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Nigeria

Les principaux candidats appellent au respect des résultats

Des manifestants appellent à des élections pacifiques au Nigeria, Abuja, le 6 février 2019. (G. Alheri/VOA)

Les deux principaux candidats à la présidentielle au Nigeria, le président Muhammadu Buhari et l'opposant Atiku Abubakar, ont appelé mercredi à éviter toute violence et à respecter le résultat des élections de samedi.

MM. Buhari et Abubakar ont signé le texte d'un "accord de paix" passé entre plusieurs autres candidats qui appellent leurs partisans "à éviter toute violence ou acte qui puisse mettre en danger (le déroulement) d'élections libres, justes et crédibles" et s'engagent à en "respecter le résultat".

Quelque 84 millions d'électeurs sont appelés à voter samedi pour élire leur président et leurs députés. Des scrutins régionaux auront lieu le 2 mars pour élire les gouverneurs des Etats et les membres des assemblées locales.

Le chef de l'Etat a souligné l'importance des scrutins à venir, pour lesquels 91 partis et plus de 70 candidats sont en lice pour la présidentielle.

Mais "les élections ne constituent pas la démocratie à elles seules", a-t-il mis en garde, soulignant l'importance de "l'engagement citoyen" pour atteindre "la bonne gouvernance".

Son adversaire Atiku Abubakar, ex-vice-président, a pour sa part appelé la commission électorale et les services de sécurité à rester neutres.

La sécurité durant les scrutins est une préoccupation constante au Nigeria, où les tensions ethniques, identitaires et religieuses ont souvent nourri les violences électorales.

En 2011, environ 1.000 personnes avaient été tuées après la défaite de M. Buhari contre Goodluck Jonathan, au cours d'affrontements entre les partisans des deux camps.

Le scrutin de 2015 s'était déroulé sans accrochage majeur et avait consacré la première victoire d'un candidat de l'opposition dans l'histoire du Nigeria, M. Buhari.

Mais des violences sporadiques ont déjà fait plusieurs morts, notamment dans l'Etat du Delta (sud) où cinq personnes ont été tuées ce week-end. Les cartes d'électeurs ont été très difficiles à collecter et ont été bien souvent distribuées dans le chaos.

Trois bureaux de la Commission nationale indépendante électorale (INEC) ont été brûlés en moins de deux semaines et le matériel électoral ainsi que des milliers de lecteurs électroniques de cartes électorales ont été détruits.

La question de l'achat de votes par les deux partis principaux, le Congrès des progressistes de Buhari (APC, au pouvoir depuis 2015) et le Parti populaire démocratique d'Abubakar (PDP, principal parti d'opposition), inquiète également.

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Un dirigeant chiite parti se faire soigner en Inde rentre au Nigeria après une querelle sur son traitement

Des étudiants iraniens et nigériens brandissent des affiches du religieux chiite nigérian, l'ayatollah Ibrahim Zakzaky, lors d'une manifestation devant l'ambassade du Nigéria à Téhéran le 17 juillet 2019.

Un dirigeant de la minorité chiite du Nigeria qui avait été autorisé à se rendre en Inde pour y être soigné a pris l'avion vendredi pour revenir dans son pays après une querelle à propos de son traitement médical, a-t-on appris auprès de sa famille et ses partisans.

Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, pro-iranien) et son épouse Zeenah Ibrahim ont embarqué à New Delhi sur un vol d'Ethiopian Airlines, ont précisé ses proches.

"Ils ont pris un vol Ethiopian Airlines", a déclaré à l'AFP Suhailah Zakzaky, fille du dirigeant chiite.

Ibrahim Zakzaky avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Le fondateur du MIN et son épouse étaient détenus depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d'une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts.

Le couple était parti lundi pour l'Inde. Mais une querelle est survenue sur les conditions du traitement, le MIN se plaignant que M. Zakzaky se soit vu refuser l'accès aux médecins de son choix et ait été placé sous surveillance étroite. Jeudi, M. Zakzaky a annoncé s'être vu enjoindre de quitter l'Inde.

Selon les avocats du dirigeant chiite qui serait âgé d'environ 65 ans, il a perdu son œil droit et risque de perdre le gauche. Il a aussi dans le corps des éclats de balle reçues en 2015.

Le MIN est un groupe représentant la minorité chiite du Nigeria où la majorité des musulmans est d'obédience sunnite.

Inspiré par la révolution iranienne et revendiquant des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, il a manifesté quasi quotidiennement ces derniers mois dans la capitale Abuja pour obtenir la libération de son dirigeant.

Au moins huit personnes, six manifestants, un journaliste et un policier, avaient été tués le 22 juillet dans des violences pendant une marche. Le MIN, qui avance un bilan de 20 morts dans ses rangs, a été interdit par la présidence nigériane quelques jours plus tard et le groupe qualifié d’"organisation "terroriste" par la police.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé qu'au moins trois personnes arrêtées pendant les manifestations du 22 juillet étaient mortes des suites de blessures par balle, après s'être vues refuser tous soins en détention.

Le MIN, apparu comme un mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

La minorité chiite nigériane compterait environ 4 millions de fidèles sur les quelque 190 millions d'habitants du pays dont le Sud est majoritairement chrétien.

Le chef d'un comité anti-corruption suspendu pour "indélicatesses financières"

Des avocats passent devant des policiers qui montent la garde devant un tribunal qui doit statuer sur la demande de libération sous caution du dirigeant chiite Zakzaky à Kaduna, au Nigeria, le 29 juillet 2019.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a suspendu mercredi soir de ses fonctions le responsable du comité chargé de recouvrir les biens spoliés de l'Etat, accusé de corruption et d'avoir falsifié ses diplômes.

Okoi Obono-Obla a été suspendu "avec effet immédiat", dans l'attente des résultats de l'enquête menée par la Commission gouvernementale chargée des affaires de corruption, l'ICPC, a annoncé la présidence sur Twitter.

Il fait face à une série d'accusations, dont "la falsification de dossiers et des indélicatesses financières", selon une lettre qui lui a été adressée par le gouvernement.

Il est notamment soupçonné d'avoir utilisé à son bénéfice des fonds saisis dans le cadre de ses fonctions, ainsi que d'avoir falsifié son dossier d'entrée à l'université.

Okoi Obono-Obla proclame son innocence, assurant qu'il est victime d'une cabale montée par des personnes poursuivies par ses services.

L'enquête qui le vise constitue un test pour M. Buhari, 76 ans, réélu en février pour un second mandat.

L'ancien général s'est engagé à lutter contre la corruption endémique au Nigeria, mais ses critiques l'accusent d'avoir surtout visé ses opposants au cours de son premier mandat.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International. La corruption y est un "cancer" selon les propres mots de M. Buhari.

L'ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars (soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l'agence des Nations unies contre la drogue et le crime).

Début juin, le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d'euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

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