Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

RDC

L'OMS transfère une partie de ses équipes anti-Ebola pour des raisons de sécurité

Un homme reçoit sa première injection du nouveau vaccin contre le virus Ebola à Goma, dans la province du Nord-Kivu, en RDC, le 14 novembre 2019.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi avoir déplacé une partie de ses équipes de lutte contre Ebola à Beni dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), au lendemain de manifestations de colère contre l'ONU qui y ont fait au moins quatre morts.

"La sécurité à Beni s'est définitivement détériorée au cours des derniers jours" après des manifestations de colère de la population contre les violences, a déclaré un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, lors d'un point de presse à Genève.

Il a expliqué que l'OMS avait dû transférer vers Goma 49 de ses 120 travailleurs présents à Beni, précisant que le personnel resté sur place tente de poursuivre les opérations de lutte contre Ebola.

L'armée congolaise a annoncé le 30 octobre des opérations unilatérales contre le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), à l'origine formé de musulmans ougandais installé depuis 1995 dans l'est de la RDC.

Depuis, les ADF ont mené des représailles contre les civils, en particulier à Beni, provoquant des manifestations de colère des habitants qui s'en sont pris lundi à la mairie de la ville et à un camp de l'ONU qui ont en partie été incendiés. Ces manifestations ont fait au moins quatre morts.

Les manifestants accusent les Nations unies d'"inaction" face aux massacres des ADF. La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) se défend en soulignant que l'armée congolaise a lancé ses opérations de manière unilatérale.

Après les violences de lunidi à Beni, la présidence congolaise a annoncé des opérations conjointes avec la Minusco contre les ADF.

Au total 77 civils ont été tués depuis le 5 novembre à Beni et ses environs, dans le Nord-Kivu, selon le comptage du Groupe d'Etude du Congo (GEC) de l'Université de New York. La conférence épiscopale (Cenco) avance le chiffre de 80 morts.

"La violence doit cesser. Elle est très préjudiciable à la riposte contre Ebola", a souligné Christian Lindmeier, soulignant que les violences actuelles n'étaient pas dirigées contre l'OMS.

Le directeur des programmes d'urgence de l'OMS, le docteur Mike Ryan, avait prévenu vendredi que le regain de violence allait empêchait de stopper l'épidémie d'Ebola, l'agence spécialisée de l'ONU et ses partenaires ne parvenant notamment plus à effectuer le suivi de tous les contacts des malades ou à vacciner la population.

Alors qu'auparavant, les équipes de lutte contre Ebola parvenaient à suivre plus de 90% des contacts des malades, désormais seuls environ 17% sont suivis, a détaillé M. Lindmeier mardi.

Cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué près de 2.200 personnes, sur quelque 3.300 cas et l'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS.

Toutes les actualités

Un leader des ADF et ses collaborateurs sanctionnés par le Trésor américain

Des soldats de la RDC déployés dans la région de Beni où les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) lancent régulièrement des attaques à l'arme blanche, tuant des civils, à Beni, Nord-Kivu, RDC, 6 juin 2016. VOA/

Le Trésor américain a ajouté sur la liste de personnes sous sanctions américaines Musa Baluku, un leader des rebelles ADF (Forces démocratiques alliées), et cinq de ses collaborateurs.

"Depuis plus de deux décennies, les ADF se sont livrés à de graves atteintes aux droits humains, commettant des viols massifs, des tortures, des meurtres et des enlèvements persistants des civils," dénonce la section de Contrôle des actifs étrangers du Département américain du Trésor (OFAC).

"Musa Baluku est le chef des ADF, une entité qui a commis ou dont les membres se sont livrés à de graves atteintes aux droits humains liées à son mandat," précise l’OFAC sur son site internet.

Le Trésor américain rappelle qu’en 2014, l'OFAC et les Nations Unies avaient désigné les ADF comme "un groupe armé actif en RDC qui cible les enfants dans les situations de conflit armé" et s’illustre notamment "en tuant, violant, enlevant et déplaçant de force" les populations, "frappant la région des Grands Lacs".

Les Etats-Unis relèvent notamment que les ADF "continuent de perpétuer une violence généralisée et d'innombrables violations des droits de l'homme, notamment l'enlèvement, le recrutement et l'utilisation d'enfants lors d'attaques et d'autres opérations violentes".

Les autorités américaines déplorent que les raids nocturnes des ADF et les enlèvements de civils n’aient pas diminué même si l’armée congolaise a lancé depuis fin octobre une "grande offensive", neutralisant des leaders du groupe.

En plus de Musa Baluku, cinq autres membres de ce mouvement rebelle constitué en majorité d'Ougandais musulmans sont aussi frappés de sanctions : Amigo Kibirige, Muhammed Lumisa, Elias Segujja, Kayiira Muhammad et Amisi Kasadha.

Les cinq sont accusés d’avoir matériellement aidé, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel ou technologique, ou des biens ou des services aux ADF.

Ils figurent parmi 18 personnes que le Trésor américain a sanctionnées. Les autres sont de Birmanie, du Pakistan, de la Libye, de Slovaquie, du Soudan du Sud.

Les sanctions consistent, entre autres, en la privation de visa pour les Etats-Unis et au gel des avoirs des intéressés dans ce pays.

Tension à Goma après la mort d'un jeune manifestant tué par la police

Tension à Goma après la mort d'un jeune manifestant tué par la police
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:44 0:00

Vive tension à Goma après la mort d’un jeune élève

Vive tension à Goma après la mort d’un jeune élève
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

L'Union européenne maintient ses sanctions sauf pour deux officiels

L'Union européenne maintient ses sanctions sauf pour deux officiels
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:04 0:00

Une policière arrêtée pour avoir tiré à bout portant sur un jeune manifestant en RDC

Des policiers à Goma en RDC le 27 décembre 2018.

Une policière a été arrêtée après avoir tiré à bout portant sur un jeune manifestant qui est mort mardi lors d'un rassemblement contre l'insécurité à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo, a indiqué la police.

"Je viens d'arrêter le policier qui a tiré à bout portant sur ce jeune. C'est une policière. Nous venons de la remettre entre les mains des autorités compétentes", a déclaré le commandant de police Jean-Baptiste Bukili à un correspondant de l'AFP.

"Un jeune d'environ 14 ans a été tué à bout portant par un policier", a témoigné un chef de quartier, Gervais Katembo.

Selon lui, les manifestants "ont brûlé le poste de police" pour dénoncer l'insécurité dans les quartiers nord de la ville.

"Les bandits ont opéré cette nuit vers Kisoko et ont emporté des biens de la population. Lorsque la population voulait poursuivre les bandits, la police les a empêchés, c'est qui a suscité la colère des habitants", a-t-il expliqué.

Largement diffusées sur Twitter, les photos d'un jeune garçon étendu sur le dos, son tee-shirt blanc ensanglanté, et de la policière arrêtée par un homme en tenue militaire, a provoqué de vives réactions jusqu'au sein du gouvernement central.

Le ministre de la Jeunesse Billy Kambale a dénoncé "la violence répétée des policiers sur les manifestants".

"Dans n'importe quelle situation on ne peut justifier le fait qu'un agent de l'ordre tire sur un élève. La justice doit se saisir du cas du policier qui vient de tirer à bout portant sur un élève à Goma", a écrit sur Twitte le ministre.

"Nous exigeons qu'il y ait ouverture du procès de flagrance sur le meurtre de ce jeune tué vers Kisoko. Ce n'est pas possible que le policier continue à utiliser les armes létales en pleine manifestations", a déclaré l'avocat, député provincial vice-président de l'Assemblée du Nord-Kivu, Jean-Paul Lumbulumbu.

A Goma à la mi-journée (10h00 GMT), la situation était toujours tendue entre policiers et manifestants. Les artères principales des quartiers Katoy et Majengo étaient barricadées et jonchées de pierres.

La circulation était quasi inexistante et les activités paralysées.

Voir plus

XS
SM
MD
LG