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RSF dénonce les suspensions de médias au Gabon

Une "inquiétante érosion de la liberté de la presse" est en cours au Gabon, a dénoncé mercredi l'ONG Reporters Sans Frontière dans un communiqué, quelques jours après la nouvelle suspension d'un organe de presse.

"Nous appelons à la levée immédiate de ces nouvelles suspensions contre un journal et son rédacteur en chef, dernier acte d'une inquiétante érosion de la liberté de la presse observée ces derniers mois au Gabon", a indiqué dans le texte Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

Le journal suspendu, L'Aube, avait publié début novembre un article sur la santé du président Ali Bongo Ondimba, hospitalisé depuis trois semaines, en titrant: "Le Gabon en (très dangereux) pilotage automatique".

Le quotidien demandait au Premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze-Ngondet, "d'investir" la présidente du Sénat, Lucie Milebou Mboussou, qui doit assurer une présidence intérimaire en cas de vacance du pouvoir, "dans ses fonctions républicaines".

L'Aube a été suspendu pour 3 mois. Son rédacteur en chef a été interdit d'exercer pour 6 mois par la Haute autorité de la communication (HAC), et ce "alors qu'aucun texte de loi ne donne autorité à l'organe de régulation des médias du Gabon pour suspendre un journaliste", dénonce RSF.

L'ONG ajoute que la création en février de la HAC s'est accompagnée d'"une multiplication des suspensions", et notamment "des médias qui critiquent le pouvoir, le président ou son entourage". Mercredi, l'Organisation patronale des médias (Opam) a également dénoncé la "dérive autoritaire" de la HAC, selon un communiqué.

Fin août, la même autorité de régulation des médias avait suspendu pour trois mois la chaîne de télévision française France 2 pour avoir rediffusé un documentaire critique sur le président Ali Bongo Ondimba.

Le président gabonais, 59 ans, a été hospitalisé le 24 octobre à Ryad à la suite d'un malaise. Dimanche, la présidence a indiqué que M. Bongo était "en phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques", reconnaissant de manière implicite la gravité de son état de santé.

Avec AFP

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Premières sanctions dans l'affaire Kevazingo au Gabon

Premières sanctions dans l'affaire Kevazingo au Gabon
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Plusieurs hauts responsables suspendus

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Le gouvernement gabonais a annoncé jeudi avoir suspendu plusieurs hauts responsables de l'administration gabonaise après la disparition fin avril de centaines de conteneurs chargés de kévazingo, un bois précieux interdit d'exploitation, saisis par la justice deux mois plus tôt.

Les investigations de ce que certains dans la presse gabonaise ont baptisé le Kévazingogate, se poursuivent et les autorités ont prévenu que personne ne serait à l'abri, pas même des membres du gouvernement s'ils étaient impliqués.

Les résultats "d'une enquête confiée à la direction générale des contre-ingérences ont relevé à ce jour de graves et inadmissibles dysfonctionnements ainsi que des complicités actives et passive, dans les administrations des Eaux et forêts et des douanes", a déclaré jeudi la porte-parole du gouvernement, Nanette Longa-Makinda.

Plusieurs hauts cadres ont été suspendus de leurs fonctions, dont le directeur de cabinet du ministère des Eaux et Forêt ainsi que celui de l'Economie.

Fin février et début mars, près de 5.000 mètres cube de kévazingo (d'une valeur d'environ 7 millions d'euros) avaient été découverts dans deux sites d'entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d'Owendo, à Libreville.

Une partie du kévazingo était chargée dans des conteneurs sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et forêts indiquant une cargaison d'okoumé, une essence de bois dont l'exploitation est autorisée.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable de ce ministère au port et son équipe avaient été arrêtés, soupçonnés d'être impliqués dans ce trafic.

Mais le 30 avril, 353 de ces conteneurs, placés sous l'autorité de la justice, s'étaient mystérieusement volatilisés.

La justice gabonaise a mis en cause lundi un influent entrepreneur chinois, accusé d'être le cerveau d'un trafic de kévazingo, avec la complicité de fonctionnaires gabonais.

Deux cents conteneurs ont par la suite été retrouvés dans les entrepôts de deux entreprises différentes.

"Le Premier ministre avait déclaré que son gouvernement serait exemplaire, et que les membres de son gouvernement qui s'éloignerait de cette attitude serait sanctionnés. Les membres du gouvernement qui seraient impliqué dans cette affaire sont invités à en tirer les conséquences qui s'imposent", a ajouté la porte-parole.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de portails de temples, de tables de thé et de tables de réunions.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

Fin mars, le rapport d'une ONG britannique avait dénoncé les pratiques illégales d'un groupe chinois à l'origine d'un vaste trafic d'exploitation de bois au Gabon et au Congo, accusant notamment plusieurs personnalités politiques et agents de l'administration d'être impliqués.

Le président gabonais accueille Alassane Ouattara à Libreville

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Vols de conteneurs de bois précieux : la présidence gabonaise exige des "peines exemplaires"

Le bois gabonais.

La présidence du Gabon a menacé lundi de "peines exemplaires" les responsables du vol de centaines de conteneurs de kévazingo, un bois précieux interdit d'exploitation.

Fin février et début mars, près de 5.000 mètres cube de kévazingo avaient été découverts dans deux sites d'entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d'Owendo.

Une partie du kévazingo était chargée dans des conteneurs sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et forêts indiquant une cargaison d'okoumé, une essence de bois dont l'exploitation est autorisée.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable de ce ministère au port et son équipe avaient été arrêtés, soupçonnés d'être impliqués dans ce trafic qui se chiffre à plusieurs millions d'euros.

"Le 30 avril dernier, la disparition de 353 conteneurs, sur un total de 392 placés sous-main de justice, avec à l'intérieur du kévazingo, une essence précieuse, a été constatée", a rappelé lundi la présidence dans un communiqué.

Le président gabonais Ali Bongo "souhaite que des peines exemplaires, une fois les responsables identifiés et confondus, soient prononcées. Il ne doit y avoir ni faiblesse, ni impunité, ni passe-droit, quel que soit le rang des personnes concernées, des individus impliqués".

Parallèlement au travail de la justice, le président "prendra toutes les mesures qui s'imposent, sur le plan administratif comme politique. Si des responsables, quels qu'ils soient, où qu'ils soient, ont failli, ils seront durement sanctionnés. Notre bras ne tremblera pas. La corruption n'a pas sa place au Gabon".

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale très apprécié en Asie.

La presse gabonaise fait ses choux gras de l'affaire, certains évoquant un "kévazingogate".

"Inimaginable. Inconcevable. Incroyable (...). Un ou deux containers de piqué, ça passe. Mais des centaines, ça, ils ont fait forts. Même le plus talentueux des magiciens ou le plus grand vodouisant n'aurait jamais réussi", se gaussait lundi le quotidien progouvernemental l'Union dans son édito.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

Fin mars, le rapport d'une ONG britannique avait dénoncé les pratiques illégales d'un groupe chinois à l'origine d'un vaste trafic d'exploitation de bois au Gabon et au Congo, accusant notamment plusieurs personnalités politiques et agents de l'administration d'être impliqués.

Scandale dans la filière bois au Gabon

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