Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

L'Etat appelé à l'action lors de la visite de IBK à Sobane Da

Le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a voté lors de l'élection présidentielle du 29 juillet 2018.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu jeudi sur les lieux de la tuerie du village dogon de Sobane Da, dans le centre du pays, où l'Etat est appelé à agir pour enrayer un cycle de violences intercommunautaires de plus en plus incontrôlable.

La tuerie, dans la soirée du 9 juin, dans ce village de la zone de Bandiagara, a fait 35 morts dont 24 enfants, selon un dernier bilan.

Les violences qui déchirent le centre du Mali ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls, dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Le chef de l'Etat a quitté dans la matinée la capitale à la tête d'une "forte délégation" comprenant le cardinal Jean Zerbo, le pasteur Marc Goita et six ministres, selon la présidence.

M. Keïta a écourté une visite officielle à Genève pour rentrer au Mali mardi, le jour où le Premier ministre Boubou Cissé s'est lui-même rendu dans ce village majoritairement chrétien.

La population malienne, toutes communautés confondues, est très majoritairement musulmane.

Lors du Conseil des ministres mercredi, le chef de l'Etat a proclamé un deuil national de trois jours et le gouvernement a révoqué le gouverneur de la région de Mopti (centre), où se concentre l'essentiel des violences dans le pays, le général Sidi Alassane Touré.

Quelques heures auparavant, une nouvelle attaque visant deux villages essentiellement dogons du secteur de Bankass, plus au sud, faisait au moins deux morts et des blessés, selon un élu local et une source de sécurité malienne.

Tuerie de Sobane : réaction de Marie-Evelyne Barry, directrice d’Amnesty International en Afrique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:40 0:00

'Cycle infernal'

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité mercredi, le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, a affirmé que "le cycle infernal de la violence devait être arrêté" afin d'éviter que "chacun ne se fasse justice par lui-même". Il a appelé à "une accélération de la maîtrise de l'action sécuritaire" de la part du gouvernement.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a pour sa part réclamé "une présence accrue" des Casques bleus de la Minusma dans le centre du pays.

"Cette présence accrue est la condition du succès du processus politique que nous allons engager dans les prochains jours", a ajouté M. Dramé, sans autre précision.

Selon Baba Dakono, chercheur à Bamako pour l'Institut d'études de sécurité sur l'Afrique (ISS), "le désarmement des acteurs non étatiques, qu'ils soient des milices, des groupes d'autodéfense ou même des individus, est indispensable pour pacifier la zone".

Mais "les milices, à tort ou à raison, sont nées pour répondre à un besoin de sécurité des populations, qui n'ont plus ou très peu confiance dans l'efficacité des réponses institutionnelles déployées", a-t-il expliqué à l'AFP après la tuerie de Sobane Da.

Le chef de la diplomatie malienne a également demandé que le renforcement réclamé de la Minusma dans le centre ne se fasse pas "au détriment des régions du Nord", où les opérations militaires, y compris de la force française Barkhane, se poursuivent.

Trois civils maliens, dont un adolescent, ont ainsi été tués le 8 juin par un tir de Barkhane dans la région de Tombouctou (nord-ouest).

L'armée française a affirmé que ses militaires avaient tiré sur "un véhicule suspect qui a refusé de se soumettre à un contrôle" et annoncé l'ouverture d'une enquête. Mais des responsables locaux ont dénoncé une "bavure".

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du Nord vers le centre, voire parfois le Sud. Elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Toutes les actualités

Le Botswana et la Zambie veulent relancer leurs secteurs miniers

Le Botswana et la Zambie veulent relancer leurs secteurs miniers
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:37 0:00

Neuf soldats tués et des dizaines blessés dans le centre du Mali

Neuf soldats tués et des dizaines blessés dans le centre du Mali
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Neuf militaires maliens tués dans le centre du pays

Un engin blindé est garé devant la base militaire française à l'aéroport malien de Gao, le 9 mars 2013.

Au moins neuf militaires maliens ont été tués jeudi soir dans une attaque contre la gendarmerie dans le centre du Mali, où sévissent des groupes jihadistes, a indiqué vendredi une source militaire, alors que de premiers bilans faisaient état de huit gendarmes tués.

"Le nouveau bilan est de neuf morts dans nos rangs", a dit à l'AFP cette source militaire ayant requis l'anonymat.

Une source militaire avait indiqué auparavant qu'il y avait "eu une attaque contre le détachement de la gendarmerie de Bandiagara par les individus armés non identifiés" entre 21H00 et 22H00 jeudi. "Le bilan provisoire est de huit morts et neuf blessés, dont cinq graves", avait-elle précisé.

L'attaque a visé un petit bâtiment abritant l'escadron de la gendarmerie à la sortie de la ville, sur la route de Bankass, selon cette source. Un autre responsable sécuritaire a pour sa part évoqué une attaque "simultanée" contre trois positions de la gendarmerie à Bandiagara.

"Les coups de feu ont duré (une partie) de la nuit", a déclaré à l'AFP un élu de Bandiagara.

Selon le porte-parole d'un collectif d'associations du pays dogon, Adama Dionko, "les échanges de tirs ont duré parce que les assaillants étaient en nombre important". Il a aussi évoqué des "dégâts matériels considérables".

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions, indépendantiste puis jihadiste, dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale et l'intervention de forces de l'ONU, africaines et françaises.

Les violences se sont propagées vers le centre du pays, qui en est devenu un des principaux foyers, et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les groupes armés apparus en 2015 dans le centre du Mali ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs et entre ethnies peul, bambara et dogon. Ils attaquent tout ce qui reste de représentation de l'Etat et fomentent ou attisent ces tensions. Des "groupes d'autodéfense" communautaires sont également accusés d'exactions.

L'ONU accuse des Maliens d'avoir violé ses sanctions

Cérémonie de signature du cessez-le-feu entre l'ex-rébellion à dominante touareg dans le nord du Mali et les groupes armés soutenant le gouvernement à Bamako, Mali, 20 septembre 2017. (Facebppk/Azawad)

Des sanctions individuelles imposées par l'ONU à des Maliens accusés d'entraver le processus de paix au Mali ont fait l'objet de violations en 2020, indiquent dans un rapport publié jeudi les experts indépendants chargés de leur application, en regrettant des entraves onusiennes à leur travail.

"Le groupe d'experts a reçu des informations selon lesquelles des personnes inscrites sur la liste relative aux sanctions imposées par la résolution 2374 auraient continué de se déplacer pendant la période considérée, en violation de l'interdiction de voyager", indique leur document.

Les experts évoquent notamment un voyage en octobre en Mauritanie de Mohamed Ould Mataly, qui figure parmi les personnes sanctionnées par l'ONU. Ils précisent avoir rappelé aux autorités mauritaniennes qu'elles sont tenues de demander une dérogation avant d'accepter de telles personnes sur leur sol.

Le groupe d'experts a aussi demandé des éclaircissements aux autorités maliennes sur des fonds versés par l'Etat malien à huit personnes, frappées de gels d'avoirs suite à leur inscription sur la liste des sanctions, qui "sont restés sans réponse".

Le rapport cite notamment le cas de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, secrétaire général de la Coalition du peuple de l'Azawad, qui a été nommé membre du Conseil national de transition au Mali début décembre. Ce responsable avait été placé sur la liste de sanctions de l'ONU en décembre 2018 pour avoir pris des mesures faisant obstacle à la mise en oeuvre de l'accord de paix au Mali de 2015.

Les experts disent par ailleurs regretter les obstacles qui ont été opposés à leur travail par l'ONU. Depuis leur nomination en octobre 2020, ils indiquent n'avoir pas été en mesure de se rendre au Mali ni ailleurs.

En particulier, ils précisent n'avoir pu se rendre dans plusieurs capitales européennes "en raison de (leur) nomination tardive par le secrétaire général" de l'ONU, Antonio Guterres. Ils ajoutent que la mission de paix onusienne Minusma "a refusé" aux experts de réduire de 14 à 7 jours la quarantaine qu'elle s'est imposée elle-même au Mali ou de leur accorder une exemption.

Entre octobre et décembre, leur voyage au Mali a dû être reporté à trois reprises pour finalement être annulé au dernier moment, précise leur rapport.

VOA60 Afrique du 25 février 2021

VOA60 Afrique du 25 février 2021
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG