instabilité s'est étendue à travers l'Afrique de l'Ouest ces dernières années, gagnant notamment le Burkina et le Niger. Le Bénin voisin du Togo a aussi été touché avec l'enlèvement de deux Français qui ont été libérés la semaine dernière par une opération des forces françaises luttant contre les djihadistes dans la région.

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