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Ebola reste une "urgence" mondiale, selon l'OMS

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L'épidémie d'Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) reste une "urgence" sanitaire mondiale, a déclaré vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'issue d'une réunion de son comité d'urgence.

L'OMS, qui avait déclaré l'épidémie urgence sanitaire mondiale le 17 juillet, était tenue de réévaluer la situation dans un délai de trois mois.

"L'urgence de santé publique sera maintenue pendant trois mois supplémentaires" et "le comité d'urgence sera reconvoqué dans trois mois", a déclaré le directeur général de l'OMS, le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse. "Cette épidémie reste complexe et dangereuse", a-t-il dit, déplorant par ailleurs le manque cruel de fonds.

L'urgence sanitaire mondiale est une mesure exceptionnelle, décrétée précédemment que quatre fois par l'OMS: en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11.300 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

Déclarée le 1er août 2018 à Mangina, l'épidémie d'Ebola en cours en RDC a fait quelque plus de 2.150 morts.

De retour de RDC, le directeur du Programme pour les urgences de l'OMS, Michael Ryan, avait fait part la semaine dernière de son "optimisme prudent", expliquant que l'épidémie était "confinée" à une plus petite région. Celle-ci est toutefois difficile d'accès, située en zone rurale et présentant d'importants défis en matière de sécurité.

Le ministère de la Santé de la RDC a noirci le tableau en début de semaine en annonçant que la maladie avait ressurgi dans l'Ituri, dans le nord-est du pays, après près de 300 jours sans nouveau cas notifié.

"Le nombre de cas a diminué chaque semaine, au cours des quatre dernières semaines. Mais ces tendances encourageantes doivent être interprétées avec prudence", a relevé M. Tedros. "La région est très complexe et très instable. Nous avons fait des progrès très importants, le nombre de cas a chuté, mais s'il y a des incidents de sécurité, nous risquons de perdre ce que nous avons gagné jusqu'ici, c'est pourquoi nous nous abstenons de spéculer" sur une date de fin de l'épidémie.

L'épidémie d'Ebola est la dixième sur le sol congolais depuis 1976 et la deuxième la plus grave de l'Histoire après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest.

Depuis cette terrible épidémie, un vaccin expérimental a été mis au point par Merck Sharp and Dohme, et est désormais utilisé dans les régions infectées de RDC. Plus de 230.000 personnes ont été vaccinées. Ce vaccin a reçu le feu vert de l'Agence européenne du médicament (EMA), premier pas vers sa commercialisation.

Un deuxième vaccin expérimental fabriqué par la filiale belge de Johnson & Johnson doit être introduit en novembre, selon le Dr Jean-Jacques Muyembe, qui dirige la riposte congolaise contre l'épidémie en RDC. Selon l'OMS, il doit être utilisé dans des zones qui ne sont pas affectées par l'épidémie.

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Tshisekedi veut voir clair dans le secteur minier congolais

Le président Félix Tshisekedi à Lubumbashi, Haut-Katanga, 12 mai 2021, (Twitter/Présidence RDC)

Le président Félix Tshisekedi est arrivé mercredi à Lubumbashi, chef-lieu de l’ancienne province stratégique du Katanga, riche en minerais.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a promis de voir plus clair dans les pratiques des exploitants des concessions minières dans le pays.

M. Tshisekedi, qui a pris ses fonctions en 2019 et cherche à être réélu en 2023, s'exprimait à l'occasion d'un voyage dans la région du Katanga, riche en minerais.

"Ceux qui viennent exploiter s'enrichissent, et nous les propriétaires des minerais, nous restons toujours pauvres. Ces choses sont finies", a déclaré le chef de l'État.

Le gouvernement, mis en place il y a un mois, après la rupture de la coalition avec l’ancien président Joseph Kabila et la constitution d’une nouvelle majorité, a déclaré vouloir réunir au moins 12 milliards de dollars chaque année pour réaliser son programme d’action.

Mais il n'est pas sûr que les caisses de l'État ont du répondant.

"Dans l'avenir immédiat, le Congo sera au centre des convoitises, au centre des stratégies du monde entier pour le cobalt et le cuivre et d'autres minerais qu'on regorge. Mais c'est anormal que nous, les congolais nous puissions continuer à souffrir", a expliqué aux Katangais M. Tshisekedi.

M. Tshisekedi avait annoncé, avant de devenir président, qu’il renégocierait les contrats miniers.

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M. Tshisekedi a aussi remercié les Katangais de ne pas avoir suivi des "sorciers" qui s’activent à vouloir séparer le pays.

La région fait en fait l’objet d’attaques répétés de sécessionnistes appelés Bakata Katanga.

Des craintes s’étaient aussi élevées après la rupture avec l’ancien président Kabila qui s’était installé près de quatre mois dans la région avant de regagner Kinshasa il y a deux semaines.

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"La malnutrition est un fléau qui bat son plein au Kasaï"

L'hôpital Tudikolela dans la communauté de Lipemba, à la périphérie de Mbuji-mayi, région du Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), le 1er mai 2021.

A deux ans à peine, leur visage est déjà flétri, leurs yeux exorbités sur un front parsemé de rides. "Comment puis-je les nourrir à leur faim ?", s’inquiète une mère de famille au chevet de ses jumeaux de deux ans.

En République démocratique du Congo (RDC), dans la région diamantifère du Kasaï, la malnutrition continue de faire des ravages, dans ce pays désormais le plus touché au monde par l'insécurité alimentaire selon l'ONU.

"Mon mari ne travaille pas, moi-même je ne vends que de l'eau", poursuit Claudine Kamwanya, enceinte et mère de quatre enfants, qui a conduit ses deux jumeaux à l'hôpital de Bonzola près de la grande ville de Mbuji-Mayi.

Dans une salle voisine, allongée sur une civière, Marie-José, une petite fille de quatre ans et demi, sort de sa léthargie après douze jours de traitement, à la grande satisfaction du personnel médical. "Elle est arrivée inconsciente, avec une déshydratation sévère associée aux infections", explique une infirmière.

Du 14 avril au 1er mai, "29 enfants malnutris ont été pris en charge dont six en phase aiguë sévère avec complications médicales", explique le Dr Grégoire Mpoyi, qui remercie l'ONG Action contre la faim (ACF) pour son appui.

Au total, 27,3 millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire en RDC, ont estimé début avril l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le fléau de la misère

"Cette situation fait de la RDC le pays avec le plus grand nombre de personnes ayant un besoin urgent d'assistance en matière de sécurité alimentaire au monde", ont ajouté les deux agences onusiennes, dans un plaidoyer aux accents alarmistes.

A Mbuji-Mayi, une quinzaine d'enfants au corps squelettique, ou présentant des gonflements des pieds jusqu'au visage, sont allongés sous une moustiquaire dans une unité pédiatrique à l'hôpital général, sous le regard impuissant de leurs mères.

"Quatre sont dans la phase aigüe sévère (la plus critique), cinq en phase de transit et six en phase de réhabilitation ou de sortie", résume le Dr Pierre Kasongo, médecin et directeur de cet hôpital géré par des religieuses.

"La malnutrition c'est un fléau qui bat son plein dans notre communauté frappée par la misère", ajoute-t-il. En l'espace de trois semaines, son hôpital a soigné plus de 60 enfants grâce à un appui d'ACF, qui intervient dans 35 structures médicales locales.

Un bébé dort à l'hôpital de Tudikolela, bénéficiaire de l'ONG ACF (Action contre la faim), dans la communauté de Lipemba, dans la région du Kasaï, en RDC, le 1 mai 2021.
Un bébé dort à l'hôpital de Tudikolela, bénéficiaire de l'ONG ACF (Action contre la faim), dans la communauté de Lipemba, dans la région du Kasaï, en RDC, le 1 mai 2021.

Mado Kapinga est au chevet de son petit garçon, Ntumba Kabengela, qui se rétablit peu à peu. "Quand nous sommes arrivés ici, il était très souffrant, très faible aussi. Après trois jours de traitement, il va mieux".

Cette mère de cinq enfants et épouse d'un mineur artisanal redoute cependant le retour à la maison. "Ici, on nous donne tout: la nourriture, l'eau et même le savon pour se laver. Une fois à la maison, nous n'aurons plus rien à manger, il (son fils Ntumba, ndlr) risque de faire une rechute".

Le mirage du diamant

Le Kasaï a été secoué par un conflit armé entre septembre 2016 et mai 2017 ayant fait 3000 morts et plus de 1,5 million des déplacés. En situation de post-conflit, la province souffre d'une économie au ralenti.

Ses terres -plutôt argileuses- sont également réputées moins fertiles que dans d'autres régions. L'agriculture est souvent délaissée, au profit notamment de l'eldorado du diamant.

"Les gens ne travaillent pas, ne veulent pas se lancer dans l'agriculture. La grande majorité rêve de faire fortune dans l'exploitation artisanale du diamant malgré l'évidence: le diamant ne se ramasse plus", analyse sœur Carine Kupela, l'administratrice général de l'hôpital.

La province voisine du Kasaï-Central n'est pas épargnée. Assise sur les genoux de sa mère, la petite Jeannette Kabuma avale la bouillie nutritionnelle que distribue une infirmière à la vingtaine d'enfants venus en consultation dans un centre de santé de Kananga, capitale provinciale.

A un an, Jeannette pèse 5,4 kg (contre 7 à 11 kilos en moyenne à cet âge). Le diagnostic est sans appel: "malnutrition aiguë sévère", constate l'infirmière, Maman Denise.

Chenilles et arachides

Au centre de santé de Kamayi, d'octobre 2020 à mars 2021, 74 enfants malnutris ont été pris en charge. Seuls 47 ont été déclarés guéris.

Anto Kalonga, 23 ans, y est arrivé avec trois enfants sous les bras. Deux ont des ventres gonflés par les œdèmes, cheveux jaunis et cassants; le troisième, lui aussi bien amaigri, semble avoir du mal à respirer. "Il n'a même plus la force de pleurer", s'afflige sa mère.

Dans ces deux centres de santé soutenus par l'Unicef, on apprend aux femmes la préparation de la bouillie à base d'aliments locaux, maïs, arachides, chenilles, huile de palme...

"Lorsqu'un projet s'arrête, la situation retombe dans cette zone où la population agricole a vieilli", estime Élie Mayiza Bamvangila de l'Unicef à Kananga.

"Le retour des déplacés devient un poids pour la communauté", ajoute-t-il. En périphérie de la ville, plus de 2.200 ménages sont installés dans un camp des déplacés, cicatrice du conflit de 2016-17.

Depuis 2019, Vanessa Zawadi, responsable de l'ONG Woman for peace and dignity (WPD) emploie les mères des enfants malnutris dans ses champs.

"Chaque jour j'achetais un ou deux cercueils pour enterrer les enfants malnutris. Les parents voulaient que je sois comme les organismes qui distribuent à manger (...) je leur ai fait prendre conscience de l'importance de s'engager dans les activités agricoles et la pisciculture", explique Mme Zawadi.

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