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Deux journalistes interpellés pour des articles liés à Boko Haram

Maisons incendiées par Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Les forces de sécurité ont arrêté dimanche deux journalistes à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, pour des articles sur l'insurrection jihadiste de Boko Haram, ont déclaré à l'AFP des sources au sein de leur rédaction.

Ces sources ont également évoqué des descentes de "soldats armés" dans les bureaux de leur journal, le Daily Trust, à Abuja et à Lagos.

Une équipe composée d'agents des services de renseignement, de soldats et de paramilitaires ont effectué une descente dans le bureau local du quotidien et interpellé son rédacteur en chef, Uthman Abubakar, et un journaliste, Ibrahim Sawab.

Ils ont saisi les ordinateurs portables et les téléphones portables des deux journalistes lors de leur arrestation, ont dit à l'AFP des sources au siège du journal à Abuja, la capitale du Nigeria.

"Les services de sécurité ont effectué une descente dans notre bureau régional de Maiduguri et ont arrêté deux de nos journalistes et saisi des ordinateurs portables et des téléphones portables", a déclaré une source au sein du Daily Trust.

Dans la soirée, "des soldats armés ont fait une descente à notre siège", dans le disctrict d'Utako à Abuja, ainsi qu'au bureau de Lagos selon des sources au sein de la rédaction.

"Ils ont fait irruption dans la salle de rédaction au troisième étage et ont saisi des ordinateurs et portables avant d'ordonner à tout le monde d'évacuer le bâtiment", a confié l'une d'elles.

"Ils ont fermé l'immeuble. Cela signifie que nous ne serons pas dans les kiosques demain pour la première fois en 20 ans", a-t-elle ajouté.

Selon un autre journaliste s'exprimant sous couvert de l'anonymat, "le raid est une réponse à notre couverture d'aujourd'hui (dimanche), qui racontait les préparatifs de l'armée pour reprendre le contrôle de la ville de Baga (nord-est) dont Boko Haram s'est emparé la semaine dernière".

A Maiduguri, "ils sont venus chercher notre journaliste, Hamza Idris, qui a écrit le reportage, mais ils ne l'ont pas trouvé, alors ils ont arrêté les deux journalistes" qui se trouvaient sur place, a confirmé la première source.

Contactés par l'AFP, les porte-parole de la Défense et de l'armée n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour commenter ces informations.

La veille du Nouvel An, le Daily Trust avait déjà publié un article sur la prise de contrôle par Boko Haram de six localités dans l'Etat du Borno, dont Baga, contestant les affirmations de l'armée selon lesquelles les jihadistes ne contrôlaient aucun territoire de la région.

Cette offensive s'inscrivait dans le cadre d'une série d'attaques, Boko Haram ayant intensifié ses raids contre des objectifs militaires depuis six mois, obligeant souvent les soldats à battre en retraite.

A la suite de la diffusion de ces informations, l'armée a publié un communiqué, menaçant de prendre des mesures contre "les éléments peu scrupuleux" et des "informations erronées (diffusés) par une partie des médias".

Les autorités prennent régulièrement des sanctions contre des journalistes et les organes de presse au Nigeria.

Un raid similaire de l'armée avait eu lieu dans le même journal en 2013 après un article sur l'insurrection jihadiste ayant déplu aux autorités.

En juin 2014, des soldats avaient saisi des journaux et des fourgons de livraison du Daily Trust et de trois autres médias après avoir reçu des informations selon lesquelles "ils présentaient l'armée nigériane était sous un mauvais jour".

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Boko Haram attaque une base militaire et une ville dans le nord-est

Une camionnette de patrouille de police brûlée reste abandonnée sur le bord d'une route déserte à Damaturu, dans l'État de Yobe, au Nigeria le 7 novembre 2011.

Des combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont envahi une base militaire et pillé une ville dans le nord-est du Nigeria, en proie à une sanglante insurrection armée depuis 10 ans, a-t-on appris mardi auprès d'une source sécuritaire et d'habitants.

Des hommes soupçonnés d'appartenir à la faction de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont pris d'assaut lundi soir une base militaire en périphérie de la ville de Gajiram, située à 80 km de la capitale régionale Maiduguri.

Arrivés à bord de neuf pick-up, "ils ont délogé les soldats de la base après des combats", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

"Nous ne connaissons pas l'étendue des dégâts et des pillages dans la base, une évaluation est en cours", a déclaré la source en poste dans la région.

Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat concernant d'éventuelles victimes du côté de l'armée comme des insurgés.

Les jihadistes sont ensuite entrés dans Gajiram, où ils ont pillé des magasins et tiré des coups de feu en l'air, obligeant les habitants à se réfugier dans leurs maisons ou à fuir en brousse.

"Les hommes armés ont pénétré dans la ville vers 18h00 (17h00 GMT) après avoir vaincu les soldats de la base", a déclaré Mele Butari, un habitant de Gajiram.

"Ils sont restés près de cinq heures. Ils sont entrés par effraction dans les magasins et ont pillé les stocks de nourriture", a ajouté M. Butari, avant de préciser: "ils n'ont blessé personne et n'ont fait aucune tentative d'attaquer les gens qui s'étaient réfugiés dans la brousse ou chez eux".

Des habitants ont vu mardi matin des soldats revenir vers la ville depuis la brousse environnante, probablement après avoir fui durant l'attaque.

Gajiram et la base militaire attenante ont été attaquées à plusieurs reprises par les jihadistes. En juin 2018, une attaque d'Iswap avait fait neuf morts parmi les soldats.

Des dizaines de bases militaires ont ainsi été attaquées depuis un an par la faction affiliée à l'Etat islamique, qui cible principalement l'armée et les symboles de l'Etat.

Dimanche au moins 30 personnes ont été tuées et 40 blessées à Konduga (nord-est) dans un triple attentat-suicide attribué cette fois à la faction loyale au leader historique de Boko Haram, Abubakar Shekau.

L'insurrection a fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.

Les victimes de l'attentat-suicide sont soignées à l'hôpital

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Triple attentat de Boko Haram: le bilan monte à 30 morts

Des membres de la famille attendent de réclamer les corps des victimes d'un attentat-suicide dans un hôpital de Konduga, près de Maiduguri, au Nigéria, le 16 août 2017.

Au moins 30 personnes ont été tuées dans un triple attentat-suicide attribué à Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et plus de 40 blessées, l'attentat le plus meurtrier perpétré par le groupe islamiste depuis des mois dans cette région, a-t-on appris lundi auprès des services de secours.

Les trois kamikazes ont déclenché leurs charges explosives dimanche soir devant un centre de retransmission de football où des dizaines de personnes regardaient un match dans la ville de Konduga, à 38 km de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno.

"Pour l'instant, nous recensons 30 morts et plus de 40 blessés", a indiqué à l'AFP Usman Kachalla, chef des services de secours d'urgence du Borno. Un premier bilan faisait état de 17 morts et près de 20 blessés.

"Le manque d’infrastructure médicales appropriées pour gérer ce genre d'urgence et le temps passé à obtenir l'autorisation de se rendre [sur les lieux] depuis Maiduguri a contribué à ce lourd bilan", a-t-il ajouté.

Le triple attentat a eu lieu vers 21H00 (18H00 GMT) à Kadunga. Selon Ali Hassan, un chef de milice de la ville, le propriétaire du centre ou étaient massés des fans de football et l'un des trois kamikazes "se sont violemment disputés", puis "le kamikaze s'est fait exploser".

Les deux autres ont alors eux aussi déclenché leurs charges en dehors du centre, près d'une échoppe de thé.

Konduga est régulièrement la cible de kamikazes de Boko Haram fidèles au chef historique du groupe Abubakar Shekau. Les jihadistes sont installés dans une fôret non loin, leur permettant de fréquentes incursions dans la ville. En juillet 2018, huit personnes sont mortes dans un attentat suicide à l'intérieur d'une mosquée.

A Benué, éleveurs et agriculteurs s'accusent
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Ces attaques souvent perpétrées par des femmes ou des jeunes filles contre des cibles civiles comme des mosquées, des marchés ou des arrêts de bus, sont la signature de la faction restée fidèle à Shekau. Une autre faction, qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique, s'attaque à des cibles militaires.

L'insurrection lancée par Boko Haram il y a une dizaine d'années dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Elle a ensuite gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins, poussant à la création d'une une coalition régionale, la Force multinationale mixte (FMM).

France-Nigeria: "Très, très difficile" d'être footballeuse en Afrique, souligne Ordega

Francisca Ordega lors du match contre la Corée du Sud, le 12 juin 2019.

Fière de pouvoir représenter un modèle pour les Nigérianes, l'une des joueuses phares de la sélection, Francisca Ordega, a souligné dimanche à quel point il était "difficile pour les jeunes filles" de jouer au football en Afrique, à la veille du match du Mondial contre la France, à Rennes.

"Pas qu'au Nigeria, mais dans toute l'Afrique, il est très très très difficile pour les jeunes filles de jouer au football. C'est un grand défi. Les parents souvent ne l'autorisent pas. Ca été le cas dans ma communauté. C'était une décision difficile pour moi", a raconté la joueuse de 25 ans.

"Je suis heureuse d'avoir surmonté tout ça. Si certaines trouvent dans mon parcours des raisons d'espérer, si ça les pousse à croire en elles-mêmes, ça sera ma plus grande joie. Je pourrais me dire que j'ai réussi quelque chose même si ma carrière s'arrête aujourd'hui", a-t-elle ajouté sur le sujet.

Rubrique sport du 12 juin 2019 avec Yacouba
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Elle a aussi évoqué son maquillage qui suscite quelques polémiques sur les réseaux sociaux au Nigeria. "Je suis la même personne en dehors et sur le terrain. J'aime me maquiller quand je joue. Beaucoup de gens stigmatisent le football féminin en nous disant qu'on ressemble à des hommes. J'aime bien changer d'allure, car je sais que je suis unique ! Ca ne changera rien à ma personnalité ou à mes performances."

Le Nigeria affronte la France lundi à Rennes pour tenter d'arracher un billet pour les 8es de finale de la Coupe du monde féminine de football.

Journée de la démocratie au Nigeria

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