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Comment expliquer la spectaculaire remontée en puissance de Boko Haram?

Des maisons de boue ont été incendiées par des combattants islamistes de Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Le groupe de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), faction de Boko Haram affiliée aux jihadistes de l'organisation de l'Etat islamique, intensifie ses attaques contre les militaires dans le nord-est du Nigeria à un rythme alarmant face à une armée qui semble acculée.

Des jihadistes mieux armés

Les combattants de l'ISWAP ont réussi à accumuler ces derniers mois un puissant arsenal de guerre grâce aux pillages successifs des bases militaires attaquées mais aussi au trafic d'armes en provenance d'autres pays africains.

La prise temporaire de la ville de Baga le 27 décembre est une nouvelle démonstration de force: en quelques heures, les assaillants ont mis en déroute les 500 à 600 soldats de la Force multinationale mixte (MNJTF), composée d'unités du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun.

Comme à chaque attaque, tandis que les soldats fuyaient, ils en ont profité pour s'emparer des armes, munitions et véhicules stockés sur cette base stratégique des rives du lac Tchad.

"Boko Haram est mieux équipé que les soldats", affirme à l'AFP un milicien engagé aux côtés de l'armée dans la région, Sanda Kime.

"Il y a une pénurie d'armes et de munitions pour nos troupes. C'est un problème grave", confirme Amaechi Nwokolo, chercheur au Roman Institute of Security Studies d'Abuja.

De plus en plus de voix s'élèvent au sein de l'armée pour dénoncer le piteux état des équipements, comme les balles non compatibles avec les fusils, qui s'avèrent particulièrement dangereux à utiliser.

L'augmentation exponentielle du trafic d'armes en Afrique sub-saharienne a également permis à l'ISWAP d'acquérir du matériel "plus sophistiqué" provenant notamment de la Corne de l'Afrique et du Moyen-Orient via le Soudan, selon Yan St Pierre, consultant en contre-terrorisme pour le cabinet MOSECON.

Les victimes de Boko Haram sont en état de stress post-traumatique (vidéo)
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Une armée démoralisée

La sécurité s'est largement dégradée ces dernières années au Nigeria et l'armée est déployée sur de nombreux fronts aux quatre coins du pays.

"Le moral des troupes est bas. Elles ont été poussées à leur limite", estime le chercheur Amaechi Nwokolo.

En août, des centaines de soldats ont envahi le tarmac de l'aéroport de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, dans le nord-est, et tiré en l'air, affirmant être épuisés après quatre ans sur la ligne de front sans relèves ou avec de trop rares permissions pour rentrer voir leurs proches.

L'armée avait enregistré d'importants succès militaires fin 2015, chassant les jihadistes de pans entiers de territoires sous leur contrôle mais depuis le groupe a adopté des tactiques de guérilla difficiles à contrer.

"Les soldats sont fatigués. Lors de certaines attaques, ils se retirent après une brève confrontation voire sans combattre", confirme une source sécuritaire nigériane sous couvert d'anonymat.

Recrutement de combattants

Dans son message du nouvel an, le chef d'état-major de l'armée de l'air, le maréchal Sadique Abubakar, a déclaré que les jihadistes comptaient désormais dans leurs rangs des combattants étrangers de l'organisation de l'Etat islamique (EI).

"Nous avons assisté à (...) l'arrivée de combattants et technologies hautement expérimentés et qualifiés lorsque des éléments de l'EI ont été chassés de Syrie et transférés dans le nord-est" du Nigeria, a-t-il affirmé.

Les rumeurs selon lesquelles Boko Haram recrute à l'étranger ne sont pas nouvelles mais ces derniers mois de nombreux témoignages, appuyés par plusieurs experts, vont dans ce sens.

Pour Yan St Pierre, l'affaiblissement de l'EI en Irak et en Syrie, et par contre-coup, son expansion dans le Sahel et le Sahara, a "considérablement amélioré la mobilité" des combattants en Afrique.

Par ailleurs, selon ce spécialiste, l'ISWAP mène depuis six mois une intense campagne de recrutement au Nigeria et dans les pays voisins comme le Niger et le Tchad, où ses imams multiplient les prêches pour présenter le groupe jihadiste comme une alternative "crédible et légitime" au gouvernement alors que s'approche l'élection préisdentielle de février à laquelle le président Muhammadu Buhari se représente.

La veille de Noël, l'ISWAP a pris d'assaut une base militaire à Kukareta, dans l'Etat de Yobe (nord-est), tuant 17 soldats. "Les combattants étaient très certainement tchadiens d'après leur physique imposant et la langue qu'ils parlaient", a déclaré un chef local sous couvert d'anonymat.

Changement de stratégie

La faction historique de Boko Haram dirigée par le leader Abubakar Shekau utilisait surtout des kamikazes et des hordes d'assaillants dans des attaques ressemblant à des razzias d'un autre âge.

En 2016, le groupe de l'Etat islamique a décidé d'adouber un nouveau leader, Abou Mossab Al Barnaoui, qui cherche davantage à s'attirer le soutien des populations locales.

"Les combattants de l'ISWAP se concentrent uniquement sur les bases militaires et ce qu'ils considèrent être les symboles d'oppression ou de répression gouvernementaux", note Yan St Pierre.

Résultat, alors que les civils sont reclus dans des camps de déplacés strictement régulés par l'armée dans la plupart des villes du nord-est, un semblant de vie normale a repris son cours dans les zones rurales où opère l'ISWAP.

"Là où l'armée avait ordonné la fermeture des marchés et coupé les circuits de ravitaillement, ils ont restructuré le commerce" des produits de la pêche et de l'agriculture, les principales sources de revenus dans la région, souligne le consultant.

"La stratégie qui consiste à obtenir l'appui des populations est bien plus dangereuse que celle de Shekau" face à l'impuissance de l'armée nigériane.

La face cachée de Boko Haram : vidéo des exécutions sommaires (vidéo)
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Début au Malawi du premier test à grande échelle d'un vaccin contre le paludisme

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) espère vacciner 120.000 enfants dans chacun de ces trois pays d'ici à 2020.

Le Malawi donne mardi le coup d'envoi du premier test grandeur nature du vaccin expérimental le plus avancé à ce jour contre le paludisme, une maladie qui fait chaque année plusieurs centaines de milliers de morts en Afrique.

Aboutissement de plus de trente ans de travaux et d'un investissement d'un milliard de dollars, cette campagne vise à confirmer l'efficacité du vaccin sur des enfants âgés de moins de 2 ans, les plus vulnérables à la malaria.

Elle débute dans un centre de santé de la capitale malawite Lilongwe et se poursuivra la semaine prochaine au Ghana et au Kenya, les deux autres pays pilotes du programme.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) espère vacciner 120.000 enfants dans chacun de ces trois pays d'ici à 2020.

Baptisé "Mosquirix" ou RTS,S, ce vaccin a été développé par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline et l'ONG Path, et financé par l'Alliance du vaccin (Gavi), le Fonds mondial de lutte contre le sida et le paludisme et l'Unicef.

Lors des essais préliminaires menés de 2009 à 2015, il a permis de réduire de 39% le nombre d'épisodes paludiques chez les enfants de 17 mois à 5 ans.

Son efficacité n'est donc que relative mais chercheurs et autorités sanitaires espèrent que, associé aux moyens de prévention tels que les moustiquaires imprégnées de répulsif, il permettra de réduire significativement le nombre de victimes.

Selon les statistiques de l'OMS, l'Afrique est de très loin le continent le plus touché par le paludisme, avec 90% des 435.000 personnes tuées dans le monde en 2017 par cette maladie transmise par des moustiques.

- 'Mort en 24 heures' -

Les enfants âgés de moins de 5 ans représentent plus des deux tiers de ces décès.

"La malaria peut tuer un enfant en moins de vingt-quatre heures", a rappelé le Dr Tisungane Mvalo, un pédiatre de Lilongwe membre de l'équipe scientifique conduite par l'Université de Caroline du Nord (UNC) à Chapel Hill (Etats-Unis).

"Et même si l'enfant survit, la malaria peut affecter n'importe lequel de ses organes, causer des dommages à son cerveau ou à ses reins", a-t-il ajouté, "la prévention reste nettement plus efficace que le traitement".

Le programme de vaccination s'inscrit dans le cadre des efforts déployés depuis les années 90 pour éradiquer le paludisme.

Entre 2000 et 2015, le nombre de personnes décédées de cette maladie a diminué de 62% mais les moustiques qui la véhiculent craignent de moins en moins les insecticides.

"Malgré les progrès de la dernière décennie, les efforts de contrôle du paludisme ont marqué le pas ces dernières années", a mis en garde le Dr Jonathan Juliano, un des chercheurs de l'UNC.

"Dans certaines régions d'Afrique, les cas d'infection ont même augmenté. De nouveaux moyens sont nécessaires pour continuer à progresser vers l'éradication", a-t-il ajouté, "l'évaluation précise des vaccins expérimentaux en est un élément essentiel".

D'autres vaccins expérimentaux contre le paludisme sont en cours d'évaluation dans le monde.

En 2015, 114 millions de personnes au total ont été infectées par le parasite du paludisme en Afrique subsaharienne. L'objectif de l'OMS est de réduire le nombre de morts de 90% en 2030 par rapport aux 429.000 enregistrées en 2015.

Avec AFP

Afrique du sud : un quart de siècle après l'apartheid, désenchantement

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela (à gauche) et le dernier président blanc sud-africain,Frederik De Klerk, au siège de la FIFA, le 14 mai 2004

L'élection en avril 1994 de son premier président noir, Nelson Mandela, a suscité d'immenses espoirs dans une Afrique du Sud meurtrie par plusieurs décennies de répression sous l'apartheid. Vingt cinq ans plus tard, beaucoup ont été déçus.

"Vous nous avez chargés de changer l'Afrique du Sud (...) notre plan est de créer des emplois, de promouvoir la paix et la réconciliation et de garantir la liberté de tous", avait lancé le 9 mai de la même année le nouveau chef de l'Etat en prenant ses fonctions.

Cinq législatures plus tard, son Congrès national africain (ANC) tient toujours fermement les rênes du pays.

Mais l'euphorie des promesses d'une "vie meilleure pour tous" a cédé la place à la désillusion et une colère sourde qui pèsent sur la campagne des élections générales du 8 mai prochain.

Clairement, le bilan statistique du pays n'est pas à l'avantage des gouvernements qui ont succédé au prix Nobel de la paix.

Depuis 1994, les inégalités ont augmenté en Afrique du Sud, au point d'en faire une des sociétés les plus inégalitaires au monde, écrivait l'an dernier la Banque mondiale.

Entre 2011 et 2015, 3 millions de Sud-Africains ont basculé dans la pauvreté, soulignait l'institution.

Malgré l'émergence d'une classe moyenne, 20% des foyers noirs vivent dans une extrême pauvreté contre 2,9% des foyers blancs, selon l'Institut sud-africain des relations entre les races (IRR).

Au ban des nations pour cause d'apartheid, l'Afrique du Sud devait bénéficier de son retour dans l'économie mondialisée.

Après une période faste entre 1994 et 2006 où elle a atteint jusqu'à 5,6%, la croissance économique du pays a été stoppée nette par la crise financière de 2008 et peine à redécoller depuis: elle n'a pas dépassé 0,8% l'an dernier.

- Nation 'arc-en-ciel'? -

Le chômage continue de gangréner la première puissance industrielle du continent et frappe actuellement 27% de sa population active, contre 20% en 1994.

Au-delà des chiffres, la corruption est devenue endémique au sommet de l'Etat et dans les entreprises publiques depuis la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

Sur fond de fortes disparités sociales, les tensions raciales mettent à dure épreuve la nation "arc-en-ciel" rêvée par Nelson Mandela. La question de la propriété de la terre irrite la majorité noire et la minorité blanche et les commentaires racistes provoquent régulièrement l'émoi.

L'Afrique du Sud est enfin gangrénée par une forte criminalité. L'an dernier, plus de 20.000 personnes ont été victimes de meurtres, soit 57 par jour.

Contrairement à une opinion largement répandue, le taux d'homicides pour 100.000 habitants a toutefois chuté depuis l'apartheid. En 1994, le pays, sur le point de basculer dans la guerre civile, enregistrait 74 homicides quotidiens.

Dans les townships, la population encore privée d'électricité, d'eau ou de logement décent ne masque plus sa frustration.

"La vie était mieux avant (l'apartheid) parce que les Blancs prenaient soin de nous", résumait à l'AFP une pasteure noire d'un bidonville de la ville de Coligny (nord), Bella Lemotlo.

"Depuis que nous les Noirs sommes au pouvoir, on pleure. On se ment en disant qu'on vit en liberté. Ceci n'est pas la liberté..."

En février devant le Parlement, le président Cyril Ramaphosa n'a pas masqué ce grand désenchantement. "Notre démocratie a fleuri (...) mais la route vers la vraie liberté est longue et nous avons vu les divisions de notre société s'accroître", a-t-il dit, "la tâche qui nous attend est considérable".

Elle constitue tout l'enjeu des élections du 8 mai.

Avec AFP

Soudan: la contestation suspend les discussions avec l'armée, veut intensifier le mouvement

Sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum, au Soudan, le 20 avril 2019. Les manifestants exigent que l'armée, qui a renversé et arrêté le président Omar al-Bashir la semaine dernière, cède immédiatement le pouvoir.

Les responsables de la contestation au Soudan ont annoncé dimanche la suspension des discussions avec les militaires, et appelé à intensifier les manifestations réclamant un pouvoir civil.

"Nous suspendons nos discussions avec le Conseil militaire" de transition, a déclaré un porte-parole des organisations représentant la contestation, Mohamed al-Amine, qui s'adressait à des milliers de personnes rassemblées devant le QG de l'armée à Khartoum.

"Nous considérons le Conseil militaire comme un prolongement du régime" de l'ex-président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril dernier, a-t-il ajouté en appelant à "poursuivre et intensifier les manifestations jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites".

Les manifestants massés devant le QG militaire agitaient des drapeaux soudanais, et inondaient de lumière les bâtiments avec les lampes de leurs téléphones portables.

"Liberté, paix, justice" scandait la foule. "Notre révolution est civile, elle est protégée par le peuple" lançaient aussi des manifestants.

Le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, a fait monter la pression sur les manifestants en "condamnant le blocage de routes et la fouille de personnes sans en avoir l'autorité", lors d'une rencontre avec des officiers de haut rang. Il faisait référence aux barrages et points de contrôle établis par les manifestants aux abords du QG de l'armée.

Samedi, les dirigeants militaires et les leaders de la contestation avaient eu des discussions et convenu de les poursuivre. D'autres séries de discussions avaient également eu lieu auparavant, selon un responsable de la contestation.

Plus tôt dans la journée, le général Burhane avait affirmé à la télévision son "engagement à remettre le pouvoir au peuple", et promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

- Annonce "dans quelques jours" -

Il avait également indiqué que l'équivalent de 113 millions de dollars, en devise américaine, euros et livres soudanaises, avaient été saisis dans la résidence de M. Béchir. Le président déchu a été arrêté puis emprisonné après sa destitution par l'armée sous la pression de la rue.

Et le nouveau procureur général, al-Walid Sayyed Ahmed, en place depuis quelques jours à peine, a de son côté annoncé des dispositions pour contrôler les biens des hauts responsables du régime de M. Béchir et de leurs familles.

Mais ces annonces n'ont pas apaisé la foule qui campe depuis plus de deux semaines devant le siège de l'armée pour réclamer un transfert rapide du pouvoir à une autorité civile, seule à leur yeux à même de garantir une véritable transition politique.

L'annonce de la composition d'un Conseil civil censé remplacer le Conseil militaire, qui était attendue dimanche, interviendra "dans quelques jours", a indiqué un porte-parole de la contestation, Madani Abbas Madani.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite contre le président déchu et plus largement du système en place.

- Aide financière de Ryad et Abou Dhabi -

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par des rébellions dans plusieurs régions et est en outre accusé de graves violations des droits humains.

Sur le plan économique, le pays a aussi souffert de l'embargo imposé par les Etats-Unis en 1997, en raison notamment d'un soutien à des groupes jihadistes, et retiré 20 ans plus tard. Le Soudan demeure cependant sur la liste américaine des "pays soutenant le terrorisme."

Une délégation soudanaise va se rendre à Washington pour discuter d'un retrait du Soudan de cette liste, a déclaré dimanche M. Burhane à la télévision.

Les Etats-Unis avaient salué jeudi les premières mesures prises par les militaires, mais ont aussi appelé à une transition qui réponde davantage aux aspirations démocratiques des Soudanais.

Washington avait également annoncé la venue à Khartoum de la responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est, Makila James, "ce week-end", sans préciser qui elle y rencontrerait. Le général Burhane n'a pas fait de commentaire sur cette visite dans son interview télévisée dimanche.

Ryad et Abou Dhabi ont confirmé dimanche leur soutien au Soudan en annonçant un dépôt de 500 millions de dollars dans la banque centrale soudanaise et une somme de 2,5 milliards destinée à financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers, selon l'agence saoudienne officielle SPA, qui n'a pas précisé s'il s'agit de dons ou de prêts.

Dimanche, la valeur de la livre soudanaise s'est fortement renforcée sur le marché noir, s'échangeant à 45 livres pour un dollar contre 72 livres la semaine dernière. Le taux de change officiel est fixé à 47,5 livres pour un dollar.

Avec AFP

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