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Selon Human Rights Watch, les droits de l'Homme reculent en Europe

Des migrants à la frontière entre la Serbie et la Macédoine, le 26 janvier 2016. (AP Photo/Boris Grdanoski)

Les attentats récents et la crise migratoire ayant touché l'Europe ces derniers mois ont fait reculer les droits de l'Homme en Europe en 2015, selon l'ONG.

Les craintes suscitées par les attentats islamistes en France et l'afflux de migrants ont fait reculer les droits de l'Homme en Europe en 2015, a soutenu mercredi l'organisation Human Rights Watch (HRW).

Si les rapports précédents de cet organisme de défense des droits de l'Homme se concentraient sur les zones de conflit, celui de l'année 2015 s'ouvre sur la crise des migrants et les mesures prises en Europe dans la foulée des attentats en France.

"Les craintes d'attaques terroristes et l'impact potentiel d'un afflux de réfugiés ont mené à une réduction visible des droits de l'Homme en Europe et dans d'autres régions", juge Kenneth Roth, le directeur de l'organisation dans une étude de plus de 650 pages parue mercredi.

Dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris, les élus français ont approuvé une loi prolongeant de trois mois l'état d'urgence, élargissant le régime des assignations à résidence à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement menace la sécurité, et simplifiant les perquisitions sans passer par l'autorité judiciaire.

Or ces mesures "soulèvent des inquiétudes" quant aux libertés de mouvement, d'association et d'expression, estime HRW qui s'inquiète aussi des méthodes de la police française quand elles se basent sur l'apparence (délit de faciès). "Le manque de contrôle judiciaire (des perquisitions, ndlr) rend encore plus probable les (contrôles) au faciès de jeunes hommes musulmans", tranche M. Roth.

Ce dernier tacle aussi "une islamophobie flagrante et une diabolisation sans honte des réfugiés" aux Etats-Unis, où le candidat à l'investiture républicaine à la Maison Blanche, Donald Trump, a suggéré de fermer les frontières aux musulmans, mais aussi en Europe, où des élus affirment craindre de voir des djihadistes infiltrer les migrants venus de Syrie ou d'Afghanistan.

Nouveaux "boucs émissaires"

"Dans une grande mesure, la préoccupation de l'Europe concernant les nouveaux réfugiés comme menace terroriste est une distraction dangereuse par rapport à son propre extrémisme violent, car les assaillants de Paris sont majoritairement des citoyens belges et français", ajoute-t-il, estimant que "l'exclusion sociale" dans les banlieues européennes est l'une des causes de la radicalisation.

Or en faisant des musulmans et des réfugiés des "boucs émissaires", les pays occidentaux risquent en fait de s'aliéner "des populations cruciales à leurs efforts antiterroristes" mais aussi "d'abandonner à leur propre péril" la "sagesse" qui prévaut dans le droit humanitaire international, fait valoir le directeur de HRW.

Cette organisation a par ailleurs appelé à une "alternative plus humaine" pour empêcher la mort en Méditerranée de migrants et ce, en augmentant le nombre de visas délivrés au Liban et au Pakistan, voisins respectivement de la Syrie et de l'Afghanistan, pays d'où viennent le plus grand nombre de demandeurs d'asile pour le continent européen.

Si HRW a salué la décision du nouveau Premier ministre canadien Justin Trudeau d'accueillir 25.000 réfugiés syriens - dont 10.000 sont déjà arrivés - elle a appelé le pays à la feuille d'érable, de même que les Etats-Unis, l'Australie, la Russie et les pays du Golfe à en faire davantage.

L'essentiel est "invisible"

Le recul "visible" des droits de l'Homme dans les pays occidentaux se double par ailleurs d'une part d'ombre, "invisible" mais bien réelle, dans les régimes autoritaires, souligne HRW.

La "répression" de militants en Chine et en Russie a atteint une intensité "jamais observée depuis des décennies".

En Russie, "les mesures de répression du Kremlin contre la société civile, les médias et internet ont pris une tournure plus sinistre en 2015 alors que le gouvernement a intensifié encore davantage le harcèlement et la persécution des voix critiques indépendantes", souligne le rapport, qui se penche sur les droits de l'Homme dans plus de 90 pays.

HRW y dénonce le mariage des enfants dans les pays en voie de développement, où une fille sur neuf est déjà mariée à 15 ans, et le tiers à 18 ans, une tendance en déclin dans certaines régions mais en progression dans d'autres, notamment chez les réfugiés syriens établis en Jordanie, selon des groupes de la société civile cités par HRW.

AFP

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Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

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