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Nigeria

Casse-tête logistique à une semaine de la présidentielle

Des partisans du Parti démocratique du peuple (PDP) à un rassemblement à Lafia, au Nigeria, le 10 janvier 2019.

Distribution de cartes d'électeurs chaotique, zones de guerre sans bureaux de vote... L'organisation des élections générales prévues le 16 février s'annonce un véritable casse-tête logistique dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Alors que plus de 84 millions de Nigérians sont attendus aux urnes pour élire leurs nouveaux président et députés, les premiers couacs sont apparus ces dernières semaines, de nombreux Nigérians n'ayant pas pu obtenir leurs cartes d'électeurs (PVC).

Dans un des centres visité par l'AFP à Lagos, la capitale économique, des milliers de gens se bousculaient en attendant d'obtenir la précieuse carte qui leur permettra de voter le 16 février.

Tobiloba, 27 ans, est arrivé au gouvernorat local d'Eti-Osa à 05H30 du matin et a patienté durant des heures malgré la lourde pluie qui s'est abattue sur la ville.

"Le personnel (de la Commission électorale) n'est pas assez nombreux, et ils sont inefficaces et désorganisés", s'énervait-t-il en fin de matinée, accusant le gouvernement de vouloir "frauder".

"Ils sabotent nos efforts pour pouvoir voter et élire le candidat de notre choix, c'est injuste", expliquait-il.

Selon un agent de la Commission électorale nationale nigériane (INEC) s'exprimant sous couvert d'anonymat, la foule en colère avait même tenté plus tôt de renverser les grilles, obligeant l'INEC à faire intervenir l'armée pour sécuriser les lieux.

Des soldats étaient en effet déployés dans une cour boueuse, tandis que deux agents de la commission électorale juchés sur des plots appelaient quelques noms dans un mégaphone: "nous amenons d'autres PVC, gardez votre calme!".

Certains, comme Francis Ojah, 38 ans, en étaient à leur quatrième tentative: "Ils ne l'ont pas trouvé. Ils viennent de me dire de revenir après les élections, vous vous rendez compte!".

Au contraire, une dame est repartie avec deux cartes d'électeurs sans que son identité soit vérifiée, affirmant à l'AFP qu'il s'agissait de la sienne et celle de son mari.

De très nombreux messages postés sur les réseaux sociaux partageaient des expériences similaires dans le reste du pays.

Vendredi était censé être le dernier jour pour les récupérer, mais l'INEC a étendu le délai à lundi, incluant les samedi et dimanche de 9h à 18h.

"Nous avons été inondés d'appels de Nigérians nous demandant de revoir le procédé actuel de collecte", a déclaré son président, Mahmood Yakubu.

"Nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce qu'aucun électeur inscrit ne soit privé du droit de vote du fait de la non-collecte de sa PVC", a promis le superviseur du scrutin.

Insécurité

Organiser des élections dans le géant anglophone d'Afrique de l'Ouest, théâtre de plusieurs conflits et aux infrastructures souvent déplorables relèvent de la mission quasi-impossible.

Les autorités vont devoir acheminer par les airs ou par des routes -dont l'immense majorité ne sont pas goudronnées- le matériel électoral dans près de 120.000 bureaux de vote sur un territoire grand comme une fois et demi la France (920.000 kms2), où l'électricité est défaillante quand elle n'est pas inexistante.

L'insécurité demeure également une préoccupation majeure, car plusieurs régions sont actuellement en proie à des conflits armés ou au grand banditisme (braquages et enlèvements contre rançon).

C'est notamment le cas du nord-est du pays, ravagé depuis 10 ans par le groupe jihadiste Boko Haram, qui a intensifié ses dernières mois ses attaques, provoquant une grave crise humanitaire avec 1,8 millions de personnes déplacées.

Plusieurs observateurs, comme l'ambassade des Etats-Unis en janvier, ont émis la crainte d'attaques visant les centres de vote.

La commission électorale a désigné huit grands camps de déplacés - sur les dizaines que compte la région - dans l'Etat du Borno, le plus touché par les violences, comme centres de vote pour près de 400.000 personnes.

Mais dans les bastions de Boko Haram où le gouvernement n'a aucun contrôle, notamment près du lac Tchad, "des centaines de milliers de personnes ne pourront pas voter", estime un humanitaire basé à Maiduguri.

Les même difficultés pourraient se poser dans le centre où des affrontements entre éleveurs et agriculteurs pour l'accès à la terre ont fait des milliers de morts et des dizaines de milliers de déplacés depuis début 2018.

Dans les Etats de Benue et du Plateau notamment, beaucoup de familles ont perdu tous leurs documents d'Etat civil lorsque leurs villages ont été incendiés et ne pourront pas s'exprimer dans les urnes.

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Mise en garde contre de "faux vaccins" en circulation au Nigeria

Un médecin remplit une seringue de COVAXIN, un vaccin expérimental COVID-19 soutenu par le gouvernement indien, avant de l'administrer à un agent de santé lors de ses essais, à la Gujarat Medical Education and Research Society à Ahmedabad, en Inde, le 26 novembre 2020.

Les autorités nigérianes ont mis en garde vendredi contre la circulation de faux vaccins contre le Covid-19 dans le pays le plus peuplé d'Afrique, où 10 millions de doses devraient arriver au mois de mars.

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles de faux vaccins sont en circulation au Nigeria", a déclaré la professeure Mojisola Christianah Adeyeye, à la tête de l'Agence nationale de contrôle qualité (NAFDAC), lors d'une conférence de presse virtuelle.

"Nous appelons le public à être vigilant et rappelons qu'aucun vaccin contre le Covid n'a pour l'instant reçu la validation de NAFDAC", a-t-elle souligné, rappelant également que les compagnies privées n'ont pas le droit de commander de vaccins en dehors des circuits officiels.

Le ministre de la Santé nigérian, Osagie Ehanire, a annoncé jeudi soir que le pays recevrait 10 millions de doses de vaccin au mois de mars, sans préciser quelle entreprise fournirait ces doses.

Elles s'ajoutent aux 100.000 doses du vaccin Pfizer, qui devraient arriver "d'ici la fin du mois de janvier", avait précédemment annoncé le ministre.

Le Nigeria, qui compte environ 200 millions d'habitants, a officiellement enregistré quelque 104.000 cas de coronavirus, dont 1.382 décès.

Mais ces chiffres sont sous-évalués, le nombre de tests réalisés étant faible.

En avril, lors de la première vague d'infections au coronavirus, des tests Covid avaient déjà circulé en masse sur le marché noir pour pallier l'insuffisance des services de santé locaux et la défiance du public envers les autorités sanitaires du pays.

Le trafic de faux médicaments, ou de médicaments périmés ou non-homologués, est un fléau en Afrique. 42% des faux médicaments saisis depuis 2013 l'ont été sur le continent africain, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En septembre 2016, 126 millions de faux médicaments ont été saisis dans seize ports africains lors d'une grande opération de l'Organisation mondiale des douanes. Un tiers de ce trafic était destiné au géant anglophone nigérian.

Des insurgés tuent 13 soldats nigérians

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L'armée nigériane se déploie après une attaque djihadiste

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Chine: lourdes peines pour un trafic de pangolins avec le Nigeria

L'infirmière vétérinaire, Alicia Abbott, du groupe de travail sur les pangolins africains en Afrique du Sud tient un pangolin, dans un hôpital vétérinaire de la faune à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 18 octobre 2020.

Vingt-trois tonnes d'écailles: la justice chinoise a condamné mardi à de lourdes peines 17 trafiquants qui avaient introduit depuis le Nigeria d'énormes quantités d'écailles de pangolin, une espèce en voie d'extinction.

Un tribunal de la ville portuaire de Wenzhou (est) a condamné les deux "cerveaux" du trafic à 14 et 13 ans de prison, les autres membres du gang écopant de peines comprises entre 15 mois et 12 ans d'emprisonnement.

La contrebande, entre 2018 et 2019, était évaluée à 180 millions de yuans (plus de 22 millions d'euros). Certains lots d'écailles étaient dissimulés dans des livraisons de gingembre, selon l'acte d'accusation.

L'écaille de pangolin est prisée dans la médecine chinoise pour ses vertus curatives, non démontrées scientifiquement. Elle peut atteindre des prix très élevés.

Les pangolins ont été retirés cette année de la pharmacopée officielle chinoise, une décision qui a coïncidé avec l'apparition dans le pays du nouveau coronavirus.

Le pangolin, qui est l'animal le plus pourchassé par les braconniers et les trafiquants dans le monde, est soupçonné d'avoir été l'hôte intermédiaire qui aurait permis la transmission du virus de la chauve-souris à l'espèce humaine.

Cette interprétation n'est toutefois pas prouvée.

Le nouveau coronavirus a émergé en 2019 sur un marché à Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages vivants, selon des scientifiques chinois.

Au cours des derniers mois, la Chine a interdit la vente d'animaux sauvages pour la consommation alimentaire, invoquant le risque de maladies transmissibles à l'homme, mais ce commerce reste légal à des fins de recherche scientifique ou pour la médecine traditionnelle.

Crise sanitaire et manifestations: les temps forts de l'actualité nigériane

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