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Nigeria

7 morts dans l'attaque d'une base militaire dans le nord-est

Maisons incendiées par Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Au moins sept personnes, trois soldats et quatre civils, ont été tuées dans l'attaque d'une base militaire par Boko Haram dans une localité du nord-est du Nigeria, ont indiqué mardi des sources militaires et humanitaires.

L'attaque de Rann, à environ 175 km au nord de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, a commencé lundi en fin d'après-midi, forçant les civils, en grande majorité des déplacés, à fuir.

Elle semble porter la marque d'ISWAP, la faction de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique (EI), qui cible essentiellement des positions militaires et a mis l'armée en déroute à de nombreuses reprises ces derniers mois.

Les insurgés ont obligé les soldats de la base militaire de Rann à battre en retraite avant d'incendier les camps de déplacés, forçant les civils à fuir en brousse, selon une source militaire basée à Maiduguri.

"Jusque-là nous avons trois soldats tués et deux toujours portés manquants", a affirmé cette source sous couvert d'anonymat à l'AFP.

"La base a été incendiée par les terroristes, qui ont emporté des armes et des véhicules laissés par les soldats lorsqu'ils ont battu en retraite".

La mauvaise visibilité due à l'Harmattan, vent saisonnier, a empêché les avions de décoller et, sans soutien aérien, les troupes au sol ont dû battre en retraite.

Les responsables de l'armée contactés par l'AFP n'étaient pas disponibles pour commenter dans l'immédiat.

Un travailleur humanitaire basé à Maiduguri a affirmé que de nombreux déplacés avaient fui vers Bulale, du côté camerounais de la frontière.

"Quatre déplacés ont été tués. Deux ont été abattus par balle et deux autres égorgés par les assaillants", a-t-il affirmé. "Plusiers abris ont brûlé. Ils ont aussi pillé des réserves de nourriture dans la ville".

Des renforts militaires sont arrivés mardi matin de Gamboru, une localité nigériane située à quelque 40 km de Rann, a ajouté l'humanitaire.

Rann, qui accueille environ 35.000 déplacés, a été visée à plusieurs reprises par les insurgés depuis le début du conflit il y a dix ans, qui a fait plus de 27.000 morts.

Les opérations humanitaires avaient temporairement été suspendues en mars 2018, après une attaque d'ISWAP visant surtout l'armée, mais au cours de laquelle trois humanitaires avaient été enlevées. Deux des otages ont depuis été exécutés.

Des dizaines de personnes avaient par ailleurs péri en janvier 2017, lorsque l'armée a bombardé "par erreur" les camps de déplacés de la ville, en pourchassant les insurgés.

La situation s'est dégradée de façon inquiétante ces dernières semaines dans la région.

Plus de 30.000 personnes ont fui fin décembre les combats entre l'armée et les jihadistes dans la région de Baga, sur les rives du lac Tchad, qui sert de base arrière à l'ISWAP, selon l'ONU.

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Biafra: l'armée nigériane accusée d'avoir massacré 115 personnes au sud-est

Des drapeaux du Biafra exposés lors d'une manifestation à Durban, en Afrique du Sud, le 30 mai 2019, lors d'une marche pour la liberté du Biafra organisée dans le monde entier.

Amnesty International a accusé mercredi les forces de sécurité nigérianes d'avoir tué au moins 115 personnes entre mars et juin cette année dans la répression d'un mouvement sécessionniste dans le sud-est du pays.

Des violences ont éclaté dans les États du sud-est, causant la mort d'au moins 127 policiers ou membres des services de sécurité, selon la police, tandis que les médias locaux ont fait état d'une vingtaine de postes de police et de bureaux électoraux attaqués.

Le Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob), qui prône la sécession du sud-est du Nigeria, peuplé en majorité de Igbo, et son aile paramilitaire, l'ESN (Réseau sécuritaire de l'Est), ont été accusés d'avoir fomenté ces violences, ce que l'IPOB a nié.

Selon Amnesty International, les forces de sécurité, notamment l'armée, la police et l'agence de renseignement du Département des services de l'État (DSS), ont réprimé ces attaques en tuant des dizaines d'hommes armés, ainsi que des civils.

"Les éléments recueillis par Amnesty International dressent un tableau accablant de l'usage impitoyable de la force par les forces de sécurité nigérianes dans les États d'Imo, d'Anambra et d'Abia", a déclaré Osai Ojigho, directeur de l'ONG pour le Nigeria.

L'organisation de défense des droits de l'homme a "recensé au moins 115 personnes tuées par les forces de sécurité entre mars et juin 2021".

Sollicitée, la police nigériane n'a pas réagi immédiatement à ces accusations.

"Je n'ai pas vu le rapport (d'Amnesty, ndlr). Je ne peux donc pas répondre", a déclaré à l'AFP Frank Mba, porte-parole de la police nationale.

"Embarqués au hasard"

Des proches des victimes ont déclaré à l'ONG qu'elles ne faisaient pas partie des groupes militants qui ont attaqué les forces de sécurité.

"De nombreuses victimes ont été emmenées dans des hôpitaux publics des États d'Imo et d'Abia", a-t-elle précisé.

Amnesty a également recueilli des informations sur des cas d'arrestations arbitraires, de mauvais traitements et de torture dans cette région.

En mai 2021, le gouvernement de l'État d'Imo a notamment annoncé l'arrestation d'au moins 400 personnes qui auraient un lien avec les violences.

"L'enquête d'Amnesty International indique que la plupart d'entre elles ont été embarquées au hasard à leur domicile ou dans la rue et n'avaient rien à voir avec l'ESN", estime l'ONG.

Les groupes de défense des droits humains locaux et internationaux ont par le passé régulièrement accusé les forces de sécurité nigérianes de violations des droits, mais celles-ci ont toujours nié ces accusations.

Le Nigeria a récemment intensifié la répression contre les indépendantistes, notamment en poursuivant en justice leurs dirigeants.

Le mois dernier, le chef et fondateur de l'Ipob, Nnamdi Kanu, a été arrêté au Kenya après quatre ans de cavale selon ses avocats, et ramené fin juin au Nigeria, pour être jugé, accusé notamment de "terrorisme" et de "crime de trahison".

L'Ipob rêve de voir renaître la défunte République du Biafra, dont la proclamation d'indépendance avait entraîné une guerre civile de 30 mois entre 1967 et 1970.

Le conflit a fait plus d'un million de morts, principalement des Igbo, surtout de famine et de maladie.

Un autre leader séparatiste, Sunday Adeyemo, également connu sous le nom de Sunday Igboho, a été arrêté en juillet au Bénin voisin alors qu'il tentait de prendre un vol pour l'Allemagne. Il est actuellement détenu au Bénin dans l'attente de son extradition.

Il réclame lui aussi l'indépendance du sud-ouest du Nigeria pour le peuple Yorouba suite à des violences attribuées à des éleveurs peuls dans sa région.

Le président Muhammadu Buhari, un Peul, est accusé par ses détracteurs de favoriser ses proches du nord, dont beaucoup ont été nommés à des postes clés de responsabilité au Nigeria.

Avec une population de plus de 210 millions d'habitants, le Nigeria compte plus de 250 groupes ethniques et est régulièrement secoué par des tensions ethniques et communautaires dans les différentes régions.

Les trois groupes les plus importants sont les Haoussa-Peuls dans le nord, les Igbo dans le sud-est et les Yorouba dans le sud-ouest.

Les autorités nigérianes relâchent cinq critiques du président Buhari

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'adresse à la nation au sujet de la maladie COVID-19, à Abuja, au Nigeria, le 13 avril 2020.

La police a libéré mardi cinq Nigérians arrêtés début juillet à Abuja pour avoir porté des vêtements appelant au départ du président Muhammadu Buhari, une semaine après la décision d'une cour de justice de les libérer, a indiqué à l'AFP leur avocat.

Ces cinq hommes, qui portaient un tee-shirt avec l'inscription "Buhari doit partir", avaient été arrêtés durant le service d'une église évangélique le dimanche 4 juillet. Ils étaient depuis détenus par le Département de la sécurité d'Etat (DSS), dont les agents étaient à l'origine de leur arrestation.

Mercredi 28 juillet, une cour de justice à Abuja devant laquelle les cinq Nigérians avaient comparu pour "atteinte à l'ordre public" avait ordonné leur "libération sous caution", selon un communiqué de leur avocat Tope Temokun.

Mais n'est que "le 3 août que la DSS s'est incliné face aux protestations du peuple nigérian et a libéré les cinq", poursuit l'avocat.

Contactée par l'AFP, la DSS n'a pas donné suite.

Le 12 juin, des activistes nigérians avaient appelé à manifester pour protester contre la mauvaise gouvernance, l'insécurité et la récente suspension du réseau social Twitter par le gouvernement du président Muhammadu Buhari.

Ces marches, qui avaient été dispersées à coup de gaz lacrymogènes à Lagos et à Abuja, avaient été baptisées "Buhari doit partir".

Le président Buhari, un ancien général élu en 2015, a été récemment la cible de critiques sur l'insécurité croissante au Nigeria ainsi que sa gestion économique du pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 210 millions d'habitants.

Le Nigeria fait notamment face à une rébellion jihadiste dans le nord-est, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 2009, et le nord-ouest du pays est en proie à des groupes criminels qui terrorisent les populations.

Il y a deux mois, le gouvernement nigérian a également déclenché un tollé lorsqu'il a suspendu indéfiniment Twitter dans le pays, affirmant que la plate-forme était utilisée pour des activités visant à déstabiliser le Nigeria.

Le gouvernement nigérian est très régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains.

La grève des médecins nigérians se poursuit

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Grève des médecins des hôpitaux publics nigérians

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Grève dans les hôpitaux publics du Nigeria

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