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Mali

Manifestation à Bamako pour dire "stop" aux massacres

Manifestations à Bamako, Mali, le 17 août 2016. Kassim Traoré/VOA

Entre 3.000 personnes, selon la police, et 5.000, selon les organisateurs, ont manifesté vendredi à Bamako pour dire "stop" aux massacres dans le centre du Mali, où la situation a atteint une "cote d'alerte" selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, et qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Koulogon - 39 Peuls tués le 1er janvier - ; Ogossagou - 160 Peuls tués le 23 mars - ; Sobane Da - 35 Dogons tués le 9 juin - ; Gangafani et Yoro - 41 Dogons tués le 17 juin -: la liste des villages martyrs ne cesse de grandir, malgré les renforts envoyés par l'armée.

Le chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, qui a récusé toute notion de "conflit interethnique", a nommé jeudi "haut représentant du président de la République pour le centre" un de ses proches, l'ancien président du Mali par intérim (2012-2013) Dioncounda Traoré.

"Plus de 2.800 personnes fuyant les violences dans leurs villages ont trouvé refuge dans la ville de Bandiagara", où elles ont reçu des "marmites, jerricans, couvertures, nattes, moustiquaires..." avec l'aide de la Croix-Rouge locale, a indiqué vendredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Vendredi, un élu local, Moussa Dembelé, a été enlevé par des hommes armés sur le marché de Ouenkoro, localité frontalière du Burkina Faso, a déclaré à l'AFP le maire de la localité, Harouna Sankaré. "Mon 3e adjoint a été enlevé. Ils sont arrivés sur deux motos, au nombre de cinq. Ils l'ont pris et ont attaché ses bras et (bandé) ses yeux et sont partis vers une commune de l'autre côté de la frontière, Barani", a expliqué M. Sankaré, en ajoutant, la voix cassée, "c'est vraiment difficile".

- 'Trop de sang' -

Après la prière du vendredi, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Bamako à l'appel du Collectif des associations de jeunes de la région de Mopti (centre) pour réclamer la fin de ce cycle de violences que les renforts envoyés par l'armée ne sont jusqu'ici pas parvenus à endiguer.

"Désarmez les milices", "Halte à l'amalgame", "La France complice", "Disons non à la haine", "Sécurisez les civils", "Une vie est une vie", "Mopti a assez souffert", "Peuls et Dogons sont victimes"... Les nombreuses pancartes brandies s'adressaient aussi bien au gouvernement, à la communauté internationale (France, ONU, pays voisins) qui le soutient, aux jihadistes et autres groupes armés qu'à ceux qui incitent les communautés à se dresser les unes contre les autres.

"Trop de sang a coulé. Il faut que ça s'arrête sinon il n'y aura plus de vie au centre du Mali", a expliqué une des manifestantes, Habitatou Diallo.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, achevait vendredi une visite au Mali en compagnie du numéro 2 de la diplomatie de l'Union européenne, Pedro Serrano. Les deux diplomates se sont notamment rendus à Mopti et on rencontré les autorités du pays, ainsi que des groupes de la société civile.

"La situation a atteint ce qu'on pourrait appeler une cote d'alerte avec ces horribles massacres des dernières semaines, des derniers jours", a déclaré à Mopti M. Lacroix, cité dans un communiqué.

"Nous sommes prêts à augmenter nos efforts pour soutenir les efforts maliens", a-t-il ajouté, tout en "rappelant avec insistance que la solution doit être malienne".

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner le 27 juin le renouvellement du mandat de la mission de l'ONU au Mali (Minusma).

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Un abbé et un groupe de catholiques maliens victimes d'un rare enlèvement

Des véhicules de l'armée malienne lors d’une opération de coordination tactique 'Hawbi' au centre du Mali, dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger, 1er novembre 2017.

Un abbé et un groupe de catholiques maliens ont été enlevés par des hommes armés alors qu'ils se rendaient à l'enterrement d'un autre abbé dans le centre du pays, a-t-on appris auprès de leur communauté et des autorités mardi.

Les rapts sont monnaie courante dans le pays en proie depuis des années à une crise sécuritaire profonde, en particulier dans le centre, un des foyers des violences jihadistes, intercommunautaires ou crapuleuses qui ensanglantent le Sahel.

Mais l'enlèvement de cinq membres de la communauté catholique dans ce pays ultra-majoritairement musulman est un fait exceptionnel. On ignore par qui ils ont été kidnappés et pourquoi. Les enlèvements attribués aux jihadistes sont communs dans le secteur où ils ont disparu.

Le groupe se rendait lundi à San pour y prendre part aux obsèques de l'abbé local, Oscar Thera, prévues ce mardi, ont indiqué les responsables de la communauté.

"Nous les attendions hier à San", a dit à l'AFP le père Alexis Dembélé, qui appartient à la conférence épiscopale, hiérarchie collégiale de l'Eglise malienne. "Les autres délégations de Mopti sont là. Nous avons la confirmation qu'il s'agit d'un enlèvement par des hommes armés. C'est une grande inquiétude dans la communauté catholique du Mali", a-t-il dit.

Le groupe était parti de la localité de Ségué, située sur le plateau dogon et peuplée en grande partie de catholiques rattachés à l'Eglise de Mopti, la grande ville du secteur. Le réseau routier impose de remonter vers le nord pour ensuite redescendre vers le sud et San.

Ils ont été enlevés à une trentaine de kilomètres au nord de Ségué, dans les environs de Ouo, a précisé Cleophas Tienou, un responsable de l’Eglise de Mopti.

Le groupe était composé de l'abbé Léon Douyon, curé de Ségué, Thimothé Somboro, chef de village de Ségué, Pascal Somboro, adjoint au maire, et de deux autres membres de la communauté, Emmanuel Somboro et Boutié Tolofoudié, a-t-il précisé.

Le colonel-major Abass Dembélé, gouverneur de la région de Mopti, a confirmé l'enlèvement, sans plus de précision.

Les enlèvements, de Maliens ou d'étrangers, sont l'un des aspects de la violence polymorphe qui frappe le Mali. Les motivations en sont diverses, du moyen de pression à l'extorsion.

Un journaliste français, Olivier Dubois, a été enlevé début avril dans le nord du Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda. Une religieuse franciscaine colombienne, soeur Gloria Cecilia Narvaez, enlevée en 2017 par des jihadistes, est considérée comme toujours retenue en otage.

L'enlèvement de lundi est une nouvelle illustration de la dégradation sécuritaire à laquelle sont en proie le Mali et le Sahel.

Les insurrections indépendantistes et maintenant jihadistes menées par les groupes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi que les violences intercommunautaires, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Parties du nord du Mali en 2012, les violences se sont propagées au centre du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Environ 4% de la population malienne est chrétienne, selon l'archevêché.

Bah Ndaw et Moctar Ouane en résidence surveillée à Bamako?

Moctar Ouane, l'ancien premier ministre malien de transition pendant qu'il était ministre malien des Affaires étrangères, en visite à New Delhi, en Inde le 16 janvier 2009. (Photo de RAVEENDRAN / AFP)

L'ex-Premier ministre de transition malien Moctar Ouane a reçu lundi à Bamako une délégation de personnalités auxquelles il a confirmé que l'ancien président de transition et lui étaient en résidence surveillée depuis fin mai après un nouveau putsch, a dit un participant à la rencontre.

Moctar Ouane et Bah Ndaw, président de la période de transition ouverte après un premier coup d'Etat militaire en août 2020, ont été arrêtés le 24 mai dans un second coup de force mené par le colonel Assimi Goïta et les militaires restés maîtres du pouvoir.

Assimi Goïta, l'homme fort de la junte, leur a reproché de ne pas l'avoir consulté sur la formation d'un nouveau gouvernement. Il s'est depuis fait investir président de transition et a nommé un nouveau Premier ministre. La mise à l'écart de Moctar Ouane et de Bah Ndaw a été officiellement présentée comme une démission.

Les deux hommes n'ont pu encore s'exprimer publiquement sur ces évènements. Ils ont pu rentrer chez eux à Bamako le 27 mai. Mais leur entourage dit qu'ils sont sous le coup d'une résidence surveillée qui ne dit pas son nom.

Moctar Ouane a reçu lundi une délégation internationale de personnalités engagées dans la défense des droits humains et leur a confirmé que tel était le cas pour lui comme pour Bah Ndaw, a dit un participant à la rencontre s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Lundi matin, une sortie impromptue de Moctar Ouane de chez lui, malgré la surveillance, a suscité la diffusion d'un message d'alerte au sein des forces de sécurité, et quand il est rentré chez lui il a trouvé des membres de ces forces de sécurité dans sa cour, a rapporté un membre de son entourage, s'exprimant lui aussi anonymement.

Quand il les a interrogés, il lui ont répondu être là pour sa sécurité, a dit la même source.

Dans les jours suivant le putsch du 24 mai, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), médiatrice dans la crise politique malienne, avait réclamé la libération immédiate des deux hommes, assignés à résidence selon elle. Elle s'est depuis montrée plus discrète sur le sujet.

Le colonel Goïta et le nouveau gouvernement ont assuré qu'ils tiendraient l'engagement de rendre les commandes aux civils après des élections prévues le 27 février 2022.

Angelina Jolie au chevet des réfugiés maliens pour sensibiliser sur la crise au Sahel

L'actrice américaine Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), fait une déclaration à Goudebo, un camp qui accueille plus de 11 000 réfugiés maliens dans le nord du Burkina Faso, à l'occasion de la Jo

L'actrice américaine et envoyée spéciale des Nations unies pour les réfugiés, Angelina Jolie, s'est rendue au Burkina Faso le 20 juin, pour visiter les réfugiés maliens et attirer l'attention d'urgence sur la crise humanitaire du Sahel qui a forcé 1,2 million de personnes à quitter leurs foyers.

Angelina Jolie s'est rendue dimanche au Burkina pour apporter son soutien aux milliers de réfugiés maliens ayant fui la violence jihadiste et qui se trouvent dans le camp de Goudebou, dans le nord-est du Burkina Faso à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Mali. C'était à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés célébrée chaque 20 juin.

"Je célèbre cette journée chaque année depuis 20 ans avec des réfugiés dans différents pays, et je n'ai jamais été aussi préoccupée par l'état des déplacements dans le monde qu'aujourd'hui", a indiqué l'actrice américaine la tête enroulée dans un foulard.

L'envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a aussi appelé la communauté internationale à se concentrer sur la recherche de solutions pour réduire le nombre de réfugiés dans le monde.

"La vérité est que nous ne faisons pas la moitié de ce que nous pourrions et devrions faire pour trouver des solutions pour permettre aux réfugiés de rentrer chez eux ou pour soutenir les pays d'accueil comme le Burkina Faso​", a-t-elle ajouté.

Soulignant comment le nombre de personnes déplacées dans le monde a doublé au cours de l'année écoulée, elle a déclaré: "Il n'y a nulle part où je préférerais être aujourd'hui qu'ici, avec les réfugiés, les personnes que j'admire le plus au monde", rapporte le quotidien britannique Daily Mail.

La star de Tomb Raider a ensuite appelé la communauté internationale à se concentrer sur la recherche de solutions pour réduire le nombre de réfugiés dans le monde.

La star américaine de 46 ans est arrivée au camp de Goudebou à bord d'un hélicoptère, accompagnée du ministre burkinabè des Affaires étrangères Alpha Barry, indique l'AFP.

Félicitant l'hospitalité du Burkina Faso, le HCR a tweeté: "Malgré les immenses défis, la force du peuple burkinabé est visible partout, alors qu'il continue d'accueillir généreusement des milliers de personnes déplacées dans leurs propres maisons et communautés".

Wanadine ag Mohamed, la représentante des réfugiés de Goudebou, a déploré le fait que "les réfugiés sont malmenés car la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour malgré les efforts des autorités burkinabè, de leurs partenaires et des forces de défense et de sécurité dans la région du Sahel".

Depuis 2012, quelque 22.000 réfugiés de diverses nationalités ont trouvé refuge au Burkina Faso, dont de nombreux Maliens fuyant les exactions des groupes jihadistes dans le nord et le centre de leur pays.

Mais le Burkina est devenu à son tour la cible d'attaques jihadistes depuis 2015, qui ont fait plus de 1.400 morts et contraint un million de personnes à fuir leurs foyers, en raison d'attaques de groupes jiadistes liés à Al-Qaida ou à l'Etat islamique.

En mars 2020, après une nouvelle attaque contre le poste de sécurité de ce camp, situé près de Dori, et qui abritait jusqu'à 9.000 réfugiés, ceux qui étaient restés après de précédentes attaques avaient dû fuir à leur tour, occasionnant la fermeture de fait de Goudebou.

Depuis décembre, les autorités burkinabè et le HCR ramènent les réfugiés dans ce camp, après avoir renforcé le dispositif sécuritaire, avec davantage de personnels militaires, plus de patrouilles et à terme la construction d'une caserne.

Entre décembre et juin, près de 11.000 personnes venant de villes du nord du Burkina sont revenues à Goudebou, selon le HCR.

Explosion contre un véhicule de soldats français au Mali

L'entrée de la base militaire de l'opération Takuba, le 3 novembre 2020.

Une explosion a atteint lundi un véhicule de Barkhane à Gossi (centre du Mali), causant des blessés parmi les soldats de la force antijihadiste française au Sahel, ont indiqué des responsables locaux.

Un responsable militaire malien et un élu local s'exprimant sous le couvert de l'anonymat ont fait état de trois soldats français blessés, évacués par hélicoptère vers la base de Barkhane à Gao.

Aucune confirmation officielle n'a été obtenue de l'état-major français dans un premier temps.

L'explosion a été attribuée à un véhicule piégé par des sources familières avec les circonstances de l'attaque.

Le plaidoyer d'Angelina Jolie en faveur des réfugiés maliens au Faso

Le plaidoyer d'Angelina Jolie en faveur des réfugiés maliens au Faso
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