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L'Etat doit répondre au besoin de sécurité des populations, selon des experts

Rassemblement de prière de bénédiction pour la réconciliation et le retour de la paix et de réconciliation au Mali, le 10 février 2019. (VOA/Kassim Traoré)

La solution à la crise dans le centre du Mali, où s'enchevêtrent violences intercommunautaires, attaques djihadistes et opérations militaires, passe par une réponse de l'Etat au besoin de sécurité des populations, selon des analystes.

Une nouvelle tuerie dimanche soir dans le village dogon de Sobane Da, dans la zone de Bandiagara, a fait des dizaines de morts, voire une centaine, selon des bilans provisoires.

Le 23 mars, les violences qui déchirent cette région avaient culminé avec le massacre le 23 mars dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso, de quelque 160 Peuls, attribué à des chasseurs dogons.

L'attaque de dimanche, qui n'a pas été revendiquée, révèle des défaillances persistantes dans le dispositif militaire, souligne Baba Dakono, chercheur à Bamako pour l'Institut d'études de sécurité sur l'Afrique (ISS). "Après Ogossagou, la zone a été renforcée en effectifs militaires, selon les autorités maliennes et leur partenaires internationaux".

Depuis l'apparition en 2015 dans la région du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

"Le désarmement des acteurs non étatiques, qu'ils soient des milices, des groupes d'autodéfense ou même des individus, est indispensable pour pacifier la zone", a déclaré Baba Dakono à l'AFP à Bamako.

Mais "les milices, à tort ou à raison, sont nées pour répondre à un besoin de sécurité des populations qui n'ont plus ou très peu confiance dans l'efficacité des réponses institutionnelles déployées", précise-t-il.

Par conséquent, selon le chercheur, pour avoir une chance de réussir, le désarmement doit prendre en compte ces besoins "et identifier tous les acteurs armés de façon exhaustive".

L'association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou a vu dans la tuerie de dimanche un "acte terroriste et génocidaire intolérable", indiquant qu'elle "considère cette attaque comme une déclaration de guerre".

Le groupe, officiellement dissous par le gouvernement le 24 mars, au lendemain du massacre d'Ogossagou dans lequel il avait démenti toute implication, a rejeté cette décision et refusé de "déposer les armes".

Lundi, il a réitéré sa "disponibilité" aux populations pour "assurer davantage leur sécurité" face aux carences de l'Etat et de la communauté internationale.

- Prolifération d'armes -

"On risque d'assister à une intensification de l'action de ces milices dans la région", s'inquiète une source humanitaire internationale dans une déclaration à l'AFP à Paris.

Les militaires maliens "étaient à une vingtaine de km du lieu du massacre, mais face à des ennemis multiformes, à des menaces un peu partout, ils sont assez dépassés", remarque cette source, regrettant "une réponse de l'Etat avant tout répressive", notamment envers les Peuls.

Dans un rapport publié la semaine dernière sur une tuerie de villageois peuls le 1er janvier, imputée à des chasseurs dogons, l'ONU avait relevé l'exacerbation des tensions dans la région depuis l'adhésion en 2017 du groupe de Koufa à la principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda.

Dans son dernier rapport sur le Mali, daté du 31 mai, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, met en garde contre de nouvelles "atrocités" dans le centre du Mali.

Afin de les prévenir, il appelle le gouvernement à "s'attaquer aux mouvements extrémistes, aux tensions intercommunautaires, à la prolifération des armes légères et de petit calibre et à l'acquisition d'armes par des groupes d'autodéfense fondés sur l'appartenance ethnique".

"L'explosion du Centre est un très mauvais signal pour l'Etat malien. Retisser tous ces liens et apaiser la situation va être extrêmement compliqué, c'est une question d'années", estime la source humanitaire internationale.

"Ce n'est pas à un cycle de vengeance, de vendetta, que ce pays doit être conduit", a déclaré lundi soir le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Il a au contraire appelé à des "retrouvailles" entre Maliens, "qui seules vont nous permettre de rebondir et permettre à notre nation de survivre. Car nous sommes en question de survie".

Avec AFP

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Le Haut représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali prêt à discuter avec des chefs djihadistes

Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)

Au Mali, le Haut représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali est prêt à discuter avec des chefs djihadistes.

"Personnellement, j'ai envoyé des émissaires en direction de Kouffa et en direction de Iyad, pour dire que je suis disposé à discuter avec eux...", a déclaré Dioncounda Traoré, Haut représentant pour le centre du Mali.

Le Haut-représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali prêt à discuter avec des chefs jihadistes
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Des émissaires ont été envoyés aux chefs djihadistes Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Djoncounda Traoré l’a annoncé ce jeudi 23 janvier 2020 au cours d’une conférence de presse tenue à Bamako.

L’ancien président de la République du Mali, sous la transition, a rappelé les principales missions qui sont confiées à sa structure. Parmi celles-ci, l’instauration et le maintien d’un climat de confiance entre toutes les communautés du centre.

Pour sa première sortie en sa qualité de Haut représentant du chef de l'Etat, le professeur Dionocunda Traoré a choisi la presse. Aubaine pour lui d'expliquer les contours de sa mission, qui est de faciliter les échanges intra-communautaires et mettre en œuvre une stratégie globale axée sur la protection des civils, la réduction des violences inter-communautaires au centre du Mali.

Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)
Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)



Recommandation du dialogue national inclusif

Le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali dira que atteindre ces objectifs, qu’il va dialoguer avec tout le monde, "nous sommes prêts à lancer les passerelles pour dialoguer avec tout le monde. Vous saviez tout conflit se termine par un dialogue.

Il faut à un moment donné, s’asseoir autour d’une table et discuter. Alors, si on peut préserver des vies humaines et éviter des violences gratuites, pourquoi pas ? On essaye le dialogue avec tout le monde sans exclusion. Personnellement, j’ai envoyé des émissaires en direction de Kouffa et Iyad pour leur dire que je suis disposé à discuter avec eux. À mon niveau il n y a aucune exclusive".

Lors du dialogue national inclusif, les participants avaient recommandé de renouer avec les djihadistes maliens Amadoun Kouffa et Iyad Ahgaly, "ce n'est pas la première fois que des gens demander cela, l'imam Dicko l'avait dit plusieurs fois, et le dialogue avec les jihadistes figure par les recommandations du dialogue national.

Ce n'est pas du tout nouveau. Si cela peut amener la paix au Mali, ce n'est pas une mauvaise chose" déclare le journaliste Diango Coulibaly.

Laïcité

Certaines personnes sont inquiètes et se demandent comment dans un pays Laïc, on peut parler de discuter avec des djishadistes ?

"Pour moi, négocier avec Iyad Aghaly ou Amadoun Kouffa n'est pas une mauvaise chose, mais il faudra savoir qu'on est dans un état laïc, parce que Iyad et Kouffa ne demandent que l'application de la charia la loi islamique sur l'ensemble du territoire. Je pense que Dioncounda Traoré doit le savoir aussi ?" s'interroge Pauline Keïta jeune juriste.

Le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali a aussi rappelé la nécessité de soutenir le redéploiement des forces de défense et de sécurité dans les régions du centre.

Dioncounda salue l’annonce de l’arrivée de 220 militaires français faite à Pau, il y a une semaine, lors de la rencontre des chefs d'état du G5 sahel et du président français.

Au cours de cette conférence de presse, le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali, Dioncounda Traoré, a aussi rappelé que sa structure n'a pas encore débuté ses activités.

Il compte rencontrer le monde diplomatique, les organisations de la société, la classe politique et les leaders religieux. "Je ferai après un déplacement à Mopti l'une des régions du centre, pour un long séjour".

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Au moins sept soldats maliens tués dans une attaque

Loge officielle lors de la cérémonie au camp de BAFO, au Mali, le 8 septembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Au moins sept soldats maliens ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'attaque par les djihadistes de leur poste dans le centre du pays en guerre, près de la frontière avec le Burkina Faso, a indiqué le gouvernement.

Le bilan de cet assaut contre le poste de Dioungani est encore provisoire, a-t-il souligné dans un communiqué qui fait aussi état de blessés, sans en préciser le nombre.

Une source au sein des services de sécurité maliens a décrit une attaque de plusieurs heures au cours de laquelle les assaillants se sont emparés du poste avant que des renforts militaires n'en reprennent le contrôle.

Dans son communiqué, "le gouvernement du Mali condamne énergiquement cette attaque et exprime toute sa solidarité et ses encouragements aux Forces de défense et de sécurité".

Ce secteur ainsi que le Burkina et le Niger voisins ont connu ces derniers mois une succession d'attaques djihadistes meurtrières contre les soldats et les civils, sans que les forces nationales et étrangères présentes dans la région parviennent à les enrayer.

Le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq depuis 2016 au Mali, Burkina et Niger pour atteindre environ 4.000 morts en 2019 selon l'ONU. Le conflit au Sahel a fait des centaines de milliers de déplacés.

L'état-major français a cependant indiqué jeudi que la force antijihadiste au Sahel, Barkhane, avait mis "hors de combat" plus d'une trentaine de djihadistes dans le centre du Mali ces deux dernières semaines. Cinq autres ont été tués dimanche dans une frappe de drone non loin de la frontière nigérienne, a-t-il ajouté.

Depuis décembre, Barkhane a annoncé la "neutralisation" de dizaines de djihadistes.

Devant la propagation djihadiste, le président français Emmanuel Macron et ses homologues du Sahel réunis en sommet le 13 janvier ont affirmé leur volonté de faire porter l'effort militaire sur la région dite des trois frontières, y désignant l'Etat islamique au grand Sahara comme l'ennemi prioritaire.

La France a envoyé début janvier 220 soldats pour renforcer les 4.500 de Barkhane déjà déployés au Sahel. Son chef d'état-major vient d'annoncer l'envoi de "moyens supplémentaires" qui devraient être détaillés d'ici à la fin du mois.

Au moins six soldats tués dans la nuit

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Le premier tour des législatives fixé au 29 mars prochain

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