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Nigeria

Au moins cinq morts dans le crash d'un hélicoptère de l'armée lors d'une attaque de Boko Haram

Des soldats de la 7e division de l'armée nigériane sur la route de Damboa dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, le 25 mars 2016.

Au moins cinq militaires nigérians sont morts mercredi quand leur hélicoptère s'est écrasé lors d'une mission de soutien à une base attaquée par le groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, a annoncé jeudi l'armée.

"C'est avec le cœur lourd que je vous annonce la mort de cinq membres de l'équipage à bord d'un hélicoptère de la Nigerian Air Force, qui s'est écrasé lors d'un combat hier (jeudi)", a fait savoir Ibikunle Daramola, le porte-parole de l'armée de l'air nigériane.

Parmi les personnes tuées se trouvent les pilotes, le technicien et deux tireurs.

L'hélicoptère s'est écrasé alors qu'il apportait un soutien militaire au bataillon`1` 145 lors de l'attaque de la base de Damasak, dans l'Etat du Borno (nord-est), par le groupe jihadiste Boko Haram.

Les combattants du groupe de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), une faction de Boko Haram affiliée aux jihadistes de l'Etat islamique, ont intensifié ces derniers mois leurs attaques contre des cibles militaires dans les Etats de Borno et de Yobe, prenant d'assaut des bases militaires et tuant plusieurs dizaines, voire des centaines de soldats.

Rien qu'en une semaine, le groupe a attaqué au moins quatre postes de contrôle ou bases militaires, dont celle de Damasak.

ISWAP a revendiqué ces attaques, affirmant avoir tué 14 soldats et en avoir pris un autre en otage, selon le Centre américain spécialisé dans la surveillance de la mouvance jihadiste (SITE).

L'armée nigériane, qui ne cesse de répéter que la situation est maîtrisée à quelques mois du scrutin présidentiel, n'a révélé aucun bilan, à l'exception de ce crash d'hélicoptère, dont on ne connaît pas la cause.

Le président Muhammadu Buhari, ancien général candidat à sa propre succession, avait été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer le groupe et de rétablir la paix dans le nord-est du pays.

Pourtant, les combattants pillent les bases militaires à chaque attaque et ont largement accru leur force de frappe ces six derniers mois.

L'insurrection jihadiste, qui a débuté au Nigeria en 2009, a fait au moins 27.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire avec 1,8 million de déplacés qui ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

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Massacre d'agriculteurs nigérians: encore de nombreuses zones d'ombre

Des gens assistent à des funérailles pour les personnes tuées par des militants présumés de Boko Haram à Zaabarmar, au Nigéria, le dimanche 29 novembre 2020.

Le massacre de dizaines d'agriculteurs samedi dans le nord-est du Nigeria met en exergue la défaillance de l'armée nigériane à protéger les communautés rurales prises pour cible par les groupes jihadistes au moment même où se profile une grave crise alimentaire.

Samedi, des centaines d'hommes armés à moto ont attaqué des rizières situées à une dizaine de kilomètres de Maiduguri. Là, ils ont attaché des dizaines de travailleurs agricoles avant de les égorger.

Qui sont les commanditaires et le message envoyé ? De nombreuses zones d'ombre persistent autour de cette sanglante attaque, considérée comme "la plus violente" menée contre des civils cette année, selon l'ONU.

Qui est responsable de l'attaque ?

Le nord-est du Nigeria est en proie à l'insurrection du groupe jihadiste Boko Haram depuis 2009. Mais en 2016, le groupe s'est divisé en deux factions: celle d'Abubakar Shekau, le chef historique de Boko Haram, et l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), affiliée à l'EI.

Pour l'heure, le massacre n'a été revendiqué par aucune des deux factions.

Les rizières attaquées "se trouvent à la frontière entre les zones d'influences des deux groupes, il est donc difficile de dire lequel de ces groupes est responsable", explique à l'AFP Vincent Foucher, chercheur au CNRS.

A première vue, les importants massacres de civils "ressemblent plus au modus operandi de Boko Haram", soulève Yan Saint-Pierre, qui dirige le centre d'analyse en sécurité Modern Security Consulting Group.

L'Iswap est surtout connu pour lancer de grandes attaques contre les militaires et, dans sa zone d'influence, il cherche à tisser des liens d'influences et économiques avec les populations locales, selon les deux analystes.

Néanmoins, "l'Iswap a lancé récemment de violentes attaques contre des civils, lorsque leur communauté refusait de payer l'impôt ou mettait sur pied des milices d'auto-défense pour leur résister", tempère M. Foucher, qui note "un durcissement au sein de l'Iswap".

Quelle motivation ?

L'attaque s'est produite le jour des élections locales, les premières organisées depuis le début de l'insurrection en 2009, et maintes fois repoussées pour des raisons sécuritaires.

Elle intervient également au moment où les autorités et les agences humanitaires encouragent les déplacés du conflit, retranchés dans des camps de fortune depuis des années, à regagner leurs localités et leurs champs pour éviter une crise alimentaire.

Mais les motivations restent floues. Selon des médias locaux, qui citent des habitants, l'attaque aurait été lancée par les jihadistes pour venger un de leurs combattants arrêtés par des villageois et livrés aux autorités.

Quelle évolution dans ce conflit ?

Depuis septembre, il y a "une recrudescence des attaques sur les milieu agricoles, les fermes, les fournisseurs", note M. Saint-Pierre.

Selon lui, ces attaques ont pour but de créer des pénuries, de déstabiliser les filières d'approvisionnement pour que les organisations terroristes puissent prendre le contrôle des secteurs agricoles.

Plus globalement, après onze ans de guerre, le conflit "est dans une situation de blocage". Les jihadistes continuent de contrôler leur zone, sans réellement s'étendre, ni perdre du terrain.

Les autorités arrivent à tenir les villes et utilisent l'aviation et l'artillerie pour harceler les insurgés, sans grandes avancées.

Après avoir essuyé d'importantes pertes, l'armée a décidé fin 2019 de retirer ses soldats de ses bases avancées, régulièrement attaquées, pour les regrouper dans des "super-camps", mieux protégés et censés être plus efficaces.

"Mais cette stratégie se traduit par une présence moindre des militaires dans les zones rurales", soulève M. Foucher.

Quelles conséquences pour les populations?

Depuis 2009, le conflit a fait plus de 36.000 morts au Nigeria et forcé 2 millions de personnes à fuir leur domicile.

La plupart vivent dans des camps de déplacés à proximité des villes, et dépendent presque exclusivement de l'aide humanitaire pour survivre.

L'ONU prévoit qu'en juin prochain, 5,1 millions de personnes se trouveront en insécurité alimentaire, soit une augmentation de 20% par rapport à l'année précédente.

"Aider les communauté à regagner leur champs (...) est la seule solution pour éviter la crise alimentaire imminente", plaide l'ONU.

A cela s'ajoute, de mauvaises récoltes, les restrictions liées au coronavirus, et des difficultés grandissantes pour les agences humanitaires à opérer dans la région.

"Elles sont de plus en plus ciblés par les organisations terroristes", note M. Saint-Pierre, et, dans le même temps, accusés par l'armée et une partie de l'opinion publique de soutenir les jihadistes, compliquant un peu plus leur travail.

Enterrement des 43 fermiers massacrés dans l'État de Borno

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Trois mille déplacés de Boko Haram reconduits chez eux malgré la tuerie du weekend

Des femmes marchent dans le camp de déplacés d'El-Miskin à Maiduguri au Nigeria le 20 août 2020.

Les évacuations massives des camps des personnes déplacées par le conflit contre Boko Haram se poursuivaient lundi malgré la terrible tuerie du week-end dans le nord-est du Nigeria, "la plus violente de l'année" contre des civils selon l'ONU. 

Boko Haram et sa branche dissidente, le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), continuent de semer la terreur dans le nord-est du Nigeria. Des civils y ont été "froidement tués" samedi alors qu'ils travaillaient dans une rizière, selon les Nations unies. L'ONU avait avancé dimanche un bilan de 110 morts, mais est revenue lundi sur ce nombre, confirmant à ce stade "plusieurs dizaines" de morts, dans un nouveau communiqué.

Le gouverneur de l'Etat de Borno, qui a assisté aux obsèques, a fait savoir de son côté que "plus de 70 personnes" avaient péri et que la localité, à une vingtaine de kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'Etat, comptait encore de nombreux disparus.

C'est dans ce contexte que 500 familles, soit environ 3.000 personnes, ont été conduites en bus de Maiduguri, où elles s'étaient réfugiés, il y a six ans pour la plupart, jusqu'à Marte, à 130 kilomètres de là, d'où elles sont originaires.

"Conformément aux directives données par le gouverneur Babagana Zulum concernant l'évacuation des déplacés dans leur communauté désormais sécurisée, nous procédons à la première phase de relogement vers Marte", a fait savoir l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) dans un communiqué.

Environ 2 millions de personnes ont dû fuir leur domicile depuis le début du conflit en 2009, qui a fait plus de 36.000 morts.

Le gouverneur du Borno s'est engagé à reloger les déplacés du conflit chez eux malgré les menaces sécuritaires, affirmant qu'il n'est plus possible financièrement de les prendre en charge dans des camps protégés par l'armée et où ils vivent de distributions alimentaires.

Les déplacés étaient pour la plupart satisfaits de rentrer chez eux, selon les témoignages recueillis par l'AFP, mais la tuerie de samedi inquiète.

"Nous devons retourner chez nous et retrouver nos fermes et nos terres, mais nous espérons que le gouvernement va nous protéger des rebelles", a déclaré à l'AFP Bukar Kyarimi, l'un des déplacés.

Marte, considérée comme le grenier à blé du nord-est du Nigeria et située près des rives du lac Tchad, est particulièrement stratégique alors que les autorités et les Nations Unies s'inquiètent d'une grave crise alimentaire.

Mais cette région est également proche des territoires contrôlés par l'Iswap.

Les agriculteurs, pêcheurs ou bûcherons sont régulièrement pris pour cible par les jihadistes, qui les accusent de transmettre des informations à l'armée ou de ne pas leur payer les taxes qu'ils leur imposent pour exercer une activité économique et agricole.

Au moins 43 personnes tuées près de Maiduguri

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