Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Suède : des dizaines d'hommes masqués attaquent des migrants à Stockholm

Des contre-manifestants se rassemblent à Stockholm pour protester contre une manifestation anti-migrants, le 30 janvier 2016. (REUTERS/Marcus Ericsson)

Entre 50 et 100 personnes, masquées ou encagoulées, se sont rassemblées vendredi soir sur une place de la capitale suédoise dans le but d'agresser des migrants.

Plusieurs dizaines d'hommes masqués, présumés liés au milieu des hooligans et à la nébuleuse néo-nazie, ont convergé vendredi soir vers le centre de Stockholm pour agresser des migrants, a indiqué samedi la police suédoise.

Entre 50 et 100 personnes, masquées ou encagoulées, s'étaient donné rendez-vous vendredi en début de soirée à Sergels Torg, une grande place piétonne de la capitale suédoise où se croisent jeunes, marginaux et migrants.

Informées d'un "projet d'agression de migrants mineurs non accompagnés dans le centre de Stockholm", les autorités avaient déployé d'importants moyens avec la présence au sol d'unités anti-émeutes et le survol du centre par des hélicoptères.

D'après des témoins interrogés par le quotidien Aftonbladet, les agresseurs ont molesté "des personnes d'apparence étrangère" et distribué un tract non signé appelant à infliger aux "enfants des rues nord-africains le châtiment qu'ils méritent".

"Je passais, j'ai vu un groupe habillé en noir, masqué (...) qui a commencé à frapper des étrangers", a raconté un témoin. "J'ai vu trois personnes molestées".

Le ministre de l'Intérieur Anders Ygeman a dénoncé samedi "des groupes racistes qui menacent et propagent la haine dans l'espace public", auxquels "il faut répondre avec force". "C'est une évolution inquiétante de la société", a-t-il ajouté dans un commentaire écrit à l'agence de presse TT.

Une enquête pour "association en vue de commettre des violences agravées" doit permettre d'identifier les personnes ou les organisations à l'origine des violences.

Aucune plainte de victimes potentielles n'a été déposée, a précisé à l'AFP une porte-parole de la police de Stockholm, Towe Hägg.

Un homme de 46 ans a été arrêté après avoir porté un coup au visage à un policier en civil.

Trois personnes âgées d'une vingtaine et d'une trentaine d'années ont été interpellées pour trouble à l'ordre public puis relâchées. Une autre, porteuse d'un couteau, sera poursuivie pour port d'arme prohibé.

Le site internet Nordfront, vitrine du mouvement néo-nazi SMR, affirmait vendredi soir tenir de "sources sur place" qu'une "centaine de hooligans" des clubs AIK et Djurgården s'apprêtaient à "faire le ménage parmi les criminels immigrés d'Afrique du nord".

En 2015, 163.000 réfugiés ont déposé une demande d'asile en Suède.

Cet afflux sans précédent a conduit le pays scandinave à rétablir les contrôles à ses frontières en novembre et Anders Ygeman a annoncé mercredi qu'environ la moitié des migrants arrivés l'an dernier, et dont la demande d'asile a été ou sera rejetée, devaient être expulsés.

Sur les 163.000 migrants enregistrés par l'Office des migrations, plus de 35.000 étaient des mineurs non accompagnés, dont deux tiers d'Afghans.

Les structures d'accueil sont débordées et les incidents s'y multiplient. Lundi, un jeune de 15 ans a mortellement poignardé une éducatrice de 22 ans dans un centre d'hébergement à Mölndal, près de Göteborg.

Sous les huées de dizaines de militants "anti-fascistes", environ 200 personnes ont manifesté samedi à Stockholm pour exiger la démission du Premier ministre Stefan Löfven et l'accélération des expulsions, selon un journaliste de l'AFP.

AFP

Toutes les actualités

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:38 0:00

Page Sports : l’Algérie bat la Colombie, Fathi Jebal au CS Sfaxien, Messi reçoit son soulier d’or

Page Sports : l’Algérie bat la Colombie, Fathi Jebal au CS Sfaxien, Messi reçoit son soulier d’or
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:30 0:00

Débat démocrate : l’analyse de Philip Crowther

Débat démocrate : l’analyse de Philip Crowther
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:00 0:00

Syrie : Erdogan va finalement rencontrer Pence

Syrie : Erdogan va finalement rencontrer Pence
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:04 0:00

La traque des exoplanètes récompensée par le Nobel de physique 2019

Les Nobel de physique 2019 James Peebles, Michel Mayor et Didier Queloz.

La cosmologie arbore une nouvelle compréhension de l’Univers depuis le début des travaux des Nobel de Physique 2019, le Canado-Américain James Peebles, un pionnier de la théorie du Big Bang, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz, les premiers à avoir révélé l'existence d'une exoplanète.

Les trois chercheurs ont contribué à "une nouvelle compréhension de la structure et de l'histoire de l'univers", a souligné l'Académie royale des sciences de Suède lors de l’annonce du Nobel le 8 octobre, estimant que leurs travaux avaient "changé à jamais nos conceptions du monde".

L’astrophysicien James Peebles, 84 ans, pionnier du Modèle standard en cosmologie avec la matière noire et l'énergie noire, a étudié dès les années 60 le rayonnement fossile et ses rapports avec la naissance des galaxies et des grandes structures qui les rassemblent.

Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»
Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»

"Ses travaux nous ont révélé un univers dont seulement 5% du contenu est connu (…) Le reste, soit 95%, est de la matière noire inconnue et de l'énergie noire", a précisé l'académie. Peebles reconnait là tout le mystère, bien qu’il estime sa théorie "entièrement testée".

Le tandem d’astrophysiciens Michel Mayor, 77 ans, et Didier Queloz, 53 ans, récompensés pour la découverte de la première exoplanète en orbite autour d'une étoile sur la séquence principale, avait révélé l’existence de 51 Pegasi b en octobre 1995. Sur cette lancée, la quête d'une planète qui auraient des caractéristiques similaires à la Terre, favorables à la vie, se poursuit inlassablement. A ce jour, 4.118 exoplanètes ont été répertoriées, mais très peu seraient situées dans la zone habitable de leur étoile.

En Avril 2017, la planète LHS 1140b, située à 40 années-lumière de la Terre, a été citée comme pouvant héberger des signes de vie. La nouvelle venue au compteur des découvertes spatiales venait alors rejoindre un groupe de sept planètes extrasolaires, dont l’existence avait été révélée en février de la même année. Plus réjouissant encore, trois d’entre elles orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 pourraient abriter des océans.

Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.
Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.

"Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elles passent juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes", avait déclaré en février 2017 à VOA Afrique Didier Queloz, coauteur de l'étude, récompensé cette année pour la fameuse 51 Pegasi b découverte 24 ans plus tôt. Le nouveau télescope James Webb, un joyau en matière de précision, permettra de découvrir si ces merveilles possèdent une atmosphère et abritent la vie, s’était alors réjoui M. Queloz.

L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).
L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).

"Les recherches du professeur Queloz ont permis de découvrir que les planètes sont abondantes dans notre galaxie, en orbite autour d'autres étoiles. Nous pouvons maintenant estimer qu'il y a des dizaines de milliards d’exoplanètes potentiellement habitables", a souligné le professeur Andy Parker, chef du laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande-Bretagne. "Cela nous rapproche encore plus de la question de savoir si nous sommes seuls dans l'univers: il semble de plus en plus probable que la vie sous une forme quelconque aura trouvé un pied dans ces nombreux nouveaux mondes", a-t-il ajouté.

A noter que le prix Nobel de physique se distingue par la rareté notoire de récipiendaires femmes depuis sa création en 1901. Seulement trois femmes ont été récompensées contre environ 300 hommes: la Canadienne Donna Strickland en 2018 pour des recherches sur les lasers de haute précision utilisés en médecine, l'Américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963 pour des études sur la structure en couches du noyau atomique, et la Française Marie Curie en 1903, qui décrocha également le Nobel de Chimie en 1911.

Soit une femme primée tous les soixante ans parmi une centaine d’hommes récompensés.

TRAPPIST-1: l’astrophysicien Didier Queloz, joint par Nathalie Barge
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:06:01 0:00


Entretien VOA du 23 février avec Didier Queloz, colauréat du Nobel de physique 2019:

Didier Queloz: Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elle passe juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et quand on a un transit relativement important, cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme par exemple l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes (…) C'est unique au monde et c'est vraiment quelque chose qui va apporter une nouvelle information sur le monde des exoplanètes, à savoir: est-ce que les planètes qui ont à peu près la densité de la Terre -donc probablement, qui ont des structures identiques à celles de la Terre- ont toutes des atmosphères? Et si elles ont des atmosphères, quelle est la nature et la structure de leurs atmosphères?

VOA Afrique: Trente-neuf années-lumière, qu'est-ce que cela représente?

D. Queloz: En termes astronomiques, c'est vraiment tout près mais il est vrai qu’en termes humains, c'est extrêmement éloigné. Donc, là, on parle de distances astronomiques. Dès que vous voulez aller vers une autre étoile, vous êtes déjà à des distances qui sont inhumaines. Donc il faut complètement oublier la notion de distance. Par contre, quand vous comparez les distances de ces étoiles avec les distances de toutes les étoiles de la galaxie, alors elles sont extrêmement proches parce que la galaxie à 100 millions d'années-lumière de taille, et l'univers a, à peu près, 16 milliards d'années-lumière de taille. Donc là on est vraiment dans la banlieue autour du système solaire.

VOA Afrique: Est-ce qu'il est possible que certaines de ces planètes soient habitables?

D. Queloz: Il y en a trois dans la zone habitable mais, encore une fois, ça ne veut absolument rien dire. Parce que, par exemple, Vénus, dans notre système solaire, est dans la zone habitable, mais on ne peut pas y habiter car son atmosphère ne permet pas d'y vivre. En fait, je crois que c'est là l'avancée exceptionnelle qu’il y a avec cette découverte, et ça, on pourra le faire. C'est une première mondiale. Cela n'était pas possible, ça ne sera pas possible pour toutes les planètes trouvées, mais c'est effectivement possible pour celles-ci. Donc demain, on va vraiment avoir une démarche scientifique et à partir des données, on va tirer des conclusions. Et là, on va pouvoir avoir un modèle de l'atmosphère de ces planètes, et on pourra répondre à votre question.

VOA Afrique: Est-ce que la présence d'eau implique automatiquement la présence de vie?

D. Queloz: Personne ne sait rien par rapport à cela. La seule chose que l'on constate, c'est qu’il y a de l’eau sur terre et de la vie. Mais l'eau est une molécule banale. On en voit partout dans l'univers. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'eau, c'est vraiment très simple: hydrogène-oxygène. L'oxygène est un des sous-produits de la formation stellaire. L'hydrogène est partout depuis le début dans l'univers, donc l'eau, il y en a dans le système solaire, il y en a partout. (…) On s'attend à la trouver. Si on ne la trouve pas, ça pose des questions. (…) Et il y a effectivement une théorie sur Terre qui dit que l'eau qu'on a sur terre est peut-être venue des comètes qui sont tombées sur la Terre. Toutes ces questions, on peut commencer à y répondre. Donc c’est en cela qu’il est très intéressant d'aller voir s'il y a de l'eau sur ces planètes. Cela nous apporte un élément d'information sur notre propre histoire également.

VOA Afrique: C'est une découverte extraordinaire en effet. Alors à quoi vous attendez-vous maintenant?

D. Queloz: (…) Actuellement, on mesure cette étoile avec le télescope spatial dont l'objectif est d’essayer d'aller dire quelque chose sur leur atmosphère. C'est très difficile d'arriver à prédire ce qui va se passer mais ce qui est parfaitement sûr, c'est qu'on va avoir le contenu de l'atmosphère de toutes ces planètes. Alors, qu'est-ce qu'on va y trouver? Je n'en sais rien. On pourrait très bien réaliser qu'elles ont toutes des atmosphères et que trois ou quatre ont de l'eau liquide, comme on pourrait très bien réaliser que toutes n’ont aucune atmosphère et qu'elles sont complètement sèches parce que, dû à leur histoire et à la radiation de l'étoile, l'atmosphère a disparu. Vraiment, ça fait partie de l'exploration scientifique. On a entamé une aventure. L'aventure n'est pas terminée. Elle commence et on emporte le public avec nous pour l’amener au fil de la découverte. Et c'est comme ça que la science se passe.

Voir plus

XS
SM
MD
LG